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Anaïs vue par le Rat : scène de ménage

Rat_blcptPsssssst, vous là. Oui, vous. Approchez. C’est moi, le rrrrrat, le mulot, la grosse souris grise, le campagnol domestique, le rongeur bavard.

Je profite du fait que ma maîtresse est en train de gémir de douleur dans son canapé pour faire usage (et bon usage) du clavier.

Depuis hier, mon Anaïs (ben quoi, elle m’appelle bien « le rrrrat », donc permettez que je la nomme ainsi) s’agite dans tous les sens : elle va avoir de la visite.

Elle s’est donc (enfin) décidée à ranger la partie émergée de l’iceberg : savoir le living, où elle recevrrrra son hôte. Mais pour mon Anaïs, ranger ne signifie nullement trier, jeter ou éliminer. Elle se contente de faire des piles d’objets ou de papiers, qu’elle déplace ensuite dans les pièces constituant la partie immergée de l’iceberg : chambres, dressing (oui, elle se la pète vachement avec son dressing qui n’est en fin de compte qu’un minable débarrrras – et dans débarrrras, y’a rrrrat – que celui qui ose émettre l’idée que j’ai le même humour naze que mon Anaïs quitte ce blog immédiatement). Le cubage d’objets inutiles reste donc sensiblement le même.

Hier, elle a donc fait ses piles habituelles, les a déplacées, a jeté avec tristesse une ou deux enveloppes vides et mis à recycler avec amertume quelques magazines datant du siècle dernier et passé l’aspirrrrateur. Le living ressemble quasiment à une pièce habitable. Ça me change.

Après cette frénésie totalement inhabituelle, elle était exténuée et s’est offert une petite pause chat sur MSN (et dans chat, y’a chat, mon ennemi juré – bon ça va j’arrête les feintes à deux balles). Elle tapotait paisiblement sur son clavier, lorsqu’elle s’est mise à pousser des cris d’autruche qu’on égorge, à faire des gestes démesurés. Elle a ensuite filé comme une folle dans la chambre, d’où j’ai vu voler des petites culottes, des tops, des strings, des jeans et des tas de vieilles choses fripées dont je n’ai pu déterminer l’usage.

J’ai rrrrapproché mon chtit museau de l’écran, et j’ai compris : elle pensait que son invitée ne ferait qu’un passage éclair durant la journée, mais elle venait d’apprendre qu’elle arriverait plus tôt que prévu et logerait chez nous. Branlebas de combat ! Mon Anaïs n’est jamais prête à recevoir à l’improviste. Cela nécessite une préparrrration d’une quinzaine de jours permettant une désinfection des lieux (qui a osé dire « une dérrrratisation » ?), un nettoyage approfondi, un détartrrrrage des sanitaires, un remplissage du frigo, et j’en passe.

Voilà pourquoi, depuis hier, elle est dans une effervescence permanente, pire qu’un gros cachet d’aspirine, c’est dire.

Elle a failli faire crâmer notre domicile, lorsque l’aspirrrrateur s’est mis à faire un bruit de tondeuse rendant l’âme. Puis, il a rendu l’âme. Odeur de brûlé. Fumée opaque. Pas étonnant, ce pauvre aspirrrrateur n’a jamais eu l’habitude de bosser ! Lui infliger un tel supplice comme ça, sans le préparer psychologiquement, sans préavis, y’avait de quoi passer l’arme à gauche en moins de temps qu’il ne faut pour dépoussiérer le téléviseur. Paix à son âme. Il rejoindrrrra bientôt le parrrradis des aspirrrrateurs, puisque sa garantie expirait… avant-hier. Comme c’est dommage (sourire narquois – et dans sourire, y’a souris – j’arrête j’arrête, partez pas, elle va prétendre que je fais fuir le lectorrrrat – et dans lectorrrrat y’a… CENSURÉ). Il aurrrra servi quatre fois, peut-être cinq, c’est peu dans une vie d’aspirrrrateur.

Elle a ensuite attaqué la salle de bains, la chambre, le dressing et même la terrrrasse. Elle a fait quelques courses car elle veut cuisiner pour son invitée. Cuisiner ! Je voudrais bien voir ça, elle qui n’a même pas encore vu Rrrratatouille au ciné. Je bénis le ciel chaque jour de ne manger que des graines industrielles. Je n’oserais même pas toucher à un bout de fromage qu’elle aurait coupé… Alors, Anaïs, cuisiner… On va rire.

Depuis, elle est dans un état pas possible. Comme si elle avait dû nettoyer de fond en comble quinze suites royales du Hilton Paris. Alors que, je vous le dis, mais que cela reste entre nous, elle a fait ce que tout humain normalement constitué fait chaque vendredi. Ni plus (certainement pas), ni moins (quoique)… Comment ça, j’ai une langue de vipère ? Je suis un rrrrat qu’on se le dise…

Vous comprenez donc aisément pourquoi elle gémit de douleur depuis des heures, dans son canapé. (Son pauvre dos, ses pauvres brrrras, ses pauvres épaules, ses pauvres molets … eux non plus n’ont pas l’habitude, vont-ils être en surchauffe, comme l’aspirrrrateur ?) Pourquoi elle a perdu deux kilos durant ses activités de femme de ménage (deux kilos de sueurs, pas de grrrras). Pourquoi elle devrait prendre un bon bain…

A la prrrochaine.

Le hamsterrr à longue queue (oups je manque à tous mes devoirs, le dessin de moua est fait par Mako, mais bien sûr je suis plus beau en vrrrrai)signature3

09:41 Écrit par Anaïs dans Le Rat vous parle | Lien permanent | Commentaires (10) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |