21
jan

J'ai testé "fais-toi poser des points de suture"

J'ai une chance inouïe dans l'existence, car à mon âge avancé, je n'ai jamais dû être opérée.  Et je n'ai jamais rien eu de cassé.  Je sais, faut jamais dire jamais, mais c'est déjà une chance quand je vois certains enfants qui souffrent.  Moi, nada.  Bon, j'ai d'autres agréables petits soucis, des allergies et de l'asthme qui transforment tout rhume en bronchite, des dents de merde fans de pulpites en série, mais niveau hôpital, j'ai jamais rien connu, pour moi du moins.

Il est vrai que quand j'étais une petite gamine coquette, j'ai trébuché sur un sac que je tenais à la main et dévalé toute la volée d'escaliers que je m'apprêtais à descendre.  Résultat : un crin. 

Il est vrai également que quand j'étais une petite gamine curieuse, j'ai voulu ouvrir une armoire dont la porte s'abaissait et j'ai ramassé toute l'armoire sur mon petit corps chétif.  Résultat : j'aurais pu être scrabouillée par le meuble mais on m'a retrouvée en position fœtale entre deux étagères dudit meuble.

Mais tout ça, je ne m'en souviens pas.

Ce jour donc, tout a changé.  Rendez-vous à l'hosto pour tirer la langue à un gentil docteur dont j'ai oublié le nom.  Oui, lui tirer la langue, au sens premier du terme, pour lui en montrer le bout, qui est orné d'une petite tache bien rouge.  Pas dérangeante, jusqu'à ce qu'elle se mette à saigner par moment, notamment un jour où je m'offrais un quick et où une frite a malencontreusement heurté la tache, me transformant en vampire fan de frites.

Je déteste les hôpitaux, et même y aller pour une naissance est une épreuve pour moi.  Donc la perspective de cette visite ne m'enchante guère, mais je suis relativement zen.  Passque mon doc généraliste m'a dit que ce n'était rien mais qu'il valait mieux le montrer.

Donc ce n'est rien.  Et le gentil doc va me dire "ce n'est rien, ça va partir tout seul, au revoir médéme".  Même Mostek qui m'a dit dans la matinée "oh, il va juste gratter pour analyser", ne m'a pas convaincue.  Dégoûtée, oui.  Effrayée, oui.  Mais pas convaincue.

Je pars donc, la fleur au fusil, le cœur vaillant, direction l'hôpital.  Où j'attends 45 minutes, lisant les Carnets secrets de Jean-Luc Delarue, tandis que le stress monte.  Ben oui, rien qu'à me trouver à l'hosto, j'angoisse, c'est ainsi.  Y'a un monde fou, de tous les âges, et je me sens écrasée par une chape de solitude.  L'hôpital me déprime, et je m'imagine, bien plus âgée, troisième âge quoi, toute seule, abandonnée, malmenée par un personnel hospitalier n'ayant pas le temps, comme dans Urgences ou Grey's Anatomy, de parler aux patients.

J'en suis là de ma déprime lorsqu'une infirmière surgit et me fait entrer chez mon docteur.  Première surprise : je me croirais chez le dentiste.  Même siège que chez mon dentiste, ce doit être un bon présage.  Ou un mauvais.

J'essplique au docteur la raison de ma visite.  Pas de temps à perdre, il me fait immédiatement m'installer sur le siège, en position couchée, comme chez le dentiste quoi.  Et l'infirmière de me mettre une grande serviette sur le poitrail.  J'aime pas ça.  Je suis juste venue discuter moi, donc je pensais rester sur mon petit siège, bien à l'abri derrière le bureau du docteur.

Ben non.  Il s'approche et me demande de lui tirer la langue.

Et le verdict tombe : "rien de grave Ma bonne Dame, rien de grave."

Yessss.

Je vais m'en aller, la fleur toujours au fusil, ce n'est rien de grave.

Et lui d'ajouter : "on va vous enlever ça, l'affaire de cinq minutes".

Rhaaaaaaaaaaaaaaaaaaa.

Nooooooooooooooooooooon.

J'veux paaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaas.

Sauf que je suis grande, j'ai pas cinq ans, je peux pas me mettre à pleurer ou aller me cacher dans un coin.  Je me dois d'agir comme une grande personne, même si j'ai envie de pleurer ou de me cacher.  Et de me demander pourquoi j'ai pas accepté la proposition de ma sœur de m'accompagner, mais pourkwaaaaaaaaaaaaa.  Maintenant je me retrouve toute seule abandonnée à la merci du bistouri (et ça rime).

Avant le bistouri, c'est la seringue, qu'il m'enfonce plusieurs fois dans la langue, rho le vilain.  Ça pique.  J'aime pas ça, d'autant qu'il tient ma langue bien sortie, cela va de soi.

Immédiatement, sensation que ma langue double de volume.  Triple.  Quadruple.

Bon, ben ça dort.  Il le vérifie en me pinçant, car je ne dois rien sentir.

Je ne sens rien.

Alors il attaque, à grands coups de bistouri et autres engins de torture dont j'ignore tout, passque j'ai plus mes lunettes (de l'avantage d'être hyper myope) et passque de toute façon j'ai fermé les yeux.

Je ne sens rien mais j'imagine tout.

Zavez déjà essayé d'avaler quand un médecin vous tient la langue ?  Essayez, c'est épique.

Zavez déjà senti un médecin vous couper la langue ?  Essayez, c'est original.

Zavez déjà eu l'impression qu'il vous met des points de suture ?  Essayez, c'est angoissant.

Bon, en soi, c'est rien de grave, mais pour les premiers points de suture de ma vie, faut avouer que c'est original.

Et ça fait mal (et ça rime encore).

J'aurais jamais imaginé qu'une langue se réveillait si vite, dix minutes et vogue la galère, surgit la douleur. 

Mais le pire dans tout ça, c'est ce zozotage incroyable (testé et approuvé à la pharmacie en quête d'un anti-douleur, car le doc a dit "si douleur, antidouleur", et basta, je vous donne rien, débrouillez-vous – dire qu'un hôpital namurois affichait récemment "la douleur ne doit pas être une fatalité", ben voyons). 

Je zozote de chez zozote.

Et il m'a pas dit combien de temps ça allait durer.

Je vais faire quoi demain au bureau, quand les clients vont vouloir me parler au téléphone ? 

"Oui oui, c'est bien Anaïssssssssssssssssssszzzzzzzzzzzzzzzz, vous ssssszzzzzzzzzzzzzapellez dans quel dossssszzzzier ?"

18:42 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

2
jan

La phrase qui tue du jour (enfin d'il y a une poignée de jours)

Elle, par sms : "on se fait une bouffe demain ?"

Moi : "euh non, je suis pas libre, j'ai un repas pour mon anniversaire".

Elle : 

Ah ben non, elle a plus jamais répondu.  Bon, ça c'est fait, zappé, mon birthday, dans la foulée.  

 

Finalement, c'était pas la phrase qui tue du jour, mais le silence qui tue du jour.  Je ne comprendrai décidément jamais rien à la race humaine.

21:57 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

13
déc

Lu dans le bus !

Lu dans le bus cette affichette sympa, faisant partie d'une série toujours bien trouvée :

 

bus journal.jpg


(autres affiches ici)

 

Et parce qu'une image vaut mieux qu'un long discours, la preuve... Juste un petit détail : je pense que le concepteur de l'affiche parlait aux passagers... je dis ça je dis rien...

 

07:44 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

9
déc

J'ai un truc à vous dire

Voilà, j'ai un truc à vous dire.  Ne vous montez pas une histoire, je ne vais pas vous annoncer que je me marie hein, mais il faut que vous sachiez, vous qui savez tout de moi, ou presque.  Tout cela va vous passionner…

Il y a un petit temps j'ai eu une phase de crise féminine, sans doute.  J'ai eu besoin de tester mon pouvoir de séduction.  Donc, sur le net comme dans la vie, j'ai beaucoup contacté d'hommes, j'en ai rencontré énormément, j'ai dragué des clients, des collègues, et j'ai tout testé, je ne vais pas vous faire un dessin, c'était plus fort que moi, peut-être à cause de Cinquante nuances de Grey, va savoir.  Bien sûr, soyez rassurés, avec préservatif hein.  Mais tout ça ce n'est pas de l'amour hein, c'est juste du cul.  Oh ben autant appeler un chat un chat (et une chatte une chatte, non ?).

Puis j'ai rencontré un homme marié, oh, ne me faites pas la morale, il n'y avait plus rien avec sa femme, alors on s'en fout, l'essentiel est que j'ai pris mon pied et lui aussi, et le reste on s'en fout, en plus il était beau comme un cœur, ce qui ne gâche rien.  Même qu'un jour je l'ai rejoint à l'autre bout de la Belgique (oui, du monde ça aurait été plus romantique, mais vous le savez, je ne monte pas dans les oiseaux de métal), il avait un colloque, bobonne était à la maison, et on a passé un week-end de rêve, je vous passe les détails.  Bon, le dimanche, sa femme a appelé, ça a tout gâché, car j'étais un chouia énervée du coup, et il m'a congédiée, m'expliquant qu'il ne m'avait rien promis et patati et patata.

Tristesse, mais pas grave, c'était pas l'amour de ma vie non plus.  J'ai donc décidé de bouder le sexe et de tester plutôt les relations platoniques mais plus fortes.  Genre tantrique, méditation, tout ça quoi.  Mais keske je m'emmerdais, on a beau dire, mais rien ne vaut une bonne pénétration, vaginale s'entend, car la sodomie, boh, très peu pour moi, et vous ?

Bon j'avoue que j'ai eu une petite phase "femmes" aussi, mais je n'ai pas grimpé aux rideaux, alors tant qu'à faire, rien ne vaut un bon vieux mec.  Oserais-je dire une bonne vieille bite ?  Par contre les animaux, non, jamais.

Et l'amour dans tout ça ? me direz-vous.  Oh, rabat-joies que vous zêtes, l'amour, il est partout, dans ce voyage, dans ces aventures, dans ces expériences.  J'ai aimé ça, je m'aime moi, j'aime tout ce que j'ai vécu, c'est de l'amour non ?  Vous me comprenez hein, je n'en doute pas.

Ça vous choque, tout cela, toutes ces confessions ?

Je l'espère bien. 

C'est le but.

Bien sûr, rien n'est vrai.  Tout est inventé. 

Ici, c'est mon blog, je me raconte, mais dans une certaine mesure.  D'ailleurs, lorsque j'ai vécu une brève histoire d'amour récemment, je n'en ai même pas parlé, parce que c'est ma vie à moi, ça, et que je vous le raconterai un jour, peut-être, mais avec mon humour habituel, et en différé.  Le jour où je serai vraiment amoureuse (ben oui j'y crois encooooore, comme chantait l'autre), vous le saurez peut-être, là encore, mais ma vie privée restera ma vie privée.  Il y a des limites, des barrières à ce que je raconte, c'est mon intimité quoi. INTIMITE.

Mais apparemment, un blog, ça peut prêter à confusionnation.  Depuis des années, je le constate, la confusionnation est permanente.  Bien sûr, il y a les petits messages sympas, les merci, les encouragements.  Puis il a les relations qui se nouent, dans le respect et la sympathie, hommes ou femmes, peu importe, ça peut mener à une amitié, quand bien même elle serait brève, j'ai connu ça.  Parfois longue.  Puis on rencontre les amis de ces nouveaux amis et on s'en fait des amis.  Des mometns de bonheur.  Enrichissant, quoi qu'il en soit.

Et puis…

Et puis…

Et puis ya Frida.

Non, et puis ya ceusses qui confondent tout.  Quand j'écris ceusses, je pense ceux, car que des mecs, hasard ou pas, je l'ignore.  Ils pensent sans doute que du fait que j'ai un blog, que j'y raconte ma vie, ben ça leur ouvre toutes les portes.  Les portes de la confession, surtout. 

Ils ne me connaissent pas, mais ils croient me connaître, alors ils se répandent, d'abord tout doucement, ensuite plus fort, à la manière d'un fleuve qui nait dans la montagne, traverse un pays et se déverse dans la mer avec une violence inattendue.  Un véritable dégueulis de confessions, pire que dans confessions intimes, car confessions intimes, si je le regarde, c'est mon choix, ici, je ne demande rien, je reçois, prends ça dans la gueule.  Des confessions souvent stupéfiantes, qui me glacent, me choquent, parce que moi, je ne les connais pas, ces gens, je ne veux pas savoir ces choses-là.  Parce que ce qu'ils me confessent, ben c'est sexuel.  Relationnel, mais couplé avec du sexuel.  Mais pas que sexuel, non, c'est plus comme un récit intime de tout leur ressenti, à tous niveaux, d'une relation qu'ils veulent m'exposer (j'avais écrit m'exploser et ça va aussi, car ça m'explose en pleine figure en général).  J'ai vécu ça plusieurs fois déjà, donc ce n'est pas le hasard, et j'ai vraiment du mal, tout comme, j'imagine, vous avez eu du mal à lire les premiers paragraphes de ce billet qui pourtant étaient plus crus que vraiment dérangeants.  Ce que je reçois est bien pire, c'est malsain, car ça vient de personnes que je ne connais pas, qui me parlent comme à leur journal intime, qui se déversent sur moi dans une diarrhée verbale qui ne s'arrête pas et puis au revoir, merci de m'avoir lu, ça m'a fait un bien fou.  Et même quand j'interviens, quand je dis stop stop stop, ça continue encore et encore, un dégueulis je vous dis, plus moyen d'arrêter cela.  Comme si j'étais obligée d'écouter, que c'était mon rôle, mon job, mon destin, que sais-je moi. Ça ne m'est pas arrivé une fois, mais plusieurs fois, oui, plusieurs !  J'en sors choquée, dégoûtée, pas nécessairement par le contenu, même s'il relève de la plus stricte intimité, mais par le processus utilisé.  Alors il y a une chose que j'ai envie de dire : je ne suis pas psy, je ne suis pas assistante sociale, je ne suis pas sexologue, je ne suis pas thérapeute bénévole, je ne suis rien de tout cela, je ne vous connais pas alors parlez-moi comme vous parleriez à quelqu'un croisé en rue, rien de plus. 

Trop is te veel.  Je suis juste une blogueuse qui raconte des tranches pudiques (ben si, pudiques, c'est pas parce que j'écris sextoy que je suis une grosse salope qui raconte des trucs glauques ici) ou drôles (allez si quoi, parfois, chuis drôle, non ?) de sa vie et n'a aucune envie de récupérer en boomerang des confidences qui ne lui seraient jamais faites dans la vraie vie !  Je suis un être humain, avec un ressenti, un cœur, une âme et un cerveau, un être humain prêt à discuter, à rigoler, à débattre, à philosopher, mais pas un confessionnal en bois dans une église ou un carnet à spirale avec un crayon.

Voilà, j'avais un truc à vous dire.

20:59 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

2
déc

Les zamis se suivent et ne se ressemblent pas…

Après le zami Facebook Groseille un chouia grossier, souvenez-vous : Niker t mort enfoiré de mes couille c pute Fer chier c putain de merde c fils de pute creve toi et ta mere fo les niker c fils de pute bande de pite

Je demande le zami Facebook Lequesnoy jusqu'au bout des doigts :

Ici encore peu de mots, juste l'essentiel, présentation quotidienne de ses achats et tenues du jour : écharpe en vison, manteau en vison, truc bazar Kelly, boots Vuitton, sacs et accessoires Vuitton à en avoir la nausée, trucs Hermès, et puis des godasses Chanel, Chanel encore, Chanel toujours, et enfin sa commande de caviar, tant qu'à faire… sans oublier des montres Chanel, des dizaines de bagues en "djamants", le tout acheté à Paris et Genève, my dear.  Même la photo de profil et la couverture sont un étalage de "salut, tu heu, vas heu, bien heu". 

Mais c'est pas un zami ça, c'est un dressing de luxe qui a usurpé une identité humaine !

Je me serais crue dans la quatrième dimension, mais non, j'étais dans la vraie vie !  Enfin pas la vraie vie de tout un chacun, of course.

Bon, déjà au vison, j'avais plus envie de l'avoir comme zami, clair.

Alors, finalement, pas de Groseille, pas de Lequesnoy, telle est ma devise.

 

21:24 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |