31
mar

Mourir dignement… en Belgique seulement ?

J’étais une jeune ado encore, censée être innocente et insouciante (ou uniquement soucieuse de ses amours platoniques et de son acné naissante), lorsque j’ai vu ce téléfim : « moi … (prénom) réclame le droit de mourir dans la dignité ».  Le nom de la protagoniste ne me revient pas (j’ai en tête Betty), mais ce téléfilm, contant l’histoire vraie d’une patiente atteinte de sclérose latérale amyotrophique réclamant le droit de mourir dans la dignité, m’a marquée à vie.

Parce que depuis lors, dès que j’ai une crampe ou un engourdissement, je me crois atteinte de cette terrible maladie incurable.  (Hypocondrie, je sais…)

Mais surtout parce que ce téléfilm m’a ouvert les yeux sur l’importance de l’euthanasie.  Du droit de mourir dignement, sans horribles souffrances, sans être dans un état de dégradation tellement intense qu’on n’imagine même pas que cela puisse exister lorsqu’on est en bonne santé.  Parce qu’avoir mal, en permanence, c’est inhumain.  Parce qu’avoir mal, en permanence, sans aucun espoir de guérison, ça l’est encore plus. 

L’histoire de Vincent Humbert, plus récente, m’avait à nouveau interpelée sur ce sujet.  Le téléfim était poignant et tellement révélateur des absurdités de la justice et de l’inhumanité de certains hommes politiques français (dans ce cas, le président, d’ailleurs).

L’histoire toute récente de Chantal Sébire n’a fait que raviver cette sensation intense que j’ai depuis ce tout premier téléfilm, si ancien, qui m’avait sortie de mon insouciance d’ado : je suis heureuse de vivre dans un pays qui a légalisé le droit à l’euthanasie.  Ravie.  De savoir que, si un jour, je suis dans la situation de Betty, de Vincent, ou de Chantal, je pourrai obtenir de l’aide.

Tout simplement.

Parce qu’il est révolu le temps où les médecins pensaient que les bébés ne ressentaient pas la douleur. 

Parce qu’il est révolu le temps où la souffrance était vue comme l’expiation des péchés ou comme une chose normale.

Parce qu’avoir refusé à Chantal Sébire le droit de mourir dignement, alors qu’elle souffrait le martyre, dévisagée par une tumeur monstrueuse, c’est totalement absurde, inhumain, ridicule, débile et révoltant. 

Parce que son décès, survenu juste après le refus des tribunaux, semblera sans doute suspect.  Mais parce que quelle que soit la cause de son décès, je bénis le ciel qu’elle ait enfin obtenu ce qu’elle réclamait dans la douleur et les larmes.

Parce que l’euthanasie est un droit pour les citoyens et un devoir pour les médecins.

Parce qu’on est en 2008, merde !

06:15 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

30
mar

Quand Anaïs se la joue Brigitte Bardot

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Pour terminer cette « semaine meufs » en beauté, une petite prise de position, passqu’on peut être femme (et femme inculturée et déneuronée) et avoir des convictions.

Vous le savez, je ne comprendrai jamais ces gens, surtout ces femmes, qui portent des bêtes crevées sur elles, sous forme de chapeaux, d’écharpes ou de manteaux.

Je trouve le chinchilla sublime.  Vivant.

Je trouve le bébé phoque craquant.  Vivant.

(Vous me direz j’ai qu’à pas porter des chaussures en cuir, je sais, le débat peut être très long sur le sujet).

La chasse au phoque vient de reprendre au Canada, avec des quotas haussés à 275.000 « individus ».  « Individus » est le terme utilisé dans la dépêche de la Dernière Heure.  Absurde non ?  Alors qu’il ne s’agit pas d’individus, mais de choses, d’objets, de futurs cadavres.  Tués à coups de bâton, sans doute pour ne pas abimer la précieuse fourrure.  Et tant pis s’ils ne sont pas vraiment morts, juste agonisants.  Quelle importance.  Un « individu », ça ne ressent rien.

Tout ça au Canada.  Pays que je croyais civilisé.  Alors qu’il tue ses phoques, espèce déjà menacée par la fonte des glaces.  (Et puis pour la petite histoire, même si c’est hors sujet, ce pays « civilisé » dégriffe ses chats, opération qui ne consiste pas en une petite intervention au coupe-ongle, mais bien en une mutilation par l’ablation de la phalange comportant la griffe, mutilation dont les félins de poche se remettent difficilement, tant physiquement que psychologiquement).  J’aime plus le Canada.

Vous me direz (à nouveau) « que peut-on y faire ? »  Chais pas, je l’admets, je voulais juste en parler, tout simplement.  Passque bon, en parler, c’est déjà ça.  C’est tout ce que je sais faire, en parler, alors je le fais.

Vous me direz (enfin), y’a pire dans la vie : les ceusses qui meurent de fin (ou plutot de faim...), les ceusses qui dorment sous les ponts, les ceusses qui sont privés de macarons (dont je fais partie).  Et alors ?  passqu’il y a pire, faudrait passer l’éponge sur un massacre de 275.000 individus ?  Ben non.

Non.

Fort heureusement, maigre consolation, la Belgique et les Pays-Bas ont décidé d’interdire l’importation de produits à base de phoques.  Bénédiction.  Merci ô terre chérie, ô ma Belgique que j’aime (enfin pas toujours, car encore niveau chats, hors sujet, mon pays autorise les chasseurs à exterminer les chats errants, c’est nul de chez nul, je hais les chasseurs).

Je terminerai en citant Brigitte Bardot, rapport à la soi-disant prolifération des phoques « Laissons les phoques vivre leur vie loin des hommes. De toute façon, il n'y aura jamais autant de phoques que de cons sur la terre ! »  Comme elle a raison.

La chasse aux cons à coups de bâton, c’est pour quand ? (Je sais je prends un énorme risque, on est toujours le con de quelqu’un).

Plus d’infos ici (attention, certaines photos sont difficiles à voir).

N'oubliez pas d'aller lire le billet de la Sudinette et celui d'Angie et aussi celui d'Amandine.
Vous pouvez aussi découvrir tous les textes sur le blog (attention majorité en néerlandais)

(Merci à Mostek qui m’a suggéré ce sujet, et m’a dissuadée de parler de ce film controversé diffusé sur internet, en rapport à l’Islam, durant lequel je n’ai fait que pleurer).

 bardot

12:45 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

28
mar

D’une namuroise à une autre

fourniret
Un lecteur m’a envoyé ce dessin de Kroll (que je copie sans autorisation, mea culpa), et tout m'est revenu en plein visage, ça m’a rappelé ce que j’avais oublié : l’événement de la semaine, le procès Fourniret.  Pourtant, c’est pas faute d’en avoir entendu parler sur toutes les TV, toutes les radios.  Mais j’ai oublié. 

Pourtant, je n’ai rien oublié.  Rien.

Elle vivait si près de moi, la petite Elisabeth.  C’est ainsi qu’on l’appelait.  « Le drame de la petite Elisabeth » « la disparition de la petite Elisabeth » « va-t-on retrouver la petite Elisabeth ».  Et on spéculait : pouvait-elle encore être en vie après autant d’années ?  Etait-ce préférable, ou mieux valait-il l’imaginer partie dans l’au-delà (bizarre, moi qui ai critiqué cette hypocrisie qui fait qu’on préfère utiliser toutes sortes de termes plutôt que le terme officiel : « mort », étrangement, pour Elisabeth, je ne peux m’y résoudre). 

Ça ne nous empêchait pas de vivre, non.  Mais régulièrement, on y repensait.  On avait tous en tête son joli visage encadré de cheveux blonds.  Chaque année, à la date anniversaire de sa disparition, on se disait « un an de plus ».

Puis ce fut l’horreur Julie et Melissa (et tant d’autres), et toute l’histoire Dutroux.

Puis l’horreur Elisabeth (et tant d’autres), et toute l’histoire Fourniret.

Je ne parviens pas à savoir si je crois en un dieu ou pas.  Je ne me décide pas.  Dualité de mon caractère, encore et toujours.

Mais dans des moments atteignant un tel degré d’horreur et d’inhumanité, je me dis qu’il ne doit pas y en avoir, pour laisser faire de telles choses.

Alors voilà, je ne suivrai pas vraiment les infos pour en savoir plus sur ce procès, peut-être un chouia, pour connaître la condamnation.

Je voulais juste dire que je ne l’oublierai jamais, cette petite Elisabeth si généreuse, qui voulait aider un couple en détresse cherchant un médecin, cette petite Elisabeth que le destin n’a pas laissée grandir. 

Elisabeth Brichet.

24
mar

Aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaargh

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Hier soir, j’étais calmement vautrée sur mon canapé, dans une longue discussion avec ma môman, à savoir qu’en grande fille pas vraiment grande que je suis, je me lamentais sur tous les malheurs qui s’abattent sur moi (pour vous résumer le topo : mal de dos mal de gorge manque d’amour pas la forme famille de merde rat pot de colle boulot démotivant météo sordide collègues saoulants cor au pied douloureux boss épuisant pas l’moral vie nulle veux mourir là tout de suite sans douleur oublier que rien ne va pour moi envie de rien besoin de tout marre de moi veux du chocolat ai mal ai mal ai mal rien ne va et patati et patata…), donc j’étais vautrée et je pleurais toutes les larmes de mon corps , ignorant encore que tout ce dont je me plaignais n’était rien, mais alors rien, à côté du drame qui allait se jouer.

Un drame dramatiquement dramatique.

Pour que vous compreniez bien (et puis pour installer un suspens insoutenable, bien nécessaire pour un billet si long), je me dois de vous préciser une petite chose.

J’ai un tic.

Pas un toc, mais pas loin.

Un tout petit tic.  Quoique…

Un gros tic.  Bien lourd.  Qui dure depuis ma tendre adolescence (qui a dit « ça fait un bail alors ? »).

Quand je suis immobile sur un canapé et que j’ai une main libre, je ne peux l’empêcher, malgré une volonté farouche, d’aller triturer ma chevelure de feu ébouriffée, de saisir, un à un, mes cheveux, avec le pouce et l’index, afin de m’assurer de l’état desdits cheveux.  Si je sens, au choix, une fourche, un début de brisure, un nœud, je m’acharne comme une dingue pour enlever ce rebut de ma chevelure splendide filasse.  

En général, je m’adonne à ce vice en solitaire, le soir dans ma chaumière glaciale, dans mon bain, voire occasionnellement aux toilettes du bureau quand je m’accorde une brève pause.  En période de grand stress, par exemple lorsque je regarde 28 jours plus tard, Prison Break, ou Demetan et Renatan, il m’arrive d’agir avec les deux mains, ça vaut le détour (si vous êtes, sages un jour, peut-être, je pourrais envisager un petit film, à visage flouté, bien entendu).

Vous comprenez dès lors aisément pourquoi j’ai créé ce blog : quand mes deux mains sont occupées (vi vi, je tape à dix doigts moi ma bonne Dame, et à du 1245 mots minute, vi vi, la Speedy Gonzales de la dactylo, c’est moi), je laisse ma tignasse tranquille.  Sauf quand je réfléchis entre deux tirades, mais, fort heureusement, je réfléchis rarement (vous me direz avec deux vieux neurones fatigués, c’est logique), passque quand j’ai une idée de billet, je le ponds plus vite que la poule pond son œuf matinal, juré craché.

Je le précise immédiatement, je ne suis nullement tricotomane.  M’enfin ça va pas non.  Pas folle l’abeille.  Ça fait combien de calories au gramme, un cheveu avec bulbe ?  Non mais.

En parlant de bulbe, j’en reviens au drame dramatiquement dramatique (qui a dit « enfin ! ») qui s’est produit hier soir.

Tenant mon téléphone d’une main et mon mouchoir de l’autre (souvenez-vous, je pleurais comme un veau), je me triturais consciencieusement la crinière avec la troisième main, lorsque, aïe, ouïe, je m’arrachai un cheveu.  Jusque là, rien de grave.  

Je m’apprêtais à le jeter dans la poubelle située à portée de main (lorsque l’on a ce genre de tic, il est bon d’avoir une poubelle à proximité, afin d’éviter de se retrouver avec des dizaines de bouts de cheveux entremêlés entre les orteils, surtout si on les a nus, les orteils), lorsque, sacrebleu, diantre, fichtre, la cruelle vérité me sauta aux yeux : ce cheveu, il était blanc.

Blanc !!!!!

J’ai bien eu un cheveu blanc vers mes 18 ans, je l’avais rageusement arraché, et comme il était solitaire et que cette horrible expérience ne s’est jamais reproduite, j’ai cru à une erreur génétique unique.

Que nenni.

Vlà mon deuxième.

Je n’y ai pas instantanément cru. Il était blanc sur quatre centimètres en partant du bulbe, et brun sur le reste de la longueur.  Je pensais bêtement que les cheveux blancs le devenaient, paf, d’un coup sec : brun le matin, blanc le matin suivant.  Que nenni bis.  Ils le font en douce, hypocritement, en commençant par la racine, histoire qu’on ne réalise pas immédiatement l’ampleur du désastre.

Donc je n’y ai pas cru, je l’ai regardé, regardé et encore regardé.  J’ai fait part de ma stupeur à ma môman, toujours en ligne.  J’ai redoublé de larmes.  Je l’ai posé sur mon pull noir, ce satané cheveu, histoire de voir si ce que je croyais blanc était réellement blanc, ou si j’étais victime d’une illusion d’optique.

Et bien oui.

C’était blanc.

Un cheveu blanc.

Ça y est.

C’est clair et net (comme clarinette).

Je suis foutue.

Illu de Missbean
 
N'oubliez pas d'aller lire le billet de la Sudinette et celui d'Angie 
Vous pouvez aussi découvrir tous les textes sur le blog (attention majorité en néerlandais) 
 
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06:00 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

17
mar

Presse-citron se fait presser le citron

 

L'affaire s'est déjà diffusée à la vitesse de l'épidémie de choléra en 1832, mais je pense que tout bloggueur se doit d'en parler sur son blog… car ça peut nous arriver à tous.

 

Eric Dupin, qui gère le blog Presse-citron, est assigné en justice par une personnalité, pour avoir relayé une info sur son blog, relativement à cette personne.  Des dommages et intérêts pharaoniques lui sont réclamés, alors qu'apparemment il a juste relayé un lien vers le site d'un magazine people qui parlait de cette personnalité.

 

Je n'ai pas trop bien suivi l'affaire, je réalise juste qu'à ce train là, les plaintes pendent au nez de chaque bloggueur.

 

Qui sait si mes minutes people ne vont pas faire l'objet d'une plainte, elles aussi…  Où va le monde ma bonne Dame !

 

Pour en savoir plus… 

 
Soutenons le Presse-Citron !
Recommandé par des Influenceurs

08:49 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |