7
mai

Week-end mortel – episode 4 : Si tu existes ailleurs – Thierry Cohen

Persuadée que je vais parvenir à me relaxer, toujours dans le respect de "le dimanche on lit au lit", j'entame alors la lecture du nouvel ouvrage de Thierry Cohen, Si tu existes ailleurs. 

Le pitch : " Tu vas mourir du cœur, en même temps que cinq autres personnes ". Telle est l'étrange phrase que prononce Anna, la nièce de Noam Beaumont, alors qu'ils jouent ensemble. Une phrase étrange dans la bouche d'une enfant de 3 ans. Terrible, incongrue et effrayante pour ce célibataire de 35 ans obnubilé par son travail, obsédé par la mort, sujet à des angoisses dont il ne sait si elles relèvent d'une crise de la quarantaine précoce ou du drame vécu lorsque lui-même était enfant. Dès lors, Noam est obsédé par une seule question : quand mourra-t-il ? Une psychologue aux méthodes singulières l'assure que les propos de sa nièce recèlent une vérité reposant sur une théorie connue : la prophétie des innocents. Selon cette approche mystique, les prophètes ont disparu car les forces qui gouvernent le monde ne trouvent plus d'êtres suffisamment purs pour porter leurs paroles ; seuls les enfants et les handicapés mentaux possèdent, parfois, ce don. Dès lors, une incroyable forme de course contre la montre s'ouvre devant Noam : trouver les cinq autres personnes programmées à disparaître en même temps que lui. Mais seule la découverte révélation du cinquième nom, à la fin de sa quête, indiquera le sens de la prophétie d'Anna."

En le relisant, je réalise à quel point ce pitch parle de la mort.  Bizarre, en le lisant je pensais plus à un livre à la Levy ou Musso, dans lequel ce thème, bien que présent, reste juste en filigrane.

Mais dans Si tu existes encore, que nenni.  Bien sûr, c'est un chouia fantastique.  Bien sûr, y'a de l'amour.  Bien sûr, y'a de l'aventure.  Mais surtout, il y a un jeune homme en crise existentielle, qui cherche désespérément le sens de son existence, qu'il a refusé de vivre depuis quasi toujours, pour des raisons que le lecteur découvre rapidement. 

Une véritable quête pour la vie, la vraie, celle qu'on vit intensément, qui a un sens, un but, qu'on ne subit pas en attendant mieux.

Un livre qui m'a totalement tourneboulée, finalement comme tous les livres de Thierry Cohen, son avant-dernier, Longtemps j'ai rêvé d'elle, m'ayant tout bonnement scotchée à mon transat des heures durant, souvenez-vous

Il a ce talent, Thierry Cohen, de me faire croire que tout ce qu'il écrit, il le fait pour moi, juste pour moi.  Ça doit être ça, un grand écrivain.

Suite au prochain épisode...

8
mai

Longtemps, j'ai rêvé d'un dimanche pareil...

longtemps j'ai rêvé d'elle,thierry cohen

 

"Le dimanche, on lit à l'ombre d'un parasol." (Longtemps, j'ai rêvé d'elle - Thierry Cohen)

Ce matin, j'ai décidé de ne pas bosser.  Le septième jour, Dieu se reposa.  Ben moi aussi.  J'ai bossé six jours, bien bossé, depuis lundi, sur un nouveau projet que j'ai, alors, ce dimanche, repos intégral.

Je me suis donc préparé à une journée lecture transat.  J'ai pressé deux oranges.  J'ai disposé deux croissants sur une assiette.  J'ai ouvert un yaourt non light à la noix de coco.  J'ai versé du lait de soja au cacao dans ma tasse.  J'ai disposé mon coussin sur mon transat.  J'ai ouvert mon parasol.  Et j'ai emporté Longtemps, j'ai rêvé d'elle avec moi.

Je me suis installée.  J'ai regardé le ciel bien bleu.  J'ai regardé la couverture inspirante.  Et j'ai ressenti en moi comme un sentiment de bonheur.  Sentiment rare, en moi, qui connais mal le bonheur.  Et là, le bonheur était là, presque émouvant.  J'ignore pourquoi.  Perspective de la lecture.  Conséquences du soleil.  Effets secondaires de l'inactivité après six jours de boulot acharné ?  Je l'ignore, mais je l'ai ressenti, le bonheur.  Fugace, très fugace, ça n'a duré qu'un bref instant, mais c'était cool, ce bref instant.

Soit.

Que vous dire de ce livre ?  Comment ne pas trop en dire alors que j'ai envie de tout vous dire ?

Ce livre est avant tout l'histoire de deux solitudes.  

Celle de Lior, qui ne veut plus avoir affaire aux hommes.  Trop de souffrances.  Elle s'est construit une vie bien rangée, dans laquelle elle prétend être heureuse.

Celle de Jonas, qui attend le seul amour de sa vie, qu'il n'a encore croisé qu'en rêve.  Trop d'espérances.  Il a un jour écrit un roman, sous le pseudonyme de Raphaël, puis plus rien.  Il n'est pas heureux.

C'est également l'histoire de deux amours.

Celle entre Lior et Jonas, le libraire et sa cliente.  Jonas reconnaît en elle celle qu'il attendait.  Elle est aveuglée par ses peurs.  Il veut qu'elle l'aime pour ce qu'il est.

Celle entre Lior et Raphaël, l'auteur et sa lectrice.  Elle se reconnaît dans son roman.  Elle croit l'aimer.  Il se refuse à lui avouer que Raphaël et Jonas ne sont qu'un seul homme.  

Autour d'eux gravitent des personnages, leurs souffrances, leurs rêves, leurs envies, mais aussi leurs desseins à l'égard de leurs amis qu'ils veulent rendre heureux...  Y parviendront-ils ?

Bien sûr, j'ai braillé comme un veau durant une bonne partie de la lecture.  Parce que Lior pourrait être moi.  Parce que je ne serais pas contre un Jonas dans ma vie.  Et puis pour plein d'autres raisons qui font brailler comme un veau, mais je vous laisse la joie de les découvrir vous-mêmes, ces raisons.  C'est mieux, non ?

Ce livre est un livre qui raconte sa propre histoire. Un livre dans le livre.  Ce livre est également une ôde aux livres et au pouvoir qu'ils ont sur les êtres.  Et après lecture, je ne peux que vous le confirmer.  Les livres ont un pouvoir.  Je le sais depuis longtemps, en fait.  Depuis que j'ai lu L'écume des jours.  J'avais douze ans.  Un bail.  En lisant Longtemps, j'ai rêvé d'elle, je me suis interrogée sur mon "roman lumière" à moi, celui censé, d'après Thierry Cohen, guider ma vie.  Lequel serait-ce ?  Difficile à dire.  Mais à l'instant où j'écris ce billet, c'est indéniable, mon roman lumière, c'est Longtemps, j'ai rêvé d'elle...  Dans ce livre, j'ai trouvé tant de bouts de textes que j'aurais pu écrire si j'avais le talent de l'auteur, tant de bouts de moi que vraiment, non, ce ne peut être un hasard...  

PS : avez-vous remarqué le petit objet dans le ciel ?