21
déc

Je crampe

Les crampes, ça devrait être interdit par la loi belge.  Et même la loi française, sois pas raciste Anaïs.
 
Les crampes c’est la pire douleur qui soit.  Et la plus lâche aussi.  Parce qu’en général, la crampe attaque de nuit.  En douce.  Mais pas en douceur.  Elle vous réveille illico, parce qu’elle transforme votre mollet en brique ou votre pied en scoubidou.
 
L’autre jour, je tchattais gentiment, innocemment.  Lovée dans mon canapé, mon portable sur les genoux, le rat sur l’épaule.   Je faisais de mal à personne, je le jure.
 
Lorsque la crampe s’est attaquée à moi.  Pied gauche.  En charpie.  Ça lance. 
 
Y’a différents types de crampes, toutes aussi douloureuses, mais différentes : celle qui tord et donne l’impression que le muscle ne reprendra jamais sa position initiale, celle qui lance et irradie dans tout le corps, celle qui semble intervertir les orteils ou les doigts (elle m’attaque souvent lorsque j’écris, pour me rappeler qu’il serait préférable que j’utilise mon clavier d’ordinateur).
 
Ici, voici une crampe qui lance.  Et pour lancer, elle lance.
 
Dans un élan d’angoisse, je fais valser mon portable, mon plaid, mon châle, mon écharpe Strelli (comment ça, « frileuse » ?) et je m’élance dans de grandes enjambées, histoire de faire passer la crampe. 
 
Mes interlocuteurs (rappelez-vous, je tchattais) m’abreuvent de conseils : masse le muscle (va-t-en masser un muscle de la plante des pieds, je le trouve même pas, ce muscle, sur mon pied de poule), marche beaucoup (va-t-en marcher avec une telle douleur, associée à un cor qui veut aussi sa part de gloire), détends-toi (c’est ma main qui va se détendre, et t’offrir une claque virtuelle).
 
La crampe s’en va, comme elle est arrivée, sans préavis.
 
Je me réinstalle.  Plaid, écharpe, châle, portable.
 
Soudain, nouvelle crampe, à droite.
 
J’abandonne à nouveau mes interlocuteurs, mon châle, mon écharpe, mon plaid, mon portable, pour un footing dans mon living.  La vilaine s’étend et contamine le mollet droit.  Je serai forte.  J’affronterai cette nouvelle épreuve sans moufter, ou presque.
 
Je souffre horriblement (imaginez le ridicule de la situation, moi, galopant entre le canapé et la table basse, en poussant des petits cris d’effrois) et j’en informe mes interlocuteurs virtuels : « je me meurs, je reviens ensuite ».
 
Croyez-vous que j’ai reçu de la compassion ?  Que nenni.  Réponse « pendant que tu meurs (limite s’il ajoute pas « en silence, par pitié »), je vais me faire un café ».
 
Je suis décidément incomprise.

06:30 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

18
déc

Mais oùsqu’il est mon coliiiiiiiiiiiiiiiis ????????

(à chanter sur l’air de « Mais oùsqu’elle est, ma p’tite culooote ? »)

L’autre jour, j’ai eu l’occasion de participer à une mini rencontre bloggueuses.  A Paris, ils font des méga rencontres bloggueuses, dans des clubs hyper tendance et tout et tout.  A Namur, on fait des mini rencontres entre deux bloggueuses, sous l’horloge de la gare.  Et c’était une mini rencontre hyper sympa, avec Alex herisson.mabulle.com.  Voilà, c’est tout.  C’était sympa, beaucoup parlé, bien mangé, et voilà.  Ensuite, je suis retournée bosser, tandis qu’elle allait shoppinger, y’a pas de justice en ce bas monde.
 
Je suis retournée bosser en retard, je l’avoue.  Tellement en retard que j’avais loupé Mister Facteur qui m’apportait un colis…  colis remballé immédiatement par ma collègue (pas les insectes piqueurs que vous connaissez, une autre, qui ignore tout de ce chtit blog et de ma double vie Anaïssienne), sous prétexte qu’il n’y a pas d’Anaïs ici, voyons, Mister Facteur, m’enfin, remportez immédiatement ce colis que je ne saurais voir.
 
Et voilà mon colis qui s’est barré avant même que j’aie pu l’intercepter.  Retour à l’expéditeur. 
 
Vous me direz, y’avait quoi dans mon colis ?
 
Voilà le drame de ma vie : je l’ignore.
 
Alors mon imagination débordante se met en branle…
 
Mon poids en lasagnes Farniente ?
 
Un stock d’écharpes Strelli offertes à la grande fan que je suis ?
 
Une caisse de macarons Ladurée envoyés en express de Paris ?
 
Un dessin dédicacé de Pénélope Jolicoeur, que j’adule ?
 
Le vibro ver vert qui a quitté la France il y a deux mois et qui, depuis lors, se balade on ne sait où (facteurs, livreurs, voyeurs, utilisateurs … rendez-moi immédiatement mon vibro) ?
 
Une réponse de Saint-Nicolas ?
 
Une crème anti-ride miracle au caviar ?
 
Une déclaration d’amour d’un lecteur grand, brun et ténébreux ?

... (d’autres idées, chers lecteurs ?)
 
Pitiééééééééééééééééééééééééééééé, rendez-moi mon colis.

06:45 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (6) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

17
déc

Traumatisée !

Il y a quelques semaines, on m’a proposé d’aller voir « 28 semaines plus tard ».  J’avais vu la bande annonce, très bien faite, très prenante, mais je craignais qu’il ne me faille plusieurs années pour m’en remettre.  Les thrillers me terrorisent (et c’est de pire en pire avec l’âge, sacrebleu), les histoires d’épidémies me terrorisent.  Alors c’est dire si je craignais d’être terrorisée.  J’ai donc refusé.

J’avais vaguement entendu dire qu’il s’agissait d’une suite.

Alors, ce dimanche, vous pensez bien que c’est par le plus grand des hasards que j’ai vu le début de « 28 jours plus tard », le premier épisode de cette série de films (j’imagine que 28 mois plus tard sortira dans quelques temps).  Pour la petite histoire, je venais de regarder Newport Beach – dernière saison soporifique, je me préparais un petit croissant à la confiote de fraises, un croissant non mangé du matin (vous saurez tout).  Et j’ai vu les premières scènes, déjà traumatisante pour la petite chose fragile que je suis.  Mais la curiosité a été trop forte…

J’ai regardé.

J’ai tenu 37 minutes.  Un record.

J’ai fait le premier arrêt cardiaque lorsque le héros se promène dans Londres vide et déclenche une alarme de voiture.

Second arrêt à l’attaque des humains devenus inhumains.

Troisième arrêt au moment où un humain pas inhumain attaqué par un humain inhumain se fait contaminer et s’apprête à devenir humain inhumain à son tour, puis est rapidement tué par un humain pas inhumain avant de devenir humain inhumain. 

Quatrième arrêt à l’attaque suivante.

Entre-temps, j’avais entendu des bruits suspects en rue, j’avais poussé quatre cris stridents, j’avais le cœur en lambeau, j’avais fait pipi dans ma culotte, ma température corporelle était montée à 39 degrés et je mourrais de chaud malgré les 18 degrés de température ambiante.

Faut dire qu’il y avait un petit problème de son qui fait que les dialogues étaient inaudibles à moins de pousser la télécommande… ce qui rendait les attaques des humains inhumains très très audibles, limite terrorisantes.

N’en pouvant plus, j’ai zappé sur Desperate Housewives.

Mais j’ai enregistré la fin.  C’est horrible, mais maintenant, j’ai envie de savoir comment ça se termine.  Maso moi ?  Non, curieuse, vous le savez. Mais j’ignore quand je vais oser regarder ça.  Quelqu’un pour venir loger trois mois ici ?

Afin de pousser le vice à son paroxysme, je suis ensuite allée voir la bande-annonce de « 28 semaines plus tard ». ce qui n’a fait qu’accentuer mon stress.  Pas moyen de me calmer.  Ça me promet une super nuit. 

Là je vous écris en direct live devant Desperate Housewives, encore sous le choc.  J’arrête pas de revoir ces scènes… vous comprenez maintenant pourquoi j’adore les comédies romantiques ?

Et le feuilleton américain ne va pas me calmer : c’est l’épisode de la prise d’otage.  C’est bien ma veine.

J’ai peur, docteur.

Une illu déjà parue, mais totalement de circonstance, que Pénélope m’avait autorisée à utiliser.
peur

06:45 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (11) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

10
déc

Vivante !

Mais à quel prix.  Maigre.  Seule.  Enchaînée.  Triste.  Affaiblie.

Elle a tenu six ans.  

Six ans, ou presque.

Imaginez, ce que c’est six ans.  Je pourrais vous donner l’équivalent en mois, en jours, en heures mêmes, mais à quoi bon, une calculette suffit.  

Six ans, c’est un cycle scolaire entier.

Six ans, c’est deux fois mon passé professionnel.  Rien que deux fois.    

Six ans, c’est le nombre d’années depuis lesquelles je vis là où je vis.

Si ans, ce sont six étés, six hivers, six automnes et six printemps.

Six ans ce sont des enfants devenus ados. Des ados devenus adultes.

Six ans c’est plus qu’un mandat présidentiel.

Six ans c’est six fois la durée de vie de ce blog.

Six ans c’est juste un peu plus que « depuis le onze septembre ».

Six ans de silence.  D’attente.  D’espoir.

Puissent-ils ne pas être vains.
 
Une illu d'Acide
ingrid

06:15 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

1
déc

Syndrome d’immunodéficience acquise

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Ça a dû être un de mes premiers sujets d’élocution.  Vous savez, ce moment monstrueux où l’élève se retrouve seul face à 29 paires d’yeux, à tenter de les captiver, à tenter de réciter son texte en donnant l’impression de ne pas le réciter.

Les sujets médicaux ou sociaux ont toujours eu ma préférence : l’affaire du sang contaminé, la dictature de Ceausescu en Roumanie, le divorce et ses conséquences psychologiques pour l’enfant, et le syndrome d’immunodéficience acquise.

On en parlait à peine que j’en savais déjà tout, ou presque.  Du moins ce qu’on pouvait en savoir à l’époque : propagation, symptômes, traitement, espérance de vie.

Vingt ans plus tard.

La science a évolué.

Pas les mentalités.

Une jolie campagne se propage telle une épidémie en Belgique :  « C’est l’exclusion qu’il faut exclure. Pas les séropositifs. »  Dans la lignée de la campagne française, les belges « célèbres » s’interrogent.

Alors, moi aussi, je m’interroge.  

Et si j’étais séropositive, oserais-je le dire, le crier sur les toits, l’assumer, envers et contre tout, envers et contre tous ?

Aux clients, je ne dirais rien.  Des fois qu’ils refusent à l’avenir de me serrer la main.  Des fois qu’ils refusent que je traite leurs dossiers.  Des fois qu’ils refusent de me parler au téléphone.  C’est bien connu, le SIDA, ça colle au corps.

Aux collègues, je ne dirais rien.  Des fois qu’ils ne m’offrent plus l’habituelle frite mayo de leur cornet.  Des fois qu’on me réserve des WC pour moi rien que pour moi.  Des fois que je n’aie plus droit au bisou du matin.  C’est bien connu, le SIDA, ça colle à la peau.

Aux amis, je ne dirais rien.  Des fois que je décèle du dégoût dans leur regard.  Pire, de la pitié.  Pire encore, de la peur.  Des fois que tout d’un coup, je n’aie plus ni amis ni amies.  C’est bien connu, le SIDA, ça colle au cœur.

Aux voisins, je ne dirais rien.  Des fois que des palissades s’érigent.  Des fois que les volets se ferment.  Des fois que les regards se détournent.  C’est bien connu, le SIDA, ça colle à la vie.

Non, en 2007, si j’étais séropositive je n’oserais le dire.  
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06:45 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |