19
mar

Y a-t-il Anaïs dans l’avion ?

J’ai donc récemment fait un cauchemar. Cauchemar récurrent, que je fais régulièrement, ô drame de mes nuits, qui me réveille en sueurs, angoissée comme si je venais d’échapper de peu au fils caché de l’étrangleur de Boston et d’Hannibal.

Cette nuit, j’ai rêvé que je partais en vacances au Maroc. Une semaine. Au soleil. Farniente. All inclusive. A moi piscine, cocktails et palmiers. Départ immédiat. En avion. Aaaaaaaaaaaaah.

C’est là que le bât blesse : en avion.

Il est impensable qu’on me fasse poser ne serait-ce qu’un orteil dans ces oiseaux de fer.

Et mon big problème est que quand je rêve, je suis intimement convaincue que je suis dans la réalité. A aucun moment je ne me dis « cool Anaïs, profites-en, tu vas aller au Maroc en rêve, sans danger, et profiter à l’œil d’un chouette séjour, continue à dormir ». Ce serait trop beau ! Non, j’y crois fermement, et je panique comme une damnée : « mais qu’est-ce qui m’a pris d’accepter de reprendre l’avion, quatre heures d’enfer aller, quatre heures d’enfer retour… si j’y survis du moins ». Et je panique d’une façon telle qu’il serait bon de me filmer une nuit, ça vaudrait le déplacement dans les salles obscures : le thriller de l’année : Anaïs la possédée.

Vous connaissez suffisamment mon côté « miss scénario catastrophe » pour visualiser la scène que j’ai en tête. Anaïs, scotché à son siège, dégoulinante de sueur, puante (oui l’angoisse ça fait puer), tétanisée, tremblante, passant chaque minute du vol à se dire « on va se crasher on va se crasher on va se crasher on va se crasher on va se crasher on va se crasher on va se crasher on va se crasher on va se crasher on va se crasher on va se crasher on va se crasher on va se crasher on va se crasher ». Y’a aussi la version explosion « on va être heurté par un missile on va être heurté par un missile on va être heurté par un missile on va être heurté par un missile on va être heurté par un missile on va être heurté par un missile on va être heurté par un missile on va être heurté par un missile on va être heurté par un missile ». Et ça dure. Une minute d’avion est nettement plus longue qu’une minute de massage, c’est clair et net. Et personne ne me comprend, parce que tout le monde pense que l’avion c’est génial, c’est grisant, c’est rapide, c’est pratique, faut pas faire ta parano du 11 septembre (j’avais peur avant le 11 septembre, arrêtez vos séances de psychothérapie), c’est statistiquement le moyen de transport le plus sûr ma bonne Dame (je m’en fiiiiiiiiiiiiiiche des statistiques, cessez de me bassiner avec vos statistiques, laissez-moi mourir en paix).

J’ai dès lors pris la décision de ne plus monter dans ces engins monstrueux depuis un petit temps et je m’en porte nettement mieux. Sauf certaines nuits…

Sauf aussi que l’histoire ne s’arrête pas là, malheureusement. Depuis le crash du Concorde, je me dis que même sur le plancher des vaches, je ne suis pas en sécurité. Et le scénario catastrophe me heurte de plein fouet : avec tant d’avions dans le ciel, bien échu que l’un d’eux ne finisse pas par tomber sur ta maison quand tu dors, sur ton bureau quand tu bosses, sur le cinéma quand tu es bercée par une comédie sentimentale.

Bref, le danger est partout, là là là et encore là. Brrrrrrrrrrrrrrrrrrrrr…

07:20 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (6) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |