3
sep

Bzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzz

Je l'ai déjà dit mais il est de bon ton de vous le répéter de temps en temps (vu que j'ignore en fin de compte la moyenne neuronale de mes lecteurs), j'ai une phobie des insectes zébrés.  Oui bon je sais, j'ai déjà la phobie des grands oiseaux de métal, des grosses mygales velues et de tout ce qui peut m'arriver de grave dans la vie : mourir, perdre une dent, avoir une maladie grave, casser mon talon, enterrer mon rat, avoir un bouton.

Ma phobie des zébrés remonte l'enfance.  

Flash back.  La jeune, belle et mince Anaïs (je parle bien de l'enfance) se promène, pieds nus et nez dans les nuages, sur du gazon bien vert, fraîchement tondu.  Une décharge fulgurante lui paralyse le mollet.  Effrayée, la ch'tite Anaïs regarde son pied, et ôôôôôôôô abomination épouvantable, un énoooorme zébré est attaché à sa plante de pied.  Elle a beau secouer violemment son pauvre pied, le malicieux zébré reste attaché.  Et pour cause, tout le monde sait (mais à l'époque, la petiote l'ignorait) que, parmi les zébrés les plus connus et redoutés, y'a l'abeille, qui déchire son abdomen quand elle pique, puis elle meurt (bien fait), et la guêpe qui peut piquer à de nombreuses reprises sans risque (pourquoi Dieu a-t-il fait de la guêpe un zébré piqueur ?  Pourquoi Noé a-t-il accueilli la guêpe à bord lors du déluge ?)

Retour à today.

Anaïs est devenue grande, vieille, grosse et moche.

Mais elle a toujours peur des zébrés, plus que jamais.  Quoique avec les zébrés velus, ça va mieux.  

Un petit mémorandum des zébrés, s'impose, pour la compréhension du lecteur :
- les zébrés bleus/verts : les libellules, Anaïs aime
- les zébrés velus tout ronds : les bourdons, Anaïs aime
- les zébrés velus allongés : les abeilles, Anaïs supporte tant bien que mal
- les zébrés jaune pétant : les guêpes, Anaïs hurle

Donc je suis une adulte respectable, mais peureuse.

Un enfant effrayé, c'est émouvant, touchant.  Mais une adulte qui pousse des cris de corneille et qui balaye l'air de ses grands bras horrifiés à la vue d'un minuscule zébré, c'est pathétique.  Et ridicule.  Et gênant.

L'autre jour, suis allée me balader loin très loin dans les campagnes, par le biais de deux bus.

Premier bus.  Je m'installe, écouteurs, petit bouquin, prête à profiter du circuit (j'aime le bus quand il est quasi vide, plein de soleil et de jolis paysages – ça limite les moments où je ne hais pas le bus, je le concède).  Tout à coup, vision d'horreur : un zébré.  Velu.  Rond.  On se calme.  Il est rond.  Sauf que dans la famille bourdons, y'a les faux bourdons, savoir des abeilles camouflées en bourdons pour d'obscures raisons sans doute scientifiques, et les vrais bourdons qui piquent (ou alors c’est l’inverse, entre les faux, les vrais, un melting pot infernal).  On se calme.  J'enlève mes écouteurs, histoire d'entendre l'animal en cas d'attaque inattendue.  Mes dessous de bras s'ornent d'auréoles nauséabondes.  Je tente diverses méthodes calmantes : méditation, yoga, sophrologie, respiration du petit chien.  Le zébré s'éloigne un peu.  Je respire mieux.

Second bus.   Traumatisée par l'expérience qui précède, je suis ravie d'intégrer ce nouveau havre de paix.  Soudain, vision d'apocalypse : un zébré.  Velu.  Allongé.  Angoisse.  Mes dessous de bras ont muté en deux éponges dégoulinantes de sueur.  Je panique.  Ce foutu zébré se love dans le recoin de ma fenêtre.  Je range définitivement mes écouteurs, histoire de surveiller les allées et venues de ce zébré piqueur.  Le trajet dure des heures.  Je n’en peux plus.

Les chances d’avoir un zébré dans le bus sont minimes.  Les chances d’en avoir un dans deux bus consécutifs sont proches de zéro.  

Keske j’ai fait au bon dieu pour qu’il me fasse subir des épreuves pareilles ! Hein ?  Keske je lui ai fait ?

Avec tout ça, je l’aurai gagné, mon paradis.

Au fait, y’a des zébrés, au paradis ?

Illustration de Flo, merci Flo...
bzzzzzzzZZZZZZZZZZzzzzzzzzzZZZZzzzzzpt

06:30 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (8) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

29
aoû

Wallonieland, le 29 août 2011

 mer

Chère Elke,

Comment vas-tu depuis tout ce temps ? J’espère que tu te portes bien, ainsi que Wim et les petits, qui doivent avoir bien grandi déjà. Vous nous manquez, j’espère que tu le sais. Je t’envoie quelques photos de nous, prises lors de notre séjour au Danemark, j’espère que la censure n’y trouvera pas à redire, aucun site de Wallonieland n’étant visible sur les clichés, je l’affirme sur l’honneur.

J’ai tenté à maintes reprises d’obtenir un passeport pour venir te voir en Vlaanderenland, en vain. Je sais que je ne l’obtiendrai que lorsque je serai parvenue à décrocher le concours du bilinguisme. Ne t’inquiète pas, je vais chaque semaine suivre mes cours, et d’ici cinq à six ans, je pense que je m’en sortirai suffisamment pour réussir.

On m’a dit que le mur avait été rehaussé, car cinq wallonielandais avaient tenté de le franchir, voulant montrer la mer du Nord à leurs enfants, paraît-il. Quelle inconscience. Ils ont été fusillés, pour l’exemple. Dommage. Mais ça fera cinq chômeurs de moins ici, doit-on dire chez vous, et puis je comprends que vous ne souhaitiez plus prendre de risque, surtout depuis que ce village près de la frontière a été incendié lorsque des wallonielandais ont projeté ces boules de feu par-dessus le mur après avoir ligoté les sentinelles.

Comment vont tes parents ? As-tu pu avoir une dérogation pour leur rendre visite en Wallonieland, comme tu le souhaitais ? Ou sont-ils parvenus à quitter la zone sans encombre pour retourner chez eux ? Quelle malchance qu’ils aient été par là-bas durant l’érection du mur.

Je continue à travailler en zone neutre, mais ce n’est pas facile, surtout avec les deux heures d’attente aux barrages chaque matin et chaque soir. Les fouilles corporelles ne sont pas agréables non plus. Depuis le temps, pas moyen de faire comprendre aux sentinelles que je ne tenterai plus d’emporter quoi que ce soit chez moi. J’ai retenu la leçon depuis mon incarcération.

J’ai revu l’autre jour ce film sur cette famille allemande qui avait réussi à survoler le mur de Berlin au moyen d’une montgolfière. Tu te souviens, nous l’avions vu ensemble. Cela fait si longtemps. Et cela nous avait semblé tellement irréel, tu te souviens ? Cela m’a donné quelques idées, mais je n’en dirai pas plus, de crainte que la censure refuse de te transmettre cette lettre.

Je te joins quelques DVD français, ainsi que quelques Flair francophones, j’espère que tu auras le droit de les garder. Si tu as des Flair néerlandophones, je serais ravie de les recevoir, je pense pouvoir les garder en arguant de mon souhait d’obtenir un passeport bilingue.

Nous partons demain en vacances à Dunkerke. En souvenir du bon vieux temps, La Panne, Coxyde. La mer du Nord, en France, n’a pas tout à fait la même saveur, mais tu sais que même par les dunes, il est impossible d’atteindre cette bonne vieille Belgique, oups ça m’a échappé, ce bon vieux ancienland. La mer me manque tant, tu sais. J’ai affiché cette photo que tu avais prise, elle me rappelle cette époque folle où nous y passions nos vacances, ensemble.

Tu trouveras en annexe, comme convenu par la législation, la traduction flamande de cette lettre.

Nous vous faisons de gros bisous et gardons espoir de vous revoir bientôt en chair et en os.

Anaïs, Zhom et petitsdhom.

PS : A l’occasion, envoie-nous quelques grains de sable bien de chez vous, enfin de chez nous, enfin je ne sais plus…

Pétitionnons pour la bonne cause...

Billet illustré par le biais d’un dessin de Miss Trop, que je remercie. J’adore ce dessin, je voulais l’utiliser pour un billet sur l’effet que me fait la mer, et puis voilà… mais quand j’écrirais sur la mer, je le réutiliserai, car un dessin peut avoir plusieurs vies, non mais.

06:00 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (30) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

12
aoû

Et voilà

 L'heure est grave de chez grave, je souffre d'une nouvelle addiction, pas le chocolat (ce salaud qui m'a fait prendre un kilo durant les 72 h de jeûne), pas le GSM (ce salaud qui m'a perdu tous les SMS durant la coupure de 72 h), pas la TV (cette sal... - bizarre comme au féminin j'aime pas l'écrire - qui m'a fait manquer un épisode de Secret Story - enfin je devrais plutôt accuser ce salaud de magnétoscope) : je suis accro aux blogs, et en particulier au mien, à 74 %.  C'est grave docteur ?
Et vous, accro aussi, faites le test... et donnez-moi votre résultat en commentaire (tout ce que je ne ferais pas pour vous faire enfin commenter un peu, titchu)

 

74%How Addicted to Blogging Are You?

Mingle2 - Dating Site

22:45 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (17) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

8
aoû

Le nouvel éditeur

Et voilà, l’affaire est conclue, le nouvel éditeur a fait son apparition ce jour.

<br><br>

Moi qui, sur Mozilla, suis habituée à vous écrire en html, avec mes codes d’espaces <br><br>, <EM>d’italique</EM>, et les liens à rallonge du style <A href='http://le-celibat-ne-passera-pas-par-moi.skynetblogs.be/' target='popup_win'>mon blog</A>, ça va plus le faire… je me demande si le bleu va se voir...

<br><br>

Faut vivre avec son temps ma bonne dame, faut s’adapter au progrès…

<br><br>

M’aura fallu deux mois pour piger l’ancien éditeur, on repart pour un tour

 

Quelques minutes plus tard, j'ai réusssiiiiiiii, ça change un peu, mais on s'habituera à passer par le Wordpad et plus directement par Word... 

18:37 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (14) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

31
jui

Arachnophobia

araigneeCette nuit j’ai fait un rêve monstrueusement monstrueux.

J’étais chez ma môman, pour fêter quelque chose. J’ignore quoi, mais y’avait du gâteau d’anniversaire au menu. C’est l’essentiel.araignee

Je m’absente après l’apéro, pour une raison qui m’échappe, et je reviens lorsque araigneetout le monde a terminé de manger.

Je réalise qu’un animal étrange, un serpent ou une trompe d’éléphant sans l’éléphant au bout (Docteur Psy en aurait à dire sur le sens phallique de l’élément de ce rêve) a disséminé plein d’araignées toutes petites. Petites mais dangereuses. araigneeAu mieux, leur morsure provoque une phlébite, au pire la mort.

Je suis la seule à en avoir conscience.

Les invités ont disparu, reste ma môman et moi. Elle ne se doute de rien. Je ne veux pas lui faire peur, donc je ne révèle rien sur ces araignées qui m’effraient au plus haut point (Docteur Psy en dirait long sur mon souhait refoulé d’exterminer môman). araigneeJ’ai chaud tellement je stresse. Ça doit être à ce moment de la nuit que j’ai, dans mon sommeil, enlevé mon pyjama en pilou – on a beau être en juillet, les nuits sont fraîches.

Les araignées arrivent. Elles sont minuscules, mais j’ai conscience du risque. Je les écrase une à une avec ma pantoufle. Elles sont de plus en plus nombreuses. Un film d’horreur. Môman se moque de ma frayeur, arguant qu’elles sont vraiment petites araigneeet semblent inoffensives. Que je suis ridicule (Docteur Psy, rien à dire ?). Elle ignore que je lui sauve la vie.

Les araignées comprennent vite que je leur veux du mal, elles se défendent en sautant sur mes mollets. Je pense « phlébite ». Je pense « mort ». Je panique comme une dingue. Et je m’en vais. (Docteur Psy, toujours rien à dire ?)

Je rentre chez moi en bus, et je réalise que je n’ai rien mangé à part l’apéritif. Point de gâteau d’anniversaire. J’ai faim. Ça doit être à ce moment que j’ai fait une crise de somnambulisme et dévoré un paquet entier de melo-cakes.

araigneeJe me réveille ensuite, épuisée, tourmentée.

Quelques heures plus tard, je téléphone à môman. Un faux contact fait échouer la communication. Je rappelle. Elle décroche et me dit « oups, excuse-moi, Anaïs chérie, j’ai fait une fausse manœuvre à ton premier appel, parce que je tentais de décrocher d’une main, et de déloger des araignées de l’autre ». Blanc… araignee

Un billet illustré par une photo d’Olivier, dont vous découvrirez les œuvres ici. Parce que je suis intimement persuadée que cette photo, dont j’ai beaucoup palabré avec lui, est à l’origine de ce cauchemar. Parce que depuis que j’ai vu cette photo, j’ai en permanence l’image de ces quatre yeux qui me fixent telle une proie mise à leur disposition (et savoir qu’il y en a quatre autres derrière n’arrange rien). Parce que je ne veux pas être la seule à frémir. Parce que vous le valez bien. Na. (les petites sont de Flo)araignee

07:00 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (16) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |