2
mar

Je viens d'échapper à un drame dramatiquement dramatique

Vous avais-je raconté cette fois où, en plein cinéma, toute seule, j'avais avalé une grande gorgée de boisson à l'ananas et que c'était pas de la pulpe mais de la pourriture qui avait atterri dans mon gosier ? Enfin plutôt dans ma bouche, car, en un réflexe incroyable, j'avais tout recraché dans la bouteille, mais cette sensation de pourriture dans la bouche, je l'ai encore...

Et bien je viens à l'instant d'échapper à pire...

Pour déjeuner, je me sers un demi-bol de lait de soja banane dans ma tasse "conne et cruche" (vous aussi, offrez-vous une tasse conne et cruche, si vous le valez bien), que j'installe près de mon pc.  Je vérifie mes mails, j'en écris un, je fais une bafouille sur Facebook, je trie mon sac, bref je vais je viens.  Puis je me réinstalle au pc et j'ai soif.

Alors je m'apprête à avaler une grande gorger de lait de soja banane.

Mais je sais pas, j'ai comme une sensation étrange en tenant la tasse.

Un mauvais pressentiment.

Alors je zieute au fond de la tasse, je fais tourner le liquide, y'a bien du liquide, ça semble bien être du lait de soja banane.

Mais il fait sombre ici, j'ai pas allumé, j'ai pas de grandes baies vitrées avec vue sur mer, malheureusement.

Alors je zieute à nouveau, toujours ce mauvais pressentiment en tête.  Peut-être le fait que ma tasse devrait être glacée mais qu'elle ne l'est pas ?  Mon sixième sens m'interdit en tout cas de boire.  Et je zieute je zieute je zieute.

Et j'ose pas boire.

Je me dirige alors enfin vers la cuisine, où je trouve ma tasse conne et cruche à demi-remplie, qui m'attend.

Et je réalise que ce que j'ai failli avaler est un vieux reste de lait de soja datant de... je sais plus quand, mais de quelques jours.  Et qui traînait depuis lors sur mon bureau.

Et au vu de son aspect lorsque je l'ai vidé dans l'évier, je vous le confirme, le drame aurait pu être dramatiquement dramatique.

Note que ça aurait peut être remplacé ce souvenir de pourriture ananesque, un souvenir de pourriture bananesque...

Cette tasse conne et cruche me sied définitivement à merveille...

09:46 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

14
fév

Rediffusion : une histoire de lasagnes... avec ou sans cheval inside

L'actu très peu chevaleresque du moment m'a rappelé cette histoire bien lasagnesque que j'avais écrite y'a des années.

Alors, tant qu'à faire, une petite rediffusion s'impose.  Bonne lecture, c'est par ici !

 

Et un chtit dessin de Deligne.

lasagnes.jpg

19:30 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

12
fév

La poss’ belch’ n’est plus ce qu’elle était (une fois)

Nan, je ne vais pas vous parler ici des colis qui se perdent, des tarifs qui augmentent au fur et à mesure qu’internet et ses mails grappillent le marché ou de la sensation que j’ai que la France est à l’autre bout du monde quand je vois le temps (et l’argent) mis à recevoir quelque chose en provenance de ce pays fort fort lointain.

Ici, c’est de rapports humains dont je vais vous parler.

Vous savez, ce qui fait que nous sommes des zanimos sociaux avant tout.

Au bureau, j’ai la chance d’avoir toujours eu un facteur sympa.  Le premier était si sympa que, quand je le croise ici ou là, on se fait toujours un petit coucou, des années après qu’il ait changé de fonction, c’est dire.  Si, c’est dire ! Passque là oùsque je vis depuis dix ans, j’ai qu’une vague idée de la tête qu’a mon facteur, donc je trouve que là oùsque je bosse, c’est le bonheur factoriel.

Puis il est parti, et y’a eu un nouveau facteur.  Toujours aussi sympa.  Jamais râleur quand il nous apporte nos innombrables colis Amazon, à Mostek, à La collègue sans surnom et à moi.  Jamais râleur quand il m’apporte tous ces jolis livres dont je vous parle régulièrement.  A force d’en voir arriver, des livres, pour moi, il me saluait même d’un « j’ai de la lecture pour vous », avec un grand sourire, en entrant au bureau, chargé comme un baudet joyeux malgré le poids de la vie (et de ma bibliothèque en devenir).

Sérieusement, honnêtement et tutti quanti, un bonheur que mon facteur.

Et puis le drame dramatiquement dramatique s’est joué.

Depuis une semaine, il a disparu sans laisser d’adresse.  Un comble pour un facteur, vous en conviendrez.

J’ai tout d’abord trouvé une masse de courrier dans la boîte aux lettres.  Bizarre autant qu’étrange.  Et comme la situation se renouvelait chaque matin, je me suis dit qu’il était en congé.  Puis l’autre jour, voyant une factrice s’acharner comme une dingue sur la boîte pour y faire entrer du courrier (va-t-en faire entrer cent enveloppes dans une chtite boîte, un vrai challenge), je lui ai signalé qu’il y avait une vie dans le bureau, qu’elle pouvait entrer pour y déposer son bagage.

Et le lendemain, la factrice avait compris, vu qu’elle est entrée avec ledit bagage.

Sauf qu’elle m’a immédiatement mis au pas, la médéme : « j’ai pas l’obligation de vous apporter le courrier », qu’elle m’a dit, « si ça entre dans la boîte je peux le mettre dans la boîte, là je vous l’apporte car il y a un colis mais sinon on m’a bien dit que je pouvais le mettre dans la boîte (pigééééééééééé) ».

Çaaaaaaaaaaaaaaaaa va, on a compris, feignasse, t’as pas l’énergie de marcher les dix pas entre la boîte et le bâtiment.  T’as pas l’envie d’entrer faire une causette, ou simplement dire bonjour, bref voir un être humain, faire un sourire, avoir le plaisir de croiser quelqu’un, puis, avec le temps, me dire en souriant « j’ai de la lecture pour vous ».

C’est vraiment dommage cette attitude.  Je dirais bien que c’est la faute au géoroute, mais j’ai des doutes (et je fais des vers sans en avoir l’air comme Victor Hugo sur son petit pot).  C’est la faute à la société, ma bonne Dame, qui fait qu’on ne se parle plus, qu’on ne se regarde plus, qu’on ne s’aime plus, tchu.  Plutôt que de sortir des timbres débiles qui sentent le chocolat, la posss’ belch’ ferait mieux d’apprendre à ses factrices à être sympas comme des routiers.

De là à en conclure que les femmes sont plus infectes que les hommes en matière de relations sociales, il n’y a qu’un pas que j’ai bien envie de franchir, quand bien même je suis une femme…

L’horreur dans tout ça, c’est que c’est pas une remplaçante, c’est bel et bien la nouvelle factrice, que je vais me coltiner jusqu’à la pension... euh c’est bien à 65 ans la pension ?

08:23 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

26
jan

Du paradis à l'enfer...

... il n'y a qu'un pas, et il est franchi.  Plus d'infos ici.

MIDWAY : trailer : a film by Chris Jordan from Midway on Vimeo.

20:35 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

21
jan

J'ai testé "fais-toi poser des points de suture"

J'ai une chance inouïe dans l'existence, car à mon âge avancé, je n'ai jamais dû être opérée.  Et je n'ai jamais rien eu de cassé.  Je sais, faut jamais dire jamais, mais c'est déjà une chance quand je vois certains enfants qui souffrent.  Moi, nada.  Bon, j'ai d'autres agréables petits soucis, des allergies et de l'asthme qui transforment tout rhume en bronchite, des dents de merde fans de pulpites en série, mais niveau hôpital, j'ai jamais rien connu, pour moi du moins.

Il est vrai que quand j'étais une petite gamine coquette, j'ai trébuché sur un sac que je tenais à la main et dévalé toute la volée d'escaliers que je m'apprêtais à descendre.  Résultat : un crin. 

Il est vrai également que quand j'étais une petite gamine curieuse, j'ai voulu ouvrir une armoire dont la porte s'abaissait et j'ai ramassé toute l'armoire sur mon petit corps chétif.  Résultat : j'aurais pu être scrabouillée par le meuble mais on m'a retrouvée en position fœtale entre deux étagères dudit meuble.

Mais tout ça, je ne m'en souviens pas.

Ce jour donc, tout a changé.  Rendez-vous à l'hosto pour tirer la langue à un gentil docteur dont j'ai oublié le nom.  Oui, lui tirer la langue, au sens premier du terme, pour lui en montrer le bout, qui est orné d'une petite tache bien rouge.  Pas dérangeante, jusqu'à ce qu'elle se mette à saigner par moment, notamment un jour où je m'offrais un quick et où une frite a malencontreusement heurté la tache, me transformant en vampire fan de frites.

Je déteste les hôpitaux, et même y aller pour une naissance est une épreuve pour moi.  Donc la perspective de cette visite ne m'enchante guère, mais je suis relativement zen.  Passque mon doc généraliste m'a dit que ce n'était rien mais qu'il valait mieux le montrer.

Donc ce n'est rien.  Et le gentil doc va me dire "ce n'est rien, ça va partir tout seul, au revoir médéme".  Même Mostek qui m'a dit dans la matinée "oh, il va juste gratter pour analyser", ne m'a pas convaincue.  Dégoûtée, oui.  Effrayée, oui.  Mais pas convaincue.

Je pars donc, la fleur au fusil, le cœur vaillant, direction l'hôpital.  Où j'attends 45 minutes, lisant les Carnets secrets de Jean-Luc Delarue, tandis que le stress monte.  Ben oui, rien qu'à me trouver à l'hosto, j'angoisse, c'est ainsi.  Y'a un monde fou, de tous les âges, et je me sens écrasée par une chape de solitude.  L'hôpital me déprime, et je m'imagine, bien plus âgée, troisième âge quoi, toute seule, abandonnée, malmenée par un personnel hospitalier n'ayant pas le temps, comme dans Urgences ou Grey's Anatomy, de parler aux patients.

J'en suis là de ma déprime lorsqu'une infirmière surgit et me fait entrer chez mon docteur.  Première surprise : je me croirais chez le dentiste.  Même siège que chez mon dentiste, ce doit être un bon présage.  Ou un mauvais.

J'essplique au docteur la raison de ma visite.  Pas de temps à perdre, il me fait immédiatement m'installer sur le siège, en position couchée, comme chez le dentiste quoi.  Et l'infirmière de me mettre une grande serviette sur le poitrail.  J'aime pas ça.  Je suis juste venue discuter moi, donc je pensais rester sur mon petit siège, bien à l'abri derrière le bureau du docteur.

Ben non.  Il s'approche et me demande de lui tirer la langue.

Et le verdict tombe : "rien de grave Ma bonne Dame, rien de grave."

Yessss.

Je vais m'en aller, la fleur toujours au fusil, ce n'est rien de grave.

Et lui d'ajouter : "on va vous enlever ça, l'affaire de cinq minutes".

Rhaaaaaaaaaaaaaaaaaaa.

Nooooooooooooooooooooon.

J'veux paaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaas.

Sauf que je suis grande, j'ai pas cinq ans, je peux pas me mettre à pleurer ou aller me cacher dans un coin.  Je me dois d'agir comme une grande personne, même si j'ai envie de pleurer ou de me cacher.  Et de me demander pourquoi j'ai pas accepté la proposition de ma sœur de m'accompagner, mais pourkwaaaaaaaaaaaaa.  Maintenant je me retrouve toute seule abandonnée à la merci du bistouri (et ça rime).

Avant le bistouri, c'est la seringue, qu'il m'enfonce plusieurs fois dans la langue, rho le vilain.  Ça pique.  J'aime pas ça, d'autant qu'il tient ma langue bien sortie, cela va de soi.

Immédiatement, sensation que ma langue double de volume.  Triple.  Quadruple.

Bon, ben ça dort.  Il le vérifie en me pinçant, car je ne dois rien sentir.

Je ne sens rien.

Alors il attaque, à grands coups de bistouri et autres engins de torture dont j'ignore tout, passque j'ai plus mes lunettes (de l'avantage d'être hyper myope) et passque de toute façon j'ai fermé les yeux.

Je ne sens rien mais j'imagine tout.

Zavez déjà essayé d'avaler quand un médecin vous tient la langue ?  Essayez, c'est épique.

Zavez déjà senti un médecin vous couper la langue ?  Essayez, c'est original.

Zavez déjà eu l'impression qu'il vous met des points de suture ?  Essayez, c'est angoissant.

Bon, en soi, c'est rien de grave, mais pour les premiers points de suture de ma vie, faut avouer que c'est original.

Et ça fait mal (et ça rime encore).

J'aurais jamais imaginé qu'une langue se réveillait si vite, dix minutes et vogue la galère, surgit la douleur. 

Mais le pire dans tout ça, c'est ce zozotage incroyable (testé et approuvé à la pharmacie en quête d'un anti-douleur, car le doc a dit "si douleur, antidouleur", et basta, je vous donne rien, débrouillez-vous – dire qu'un hôpital namurois affichait récemment "la douleur ne doit pas être une fatalité", ben voyons). 

Je zozote de chez zozote.

Et il m'a pas dit combien de temps ça allait durer.

Je vais faire quoi demain au bureau, quand les clients vont vouloir me parler au téléphone ? 

"Oui oui, c'est bien Anaïssssssssssssssssssszzzzzzzzzzzzzzzz, vous ssssszzzzzzzzzzzzzapellez dans quel dossssszzzzier ?"

18:42 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |