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mar

D’une namuroise à une autre

fourniret
Un lecteur m’a envoyé ce dessin de Kroll (que je copie sans autorisation, mea culpa), et tout m'est revenu en plein visage, ça m’a rappelé ce que j’avais oublié : l’événement de la semaine, le procès Fourniret.  Pourtant, c’est pas faute d’en avoir entendu parler sur toutes les TV, toutes les radios.  Mais j’ai oublié. 

Pourtant, je n’ai rien oublié.  Rien.

Elle vivait si près de moi, la petite Elisabeth.  C’est ainsi qu’on l’appelait.  « Le drame de la petite Elisabeth » « la disparition de la petite Elisabeth » « va-t-on retrouver la petite Elisabeth ».  Et on spéculait : pouvait-elle encore être en vie après autant d’années ?  Etait-ce préférable, ou mieux valait-il l’imaginer partie dans l’au-delà (bizarre, moi qui ai critiqué cette hypocrisie qui fait qu’on préfère utiliser toutes sortes de termes plutôt que le terme officiel : « mort », étrangement, pour Elisabeth, je ne peux m’y résoudre). 

Ça ne nous empêchait pas de vivre, non.  Mais régulièrement, on y repensait.  On avait tous en tête son joli visage encadré de cheveux blonds.  Chaque année, à la date anniversaire de sa disparition, on se disait « un an de plus ».

Puis ce fut l’horreur Julie et Melissa (et tant d’autres), et toute l’histoire Dutroux.

Puis l’horreur Elisabeth (et tant d’autres), et toute l’histoire Fourniret.

Je ne parviens pas à savoir si je crois en un dieu ou pas.  Je ne me décide pas.  Dualité de mon caractère, encore et toujours.

Mais dans des moments atteignant un tel degré d’horreur et d’inhumanité, je me dis qu’il ne doit pas y en avoir, pour laisser faire de telles choses.

Alors voilà, je ne suivrai pas vraiment les infos pour en savoir plus sur ce procès, peut-être un chouia, pour connaître la condamnation.

Je voulais juste dire que je ne l’oublierai jamais, cette petite Elisabeth si généreuse, qui voulait aider un couple en détresse cherchant un médecin, cette petite Elisabeth que le destin n’a pas laissée grandir. 

Elisabeth Brichet.