19
nov

Tabou…

Avez-vous remarqué combien certains domaines de la santé ne doivent pas être abordés, sous peine de gêne intense et de rougissement permanent ?

Par exemple, si je décris de long en large mon mal de tête, signalant qu'il me vrille la tempe gauche, avec picotements de la tempe droite et lancement dans le haut de la nuque, aucun problème, mes interlocuteurs compatiront à mon triste sort.

Si je m'étends, sur mes problèmes de sinus droit, bouché en permanence, les insomnies qu’il provoque, la sécheresse buccale à force de respirer par cet orifice qui n’est en définitive pas fait pour ça, compassion également.

Par contre, dès que le débat s’oriente vers certains secteurs, je peux immédiatement chanter « tabou, sujets tabou « (Rapsat).

 Vous vous imaginez, vous, en train de décrire en long et en large votre dernière indigestion  « Oh ma bonne Dame, c’était plein de morceaux même pas désagrégés, on voyait encore que j’avais mangé du cassoulet et un moelleux au chocolat, et le reflux était si violent qu’une partie est repassée par le nez ».

Votre dernier rhume « Ma bonne Dame vous n’allez pas me croire, j’ai éternué sans pouvoir me retenir, et j’en ai eu plein les mains.  C’est là que j’ai deviné que les sinus étaient enflammés, à la couleur, entre le jaune et le vert, tirant par moment vers le brun.  Bien épais.  Et ça collait bien, quelle galère pour tout enlever, pire qu’un slime (jeu gluant de mon enfance) ».

Vos problèmes gastriques « moi ma bonne Dame, je digère ni l’ail ni l’oignon, surtout cru.  J’en remange durant des heures, et le goût d’ail remonte en permanence.  Je fais des renvois monumentaux, où je retrouve parfois des petits bouts d’oignon, c’est pas toujours frais, mais j’aime trop ça, impossible de m’empêcher d’en manger ».

Vos soucis intestinaux « même pas eu le temps de courir aux toilettes, ma bonne Dame, une seule proute mouillée, et ce fut la catastrophe.  Pourtant hier tout allait bien.  Bon, j’avais bien la crotte un peu alternante, par moment dure comme le caillou, ensuite liquide comme la fiente, mais rien de grave.  Enfin, en y réfléchissant bien, la couleur aurait dû m’avertir, j’avais jamais vu un brun pareil, tout bien pensé ».

Votre bronchite encore présente « j’ai des quintes de toux ma bonne Dame, vous n’imagineriez pas que ça puisse exister.  Mais faut bien expectorer toutes ces glaires glaireuses qui s’entassent.  Là non plus, vous n’imagineriez pas tout ce qu’un poumon peut comprendre outre l’oxygène, j’en ai plein mon mouchoir encore, làààààà, vous voulez voir ???? »

Alors, zavez la nausée ?  Voilà peut-être la raison pour laquelle on ne parle pas de tout ça… alors que ça nous touche tous, un jour ou l’autre… (pour ma part je préfère « l’autre », pitiéééé).

Illu de Bouledegomme que je remercie.
crotteDeNez

06:00 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (12) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

12
nov

Ma mémoire est voilée

voyage
Je vous l’avais dit que j’avais de gros problèmes de mémoire.  En voilà un exemple concret.  Mon cas est grave.  Je ne peux accepter cette dégénérescence qui m’atteint.

Je surfe sur le blog de Soof, dont je vous ai déjà parlé (dans les Artisss’ à gauche), et j’y découvre un dessin magnifique, qui me rappelle instantanément un film superbe que j’ai vu il y a un petit temps déjà.  Un film que je veux lui faire partager.

Je lui en parle, elle ne sait pas de quel film je parle, et pour cause, j’ai parlé d’un film qui se passe en Asie, point barre.

Pas moyen de trouver le titre, comme toujours, ni aucun des acteurs.  Rien de rien.  Je ne me souviens de rien.  Mais ça va me revenir. Ça va me revenir, ça va ma ravanar, ci vi mi rivinir, ça me revient pas, ça me saoule grave de chez grave.  Je m’énerfff, ma température corporelle monte à 39,3.

Et voilà, je suis butée, vous n’en doutez pas… Et quand j’ai une idée en tête, elle ne me quitte plus.  Je dois retrouver ce film.  A tout prix.  Appeler Mostèk qui l’a vu avec moi ?  Elle n’est pas chez elle.  Tant pis.

Ça va être simple, j’en suis convaincue, suffit d’aller sur un site cinématographique et d’encoder un mot pour le rechercher.  Ce qui est moins simple, c’est de trouver un mot-clé, justement.

Bon Anaïs, concentre-toi.  Tu vas y arriver.  L’actrice.  Elle était brune et super jolie.  Ça réduit considérablement le listing…  Je pense à Ashley Judd, mais une recherche me confirme que non.  L’acteur, je n’en ai qu’un vague souvenir.

Le film se passe en Asie, une histoire d’amour tourmenté sur fond d’épidémie de choléra.  Un mariage de convenance, adultère, vengeance, il l’oblige à l’accompagner sur le lieu de l’épidémie.  Je me souviens que cet acteur me faisait craquer énormément.  Voilà.  Je vais y arriver.

Ça y est, victoire, je vois son visage, à lui.  Ça va me revenir ça va me revenir.  Il a joué dans énormément de films en 2006, d’ailleurs j’ai dû en parler sur le blog.  Petite recherche, rien, nada, pourquoi j’en ai pas parlé au moment où je connaissais son nom. 

Bon, réfléchis, Anaïs, tu vas y arriver.  Je tremble, je sue, je m’énerve.  Cet acteur a joué dans un thriller où il avait tué un curé, il était alors très peu connu et jouait avec un acteur connu.  Evidemment, pas moyen de me souvenir du nom du film ni de l’autre acteur.  Ça me rappelle une vague histoire de chanteur brun dont je n’ai toujours pas retrouvé le nom (mais j’ai abandonné, sans critères de recherche, c’est peine perdue).

Alors je tente le tout pour le tout… Je vais dans Google, je tape « film américain »+choléra+Asie et abracadabri abracadabra, je clique sur « chercher ».

Et le premier résultat me calme enfin… Le voile des illusions.  Edward Norton.  Naomi Wats.  J’ai toutes mes réponses.  Alleluia.  Je vais pouvoir dormir cette nuit, au lieu de me triturer les deux neurones et demi.  Je peux vous conseiller de voir ce film, j’aurais dû le faire dès le soir où je l’avais vu, ça m’aurait épargné bien des soucis ce soir.

Je vais me doucher, je vais prendre trois Valium, je vais faire une séance de yoga.  Je suis trop vieille pour supporter de telles montées d’adrénaline.   Trop vieille pour tenir le coup avec une tête bien vide.  Je veux une greffe de cerveau.

Au fait, ce film, il vient de sortir en DVD, et je vous le conseille...

Illus de Soof et de Flo (qui est toujours de l’autre côté là-bas, mais elle m’avait laissé du stock yahou), et oui, deux pour le prix d’une !
pannem_moirept

06:00 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (11) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

9
nov

Tous les trois jours !

Etant donné que la photo a "choqué" (que je mets entre guillemets, le terme étant peut-être inadéquat) une lectrice (ou un lecteur), je me suis dit qu'elle pourrait en choquer d'autres, et ce n'est pas mon but.
 
Je vous propose dès lors de visionner, ou non, ces deux films sur le sujet de la violence conjugale, que je trouve personnellement particulièrement poignants.
 
 
 
« Tous les trois jours, en France, une femme meurt sous les coups de son compagnon. »

C’est ainsi que démarre ce reportage d’Envoyé Spécial.

Les premières images me font fondre en larmes.

Une émission très dure.

La violence, je l’ai vécue par procuration.  Sur ce blog, vous le savez, même si je parle beaucoup de moi, de mes joies et mes peines (quelle expression débile, my god, « mes joies et mes peines »), je brise rarement la loi du silence pour parler de choses graves, trop graves.

Mais quand je vois un tel reportage, quand j’entends qu’en 2007, des femmes meurent encore à cause de la violence d’hommes, je ne peux me taire.

Parce que j’aurais pu mourir écrasée sous les roues d’un véhicule devenu fou, par une si jolie nuit d’étoiles filantes.  Parce que ces étoiles filantes, je voulais les voir et faire des vœux d’amour et de bonheur pour les années à venir.  Parce que la nuit était tranquille et silencieuse.  Paisible.  Une attente agréable.  Il faisait chaud.  Mais point d’étoiles filantes.  Juste deux phares de voiture qui se rapprochaient.  Parce que ces étoiles filantes ne m’auront procuré qu’une terreur folle face à cette voiture qui fonçait, qui fonçait, qui fonçait, encore et encore.  Dans le but de tuer, peut-être.  Parce que depuis lors, je n’ai plus jamais regardé d’étoiles filantes.  Parce que depuis lors, j’ai toujours une angoisse intense, la nuit.

 Parce que rien n’excuse la violence.  Rien.  Absolument rien.

Je garde espoir que cette émission puisse en faire réfléchir certains.

11:45 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (15) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

8
nov

Actualité oblige…

J’avais prévu de vous conter mes aventures kinésithérapeutiques, mais l’actualité brûlante belge m’oblige à revoir mes plans.

Ici, ça tourne au vinaigre.

J’ai entendu ce matin, durant mes 3 minutes actu sur la radio au dauphin sans dauphin, qu’aujourd’hui était un grand jour : zallaient décider ou pas de la scission Bruxelles-Hal-Vilvoorde.

Kekseka me direz-vous ?  Keske j’en sais moi !  Je n’ai jamais rien compris en politique.  Je comprends  juste que ce n’est pas de bon augure, pas du tout du tout, pour ma petite Gelbique.

J’en discutais avec un collègue, espérant qu’il m’éclaire un peu sur le sujet.  C’est pas que j’aie envie de tout savoir des problèmes politiques actuels, mais j’aime comprendre les choses.  Alors, quand j’entends à chaque coin de rue « scission Bruxelles-Hal-Vilvoorde », j’aime comprendre.   

Mais mon collègue, il a la même culture politique que moi : un néant absolu de l’oreille gauche jusqu’à la droite.  Lorsque je lui ai demandé « c’est quoi en pratique ce projet de scission », il m’a répondu « ben une scission… en trois j’imagine ».  

Alors on a bien ri, et c’était un moment très sympa, cette petite tentative de compréhension de la SBHV.

Mais si quelqu’un peut m’expliquer en deux ou trois phrases du genre destinées à un gosse de maternelle, ça me ferait bien plaisir.

En tout cas, je suis rentrée juste à temps pour découvrir, selon les interviews diffusées à la TV, que si les cinquantenaires et plus étaient horrifiés, la jeunesse s’en contrefichait.

Moi je ne m’en contrefiche pas.

Parce qu’avec tout ça, ben, la big méga soirée Prison Break, elle a commencé vachement en retard, titchu.  
belgique

06:30 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (13) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

5
nov

Les dix commandements de la bonne bloggueuse

dixcom
Un an que je bloggue.  Un an que, jour après jour, je vous ponds des petits billets, parfois des plus gros, parfois des super longs et chiants et tout et tout.  Parfois je ris, parfois je râle, parfois je délire, parfois je me lamente.  Jamais je ne m’oblige à écrire.  Je m’oblige plutôt à fermer mon envie d’écrire lorsque je ferme le PC, ce qui est difficile, croyez-le.  Alors je note sur des feuilles volantes, sur des petits papiers, d’une écriture de mouche, illisible.  Et j’y pense, la nuit, et le matin j’ouvre le PC pour vite retranscrire.  Ça doit être une maladie, je le crains.

Un an.  Heure du bilan.  Heure des commandements.

Car connaissez-vous les commandements de la bonne bloggueuse ?  Par « bonne », j’entends dévouée à la cause (quelle cause ? on s’en fiche), totalement honnête (la moindre omission sera passible de poursuites) et intègre (est-ce bien intégré ?).

J’y ai bien réfléchi, et les voici…

Ton véritable prénom tu avoueras (le pseudonyme, chère Anaïs, c’est antidémocratique)
Tes mensurations tu indiqueras (ton succès, chère Anaïs, sera inversement proportionnel à ton poids)
Ton animal domestique officiellement tu présenteras (rrrrrrraaaaah, mais est-ce un rrrrrat ?)
Aucune publicité jamais tu ne publieras (même si on te promet monts et merveilles, Anaïs, compris !)
Corrompue par les zeuros jamais tu ne seras (est-ce bien clair cette fois, Anaïs ?)
Aucune proposition indécente tu n’accepteras (même pas un chtit vibro tout beau, Anaïïïs)
Les critiques sans broncher tu accepteras (tu les mérites, sache-le une fois pour toutes, Anaïs)
Un billet par jour tu fourniras (bosse, esclaaaaave)
Si on te frappe sur la joue droite, la gauche tu tendras (et avec le sourire, siouplait Anaïs)
Les liens sur ton blog jamais sans avertissement tu ne supprimeras (vilaine fille)
 
Et voilà, je n’ai jamais été une bonne chrétienne, et je n’ai jamais été une bonne bloggueuse, car je n’ai pas respecté ces dix commandements… jamais.    Mais jamais je n’ai prétendu être une bloggueuse parfaite.  La perfection, ça m’ennuie.  Je suis comme je suis, comme j’ai toujours été, et comme je serai toujours.  A prendre ou à laisser, comme disait ce bon vieil Arthur avec ses insipides boîtes pleines de zeuros.  Si vous prenez, tant mieux, sinon, on va pas en faire un foin, d’autant que j’y suis un tantinet allergique... et la blogosphère est si grande que vous vous y perdrez facilement, et ne reviendrez plus jamais ici.  Jamais.  C’est le onzième commandement.

06:15 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (12) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |