20
oct

Maman ?

Ce billet, je l’ai écrit il y a un petit temps, lors du troisième événement cité ci-dessous, et puis je l’ai stocké dans mes 100 pages word de réserve, attendant le moment propice, et surtout par peur de choquer.  Il est plus facile de raconter ses délires, ses joies, ses peines, ses souffrances même parfois, que de prendre position sur un tel sujet.  

Ce billet, je l’ai écrit et je l’ai pensé.  Je le pense encore.

Alors, puisque le hasard du billet qui précède vous a fait réagir en commentaires sur ce sujet précis, il est temps pour moi de le publier.  Tant pis si je choque.  Je l’ai adapté en fonction de l’actu de la semaine, et je vous le livre enfin.

Maman ?

« Une femme "oublie" son bébé une journée entière dans sa voiture.  L'enfant est retrouvé mort le soir venu. »

« Une femme expatriée en Asie tue plusieurs bébés à la naissance, et les congèle ».

« Une femme en instance de séparation a tué trois nouveaux-nés et les a congelés ».

«  Une femme tue et conserve ses cinq nouveaux-nés dans sa cave. »

Ces infos ont fait les gros titres dans la presse récemment et ont alimenté les brèves de comptoir et discussions à la machine à café (ou près du distributeur de Coca-Cola Light).  « Comment est-ce possible ? »  « Mère indigne ? » « On n'oublie pas ainsi un enfant dans une voiture » « pourquoi tuer ses enfants, faut-il être dérangée » « des monstres, rien que des monstres »…  C’est aussi parfois ma première réaction, et puis…

Et puis moi je dis que oui c'est possible d’oublier son enfant, puisque ça s’est passé, que non ce n'est sans doute pas une mère indigne.  Parce que dans la vie, il arrive tant de choses difficiles, qui mobilisent l’esprit, qui traumatisent le corps, qui fatiguent l’âme.  Au point d’en oublier un enfant ?  Normalement non.  Mais parfois, la normalité bascule, l’espace d’une fraction de seconde.

Et que même si je trouve ignoble de tuer un nouveau-né et qu’elles feraient mieux de leur donner une chance en les confiant à l’adoption, je dis qu’il doit y avoir une explication à de tels actes.  Rien n’excuse.  Mais tout peut justifier.  Ou presque.  Je l’espère.  J’y crois.

Je ne suis pas maman, je n’ai donc (bien sûr) aucune idée de ce qu’est l’instinct maternel et tout ce blabla dont on nous bat les oreilles.  J’ai donc juste le droit de me taire ?  Sans doute.  Beaucoup le penseront.  Mais, j’ignore pourquoi, quand j’entends de telles nouvelles aux infos, je suis à la fois tellement triste pour ces enfants, tellement révoltée, et en même temps tellement triste pour ces mères, me disant qu’il m’est sans doute impossible de mesurer l’ampleur des souffrances qui les ont poussées à en arriver là, à oublier leur enfant une journée entière, ou à le tuer pour une raison obscure.

Ça me fait mal.  Simplement.  Surtout pour eux.  Mais aussi pour elles.  Dont la vie est brisée parce qu’elles ont brisé celle de leur enfant.  Dont la vie ne sera plus jamais pareille.  Parce que lorsqu’on donne la mort, par distraction ou par volonté, la vie ne peut plus jamais être pareille.

Tout simplement.

12:27 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (30) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

4
oct

Journée mondiale des animaux

En cette journée mondiale des animaux, bon nombre de blogs ou sites vont rendre hommage à nos amies les bêtes.  Moi aussi, j’adore les animaux (parfois plus que la race humaine, je l’avoue), surtout les rongeurs et les félins (docteur Psy, quel est le sens caché de cette adoration de deux espèces ennemies ?), mais je n’ai pas envie de vous faire un truc larmoyant sur le sort des animaux abandonnés, chassés, torturés, affamés ou dévorés.  Qu’on pende juste leurs bourreaux par le gros orteil jusqu’à ce que mort s’ensuive, ça me suffira.

Je vais plutôt vous parler de cette enquête, qui m’apprend qu’un belge ingurgite en moyenne 1.801 animaux tout au long de sa vie.  Admirez la précision : pas 1.800, 1.801.

La question que je me pose immédiatement : 1.801 cailles ou 1.801 poulets ?  A moins qu’il ne s’agisse de 1.801 bœufs ou, pire, 1.801 baleines. 1.801 dinosaures ?

Une enquête s’impose…  Vlà Anaïs en excursion sur Google pour trouver 1.801 quoi.

Sur le site de l'Echo, j’en apprends plus…

Il s’agit précisément du tiers d'un cheval, 5 bovidés, 7 moutons, 24 lapins, 42 porcs, 43 dindons et autres volatiles, 789 poissons et 891 poulets, savoir un total de 1801,3333333333333333333333… animaux, pour être précise.

Ainsi, je mangerai peut-être tout ça tout au long de ma vie.  Ça fait peur.  Très peur.  Vraiment très très peur.  Tous ces animaux morts pour satisfaire mon estomac gourmand.  Soit.  Ce qui est sûr, c’est que je ne mangerai (plus) jamais de cheval, synonyme pour moi d’animal domestique.  Ni de lapin, j’ai donné dans ma jeunesse (j’en ai mangé et j’ai même eu un gilet en peau de lapin quand j’étais môme, horreur et damnation j’ai porté une bête morte sur le dos et j’ai même une photo souvenir, keske j’étais inconsciente, vous voulez voir ?) et ça me tente moins maintenant, de manger Bugs Bunny, Roger Rabbit ou Panpan.   

Y’a un truc étrange tout de même, et je me dois de vous le signaler : on ne parle pas de rats dans cette enquête.  Point du tout.  Ainsi donc, personne ne mangerait de rat, ce petit animal tendre, dodu, délicieux en papillote ou en grillade voire accompagné de !!!!!biiiiiiiiiiiiip!!!!!! ici le rat, je refuse que la suite de ce billet soit publiée, sinon je me suicide par ingestion de brocolis!!!!!!
 censure
Dessin trouvé (mais pas volé, j’ai l’autorisation de l’auteur nananère, comme d’hab) sur ce blog.
rat-aux-brocolis

19:19 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (8) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

29
sep

Anorexie VS gavage

anorexie2
Alors que la polémique fait rage quant à une campagne anti-anorexie italienne, où figure une jeune femme, Isabelle, pesant à peine 30 kilos (cf photos) - entre parenthèses si cette campagne peut faire réaliser à une seule anorexique le danger auquel elle s'expose je dis bravo -, Envoyé Spécial nous propose un reportage écoeurant (et c’est bel et bien le cas de le dire) sur le gavage des femmes en Mauritanie.

Je l’avoue, j’ignorais tout de cette tradition jusqu’alors.

Ainsi, dans ce pays qui pratique encore l’excision (pour en savoir plus, lisez la fin de ce billet), voilà qu’on inflige une souffrance supplémentaire aux jeunes filles : on les gave comme des oies pour les rendre « belles » et « bonnes à marier ».  Car dans ce pays, ma bonne Dame, une femme doit, comme ils disent, remplir son voile.  Elle doit être ronde.  Très ronde.  Obèse.  Pour séduire.  Pour plaire. 

En Europe, faut être mince.  En Mauritanie, faut être grosse.  Question de point de vue.

La différence c’est que dans nos pays, on a tout de même le choix d’être mince ou pas, malgré le dictat de la mode qui fait vite sentir qu’avec 300 grammes de trop, il est grand temps de faire régime, sous peine de ne plus pouvoir entrer dans un taille 38 équivalant à un vrai 34.  Mais, malgré les regards lourds de sens, malgré la pression des créateurs de mode, malgré l’angoisse de la pesée matinale, aucun garde-chiourme ne surveille notre alimentation, personne ne nous menace de mort lorsque nous ingurgitons sans honte une bonne gauf’, une pizza ou une portion de frites, une fois.

En Mauritanie, il n’en va pas de même.  On dit que la place que prend la femme dans le cœur d’un homme est proportionnelle à sa taille.  Un proverbe qui pourrait être si joli, s’il n’induisait pas tant de souffrances… 

Toute jeune fille voit arriver avec angoisse la saison du gavage, où, chaque jour, une « spécialiste » lui fait avaler une mixture faite de lait, de beurre, d’arachides et de couscous, mixture dont le volume augmente au fil des semaines, jusqu’à les faire grossir.  Gonfler.  Enfler.  Jour après jour, semaine après semaine, le calvaire continue.  Pour grossir.  Tout simplement grossir.  Au mépris de la santé de ces filles.  Au mépris de leurs souhaits.  Une tradition.  Par la force, s’il le faut.  Au moyen de tortures toutes plus agréables les unes que les autres : torsion des orteils, écrasement du pied ou fracture de la main.  Ben voyons.

Vous connaissiez ma position quant à l’anorexie, et surtout les sites qui en vantent les qualités, je vous livre celle quant au gavage : je déteste cette tradition qui bafoue la liberté la plus naturelle : celle de s’alimenter à sa guise, selon ses envies et ses besoins.

Je pense d’ailleurs que je déteste les traditions, en fin de compte : celle du gavage, celle de l’excision, celle de la chasse, celle de la tauromachie… et j’en passe.  Mais c’est une autre histoire dont je vous parlerai prochainement.

Y’a qu’une tradition que j’aime : celle du billet matinal que je vous livre chaque jour.
anorexie


22:03 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (12) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

12
sep

Ne les abandonnez pas pendant vos vacances

Chaque année, on en parle.  En juin.  "Ne les abandonnez pas pendant vos vacances".  Du temps oùsque j'étais jeune (et jolie), j'avais chaque année ce petit autocollant, où ils nous regardaient, l'œil larmoyant, nous suppliant de ne pas les abandonner.

Et pourtant…

Un matin, en rue, je l'observe.  Il est là, tout seul, attaché au poteau.  Un soupçon de pitié m'envahit.  Il n'a pourtant pas l'air abandonné, il est tout beau, tout brillant.  Limite souriant, si tant est qu’il pût sourire.  Il a l'air en forme.

Le lendemain rebelote.  Et ainsi de suite, plusieurs jours.

J'hésite.  Dois-je agir ?  

Ou jouer l'autruche ?  L’indifférente ?  Celle qui n'a rien vu, rien entendu.  Pas vu, pas pris.  Lâcheté suprême.

Le destin décide pour moi.

Un beau matin, je le vois de loin, il n'est pas comme d'habitude.  Toujours attaché à son poteau, mais pas comme d'habitude.  Il a l'air penché.  Pas bien.  Malade.  A force d'être attaché là, il doit en ressentir les effets.  Le pauvre.  Je culpabilise et m'approche.

Et je réalise instantanément l'ampleur du drame qui s'est joué, sans doute durant la nuit.

Il lui manque un pneu.  Le pneu arrière.  Qui trône, quelques mètres plus loin, fier de sa liberté retrouvée (le voleur a-t-il été interrompu dans sa fuite ?)

Le lendemain, ce pneu fugitif a disparu, de même que le pneu avant.

Le surlendemain, voilà que la selle a filé en douce.

Et depuis lors, je continue à passer.  Chaque matin.  Et je continue à le voir.  Seul.   Ratatiné.  Abandonné.  Même le rouge de son cadre a perdu de sa splendeur.

Alors je vous le dis : ne les abandonnez pas pendant vos vacances.

Merci à Acide qui m'a autorisée à utiliser ce dessin génial d'un abandon estival… pas comme les autres.  Passque y’a pas que les animaux qu’on abandonne pendant les vacances.  Attention, cette image pourrait heurter les plus jeunes lecteurs.
abandon

06:15 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (7) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

8
sep

1,8 %

Aujourd’hui, j’ai un rendez-vous.

Ça fait un bien fou d’avoir un rendez-vous, parce que la solitude, ça pèse hein.  Versez, je vous en conjure, une larmichette sur cette solitude que j’évoque, merci.

Donc j’ai rendez-vous.  Il a une bonne situation, il est sympa, mais il me fait régulièrement souffrir.  C’est mon dentiste.  Voilà à quoi j’en suis réduite Mesdames et Messieurs, à n’avoir plus rendez-vous qu’avec mon dentiste (et à l’occasion avec Docteur Mamour qui n’est amoureux que de ma langue hors norme).  Versez encore une larmichette, parce que je le vaux bien.

Depuis hier, je ne pense qu’à ça : mon rendez-vous.  Qui va me faire maigrir de quelques grammes : un détartrage.  Passque je vous le dis, mais que ça reste entre nous, ma bouche, c’est pire qu’une bouilloire d’avant guerre.  Le tartre est mon ami, le tartre est amoureux de mes dents.  Alors je vais souffrir, je le sens je le sais.  Aller déloger cet ennemi de l’haleine fraîche dans tous les recoins de ma dentition, ça va pas le faire.  

Mais ensuite, après ces intenses souffrances (passque déloger le tartre sous la gencive c’est pas glamour du tout, ça pince, ça lance, ça saigne), j’aurai l’haleine d’une petite elfe joyeuse.  Elle est pas belle la vie ?  Elle serait d’autant plus belle si j’avais un rendez-vous ce soir, histoire d’offrir mon sourire pepsodent à un éventuel prétendant.  Mais pas de prétendant, donc pas de sourire pepsodent.  Versez une larmichette… vous connaissez le topo.

Tout ce blabla (in)utile pour introduire le sujet du jour, qui n’est pas mon opération anti haleine de bouc, même si elle est étrangement de circonstance, vu la teneur de ce billet, mais le résultat de ce sondage dont on parle dans toute la Gelbique : 1,8 % des belges ne se lavent jamais les dent.  Jamais.  JAMAIS.  Jamais jamais.  Jour après jour, mois après mois, année après année, ces 1,8 % de la population belge thésaurise sa plaque dentaire comme moi les écharpes Strelli !  

Une heure plus tard… Me voici de retour, je souffre de partout mais j’ai les dents toutes belles.  Si j’avais pas cet amas de palais dentaire juste derrière les incisives (paraît que ça s’appelle une papille), j’aurais pas eu aussi mal, non plus.  Mais j’en peux kééééékchose moi, si j’ai cet amas de palais derrière les incisives, hein ?  Non, j’en peux rien.  Alors laissez-moi souffrir en paix.

Et puis mon dentiste, il a dit que les belges étaient de gros menteurs, passque c’est pas 1,8 % qui se lavent jamais les dents, selon lui, mais beaucoup beaucoup beaucoup plus… Ainsi, des tas de belges ont l’haleine d’un phoque agonisant, c’est vraiment la beurkitude intégrale.  Et, vous, vous vous les lavez ?  Combien de fois par jour ?  Combien de temps par fois ?  Avouez tout, promis, les résultats resteront anonymes…

Finalement, j’ai plus trop envie d’un rendez-vous, sauf à demander le carnet dentaire au préalable.

Je comprends subitement pourquoi ce mec avec qui j’ai eu rendez-vous récemment (tiens oui, j’ai finalement eu un rendez-vous, alléluia, j’avais oublié ce rendez-vous mémorable - billet suivra, soyez patients, mon neurone y réfléchit calmement) puait autant qu’une bouche d’égout, et pourquoi, à chacun de ses sourires, je voyais comme une pâte blanchâtre collée sur ses incisives et ses canines. Pas moyen de détacher mon regard de ce plâtras gluant et puant.  Ainsi, il faisait partie des 1,8 %.  Je l’ai échappée belle.  J’aurais pu l’embrasser.  Et déguster ainsi ses dents jamais lavées…  Au fait, c’est combien de calories par gramme, la plaque dentaire ?
halzinz

Billet illustré par un dessin dont je suis folle, de Diddof, un artissss’ que j’ai découvert en cherchant sur Google « mauvaise haleine »…  Zavez vu ce joli zébré en proie aux relents d'une bouche pas lavée ?  Pour peu, j'en tomberais amoureuse, de ce petit zébré, c'est dire ! Découvrez-le ici, ça vaut le détour, passqu’il fait pas que des dessins (ce qui, en soi, est déjà fabuleux), il fait aussi des Glums et des Couacs ! 

09:56 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (19) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |