2
avr

Petit poussin deviendra grand

Le fils de Lolo (mais si enfin Lolo, la Super Lolo, là à gauche dans les blogs de filles – Lolo tu es ma muse sur ce coup là) réclame un poussin, il veut un poussin.

Flash back. J’ai cinq ans, ou six ans peut-être, pas sept. C’est Pâques. A la caisse de l’Unic (rappelez-vous Unic, pas loin, pas cher) – devenu depuis GB puis Delhééés (mes détails sont inutiles ? je sais mais ça meuble et ça occupe vos soirées printanières mais néanmoins encore fraîches), donc à la caisse on donne un poussin à tout achat. Pas un poussin décoratif, un vrai de vrai. Sans réflexion aucune. Sans avertissement : « warning messieurs-dames, au cas où vous ne l’auriez pas remarqué, ceci est un poussin vivant, soit un bébé poule ou un bébé coq, vous l’adoptez en connaissance de cause ».

Ma môman, pourtant hyper intelligente et réfléchie, prend un poussin pour fifille. Fifille (alias moi) est ravie. Oh le chouette petit poussin vivant tout mignon tout doux tout chaud tout jaune. Oh qu’il est mignon quand il gambade dans le gazon. Qu’il est mignon quand il pépie. Qu’il est mignon quand il picore quelques graines. Oh voilà le chat. Oh le chat veut jouer avec le poussin. Oh le chat croque le poussin.

Et voilà fifille catastrophée, et môman encore plus catastrophée : le poussin est tout cassé, tout plein de sang, tout souffreteux – vérification faite au dico, souffreteux n’est pas le terme adéquat - tout agonisant.

Il est temps d’agir. Môman, sous le choc, cherche une solution pour achever le poussin. Un père fort et musclé aurait opté pour « je prends le poussin je jette le poussin contre le mur j’enterre le poussin ». Mais point de père fort et musclé. Môman, ni forte ni musclée, opte pour la noyade sous un couvercle de casserole. Sauf qu’un couvercle de casserole c’est bombé, et une poche d’air se forme. Je vous passe les détails. Dans mon souvenir, ça a duré des heures et des heures. La petite bête voulait vivre, envers et contre tout. Et chaque fois qu’on croyait que c’était fini, que môman soulevait le couvercle, il vivait, envers et contre tout. Et moi, cinq ans, six ans, pas sept ans, je pleurais, je pleurais, je pleurais, à gros sanglots longs.

Cet été j’ai dû achever un oisillon blessé trouvé sur mon balcon. J’ai tiré leçon de mon expérience de gosse. J’ai pris un couvercle de tupperware bien plat, sans poche d’air. Je sens encore les petits coups de bec désespérés sur le couvercle. Encore une petite chose qui voulait vivre, envers et contre tout. Et j’ai pleuré, pleuré, pleuré, pleuré, à gros sanglots longs.

Six ans ou trente ans, on ne se refait pas.

Oui c’est gore, comme Al. Et si ça peut empêcher une môman bienveillante d’offrir un poussin à son enfant chéri, je n’aurai pas tout perdu aujourd’hui.

20:06 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

1
avr

Tu crois que ton blog va tenir longtemps ?

Voilà la question qu’on m’a posée il y a déjà plusieurs semaines. J’étais offusquée.

Etait-ce un sous-entendu sur l’amour qui allait frapper à ma porte tout prochainement, m’empêchant de poursuivre mes divagations de célibattante ? Je l’attends de pied ferme, l’amour. Il ne fera que me donner des sujets de réflexion supplémentaires : comment parvenir à lui faire jeter ses chaussettes sales dans le bac à linge et pas à côté, comment lui apprendre à cuisiner, comment dire « je t’aime » sans se prendre une veste, comment obtenir une demande spontanée en mariage, comment maintenir le piment après dix ans de vie commune, comment obtenir le petit déj au lit … bref ça devrait m’inspirer.

Etait-ce un sous-entendu sur mon incapacité à trouver sans cesse de nouveaux sujets ? Les sujets, je ne les cherche pas, ils viennent à moi, dans le quotidien, dans mes lectures intellectuelles, dans ma vie professionnelle et privée. Et lorsque j’en cherche, je ne trouve rien. Par exemple, trouver un poisson d’avril (enfin deux poissons, un pour ce blog, un pour 7Dimanche) fut un enfer. Cela m’a demandé une réflexion et une énergie folle, en vain : imaginez Bibi, sur son canapé, derrière son écran plat, dans son bus, dans son bain, dans son lit, au bureau, dans la rue, sous sa douche, dans le canapé, se demandant « mais keske je vais bien pouvoir trouver ». Nombre d’idées : zéro. Une nuit de recherche plus tard. Nombre d’idées : zéro.

Une catastrophe, je n’ai pas d’idée de poisson d’avril : à part vous faire le coup de « j’arrête le blog », mais vous n’y croirez pas j’en suis convaincue, à part le coup de « j’ai écrit un livre je fais fortune je monte à Paris merci pour tout adieu », pas crédible non plus, à part le coup de « je suis amoureuse » mais je ne trouve pas ça hyper fun non plus, vu que je VEUX être amoureuse d’ici peu, c’est clair ? Toutes les idées qui m’effleurent me semblent loufoques et même pas drôles ! Voilà où tu en es Anaïs, si tu veux être volontairement drôle, tu ne l’es pas. Par contre, raconte-leur ta dernière minute blonde, et ils sont écroulés de rire.

Alors finalement, ma décision est prise. Il n’y aura pas de poisson d’avril cette année sur mon blog. Ce n’est pas faute d’avoir cherché, d’avoir essayé. Je vous le jure. J’implore votre clémence. Et je vous promets d’investiguer dès maintenant pour l’an prochain. Adressez-moi d’ores et déjà toutes vos bonnes idées par mail.

Merci.

08:44 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

19
mar

Y a-t-il Anaïs dans l’avion ?

J’ai donc récemment fait un cauchemar. Cauchemar récurrent, que je fais régulièrement, ô drame de mes nuits, qui me réveille en sueurs, angoissée comme si je venais d’échapper de peu au fils caché de l’étrangleur de Boston et d’Hannibal.

Cette nuit, j’ai rêvé que je partais en vacances au Maroc. Une semaine. Au soleil. Farniente. All inclusive. A moi piscine, cocktails et palmiers. Départ immédiat. En avion. Aaaaaaaaaaaaah.

C’est là que le bât blesse : en avion.

Il est impensable qu’on me fasse poser ne serait-ce qu’un orteil dans ces oiseaux de fer.

Et mon big problème est que quand je rêve, je suis intimement convaincue que je suis dans la réalité. A aucun moment je ne me dis « cool Anaïs, profites-en, tu vas aller au Maroc en rêve, sans danger, et profiter à l’œil d’un chouette séjour, continue à dormir ». Ce serait trop beau ! Non, j’y crois fermement, et je panique comme une damnée : « mais qu’est-ce qui m’a pris d’accepter de reprendre l’avion, quatre heures d’enfer aller, quatre heures d’enfer retour… si j’y survis du moins ». Et je panique d’une façon telle qu’il serait bon de me filmer une nuit, ça vaudrait le déplacement dans les salles obscures : le thriller de l’année : Anaïs la possédée.

Vous connaissez suffisamment mon côté « miss scénario catastrophe » pour visualiser la scène que j’ai en tête. Anaïs, scotché à son siège, dégoulinante de sueur, puante (oui l’angoisse ça fait puer), tétanisée, tremblante, passant chaque minute du vol à se dire « on va se crasher on va se crasher on va se crasher on va se crasher on va se crasher on va se crasher on va se crasher on va se crasher on va se crasher on va se crasher on va se crasher on va se crasher on va se crasher on va se crasher ». Y’a aussi la version explosion « on va être heurté par un missile on va être heurté par un missile on va être heurté par un missile on va être heurté par un missile on va être heurté par un missile on va être heurté par un missile on va être heurté par un missile on va être heurté par un missile on va être heurté par un missile ». Et ça dure. Une minute d’avion est nettement plus longue qu’une minute de massage, c’est clair et net. Et personne ne me comprend, parce que tout le monde pense que l’avion c’est génial, c’est grisant, c’est rapide, c’est pratique, faut pas faire ta parano du 11 septembre (j’avais peur avant le 11 septembre, arrêtez vos séances de psychothérapie), c’est statistiquement le moyen de transport le plus sûr ma bonne Dame (je m’en fiiiiiiiiiiiiiiche des statistiques, cessez de me bassiner avec vos statistiques, laissez-moi mourir en paix).

J’ai dès lors pris la décision de ne plus monter dans ces engins monstrueux depuis un petit temps et je m’en porte nettement mieux. Sauf certaines nuits…

Sauf aussi que l’histoire ne s’arrête pas là, malheureusement. Depuis le crash du Concorde, je me dis que même sur le plancher des vaches, je ne suis pas en sécurité. Et le scénario catastrophe me heurte de plein fouet : avec tant d’avions dans le ciel, bien échu que l’un d’eux ne finisse pas par tomber sur ta maison quand tu dors, sur ton bureau quand tu bosses, sur le cinéma quand tu es bercée par une comédie sentimentale.

Bref, le danger est partout, là là là et encore là. Brrrrrrrrrrrrrrrrrrrrr…

07:20 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (6) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |