18
mai

Liberté Egalité Parité

Je ne parle jamais politique, c’est un sujet qui fâche. En fait c’est surtout parce que je n’y connais rien, je sais juste que la gauche aide les pauvres, que la droite aide les riches, qu’écolo aide les arbres, et que personne n’aide les gens comme moi, la classe moyenne tendance basse.

Mais ce matin, j’entends que le Petit Nicolas va former son gouvernement. Pour moi, le Petit Nicolas, c’est un gamin rigolo comme tout, dessiné par Sempé et scénarisé par Goscinny (ou l’inverse, keske j’en sais), dont les inédits sont récemment sortis en deux volumes, que j’ai achetés de suite, mais pas encore lus. Le manque de temps ma bonne Dame, c’est le fléau du siècle.

Toute mon enfance, le Petit Nicolas m’a fait rire aux larmes. Mais les temps changent. Le Petit Nicolas a grandi (un tout petit peu) et est maintenant Président de la République Française (keskil doit se la péter grave).

Son Premier Minisss’, un certain Croupion ou Fesse je sais plus, ah non c’est Fillon (prononcez Fion), doit composer le gouvernement. Zont décidé de respecter la parité hommes-femmes. Et y’aura quinze Minisss’.

Je ne me tracasse pas pour les sept hommes ni les sept femmes, mais j’ai un souci quant au dernier, la quinzième « chose », le quinzième « truc », censé(e) être mi-homme mi-femme si je réfléchis bien.

Vont-il choisir parmi un listing de candidats transsexuels, génétiquement d’un sexe, psychologiquement de l’autre ? Engager une femme très masculine ou un homme fortement efféminé ? Un eunuque ? Une sirène ? Un centaure ? Des jumeaux hétérozygotes ? Des siamois ? Un chien découcougnetté ?

Pauvre Petit Nicolas, elle est dure, la vie de Président, non ?petitnicolas

16:54 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (8) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

1
mai

Catastrophes catastrophiquement catastrophiques

Vous savez que je suis une miss scénario catastrophe. Mais vous n’avez peut-être pas encore compris l'étendue du désastre.

En relisant mon post sur les clowns d’hôpitaux, je réalise que j’ai écrit « j’aime les trapézistes ». Et immédiatement, je me visualise, en train d’admirer un spectacle de trapèze, bouche bée, estomaquée, et imaginant tous les scénarios possibles et imaginables : le trapèze se rompt, l’artiste se rattrape mal, son partenaire ne saisit pas sa main à temps. Bref je vis ça avec une angoisse difficilement dissimulable.

Et c’est pareil pour tout …

Je vais au théâtre. Y a-t-il beaucoup de gens qui, au lieu d’admirer le théâtre (enfin c’est pas vrai, je l’admire mon théâtre, c’est le plus beau du monde de l’univers du ciel entier), se braquent sur cet énorme lustre en cristal (ou verroterie, je n’ai pas terminé ma spécialisation en cristal), imaginant ce que provoquerait sa chute…

Je suis au troisième balcon (là oùsqu’on ne voit rien sans se pencher, on appelle ça le théâtre ma bonne Dame), mon regard est braqué sur le parterre, j’angoisse à l’idée d’être aspirée dans le vide. Le rebord m’arrive aux genoux. A-t-on idée de ne pas mettre des barrières de protection bien hautes, ou même un filet solide. Et si jamais je trébuchais ? Pire : et si jamais je trébuchais, entraînant dans ma chute de trois étages une personne qui passait par là et à laquelle j’ai vainement tenté de me raccrocher.

Au cinéma, je ne mets jamais mes longs pieds de canard sous le siège avant, sait-on jamais que le siège de devant s’effondrerait, me brisant la jambe au passage (direction hôpital, opération, broches, incapacité de travail). Je zieute toujours à la recherche d’issues de secours. D’ailleurs je garde toujours mon ticket déchiré en poche, depuis que je sais qu’en cas d’incendie, on peut se faire rembourser au moyen dudit ticket…(radine moi ?)

L’autre jour, dans un vieux cinéma pouilleux de la capitale, devant monter quatre étages de vieilles marches branlantes en bois, pour me retrouver dans le pigeonnier, j’ai immédiatement songé qu’en cas d’incendie j’étais perdue, totalement perdue.

Chaque fois que je descends un escalier, je visualise parfaitement ma carcasse écrasée au fond, brisée en mille morceaux.

Chaque fois que je me balade dans le noir, j’imagine une personne mal intentionnée cachée dans un recoin sombre, prête à m’attaquer dès que je passerai à sa portée, et tout ce qui s’ensuit : j’ai plus mon sac, je dois refaire mes papiers, porter plainte, aller éventuellement à l’hosto, et j’en passe et des meilleures.

J’ai un bouton sur le bras. Je pense infection. Je pense staphylocoque doré. Je pense atteinte de l’os. Je pense amputation. Je pense prothèse. Je pense « blog à une main, dur dur ».

Le moindre bruit d’un avion dans le ciel (surtout les petits avions touristiques) me fait immédiatement imaginer sa chute sur mon home sweet home, mon corps désagrégé, mon intérieur pulvérisé, mon rat carbonisé.

Je ne regarde jamais un thriller le soir, sinon chaque craquement, chaque pet de moustique, me fait frémir d’horreur en imaginant l’égorgeur de blogueuses qui m’attend derrière la porte, une souris de PC avec fil en guise d’arme (comment ça, un égorgeur qui étrangle, ça ne se peut pas ?).

C’est grave, Docteur Psy ?

L'image m'a été prêtée par Pénélope, que je bizouille en guise de merci. Allez voir son blog sur http://www.penelope-jolicoeur.com/ (ou via mes liens de filles), elle est démentielle, j'ai le sentiment fou que ce que j'écris, elle l'a d'ores et déjà traduit en dessins... Génial.stess

11:12 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

24
avr

Violons la violence

Les problèmes de violence conjugale m’ont toujours débectée. Révulsée.

Peut-être parce que j’ai failli être écrasée sciemment par un véhicule un soir de nuit aux étoiles filantes (depuis je ne crois plus à leur effet « porte bonheur »). J’ai dû en garder un traumatisme inconscient, même si je n’étais qu’indirectement liée à ce problème conjugal. Peut-être parce que, toujours sans y être liée, j’ai vu les dégâts de l’alcool transformer un agneau en lion. (c’est le moment de verser une larme sur les expériences indirectes mais néanmoins néfastes de cette pauvre Anaïs).

Ces effets indirects ont fait de moi la Che Guevara en herbe de la violence conjugale.

Alors lorsque passe à la TV une émission où témoignent non pas les victimes mais les responsables de violence, j’écoute des deux oreilles. Lorsque paraissent dans la presse des témoignages de maris violents, je lis des deux yeux. Lorsqu’un mari violant systématiquement son épouse sous l’emprise de l’alcool sous prétexte qu’elle le lui doit explique le pourquoi du comment, je frôle l’exorbitation desdits yeux (ce substantif n’existe pas, mais il permet d’imager mon état).

Verdict : déception totale et fulgurante.

Même s’ils reconnaissent une part de responsabilité, les agresseurs persistent à se trouver des excuses et à faire retomber un bout de faute sur l’épouse ou la compagne. Un bout de faute ?

Rien n’excuse la violence, verbale, physique, rien. Même Zidane, je ne lui ai trouvé aucune excuse, n’en déplaise aux français.

On leur donne la possibilité, à ces agresseurs, via les médias, non pas de réparer l’irréparable, mais au moins de faire amende honorable, mais non, ils persistent à se présenter comme des petites choses fragilisées par la vie et n’ayant bien souvent que réagi à l’attitude d’une conjointe « qui l’a bien cherché ».

Décidément, je ne comprendrai jamais rien de rien à rien, moi.

Je suis pour la tolérance zéro en matière de violence conjugale. Tu frappes, tu paies. C’est aussi simple que ça.

Et au moment où je vous écris ça, au moment même, tip top, comme un signe du destin qui me laisse sans voix (mais heureusement ne paralyse pas mes doigts), qui me conforte dans ma volonté d’en parler, simplement en parler, que puis-je faire d’autre, je vois cette pub si incroyablement bien faite, française. Elle parle « mon mari m’a battue pendant X années, cassé les dents, brisé le bras, envoyé trois fois à l’hôpital », le tout dit avec fond de ciel bleu et oiseaux qui gazouillent. Et elle ajoute « mais maintenant, c’est enfin terminé », et la caméra se baisse … sur sa tombe.

Je suis envahie d’une chair de poule qui va avoir des difficultés à disparaître.

Ce billet n’a rien de drôle, et il me fait penser à cette phrase « je m’efforce de rire de tout de peur d’être obligée d’en pleurer ». Le rire cache parfois tant de choses, en effet.

07:20 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (17) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

19
avr

Née en 17

Une des 32 victimes du drame qui touche actuellement les Etats-Unis (pour ceux qui viendraient lire ce billet le 22 octobre 2045, un étudiant tire sur tout ce qui bouge dans une université américaine, faisant 32 morts) donc une des victimes est un professeur de 76 ans, survivant des camps nazis, qui, voyant arriver le tueur fou, a sauvé ses élèves en bloquant la porte durant leur fuite par la fenêtre. L'assassin a fini par tirer à travers la porte et tuer le professeur héroïque.

Il aura été rattrapé par son destin. Il aurait pu mourir en héros de la guerre, il sera mort en héros d'une autre guerre, celle de la folie.

Je pourrais disserter longuement sur le danger d'autoriser la vente libre des armes à feu, mais le sujet ne me passionne pas. Je suis contre. On aura beau me dire que lorsqu'on veut tuer on y parvient, avec ou sans arme à feu, je persiste à croire que tuer sans tirer est foncièrement plus difficile (voire délicat) et ralentit absolument la course folle d'un détraqué qui s'auto-investit d'une mission d'extermination.

Cet acte de bravoure m’a rappelé une chanson qui suscite souvent en moi l’envie de mener le débat des résistants / collabos, en 1945 ou à tous moments d’ailleurs. Envie que je ne mets pas en pratique, vu la tête de mes interlocuteurs quand je dis « intéressant non, de tenter de savoir quel choix nous aurions fait : super résistant ou un super collabo ? » Au vu de leurs yeux aussi inexpressifs que ceux d’un caméléon déprimé, je n’insiste pas.

Je ne sais pas vous, mais moi je suis sûre que je n’aurais pas été collabo. Et je suis sûre que je n’aurais pas été résistante. C’est aussi simple que ça. Ou aussi compliqué. Défendre les opprimés, je dis oui trois fois oui. Mais le faire au péril de ma vie, je demande à réfléchir. Peut-être que face à l’ennemi, j’aurais pris la poudre d’escampette, me faisant toute petite, aussi transparente que possible. Peut-être que j’aurais démontré une témérité exemplaire, contre toute attente. Qui peut certifier, dans la peur, l’angoisse, les bombes, les menaces, qu’il aurait un comportement irréprochable ? Qui sait ce qu’il ferait, ce qu’il dirait, sous la menace d’une arme ? Certains le savent. Ceux qui l’ont vécu. Uniquement eux. Pas moi.

Et j’espère une chose, comme le dit la chanson, ne jamais avoir à vivre ça.

Né en 17 à Leidenstadt (JJ. Goldman)

Et si j'étais né en 17 à Leidenstadt
Sur les ruines d'un champ de bataille
Aurais-je été meilleur ou pire que ces gens
Si j'avais été allemand ?


Bercé d'humiliation, de haine et d'ignorance
Nourri de rêves de revanche
Aurais-je été de ces improbables consciences
Larmes au milieu d'un torrent ?


Si j'avais grandi dans les docklands de Belfast
Soldat d'une foi, d'une caste
Aurais-je eu la force envers et contre les miens
De trahir, tendre une main ?


Si j'étais née blanche et riche à Johannesburg
Entre le pouvoir et la peur
Aurais-je entendu ces cris portés par le vent
Rien ne sera comme avant ?


On saura jamais c'qu'on a vraiment dans nos ventres
Caché derrière nos apparences
L'âme d'un brave ou d'un complice ou d'un bourreau ?
Ou le pire ou le plus beau ?
Serions-nous de ceux qui résistent ou bien les moutons d'un troupeau
S'il fallait plus que des mots ?


Et si j'étais né en 17 à Leidenstadt
Sur les ruines d'un champ de bataille
Aurais-je été meilleur ou pire que ces gens
Si j'avais été allemand ?


Et qu'on nous épargne à toi et moi si possible très longtemps
D'avoir à choisir un camp

16:43 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

12
avr

7 millions !

7 millions de blogs en France. Vous lisez bien. Et au moment où j’écris ce billet, j’imagine qu’on est déjà passé à 7 millions et des milliers de poussières. Sans compter les blogs belges, les blogs suisse, les blog québécois, les blogs luxembourgeois (my God, oùsqu’on parle la France encore ?) pour ne parler que des francophones.

Ça fait peur non ?

En tout cas moi, y’a une question qui me trotte en permanence en tête, c’est d’où viennent mes lecteurs. Sans compter ceux qui sont tombés ici par hasard, en cherchant où acheter une lasagne Farniente avec un emballage cadeau Strelli, sans compter ceux qui viennent de mes blogs « amis » (comme c’est tarte, cette expression), sans compter ceux qui sont venus via une petite ligne en mon honneur dans un magazine ou une feuille de chou. Mais les autres, comment sont arrivés ici ? ça restera un mystère mystérieusement mystérieux. Ça me turlupine.

Ceci nous éloigne de notre sujet, les 7 millions de blogs.

Et dans ces 7 millions et des dizaines de milliers de poussières, mon petit blog belge, tout rikiki. Ça fait peur.

Voilà, le billet est terminé. Ce fut le billet le plus court de toute l’histoire du blog d’Anaïs.

07:28 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (12) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |