27
sep

Hold up - Jean-Claude Kella

« Le dimanche, on lit au lit ».

Ce qui rend Hold up passionnant, c’est tout d’abord qu’il a été écrit par un ancien… euh, bandit ?  Voyou ?  Quel est le terme adéquat, je l’ignore.  Mais il a vécu « le milieu », de l’intérieur, il a agi illégalement, il l’a payé en prison.  Une certaine sensibilité semble dès lors acquise.

Ensuite, et surtout, c’est que ce casse célèbre qu’est celui de la Banque de France de 1992 est raconté par deux des protagonistes : l’otage et le cambrioleur.  Original.  Touchant. Passionnant.  Un duo de témoignages donc, à l’allure d’un thriller angoissant qui, petit à petit, emplit le lecteur d’une empathie incroyable.  Incroyable, car cette empathie se manifeste pour les deux côtés de la barrière.  Je prie pour que l’otage s’en sorte dans drame, mais je prie également pour que le cambrioleur réussisse son coup.  Une sorte de syndrome de Stockholm, quoi…

Et, en fin de lecture, je ne peux empêcher les larmes devant un tel gâchis humain.

Un ouvrage captivant donc, je l’ai déjà dit, qui se lit d’une traite, à la manière d’un roman policier.

J’ai remarqué deux choses qui m’ont bien fait rire dans ce livre :

Page 62 « son incroyable maîtrise de la langue française, qu’il avait appris lors d’un séjour à la prison… ».  ApprisE, très cher, apprisE.  Marrant de faire une faute en parlant de maîtrise de la langue française, non ?

Page 115 : l’un des protagonistes se souvient du discours entendu lors de son entretien d’embauche des années plus tôt « … sont devenus indépendants du pouvoir politique en 1994 ».  Oups, anachronisme très cher, anachronisme.  Des années plus tôt avant l’action, soit 1992, il est impossible de parler de 1994 comme étant un fait passé.