2
sep

L’OVNI (objet vibrant non identifié)

J’ai récemment été contactée par un nouveau site très sympa, pour la testing zone.  

On me propose de tester le G twist, un vibro en Jelly spécialisé dans le point G, comme son nom l’indique (comme tout peut parfois être simple, dans l’existence).  Qui plus est, il est lumineux.  Rigolo pour le retrouver la nuit.  Je clique pour aller voir la tête de mon futur vibro, sur le site des plaisirs dqplay, et je découvre un vibro tout mauve, en forme de ver.  Parfait.

Il faut dire que je préfère de loin les vibros rigolos, de couleur vive, en forme de ver, de taupe, de poisson ou de pinceau à blush aux vibros de couleur chair et de forme anatomique, qui font croire qu’on dispose d’un bout d’homme à la maison.  Ça doit être mon côté enfant qui veut ça.  Et puis, je trouve indispensable de faire la différence entre un homme, un vrai, et un sextoy, accessoire bien utile, mais qui jamais ne remplacera la tendresse et la dextérité d’un homme (quoique parfois… mais n’entrons pas dans de telles polémiques).  Donc, tant qu’à faire, autant que le sextoy ne ressemble en rien à un homme.

Mon colis arrive un matin, à 7h, durant mes congés.  Je vous passe le détail des péripéties postiennes, la poste belge étant aussi évoluée qu’un unicellulaire, et encore, l’unicellulaire s’active, lui.  Encore endormie, je prends possession de mon nouveau sextoy.  Tant qu’à aller replonger dans les bras de Morphée, autant le tester immédiatement.  Il est parfait, quoiqu’un peu trop volumineux à mon goût.  Pratique.  Docile.  Obéissant.  Et lumineux, ce qui aide énormément quand il est 7h07 du matin et que mes yeux sont encore semi fermés.

Vers 10h, j’émerge enfin.  Et je regarde mon nouveau joujou plus attentivement.  Et là, je frôle la crise cardiaque.  L’apoplexie.  L’évanouissement.  C’est pas du tout le vibro qu’on m’avait proposé.  Mais alors là pas du tout. OK, il est lumineux.  OK, il est en Jelly.  Mais sa forme.  Ah ben sa forme.  C’est pas une forme de ver, c’est le moins qu’on puisse dire.  Je me dois d’appeler un chat un chat, il s’agit d’un sextoy en forme de … sexe.  Au lieu de m’envoyer un ver… ils m’ont envoyé une verge !  Deux lettres qui changent tout.  Ben ça alors.  Etonnement.  Surprise.  Faut le reconnaître, il a beau être très utile, il est moche (me vient à l’esprit qu’on peut parfois aussi dire ça d’un homme, qu’il est utile mais moche, mais je trouve cette pensée vachement misandre, et moi je suis pas misandre, du moins pas toujours misandre – terme que mon Robert refuse de définir, il serait pas misogyne, mon Robert, des fois ?).  Donc il est moche.  Mais vraiment très moche.  Je regarde l’emballage.  En effet, y’a eu erreur sur la marchandise, j’ai reçu le Mighty Vigor et non le G Spot, et ça fait toute la différence…

Bon, rassurez-vous, sur le site qui propose ces joujous, y’a des tas de sextoys tous plus jolis les uns que les autres : un canard rose à plumetis, un pingouin, un ver bordeaux très souriant, un mini ver de poche totalement craquant, un bouquet de marguerites qu’on a envie d’effeuiller…  Y’en a même un blanc magnifique, orné de coeurs roses.  Tous adorables.  Superbes.  Décoratifs.  Un vaste choix pour tous les goûts.  Mais pourquoi donc alors m’ont-ils envoyé ce truc moche ?  Remboursez ! (Ah non, flûte, je l’ai pas payé, c’est un des nombreux avantages dont profite la Marketing Anaïs SA).

Découvrez les ici. 

Quant à moi, c’est décidé, dorénavant je ne testerai plus que des vibros rigolos, qu’on se le dise !  (j’accepte les pingouins, les fleurs, les vers, les taupes, les canards, les chats, les rats, les hot dogs, les espadrilles, les cœurs, les orchidées et même les bouquets de roses,…)
vibros

18:56 Écrit par Anaïs dans La testing zone d'Anaïs | Lien permanent | Commentaires (13) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

27
aoû

Fashions Addict

fashions


Dans ma quête pour devenir une bloggueuse type (cf ce billet), je viens de découvrir une perle : fashions addict.

Un site français qui regroupe tout ce pour quoi je lutte jour après jour : devenir belle, être à la mode, tout savoir sur les tendances, les défilés et les voyages dans les grands zoiseaux de métal.

Parce que jamais il ne sera dit que je n’ai pas tout fait pour m’améliorer et devenir une bonne bloggueuse sachant blogguer.

Ce site fait la part belle aux jeunes créateurs, et je ne peux que lui tirer mon chapeau, car on en a marre du Chanel et du Dior, on veut du neuf, du frais, du dynamique.  Ce site lève le voile sur les grandes marques, nous allons enfin comprendre pourquoi tout cela coûte si cher.  Ce site teste les nouveautés beauté, je vais enfin devenir la plus belle, miroir ô mon miroir.  

Moi je dis qu’il n’y manque que ma griffe pour que ce site soit parfait…

Elle est pas belle la vie ?

22:03 Écrit par Anaïs dans La testing zone d'Anaïs | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

21
aoû

La testing zone - que faire d'une bouteille de Passoa ?

Keskon fait quand on a reçu une bouteille de Passoa à tester ?  On fait une soirée nanas.  Na.

Avec Mostèk, que vous connaissez maintenant fort bien, vu ses incontournables commentaires sur ce blog.  Et avec mon autre collègue bien aimée : la pétasse au premier abord (cf ce billet), que nous appellerons dorénavant Moustique.

Pourquoi Moustique ?  Pour rimer avec Mostèk ?  Un peu, mais surtout car il s’agit d’une partie de son nom d’actrice porno.  Comment, vous ignorez quel est votre nom d’actrice (ou d’acteur porno) ?  C’est simple : vous prenez votre second prénom, auquel vous accolez le nom de votre tout premier animal domestique.  Voilà.  Moi ça donne… euh, non, ça va pas la tête, je vous imagine en train d’arpenter les vidéo clubs à la recherche d’une de mes œuvres.  Top secret, mon nom d’actrice porno.  Vous me direz, Moustique, ce n’est que la seconde partie du nom d’actrice porno de collègue pétasse.  Bien vu.  Mais la première partie, elle m’a interdit de la révéler (je vous dirais juste que c’est un truc loufoque et ridicule genre Cunégonde ou Voldemort).  J’ai juré craché.  Je me tairai.  Même si on me torture en me lançant des lasagnes Farniente brûlantes au visage.

Dorénavant, mes collègues vénérées, c’est Mostèk la commentateuse folle du blog, et Moustique l’ex-pétasse.

Tout ça pour dire que j’ai débarqué avec mon Passoa et que nous l’avons savouré ensemble, entre femmes (y’avait bien également un gaminou, mais vu qu’il a moins de dix ans et qu’il n’a pas encore mué, loin de là, il ne compte pas).  En nous empiffrant de dés de feta bien gras, de chips bien gras et de pizzas bien grasses arrosées de Coca bien light.  Un bonheur.  Le tout en zieutant un petit film romantique à souhait (tourné exprès pour les soirées de nanas) : « Sept ans de séduction », avec le bel Asthon Kutcher (que nous a piqué la vieille Demi Moore, si si elle est vieille, on ne le dirait pas – merci miss chirurgie esthétique – mais elle est vieille).

Ajoutons à cela une bonne poignée de médisance (les collègues gnagnagni, le patron gnagnagna, ce mec ci gnagnagni, ce mec là, gnagnagna…), quelques doses de rire, une réelle complicité, et vous obtenez la recette de la soirée nanas idéale.

Je m’en voudrais de ne pas terminer ce billet, en vous présentant notre trio made in South Park.

Mostèk, Moustique ... et moua

Alors keskon dit ? Merci Passoa !

Au fait, c’est comment, votre nom d’actrice/teur porno ? (Boulu ayant inventé ce défi, je prends le relai : si j'ai 100 commentaires sur ce post, je vous révèle mon nom d'actrice porno en 101e commentaire)

trio

06:30 Écrit par Anaïs dans La testing zone d'Anaïs | Lien permanent | Commentaires (64) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

17
aoû

J'ai osé vivre nue

Paru également sur www.madmoizelle.com 

Après avoir découvert les plaisirs de la « chasse à l’homme » en lisant l’ouvrage proposé par le Jardin des Dames en avril dernier (cf ce billet), on me propose de découvrir un autre ouvrage de cette petite collection bien sympathique, et je choisis « Osez vivre nu ». (parce que pour « Osez tout savoir sur la fellation », « Osez le sexe selon les astres », « Osez réussir votre nuit de noce » (bouhouhou que je suis malheureuse) ou « Osez les jeux érotiques », faudrait déjà que j’ose trouver un homme, rondidju (et tous ces mots, sexe, fellation, érotique, ça va m’amener une masse de lecteurs, gnark gnark).

Et quoi de mieux, pour lire « Osez vivre nu », que de lire… entièrement nue ?  Aussitôt envisagé, aussitôt fait… ou presque.  Car trouver une journée ensoleillée en juillet et août relève de l’exploit cette année.  Et trouver une journée ensoleillée durant laquelle je ne quitterai pas mon home sweet home (vous ne pensiez tout de même pas que j’allais, pour une première expérience, aller faire mes courses ou m’étendre sur une plage naturiste ?) relève de la gageure.

Lors des jours chauds, j’aime rester en bikini toute la journée.  Une sensation de semi-liberté m’envahit.  Point de vêtements qui donnent chaud.  Moins de transpiration.  Je soupçonne qu’une journée totalement nue pourrait m’apporter une satisfaction supplémentaire…  Qui vivra verra.

Vient enfin le jour tant attendu : il fait beau, je n’ai rien de prévu au programme.  Je vais enfin vivre 24 heures nue comme un ver.

Je commence par une bonne douche, histoire de ne pas sentir le vieux cheval durant toute une journée.  Je sors de ma douche, je m’essuie.  Point barre.  Etrange sensation de ne pas devoir m’habiller.  Comme un manque.  Quelque chose d’anormal.  Je prends toutefois un kimono de soie, afin d’éviter de heurter tout visiteur qui se pointerait à l’improviste : le facteur pour un paquet, patron chéri pour un dossier, môman pour un bisou ou homdemavie pour une déclaration.

Première constatation : fait froid, à certains moments.  Pour vivre nue, mieux vaudrait que je m’exile dans le Sud de la France.  Ou que je le fasse en plein été.  Mais c’est l’été, suis-je bête.  Je parle juste du temps où l’été ressemblait à l’été, avant le réchauffement de la balle bleue.

Je décide de me réchauffer au soleil.  Je rampe jusqu'au transat qui orne ma terrasse, afin de me mettre à l’abri des regards indiscrets (une fois couchée sur ledit transat, personne n’est susceptible de regarder mon corps de déesse, souvenez-vous, j’ai acheté un genre de treillis verdasse à Paris, que j’ai ensuite traîné jusqu’ici et installé de mes jolies mains de bricoleuse).  Le rat me scrute étrangement.  Je vois une lueur espiègle dans son regard.  Une lueur angoissée également.  De même qu’une lueur intéressée.  Et oui, tout ça dans le regard d’un simple rat.

Je m’enduis d’écran total (même si cette expression est dorénavant interdite par la loi).  Un plaisir.  Nul besoin de contourner les bretelles du bikini.  Je me tartine entièrement, et je m’installe.  Le soleil me caresse doucement la peau.  Je ressens une profonde satisfaction et un sentiment d’abandon.  Plus rien n’entrave mon corps.  C’est agréable.

J’offre au rat un petit moment de liberté.  Après tout, lui aussi a le droit en profiter.  Il se promène sur la terrasse, fait une petite sieste à mes côtés, entreprend l’ascension de mon bide, s’accroche comme un dingue pour atteindre le sommet et me plante ses griffes dans les cellules adipeuses.  Etre nue, ça peut être douloureux !  Je l’aide comme je peux et il s’installe enfin en haut de l’Everest, enfin de ma bedaine, pour une petite sieste.  Le contact de son pelage est somme toute très voluptueux.

Pause repas, je rampe jusqu’à la cuisine.  J’y suis à l’abri des regards indiscrets.  Afin d’éviter de me brûler les cuisses, j’opte pour un plat froid : jambon de parme et melon. 

Je retourne ensuite faire l’amour avec le soleil.  Faut dire que cette nudité exacerbe les sens.  Je ressens mieux sa chaleur et la légère brise.  Pourquoi n’ai-je pas pris plus de renseignements sur les orgasmes tantriques, rondidju…

Une légère angoisse m’envahit : et si mes vis-à-vis, là-bas, dans le lointain, s’étaient armés d’une paire de jumelle ou, pire, d’un appareil photo de paparazzi, pour immortaliser mon expérience et/ou me faire chanter ?  Du style « Anaïs, on sait que c’est toi, on veut 500 eur ou on publie les photos sur un blog dénommé ‘le célibat est passé par elle, et matez donc les dégâts’ (à l’heure actuelle, des photos de moi nue ne valent pas plus, mais dans quelques années, qui sait…).  Et cette tondeuse que j’entends travailler, pas loin, n’appartient-elle pas à un voyeur qui a remarqué mes va-et-vient rampants ?  Je frôle la paranoïa.  Et pourtant j’adore ce moment où je peux déambuler totalement « nue au soleil, complètement nue au soleil ».  Une liberté extrême.

Le soir tombe, et je déambule totalement nue à l’ombre, complètement nue à l’ombre.  Fait pas chaud.  Je me blottis sous un polar, mais je reste en tenue d’Eve. 

Durant ces vingt-quatre heures entièrement nue, je lis « Osez vivre nu ».  Et j’y glane des tas de conseils.  Parfois drôles, parfois subtils.  Pour vivre nu chez soi, pour vivre nus à deux et en profiter pour donner un soupçon d’érotisme à cette manière de vivre, pour vivre en tant que naturiste, chez soi et dehors, sur les plages réservées aux non textiles.  Pour se dénuder également, ou l’art de faire un striptease réussi (qui ne vire pas en eau de boudin lorsque je trébuche dans mon porte-jarretelles ou lorsque ma tête reste coincée dans mon top à paillettes).  Pour arpenter les plages naturistes ou autres endroits où la nudité est acceptée voire requise, dans toute la France (petit regret : aucune adresse ou plage belge n’est communiquée).  A ces conseils s’ajoutent un petit historique de la nudité et du striptease, un survol de la nudité dans l’art et, enfin, un aperçu de la nudité dans l’échangisme, l’exhibitionnisme ou le voyeurisme.  Un peu de tout sur un sujet somme toute encore bien tabou.

Un guide que je vous recommande si l’idée de bronzer nue ou de vivre nue chez vous vous a déjà effleuré l’esprit…

Pour ma part, j’ai essayé et j’ai aimé.  Je recommencerai.  Où sont donc les plages belges naturistes que je puisse y courir dès le prochain rayon de soleil ?

Vous achèterez ce livre, je vous l’ordonne, sur le site du Jardin des Dames.

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07:00 Écrit par Anaïs dans La testing zone d'Anaïs | Lien permanent | Commentaires (34) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

14
aoû

J’ai testé la bague au doigt

Aujourd'hui c'est le grand jour.  Un jour à marquer d'une pierre blanche, comme on dit.  Le jour J.  Le premier jour du reste de ma vie… Dans quelques heures, j'aurai la bague au doigt.

Pour marquer le coup, j'ai mis de la crème hyper méga hydratante sur mes magnifiques mains, je me suis fait une french manucure de la mort qui tue, et j'ai mis un magnifique ensemble en maille turquoise avec un pantalon blanc qui me met tellement bien en valeur.

Je suis fin prête.

Elle peut arriver.

Ma bague.

Bleue.

Bleue ?

Mais oui, ma bague bleue de célibataire, vous savez, ce concept innovant au nom aussi imprononçable que ceux des meubles en kit qui décorent mon intérieur comme celui de 698.365 personnes.  Un concept créé par un suédois, Singelringen.  Ma bague bleue de célibattante.

La voilà.  Dans un chouette emballage bien bleu.  Petit cérémonial.  Musique.  Concentration.  Je respire fort et je me passe la bague au doigt.  A l’annulaire droit.  Tadaaaaaam.

Les mariés avaient leur bague, les célibataires ont maintenant la leur, si c’est pas un réel progrès ça.   D’aucuns me diront que c’est comme marquer du bétail, je leur réplique que c’est assumer son célibat, le revendiquer, le vivre pleinement, sans à priori, sans gêne, en attendant l’amour, comme les mariés assument joyeusement leur engagement.  Et c’est, aussi, rencontrer plus facilement d’autres célibataires qui le veulent bien, qui le valent bien.

Je ressens une légère griserie, comme une fierté d’afficher mon état, au lieu de le cacher.  Si je pouvais placer en permanence ma main devant mon visage, histoire de crier au peuple « regardez-moi, regardez cette bague… », je le ferais.  Un peu folle dingue, je sais… On ne se refait pas.  Comme une sensation que le monde m’appartient, que la rue s’est transformée en un supermarché de célibataires potentiels, que j’ai repris le pouvoir.  Que je n’ai plus à me cacher, à accepter les quolibets qui me minent parfois le moral : « comment, t’es toujours célibataire, mais tu cherches bien, t’es sûre ? », « alors, Anaïs, quand eske tu nous présentes enfin ton petit ami ? »…

Maintenant, il est grand temps de tester le concept.

Repas en ville, sur une terrasse bondée.  Je m’installe avec plusieurs amies pour une sympathique petite bouffe.  Je scrute les hommes, cherchant à détecter une miraculeuse petite bague bleue au doigt d’un homme.  Rien.  Nada.  Nothing.  Niente.
bague_bleue-1


Echec sur toute la ligne.  Moi qui m’attendais à voir défiler quantité de célibataires bagués, c’est la déception fulgurante.  Qui plus est, personne ne semble remarquer la transformation qui s’est opérée en moi.

Je tente ensuite le magasin de bijoux, repaire assuré de jeunes femmes avides petites choses jolies, décoratives et féminines.  Je tâte consciencieusement l’intégralité des présentoirs, de ma main droite, cela va de soi, exhibant autant que faire se peut mon bel anneau. 

Je sens les regards braqués sur moi, enfin, soyons honnête, sur mon annulaire droit.   Vu ma propension à palper les bijoux, plusieurs demoiselles me prennent pour une vendeuse et m’abordent « excusez-moi madame (burps, non moi c’est mademoiselle, ai-je envie de rétorquer), on peut la trouver où cette bague bleue ? »  Et moi d’expliciter les tenants et aboutissants de l’objet tant convoité.  Les célibataires se réjouissent, me demandent d’épeler ce nom tellement compliqué, tellement suédois, tellement original.  Les casées heureuses amoureuses se lamentent de ne pouvoir l’acquérir. 

Je décide ensuite de me rendre dans un bar hyper branché de ma petite ville.  Seule.  Seule, je suis plus réceptive. Seule, je suis plus attentive.  Je m'installe, exhibant fièrement ma bague resplendissante.  Pourquoi fait-il si sombre dans ce bar branché.  Ma bague bleue turquoise ressemble à un bout de nuit, vont-ils la voir ? 

Je me sens un peu nerveuse, je fais tourner ma bague comme le font les mariés avec leur alliance.  Il paraît que ce rituel a une signification, vous pouvez me dire laquelle, Docteur Psy ? 

A force de jouer ainsi avec mon anneau, je l’envoie valser à l’autre bout du bar, avec un bruit métallique bien sonore.  Ça pour être remarquée, me v’là remarquée !  Reste à traverser la salle en diagonale pour aller récupérer mon précieux bien.  Et à garder bonne contenance.  L’air de rien, je traverse, je m’accroupis et je cherche ma bague.  Longtemps.  C’est fou comme ces petites choses ont tendance à se faufiler.  Les secondes me semblent des heures.  J’ose jeter un coup d’œil par-dessus mon épaule.  Mal m’en prend : je distingue nettement, malgré la pénombre, dix paires d’yeux masculins braquées sur mon postérieur (diantre, pourquoi ai-je mis un string sous ce pantalon blanc).  J’attrape enfin mon anneau adoré et me relève avec grâce, tant bien que mal.  Les dix paires d’yeux font semblant de ne pas m’avoir vue.  Je traverse la salle, la tête haute, et retourne m’asseoir.  Je suis immédiatement abordée par deux charmants messieurs qui s’assurent que je vais bien, demandent à voir l’objet de tant de recherches, et la conversation s’entame sur les tenants et aboutissants du principe de ma bague bleue.  Bingo.  Gagné.

Le soir, barbecue chez un couple d’amis.  Une foule se rue sur la Sangria tiède et les chips mous.  Je garde espoir.

Je tiens mon verre de Sangria bien haut placé près de ma bouche, de la main droite, histoire de montrer à tous ce magnifique bijou d’un bleu bien voyant.  Réactions ?  Pas réactions ?  Pas réactions… 

Je commence à m’interroger sérieusement : dois-je transformer cette bague en anneau nasal ?  Dois-je en porter une à chaque doigt ?  M’en mettre une kyrielle autour du cou ?

Sur une table, traîne un magazine.  Je le feuillette distraitement lorsque je tombe, ô hasard incroyable (mais j’en suis convaincue, dans la vie, y’a pas de hasard), sur un bel article vantant les mérites de Singelringen, accompagné d’une photo grand format.

Et là, comme un barrage qui explose suite à orage violent, les langues se délient d’un coup…  « Oooooh Anaïïïïïïs, mais c’est pas la bague que tu portes ?  Je l’admire depuis ton arrivée, ta bague. » « Mais Anaïs, tu l’as déjà cette bague, lis-nous l’article, c’est quoi c’est quoi c’est quoi ? »  « Raconte-nous ! »  Ils veulent tous tout savoir.  En une fraction de seconde, moi et ma bague magique nous sommes le centre d’intérêt de l’entièreté des invités.  A qui j’explique brièvement le concept.  « Elle sert à quoi cette bague ?  A dire je suis célibataire, que je m’assume.  Et en guise de conclusion : adoptez-moi ».  Le « adoptez-moi », prononcé d’une petite voix et avec une moue boudeuse, fait beaucoup rire l’assemblée, et il a le mérite d’être clair.  Grâce à cette petite bague, le message est passé.  Je suis célibataire.  Qu’on se le dise…

Et on se le dit.  Les conversations vont bon train.  Le magazine passe de mains en mains, ma bague aussi (aaaargh pitié, attention, préservez-là du gras de chips et de la sangria collante).  Les questions continuent à fuser.  La bague plait.  Le concept plait.  Mêmes les mariés fiers de l’être semblent subjugués.

Nous passons ensuite à table, les conversations s’orientent vers tous les sujets possibles et imaginables.  Exit le sujet bague, elle a eu son moment de gloire.

Je me dirige vers le buffet et me retrouve à côté d’un inconnu, qui inonde son assiette de sauces diverses.  Regard en coin.  Il est brun.  Il est grand.  Il est ténébreux.  Second regard en coin.  Pas de bague bleue, mais pas d’alliance.  Tout espoir est permis.  Il m’aborde rapidement « tu peux me rappeler le concept de ta bague, j’étais loin tout à l’heure, pas bien compris ».  Je m’exécute avec joie et je répète mon bla bla célibat bla bla assumer bla bla adoptez-moi bla bla.  Il a un petit sourire espiègle et s’éclipse.  Maintenant il sait.

La soirée se poursuit dans la bonne humeur.

L’heure est venue de rejoindre mon lit king size de célibattante.  J’entame un tour de table pour saluer et embrasser les invités encore présents.  « Au revoir, merci pour tout, bonne fin de soirée, à très bientôt ».  Lorsque vient le tour de Marc, il enlace doucement et très subrepticement ma taille, très très légèrement, juste ce qu’il faut pour marquer le respect nécessaire à la femme du monde que je suis (si si), mais juste ce qu’il faut également pour me faire comprendre que ce geste n’est pas anodin.  Je le fixe d’un air mi-détaché mi-étonné, je lui dis « Au revoir, Marc ».  Il me susurre doucement à l’oreille « Au revoir, Anaïs… à très bientôt… j’espère… ».

L’effet magique de la petite bague bleue… sans aucun doute…

Billet joliment (et le mot est faible) illustré par Mako, que vous connaissez tous, et par Miss Trop, que vous commencez à connaître… A découvrir encore et encore et encore dans mes liens d’artisssss’.  Deux dessins pour un seul billet, elle est pas belle la vie ??
singelringenpt

09:21 Écrit par Anaïs dans La testing zone d'Anaïs | Lien permanent | Commentaires (17) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |