20
jui

Peut-on parler de tout sur son blog ?

J’ai reçu récemment ce commentaire, rapport à mon WE de trois jours sans voir personne, sans parler à personne, celui qui précédait mon WE thalasso, souviendez-vous.  Je vous le copie en intégralité intégrale, au cas zoù vous ne l’auriez pas lu, ce fameux commentaire :


« Bon dieu, Bobonne, tu as été seule un week-end, pauvre enfant. Heureusement cela t'a permis de pondre un papier.  Il y a des gens qui sont seuls tous les week-ends et même seuls toute l'année, sans pouvoir étaler leur état d'âme comme tu le fais.  Un peu de pudeur s.t.p. »

Tout d’abord, le ton du mail, et particulièrement ce « Bobonne » ne m’a pas plu, car il sonne comme une insulte, alors que, sauf erreur, toute femme deviendra un jour une « bobonne », savoir une petite vieille ridée comme une pomme (ça me rappelle le surnom de PPMM que j’avais élégamment reçu au début du blog, souviendez-vous, les anciens qui passent peut-être encore parfois ici), cheveux blancs et peau affinée comme du papier à cigarette.  Tout homme deviendra un jour un petit vieux ridé, crâne chauve et mains tachetées.  C’est inéluctable. Alors pourquoi faire de ce mot une injure ?

Enfin soit.

Ensuite, je me suis demandé si mes propos étaient vraiment choquants.  Si parler d’un WE de solitude était interdit par la morale, la religion ou quoi que ce soit d’autre.  J’ai donc consciencieusement relu mon billet.  Et je n’ai rien trouvé de larmoyant.  Oui, j’admets ne pas aimer les WE totalement seule.  Oui, j’avoue ne pas aimer les dimanches, et les dimanches de fête des pères encore plus.  Mais pas de véritable lamentation.  Enfin je trouve.  Mais je ne suis sans doute pas très objective face à mes propres écrits.  Je le consens.  Je le conçois.

Soit.

Indépendamment de ce billet précis, je me suis ensuite interrogée sur les sujets qui ne pourraient pas être abordés sur ce blog.  Les sujets qui fâchent.  Ainsi, il m’est reproché de parler de ma solitude durant un WE, alors que d’autres le sont en permanence et vivent une situation bien pire que la mienne.  Ce qui fait que je ne pourrais point parler de solitude, car il y a plus solitaire que moi...

Mais alors, à bien y réfléchir :

Oserais-je parler des deux kilos que j’ai pris le WE dernier, sachant que certains en ont pris dix ?
Oserais-je parler de mon âge avançant alors que certains abordent le troisième, voire le quatrième âge ?
Oserais-je me plaindre de l’inflation, alors que certains dorment sous les ponts ?
Oserais-je parler de mon célibat alors que certains parmi vous le sont depuis plus longtemps que moi, ou, pire, sont veufs et connaissent une souffrance plus difficile encore ?
Oserais-je parler de mes tergiversations face à l’envie d’enfants dans ma vie, alors que certains font tout pour en avoir sans y parvenir ?
Oserais-je évoquer mon premier cheveu blanc alors que certains en comptent dix depuis des années ?
Oserais-je dire que j’ai faim alors que mon frigo est plein et que dans certains pays les gens souffrent de famine ?
Oserais-je montrer mes achats alors que certains n’ont pas de quoi se chauffer ?
Oserais-je dire que je veux un homme alors que certaines veulent se débarrasser du leur ?
Oserais-je me plaindre de mon boss alors que certains sont au chômage et rêvent d’avoir un boss, même vilain pas beau ?
Oserais-je parler de ce rhume qui me gâche la vie alors que certains souffrent d’une maladie grave, génétique, mortelle ou atrocement douloureuse ?
Oserais-je dire que je rêve d’un écran plat en guise de TV alors que certains rêveraient simplement d’une TV ?
Oserais-je me plaindre de la drache nationale alors que certains pays font la danse de la pluie, en vain ?
Oserais-je me lamenter de mon 40 mètres carrés face à ceux qui vivent dans 39 mètres carrés ?
Oserais-je évoquer mes petits malheurs alors que certains en connaissent de bien plus grands ?
Oserais-je évoquer mes petits bonheurs alors que certains n’en connaissent jamais ?

En fin de compte... selon la théorie d’Ernest, je ne pourrais plus parler de rien !  Vraiment de rien.  DE RIEN !  A la rigueur, des petits oiseaux, de la nature et de l’amour qui nous submerge tous face à la beauté de la vie, des enfants qui courent dans les champs de blé, du soleil qui brille dans le ciel et dans nos cœurs, de la vie qui fait chanter les hommes, des jolies chansons et des petites fleurs.  Amen.  

Cela deviendra vite lassant.  Non ?

Alors quoi, je ferme le blog, afin d’éviter de choquer qui que ce soit sur quoi que ce soit ?

Et bien non.  Nenni.  Nee. No.  

La conclusion de cette très longue réflexion (si, si, parfois, je réfléchis, croyez-le ou pas, je sais, c’est dingue) : je continuerai à parler de ce qui me chante.  De mon gras, de ma solitude, de mes loisirs, de mes dépenses, de ma santé, de mes rêves, de mes envies, de mes petits drames, de mes petits bonheurs et de mes WE solitaires.  Bref, de ce qui me chante.  Punt aan de lijn.  

Et vade retro Ernesto.

06:00 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (42) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

6
jui

Argh !

Incroyable mais vrai, ce jour sera à marquer d'une pierre blanche, car à mon avis c'est bel et bien la première fois que ça arrive : j'ai OUBLIE de poster un billet !  Vous lisez bien : OU-BLI-E !  Va comprendre.  22h27, il est un peu tard, tant pis.
 
Juste quelques bonheurs du jour : grasse matinée, pancakes en petit déj, bien bossé, rangé un tantinet, siesté un chtit peu.
 
Et oublié de poster un billet... l'heure est grave.
 
A demain. 

22:28 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

4
jui

La gourmandise est un dangereux défaut

Je savais déjà qu'on pouvait se faire poignarder pour un lecteur MP3.

 

La violence atteint des proportions encore plus démentielles ces derniers temps, puisqu'un homme s'est fait poignarder par un autre, alors qu'aucun des deux ne voulait céder la dernière part de gâteau restant sur un buffet italien.

 

Le gâteau en valait-il la chandelle ?  J'en doute, puisqu'il s'agissait d'un panetone, sorte de cramique insipide aux fruits confits…

 

Tout ça pour ça.

14:51 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

4
jui

Drame dramatiquement dramatique dans le namurois - âmes sensibles s'abstenir

L'autre jour, nous allions joyeusement, Mostèk, Moustique et moi, acheter qui des géraniums qui du miam-miam pour son pinpin (dénommé Gus) qui de la litière pour sa demoiselle cobaye (dénommée Maguy - interdiction de se poiler, ceci est un billet dramatiquement dramatique).  Un vrai repaire à rongeurs, nos demeures - et ça rime - je sais.

Tout cela en voiture, Moustique au volant, Mostèk derrière.  Avec mon vieux dos et mon grand âge, Mostèk me laisse toujours aller devant, c'est préférable afin d'éviter que je pousse des cris de douleur à tout bout de champ.

Il faisait bon, l'ambiance battait son plein et nous chantions gaiement.  Nous chantons souvent en voiture, toutes vitres fermées (ça vaut mieux).  Ce qu'on chante ?  Ben de l'intellectuel tiens : Au soleil, de Jennifer, Pour que tu m'aimes encore de Céline Dion, de l'intellectuel je vous dis.  J'ai même tenté un petit extrait de Marie Laforêt, mais zont pas apprécié, les jeunes.

Imaginez la scène, visualisez-la, ressentez-la, imprégnez-vous en afin de la vivre comme si vous y étiez : trois superbes filles partant dépenser leurs sous en chantant.  Soleil et musique.  Comédie romantique en perspective.

Quand soudain, le drame.  Thriller en perspective.

(Avertissement : la scène qui va suivre pourrait traumatiser les personnes sensibles ou les enfants.)

Soudain, donc, le drame.  Thriller thrillant en perspective.  Ça va, vous vivez la scène comme si vous y étiez ?

Un cri perçant.  Que dis-je, un cri transperçant.  Un cri glaçant.  A côté de cela, les hurlements de Scream, de Shining et de Psychose réunis, c'est du pipi de lapin, rat et cobaye ma bonne Dame.

Un cri de Mostèk.  Moustique se retourne brusquement, imaginant le pire.  Je l'enjoins de surveiller sa route, sentant le véhicule tanguer dangereusement.  Cascades et ambulances en perspective.

Le cri persiste, et je crois percevoir "aaaaaaa... raaaaaaai... gnééééééééééée gnéééééééée gnéééééééée".

Après m'être assurée que Moustique maîtrise son véhicule, je me retourne enfin, pour prêter main-forte à Mostek, en chevalière sans peur et sans reproche que j'ai décidé d'être face à l'adversité, l'imaginant terrassée par une mygale géante de cinquante centimètres de haut, tous crocs dehors, échappée d'un régime de bananes, ou menacée par une veuve noire mutante avide de chair humaine, à défaut d'un mâle de la même espèce, ou encore ensevelie sous un nid entier de bébés tarentules transgéniques en quête de découverte.

Et je découvre l'ampleur du désastre : sur le plafond du véhicule se promène une toute petite chose beige de la taille d'un bébé fourmi.  Une microscopique chose qui n'a d'araignée que le nom.  Une chtite araignée de jardin, terrorisée par notre présence dans cet espace confiné, qui ne rêve que de s'enfuir de ce lieu de perdition.  Je lis l'angoisse dans son regard.  Le cri de Mostek lui a crevé les tympans (mais une araignée a-t-elle des tympans ?).

Dans un élan de bravoure, je promets à mes deux collègues terrorisées de faire sortir l'animal dès que possible, d'autant que, aaaaaaaaargh, elle se rapproche dangereusement de Mostek, l'air menaçant.  Si, son air est menaçant, ne venez pas mettre la parole de Mostek en doute, sinon elle va pas être contente.  Il y va de la crédibilité de ce billet, titchu.  Ses yeux (ceux de la chose, pas ceux de Mostek) brillent de gourmandise, ses pattes se tendent agressivement vers son visage, elle est prête à attaquer...

Afin d'éviter des crises d'hystérie, de catalepsie et de catatonie et autres trucs en -ie, je m'empare illico d'un grattoir pour pare-brise et récupère le bestiau, j'ouvre la fenêtre et, telle la Zorro de l'an 2008, je rends sa liberté à notre valeureuse araignée tremblante.

Le spectre d'Arachnophobia s'éloigne peu à peu, l'air devient plus respirable, Mostèk récupère une couleur normale (soit ni blanc linge lavé avec Dash, ni rouge coquelicot), Moustique regarde sa route.

Soulagées, nous rions enfin du drame auquel nous avons échappé de si peu.

Nous achetons ensuite des géraniums, du miam miam pour pinpin et de la litière pour demoiselle cobaye.

Et moi, l'oeil rieur, je fais un discret clin d'oeil à miss mini-araignée, malencontreusement tombée sur le siège arrière, juste à côté de Mostek. 

Ce billet est publié avec l'aimable autorisation de Mostèk (que je n'ai dû supplier qu'une petite heure).

Et une illu-BD de Flo qui fait son retour du come-back, reviendue de l'autre côté de la petite flaque qu'elle est, après des mois d'absence.  Et qui a envie de dessiner pour ce blog, elle est pas belle la vie ?

anaisaraigneept

06:30 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (6) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

30
mai

The new hamster

Nous voilà donc parties à la recherche d'un nouveau hamster pour compenser la perte dont question hier.  

Déjà, je hais les animaleries, où les bestioles de tous poils et plumes sont parqués dans des "box" de 25 cm², où les cris stridents des perroquets furax traumatisent les inséparables qui en sont réduits à se coller les uns contre les autres, où un rat est saucissonné entre un cobaye benêt et un furet aux aguets, ce qui nuit à sa classe, entendons-nous bien.  On ne mélange pas les torchons avec les serviettes, non mais (Iciiiiiiiiiii le raaaaaaaaaat, je partage, exceptionnellement, l'avis de l'Anaïs).

Une fois sur place, à savoir dans l'animalerie (car où trouver un hamster sur un coup de tête et sur le coup de 17 heures ?  Je vous le donne en mille : dans une animalerie, sacrilège), je réalise à quel point l'épreuve va être extrême.  Et je ne suis pas au bout de mes surprises.

Bêtement, naïvement, j'imaginais qu'on choisissait un hamster parmi quelques-uns, en fonction de sa couleur et, éventuellement, de son dynamisme ou d'un regard qu'il aurait lancé vers nous, par pur hasard, mais que nous aurions interprété comme un larmoyant "adopte-moi pliiiiiiiiiiiiiiiiiiz".

Et bien non ma bonne Dame.

Les hamsters, c'est comme les écharpes Strelli ou les macarons : y'a un choix énorme de couleurs, de tailles, de poids, de race, de style, de pelage, de tête et même de sexe.  Enfin pour le sexe le choix est fastoche : mâle ou femelle.  Mais pour le reste !  A côté du hamster dit commun, y'a d'abord toutes les sortes de hamsters nains.  Des rayés gris, dits russes.  Des rayés beige dits chaisplusquoi.  Des non rayés mais offrant un dégradé de beige très séduisant, dits chaisplusquoinonplus.  

Et ce n'est pas tout.

Au cas zoù vous auriez un doute, le magasin propose tout un éventail de bestioles nerveuses à moustaches frétillantes : des rats (ah, enfin une bonne nouvelle) de toutes les couleurs, allant du noir au gris souris (sic) en passant par un doux vison.  Des lapins, nains ou pas, à oreilles droites ou tombantes (mmmmh j'aime les lapins, surtout dans mon assiette avec des pruneaux).  Des souris nerveuses comme des femmes un premier jour de soldes.  Des gerbilles qui sautillent.  Et des chinchillas superbes, dont je me ferais bien un joli manteau pour le prochain hiver (n'ameutez pas la SPA, c'est d'la blaaaak).

Deux heures plus tard, le choix est (enfin) arrêté.  Un hamster.  Joli.  Un nain rayé beige dit chaisplusquoi.  Tout speedé.

Retour à la maison.  Montage de la cage.  C'est là que tout se corse.  A-t-on idée de faire de telles cages, totalement démontables, mais totalement impossibles à remonter ensuite.  L'enfer dure plus d'une heure.  

Et pendant ce temps, j'allergise.  Ce séjour prolongé dans l'arche de Noé m'a provoqué une crise d'éternuements dont je ne me remets pas, mes yeux sont exorbités, mon nez ressemble à celui d'un clown enrhumé et je respire à peine.  Mais je ne mourrai pas, promis, j'ai trop peur des conséquences, ou plutôt des non conséquences de mon décès.

Une fois la cage enfin montée, reste à faire entrer le bestiau dans son HLM de luxe, trois étages ma bonne Dame.  Et c'est là que le délire commence, car ledit bestiau est la réincarnation de Speedy Gonzales, sans le chapeau.  A peine sorti de sa petite boîte, il s'enfuit comme si nous allions le dévorer (y'a rien à manger sur ces rongeurs, je vous le dis, et puis on a des quiches qui nous attendent, alors bon).  Et nous voilà parties à la chasse au mini hamster.  Clair que s'il avait eu le volume du précédent, il n'aurait pas su passer sous les meubles.  

Le spectacle est à mourir de rire : deux filles stupéfaites de s'être fait berner par un si petit animal, à quatre pattes, tentant de le récupérer.  Et moi je me marre.  Je suis prise d'un énorme fou-rire qui m'empêche d'agir et menace ma survie (souvenez-vous, je suis en pleine crise d'allergie).  Et je ris, je ris, je ris.  Soudain, je vois passer l'animal, ou plutôt, je détecte une tache beige qui file ventre à terre.  Dans un élan d'intelligence (ah si, j'ose le dire d'in-tel-li-gen-ce), je saisis un tupperware qui passait par là et je le jette sur le hamster, telle une athlète en pleine force de l'âge.  Ouf.  Gagné.  Le bestiau est piégé.  Yesssss.  Reste ensuite à le transvaser dans sa cage, ce qui ne nous prend que trois petites heures.

Enfin, il faut trouver un nom à la chose.  Passque "le Hamster", ça la fout mal (Iciiiiiiiiiii le raaaaaaaaaat, et moi, je m'appelle bien "le Rat", non peut-être ?).

Speedy Gonzales ?  Trop facile.

Mac, comme macaron ?  Trop gourmand.

Tof, comme Christophe Willem?  Et comme "agréable" en néerlandais, ce qu'il n'est pas, vu la course-poursuite qui précède, mais qu'importe ?

Adjugé, ça sera Tof.  Bienvenue chez les humains, petit Tof.

Je rentre chez moi, je vide mon spray magique anti-allergie, je me gave de M&M's blancs anti-éternuements, et je vais dormir, yeux bouffis, nez rubicond.  Je hais les hamsters.

Et un autre p'tit rongeur made by Didoff, un.
rat


06:15 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (9) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |