7
déc

Nanowrimo (3ème) : Mes 3 vies - épisode 3

Pourquoi j’ai écrit ce livre, vous demandez-vous (bande de petits curieux, va) ?

 

Voici mes textes écrits durant ma revalidation à l’hosto :

J’écris avec la logopède, que je remercie pour tout, ou dans ma chambre (pas la mienne, celle de l’hosto) ou le soir en rallumant la lumière, ayant une idée, obsédée que je suis toujours, quand ça me prend :

 Le 7 juillet, à William Lennox, j’ai décidé avec ma logopède, de raconter mon histoire, mon accident, mes oublis et mes souvenirs quotidiens, dans un livre, pour éradiquer mes angoisses et partager mon vécu avec vous. Lecteurs, vous me pardonnerez mes répétitions, vous rirez quand il faut rire (souvent), vous pleurerez quand il faudra pleurer (rarement), bref vous aimerez lire ma vie.

La voilà.

C’était un samedi, il faisait plein soleil. Non, je rigole, j’ai oublié, c’était un samedi de décembre, il faisait… comme un samedi de décembre. Le matin, j’avais été chez ma voisine installer son appareil, son Ipad ou sa liseuse enfin du genre. Je ne m’en souviens pas. Elle me l’a raconté. A 14 h, après mon repas dont j’ai aussi oublié le contenu, j’ai été à La Plante (mon cours d’écriture) à pieds, comme tous les samedis, où à chaque fois on fait des tas de choses passionnantes et on rentre chez soi en en ayant beaucoup appris alors qu’on pensait le contraire.

Ce samedi là, je n’ai rien appris, vu que j’ai été renversée avant d’arriver au cours par la « connasse » en voiture. J’ai donc « préféré » aller au CHR pour me faire opérer en urgence plutôt que de suivre ce cours à l’aise. Et c’est là que tout a commencé. Le 20 décembre.

Le 21 janvier, j’étais conduite en ambulance à William Lennox après quelques semaines de coma, une opération et un mois comme un légume ambulant, que j’étais malgré moi.

Entre le 20 décembre et le 21 janvier, j’ai tout oublié (« … quand tu m’as oubliée » comme chantait l’autre … tchu ! C’est qui ?).

J’ai très rapidement tout oublié, notamment comment penser, mais surtout comment parler ce qui est plus ennuyeux pour moi qui adore parler.  Je parlais Anglais, va comprendre, alors que mon cerveau dansait la gigue, mais je me souviens (pour une fois) vraiment des infirmières me demandant «  mais Madame, pourquoi vous parlez anglais, on est en Belgique, vous êtes anglaise ? » Non, je regardais sans doute trop de séries en VO.

J’ai donc oublié comment parler, mais aussi comment écrire, je mélangeais et confondais des lettres, en somme aussi bien sur le fond que sur la forme. C’est pas que j’écrivais bien, joliment et lisiblement avant.  Non, que du contraire, mais au moins je savais me relire, je ne faisais pas de faute et c’était presque propre.  Là, c’était bourré de fautes, cochon et illisible.  Avec le temps, la pratique et les exercices, j’écris presque comme avant : presque sans faute, cochon et illisible, mais lisible par moi, c’est le principal. Et maintenant, je parle français et non anglais. Si c’est par une super évolution pour ceux qui ne comprennent pas la langue de Shakespeare…

Toujours pas moyen de me souvenir de quoi que ce soit de décembre à janvier : note que ça vaut sans doute mieux.

Depuis lors, je recommence à me souvenir de tout mais c’est une autre histoire que je vous conterai un jour.

Petit à petit, et Dieu sait comme le mot « petit » est long et dure longtemps, longtemps longtemps, j’ai récupéré une partie de mes fonctions, celles auxquelles on ne pense même pas avant d’être renversée, comme parler, pisser, manger ou se brosser les dents.

Tout ça semble rapide, mais ce fut long comme un jour sans pain, à savoir six mois, et plus de six mois plus tard, je suis loin d’avoir tout récupéré (c’est ici que vous versez une chaude larme sur ma triste vie et puis que vous rigolez).

Je sais toujours pas marcher, même si j’ai commencé couchée, mais je suis désolée je sais toujours pas marcher, pas comme avant. Jamais comme avant. Ma vie ne sera plus jamais comme avant (c’est là que vous versez une seconde larme). Petit à petit (long, long, long), j’espère récupérer un maximum, rentrer chez moi, revoir mes 3 chats, et faire mes courses sans perdre six litres de sueur tellement ça m’épuise, je ne demande que ça. Juste ça. 

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6
déc

Nanowrimo (3ème) : Mes 3 vies - épisode 2

Deuxième vie : l’accident

Je partais à mon cours d’écriture, un samedi que je croyais comme les autres, mais qui ne l’était pas. Il était 14h02, dit le rapport de police, et je ne suis par arrivée au cours, vu que j’ai été renversée par une voiture fuchsia, dit le rapport de police, toujours lui, photo à l’appui, en noir et blanc, avec la voiture portant la trace de la tête ou de mon corps, et mes fringues sur le sol. Heureusement, vu ma mauvaise vue déjà avant, et encore pire maintenant, pas moyen de deviner quel vêtement j’avais. Je ne me souviens de rien, ce qui est sans doute mieux, mais je suis tombée dans les pommes et j’ai été emmenée au CHR ou j’ai subi une opération du cerveau et tout ce qui s’ensuit. J’ai été mise dans un coma artificiel aussi. Tout ça bien sûr, je ne m’en souviens pas, non plus d’avoir été conduite à William Lennox en ambulance (la gloire) le 21 janvier. Comme je le dis souvent, pour moi, comme je n’avais pas conscience de l’accident, ça allait, c’est pour mes proches que c’était le plus dur : Va-t-elle survivre ? Dans quel état ? Pourra-t-elle marcher ? Penser ? Parler ?

Et moi j’ajoute « pisser », car on a beau dire, c’est super important, ça semble naturel, fastoche, mais ça ne l’est pas.

Tout ça, je le répète encore ensuite, mais ne vaut-il pas mieux répéter deux fois que zéro ?

Au début je disais m'appeler Anaïs, alors que j’avais oublié les titres de mes livres. Le cerveau est tout de même étrange quand on me demandait « ils sont biens vos livres ? », je répondais que je n’en avais aucune idée. Avec le recul cette question est débile car même sans avoir eu un accident je me vois mal dire «  non, ils sont nuls à chier, surtout ne les achetez pas ». Qui dirait ça de ses livres, de ses bébés ? Donc quand on m’a demandé mon prénom, au tout début, quand j’émergeais à peine, j’ai répondu « Anaïs », qui est mon prénom d’auteure, pour ne pas mélanger avec mon prénom professionnel (oui, avant je bossais, j’avais un travail sérieux, comme aurait dit le personnage rencontré par le Petit Prince, que j’ai oublié, qui l’eut cru, mais je n’ai pas oublié l’essentiel : j’adorais le Petit Prince). Evidemment, les infirmières ont eu du mal à me suivre, déjà que je parlais anglais, si en plus je me trompais de prénom !

En plus des chats (vous verrez vite, ou je vous le dirai, que je les adore et que j’en ai des tas, tous très jolis (si si) et trois vrais, bien vivants), j’adooooooooooore Scratt, le personnage de l’Age de Glace. Quesque j’ai bassiné une collègue pour l’avoir à l’époque, son Scratt porte-clé, qui est toujours sur ma porte, car à forces de larmoiements, je l’ai reçu.  A William Lennox, j'ai reçu un Scratt « vibrant », c’est un Scratt dur qui a un gland et quand on l’éloigne en tirant sur sa corde (le gland), il revient en vibrant. Il faut connaître Scratt pour comprendre, of course j’ai de suite compris, et ri ri ri, j’adooooooooooooore. La question que je me suis longtemps posée est « qui m’a offert ce Scratt » ? Question que je me pose pour beaucoup de choses, ayant oublié les visites du début (dommage) et les conneries que j’ai pu dire (pas dommage). Finalement, j’ai su que ça venait d’une autre collègue. J’ai dû beaucoup parler de ma passion pour cette bestiole, vu que j’ai reçu un DVD d’une autre collègue avec une petite histoire de Scratt pour un anniversaire d’avant, que je viens de regarder. Tous mes Scratt viennent donc de mes collègues, qu’elles en soient remerciées (amen).

J’ai été opérée à Mont-Godinne en 2013, de l’endométriose, et j’ai participé à une marche ensuite, bref j’étais assez active contre cette maladie, qui ne touche que les femmes (pour faire bref, maintenant que la mémoire m’est enfin revenue sur cette maladie que j’ai – onze mois après l’accident, faut donc jamais perdre espoir, les règles ne sont pas totalement expulsées, et le sang restant cause lésions, douleurs et parfois kistes).

D’alleurs, au début je pensais qu'être à l'hosto suite à l’accident était lié à mon opération de l'endo à mont-godinne, je trouvais les conséquences importantes et je disais « si j'avais su me serais pas faite opérer » - dire que j'ai juste passé une nuit à l'hosto en me plaignant, sans savoir que le pire restait à venir…

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5
déc

Nanowrimo (3ème) : Mes 3 vies - épisode 1

Première vie : avant l’accident

Bah, avant l’accident, nul besoin d’en parler beaucoup, je menais une vie « normale », si tant est qu’on puisse mener une vie normale, mais disons que c’était « métro boulot dodo » quoi. J’allais bosser, je rentrais près de mes trois chats, je mangeais des plats préparés ou les plats de ma voisine (ouais, la cuisine et moi, on faisait trois, et ce n’est pas prêt de s’arranger). Bref une vie banale, sans mari (donc sans homme), sans enfants, mais des chats des chats des chats, en veux-tu en voilà. J’ai toujours adoré ces bestioles, même si j’avais oublié en avoir après l’accident, au point que j’ai dit à ma famille, une fois sortie du coma « c’est quoi ces trois chats, qu’on s’en débarasse, on sera tranquille ». Fort heureusement, je n’ai pas été écoutée. Passque j’ai toujours adoré les chats (je me répète, mais c’est vraiment de l’amour – mon sphinx, qui fait dodo sur mes genoux, confirme), même si j’y suis allergique.

Ouaaaaaais, c’est le comble : chuis allergique au chat (et à la vache, mais on a rarement envie d’adopter une vache, à part un steak dans son assiette, et ce n’es pas ce qui j’appelle l’amour des animaux domestiques).

Toujours est-il que j’ai des chats, non pas un, mais trois, tant qu’à faire. Bon, ce sont des chats anti-allergiques (des cornish rex et des sphinx) et je prends aussi des médocs, et puis je ne dors pas avec, pour avoir une « zone neutre ».

Donc une vie normale, en me plaignant comme tout le monde, de la météo, de devoir me lever tôt pour aller bosser, des restos trop chers, ou pas bons, ou les deux, du magasin bourré de monde, de tout et de rien quoi, sans être consciente de la chance que j’avais d’avoir une vie normale, de regarder la pluie, de bosser, de manger au resto, de faire mes courses, tout et rien quoi.

Puis l’accident est arrivé…

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