11
jui

Rendez-moi mon cervo

Aujourd'hui on m'a dit que, malgré ce que je pensais, ce que je croyais, ce que j'espérais, je n'avais pas encore récupéré toutes mes capacités intellectuelles.  Siiiii, je vous jure, je parle encore comme une amnésique, cherchant mes mots dès que ça dépasse deux syllabes.

Moi je pensais que j'avais bien récupéré de mon anesthésie, ben ça va encore prendre un petit temps, sacrebleu.

Et si je ne parle pas encore "comifaut", j'écris encore bien bien pire que "comifaut".

Appelez-moi la reine des fautes.  Un comble, vu que quand même, j'ai écrit "le savoir écrire"...

Ainsi, j'écris par exemple "j'ai le même problème que toit".

Ou "je viens de rentrée, suis épuisée".

Et quand on me fait remarquer que vu cette horrible faute, je dois en effet être bien exténuée, je réponds : "oui, des fautes, j'en fait plein".  Parler de ses fautes en en faisant une, c'est à mourir de rire.  Ou pas.

Quéén galère.

Oups oups oups, me demande si mon neurone n'a pas été définitivement aspiré par le bistouri...

22:12 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

11
jui

Faut-il tout dire avant le crash ?

Vous aurez sans doute lu qu'un avion a causé des frayeurs à ses passagers, en Gelbique, en effectuant à plusieurs reprises ses manœuvres avant de se poser, créant la panique parmi les passagers.

Diantre, bigre, sacrebleu, quéén horreur, rien que de lire les articles, j'en ai des sueurs froides.

Et une passagère a alors adressé des messages d'adieu émouvants à son petit ami (ça me rappelle avec horreur les messages laissées par les occupants du WTC le 11 septembre, qui m'ont bien souvent arraché des larmes).

Ses messages "Mon bébé, l'avion a un problème. On va peut-être tous mourir. Je t'aime très fort et si j'en viens à mourir, je ne t'oublierai jamais. Je t'aime à a folie et je veillerai de là-haut sur toi", et puis "je t'aime, c'est super grave. Je tremble en t'écrivant le message mais je t'aime. (...) Peut-être adieu, ça semble assez grave".

So émouving, so touching, so pleurniching.

J'imagine l'horrible angoisse du petit ami en recevant ça, la terreur de la perdre, et l'attente de nouvelles qui n'arrivent pas, puis finissent par arriver, enfin du moins je l'espère, sauf si elle a perdu son gsm dans la frénésie de quitter l'avion, sauf si elle a plus de réseau, sauf si elle a plus de batterie, sauf si elle a vidé tout le whisky dans l'attente de la chute et est en coma éthylique…

Et puis, mauvaise et vilaine, je me surprends à élucubrer que le monsieur en question se dise que c'est sa toute toute dernière chance d'avoir la conscience tranquille, et qu'il se confesse en poésie et en sms avant qu'elle ne tombe et ne retourne à la poussière :

"Chérie je t'aime comme un roi, mais je dois t'avouer que je t'ai trompée six fois"

"Chérie, ces pectoraux que tu adores tant, ben ce sont des implants"

"Chérie, j'ai profité de ton départ' pour me casser et vider l'appart'"

"Chérie, j'ai conduit ta nouvelle voiture, et j'ai bousillé toute la peinture"

"Chérie, tu vas pas trouver ça rigolo, mais en fait je suis homo"

"Chérie, je te mens depuis dix ans, je me la joue Docteur Romand" (si vous pas comprendre, vous demander à Google)

"Chérie, je te dis adorer Arte, mais chuis plutôt fan de télé-réalité"

"Chérie, ces petits plats que tu adores me concocter, et ben ils me font gerber"

"Chérie, on n'aurait pas dû acheter cette villa à Monaco, car depuis six mois j'ai perdu mon boulot"

"Chérie notre fils Sacha, ben en fait il n'est pas de toi" (oui bon ça ça marche uniquement si c'est l'homme qui va se crasher et la madame qui se confesse, je l'admets, mais bon, extrapolons extrapolons)

"Chérie je t'aime chérie je t'adore, mais je déteste vraiment ton corps"

"Chérie je t'aime chérie je te vénère, mais ton haleine est celle d'un boxer"

"Chérie je t'aime chérie je t'adule, mais quand accepteras-tu que je t'enc…"

Et last but not least "Chérie, oui je sais que l'avion va tomber, because c'est moi qui l'ai piégé"…

 

11:52 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

5
jui

La phrase qui tue du jour : arrête de mater mes pieds

Elle "mes orteils sont encore plus moches que les tiens"

Moi "euh, tu sous-entends que les miens sont moches" (allez, saisis cette chance de te rattraper)

Elle "ben oui hein, mais les miens c'est encore pire".

Soit, si vous me croisez en bottes, vous saurez pourquoi...

19:19 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

2
jui

La phrase qui tue du jour : bizarre, vous avez dit bizarre

Discussion au sujet de ses amis, et j'en conclus "tes amis sont bizarres quand même"...

Réponse "t'es encore la plus normale, c'est tout dire".

Euh, oui, c'est tout dire, en effet...

Note qu'on m'a aussi demandé si l'implant qu'on m'avait mis dans le bidou ce jour c'était des neurones.

La bave du crapaud n'atteint pas la blanche colombe, na.

20:52 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

30
jui

L'art de la mythomanie d'un(e) condamné(e)

Un bail que je n'ai plus parlé de notre con damné.  Faut dire que j'ose plus, vu les commentaires parfois reçus, paraît que je suis cynique de me moquer ainsi, et que si ça tombe moi-même chuis mythomane à donf la caisse et mon blog n'est qu'un mensonge.  Euh, eske je vous ai raconté que je suis au stade terminal d'un cancer de l'utérus et que j'ai besoin de sous pour un anneau à l'anus, passque ça rime ?  Non, alors je suis pas mythomane, qu'on se le dise.  Mon défaut est justement que j'ai du mal à écrire de la fiction, sinon j'aurais déjà publié six best sellers.  Mythomane, non.  Mégalomane, oui.   

Donc je n'en ai plus parlé, mais je n'ai pas cessé d'y penser, vous pensez…

Et je me suis surprise à me dire que si ça tombe c'est moi qui suis ignoble de m'imaginer que ce blog est un fake, alors qu'un pauvre Belge de 58 ans est à la mort, que sa famille le pleure déjà et que je fais rien que le critiquer alors que j'ai pas d'infos croustillantes sur lui à révéler.  Oui, j'avoue, ça m'a traversé l'esprit.  Puis je suis allée lire le billet du jour, et chaque fois je me suis dit "nan, tu es dans le vrai, c'est un fake, un vrai de vrai".

Aujourd'hui encore.  Extrait "J’ai mouillé mon lit, je suis un déchet humain."  Non mais c'est quoi ces unités de soins palliatifs où on laisse les patients se mouiller, y connaissent pas les langes, ou les sondes ?  Et puis je me dis que ça peut arriver soudainement, qui sait.  Hier il était bien, aujourd'hui il se fait dessus, why not.  Diantre, il parvient à me faire douter, ce con damné.  

Hier il a fait mourir son voisin de chambre, celui qui s'était marié pour protéger sa compagne enceinte de soucis financiers.  Il aura pas connu son bébé.  Euh, qu'on m'explique en quoi le mariage va la sauver, mais soit.   Un mort avant le vrai mort.  Histoire qu'on pleure encore plus dans les chaumières.  Des pleurs en accéléré, siouplait, il reste que trois jours.

Avant-hier, il nous parlait de son désir d'euthanasie.  Il aime en parler, au point que je me demande si le blog ne serait pas un plaidoyer pour la fin de vie volontaire, contenu dans un roman à paraître, what else ?  Mais l'euthanasie est autorisée en Belgique depuis plus de dix ans, et sauf erreur il est belge notre ami, alors ?

Bref, comme disait l'amie de Sally dans Quand Harry rencontre Sally, "j'ai raison, j'ai raison, je sais bien que j'ai raison".

Mais je ne parviens pas à croire que quelqu'un ait l'envie de lancer une telle supercherie, sur un sujet si sensible que la maladie et la mort.  C'est sans doute ce qui me rend cynique.

Alors j'investigue, sait-on jamais que je parvienne à le démasquer (mégalomanie, disais-je).  Mais investiguer sur quoi au fait, il ne dit rien de sa maladie, de là où il vit, de là où il agonise, rien de rien.  Protection absolue.  Il étale ses grandes pensées philosophiques, et puis basta.  Y'a combien d'ingénieurs de 58 ans en Gelbique ?  Donc je me contente de cliquer sur les liens postés par d'autres dubitatifs, car fort heureusement, je ne suis pas la seule à croire au fake.  On est au moins… euh cinq.  Rassurant. 

Et c'est ainsi que je découvre, parmi les dizaines de faux blogs rédigés par de faux malades ou faux mourants (apparemment le Münchhausen sur la toile à de beaux jours devant lui) un mensonge gros comme une montagne, nan, gros comme la terre entière, pire, gros comme l'univers, celui de Salomé/Noa/Odile, en 2009-2011. 

Pour vous résumer la chose, c'est l'histoire de Noa, atteinte de leucémie, qui raconte sur son blog sa vie, ses études, sa maladie.  Gros soutien.  Puis elle meurt.  Gros drame.  Son calvaire est raconté par elle-même, puis son copain, sa sœur et sa mère, sur la fin.  Son copain fait d'ailleurs des fautes d'orthographe quand il écrit et s'en excuse, il est pas aussi doué que les autres.

Après son décès, sa sœur donne quelques nouvelles, puis ouvre son propre blog, où elle raconte sa vie, ses études, sa maladie… Passque la pauvre souffre de trucs divers et variés, d'abord elle fait une chute grave, se casse plein de trucs, puis a un cancer, ne va pas bien, va mieux, puis pas bien.  Enfin vous voyez le topo.  Puis elle a été démasquée par des internautes qui ont fini par avoir la puce à l'oreille, à force...  Il s'agissait d'une seule personne, Odile, aussi malade que moi je suis la Reine des Belges, une fois.  Elle jouait tous les rôles, tant qu'à faire…

Au-delà du mensonge virtuel, finalement relativement facile, ce qui me stupéfie dans cette histoire, c'est qu'il était aussi réel.  Salomé avait réuni autour d'elle un véritable fan club.  Outre ses amies in real life, elle a dupé ainsi des dizaines d'internautes soutenants, mais également du personnel médical qui s'est rendu chez elle pour l'aider (elle aurait eu un faux cathéter), des parents de véritables enfants atteints de leucémie, qu'elle a rencontrés à certaines occasions, des internautes qui ont participé à des marathons en hommage à sa sœur.  Elle a poussé le vice jusqu'à demander à des amies logeant chez elle qu'elles lui changent ses couches.  Tout cela sous l'identité de Salomé, qui, au décès de sa sœur jumelle, avait été jusqu'à fabriquer de faux faire-parts de décès qu'elle a adressés à de vrais internautes l'ayant soutenue, dont beaucoup vivant en vrai la maladie grave d'un de leurs proches.

Tout a disparu du net, sa page Facebook, son blog, ou presque… reste le blog de Noa, jusqu'à sa mort.  Extraits choisis des moments précédant son "décès" :

"Bonne nuit (c est alex)

pour une fois ce n est ni salome ni ariel qui viennent posté ici, je m'excuse je suis moins doué qu eux en orthographe.

La matinée : ariel est venu voir Noa, l'après midi : fabuleuse: le plus beau moment de ma vie, entourés de ceux que nous aimons.

La soirée a été dure : retour en réa : fièvre ( 4o), maux de tête violents, les yeux jaunes, toute gonflée . C est salome qui reste avec elle cette nuit. Notre Noa s apprette a s envoler."

"Bonjour,
C'est plus qu atroce, envie d'hurler mais je suis sans voix, envie de pleurer mais ça ne sort pas. J'ai une peur panique d'oublier Noa, enfin sa façon de marcher, de parler, de penser, photographier le moindre détail de ma soeur dans ma tête. Alors lorsque je reste avec Noa, j'essaye de m'imprégner de ma soeur. Que c'est dur, c'est pire que tout … L'impression d'être entrain de perdre tous mes repères, et puis je n'y crois pas ce n'est pas possible, pas ma soeur. Nous l'aimons tellement, et puis il y a Alex…

Salomé"

"Noa est partie ce matin entourée de ses proches

Noa est partie ce matin, sans regrets, dans l'amour des siens, dans l'amour de son fiancé Alexandre. Noa a eu une vie courte mais riche, pleine d'experiences diverses : bénévole au samu social, sapeur pompier volontaire, aide aux personnes handicapés, responsable scout, sportives : treks, ski, snowboard, judo, aviron, escalade. Noa a toujours excellé dans tout ce qu'elle a fait, non sans difficultées, mais avec force et perserverance. Dans 12 jours, Noa aurait eu 18 ans, nous aurions eu 18 ans… Maintenant, elle est séparée de ce corps qui la faisait tant souffrir, elle est avec Guillaume (un cousin décédé d'une leucémie),Claire (notre tante décédée  aussi d'une leucémie) ,Stéphanie, Franck, Jo', Ewen, Malo, Tristan ….

Ma soeur sera enterré en terre d'Israel (si nous n avons pas de soucis administratifs) dans l'intimité. Dans un mois, une grande cérémonie aura lieue sur Paris, toutes les associations pour lesquelles elle a donné du temps, ses amis, ses camarades de classe, sa famille, nous serons tous là. Non pas dans la tristesse, mais dans le souvenir, pour ne pas oublier tout ce que Noa a fait, nous a apporté.

Salomé"

Vachement crédible non ? 

Ici, on ne parle plus d'un simple Hoax, mais d'une mascarade à grande échelle, d'une manipulation à la limite de la perversité (euh, à la limite ?).  Et au-delà de cela, un réel talent, car ses inventions constitueraient un bien bon scénario de film…

Stupéfiant.

Alors, quand je vois l'histoire d'Odile/Salomé/Noa, je me dis que le blog de notre con damné, c'est vraiment du pipi de canari à côté de ces élucubrations.  Et que je devrais cesser de m'indigner, ça vous ferait des vacances…

La seule différence, c'est que notre con damné écrit encore, et peut-être, qui sait, qu'il écrira jusqu'à son dernier souffle, tapotant maladroitement un rhaaaaaaaagrllllllllllgrmpffffff en guise de dernier soupir, afin que le suspens soit à son comble jusqu'au bout.

PS : En matière de supercherie, il y eût aussi celle de Stéphanie, auteure de "Des cornichons au chocolat", en réalité Philippe Labro, grosse déception pour moi, j'en avais parlé ici à l'époque.

Allez, plus que trois fois dormir... au fait, c'est mercredi qu'il meurt, mais à quelle heure ?

Add. de 21h28 : et en plus je viens d'apprendre que L'herbe bleue, autre lecture de mon adolescence, était aussi un fake, mais dans quel monde vivons-nous ma bonne Dame.

19:54 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |