22
avr

J’ai vu Hannibal, en vrai

Après avoir presque vu Arthur en vrai.  Après avoir vu Christophe Willem en vrai.  J’ai vu Hannibal, ou presque, en vrai.

Je me dis parfois (qui a dit « t’as raison ma petite Anaïs » ?) que je suis folle, névrosée, ou autres substantifs du genre, avec mes idées bizarres, mes scénarios catastrophes, mes angoisses et mes délires.

Mais depuis que j’ai vu cette émission, je le sais : je ne suis pas folle.  Ou du moins, pas aussi folle que certains êtres humains.  Ça rassure, non ?

J’ai vu cette émission en mangeant une demi-boulette avec du riz, le tout nappé de la nouvelle sauce tomate provençale de je ne sais plus quelle marque.  Un délice.  Une demi, me direz-vous ?  Ben oui, j’ai pas très faim en ce moment (j’ai d’ailleurs perdu 2000 grammes, alléluia).

Mais ce n’était pas une bonne idée de regarder cette émission en mangeant, clair et net.

Quelle émission ?  L’histoire du cannibale allemand.  On en a tous entendu parler, au moins vaguement.  On sait tous qu’il avait passé une annonce sur le web pour trouver un volontaire, qu’il a trouvé quelqu’un qui accepté d’être tué et dévoré.  Pour ma part, ça s’arrêtait là.  Ça m’avait dégoûtée, j’y avais pensé, puis je l’avais oublié.

Mais en mangeant ma demi-boulette-riz-sauce-tomate-provençale, j’ai donc appris que le cannibale avait, à la demande de sa proie, procédé à son émasculation, laquelle a engendré une hémorragie fulgurante, laquelle a entraîné la mort quelques heures plus tard.  J’ai appris que le tout avait été filmé, ce qui donne 240 minutes monstrueuses, dont seules 19 ont été montrées au procès, même que ceux qui les ont vues, ces 19 minutes, ont parfois dû faire l’objet d’un suivi psychologique.  J’ai appris que la victime consentante avait adoré se faire couper la roubignolle et voir jaillir son sang.  J’ai appris que le cannibale avait cuit ladite roubignolle, du vivant de son propriétaire, à la poêle avec sel, poivre et ail, mais que ce n’était pas bon, ils étaient tous les deux d’accord.

J’ai appris qu’il existait sur terre des humains inhumains mais à visage humain.  Et ça m’a fait peur.  Je le savais, bien sûr, mais le voir de mes yeux vus, ça m’a fait peur.  De quoi ne pas dormir.

Good night…

06:30 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (8) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

15
avr

Miss parano

C’est la nuit noire.  Il fait aussi sombre que dans les tréfonds de ma cervelle.  Et je dois prendre le bus.  Horreur et damnation.  Prendre le bus de nuit.  Oui bon, il est 18h30, mais qu’y puis-je, moi, si en novembre la nuit tombe à 18h (oui ce billet a été écrit en novembre 2007 à l’époque où je soignais mon pauvre dos à grands coups de séances de kiné inutiles vu que j’a toujours mal – je le ressors non car je manque d’inspiration – même si c’est vrai, je manque d’inspiration en ce moment – mais passque j’ai reçu une illu dont j’ai envie de vous faire profiter sans attendre novembre 2008).  Qu’y puis-je si pour moi, dès que le ciel s’obscurcit, les morts-vivants se réveillent, les pervers se mettent en action, les loups-garous cherchent leur proie.

Donc je stresse, seule à l’arrêt de bus, un livre dans la main pour assommer le moindre opportun, mon abonnement dans l’autre.

Et il arrive.  Il se rapproche.  Il s’arrête.  Il me dit bonsoir.  Aaaaargh, il m’a repérée, il prépare son coup.  Je suis foutue.  Je suis finie.  Ma dernière heure a sonné.

Le bus arrive.  Le chauffeur est une chauffeuse.  Drame.  Elle ne pourra me défendre en cas d’attaque, à la manière du film si dramatique qui m’a traumatisée à vie, où Isabelle Adjani (enfin je pense) se fait violer dans un train, sous le regard des passagers qui ne broncheront pas.  

Ici, point de passagers.  Juste la chauffeuse, lui et moi.

Je m’assieds sur un siège.  Il s’assied sur le siège juste à côté.  C’est clair, il a tout organisé.

Et mon cerveau se met en action.  Je ne dois pas descendre avant lui, sinon il me suivra subrepticement, dans les rues sombres et sinistres, me ligotera et me tranchera la gorge dans une impasse.

S’il descend à un arrêt précédent le mien, je serai sauvée.  Mais il n’en fera rien, il veut m’agresser, c’est clair et net, je l’ai senti dans sa façon de me dire « bonsoir ».

Je dois descendre à cet arrêt situé tout près d’un magasin ouvert jusque 22h, j’irai m’y réfugier et appeler la police.  Au passage, je m’offrirai une grosse pizza pour me remettre de mes émotions.

Voilà, j’ai un plan, je vais m’en sortir.

Encore deux arrêts, et j’y serai, je suis sauvée.  Tu vas être forte Anaïs, et te sortir de cette situation.

Encore un arrêt.

Tiens, il descend déjà ?  Avant moi.  Mais pourquoi ?  Et son attaque, son agression, son tranchage de gorge ?  Ben si c’est pas malheureux.

Parano, moi ?

Illu de Miss Minimo (pour un billet intitulé Miss Parano, ça rime, diiiiingue non ?)
Anais-Paranopt

06:15 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

7
avr

250.000 par mois

Vous allez me dire : 250.000 quoi ?

250.000 célibataires dans ma Wallonie ?  Que nenni.

250.000 demandes en mariage depuis la création du blog ?  Que nenni (dommage).

250.000 acariens dans mon lit pour partager mes nuits ?  Que nenni (bien plus).

Non.

250.000 morts du Sida par mois.

J’avais cru entendre ce chiffre un matin à la radio, mais comme j’émergeais à peine, je n’étais pas sûre.

Ce superbe téléfilm en deux parties diffusé par France 2, « Sa raison d’être », me l’a confirmé.

250.000 morts par mois.  Un chiffre en constante augmentation.  Une épidémie vieille de 25 ans et toujours aussi taboue.  Un virus de plus en plus résistant aux traitements.  150.000 porteurs du virus en France, dont plus du quart l’ignore.  50 % de contamination par rapports sexuels hétéros, 22 % par rapports homos (le reste ?  euh… la toxicomanie ?).

Voilà quelques infos diffusées après ce téléfilm, des infos qui confirment que rien n’est terminé, que tout commence à peine.  Que non, on ne guérit pas du Sida, qu’on parvient juste à endormir le virus, mais pour combien de temps ?   Que non, ce ne sont pas seulement les drogués ou les gays qui contractent le virus, comme on l’a cru au début. 

Mais tout ça, vous le savez, tout comme moi.

On le sait, mais on l’oublie.

Ce téléfilm retrace l’histoire du Sida de 1980 à nos jours, au travers d’une famille comme toutes les autres.  Une famille où la maladie fera des dégâts… par transfusion sanguine, à l’époque des lots non encore chauffés, par transmission sexuelle, un jour de négligence.  Une famille où l’amour tentera d’être plus fort que la mort, en vain.  Mais on le sent à chaque minute du téléfilm, l’amour.  Clémentine Célarié est touchante en maman inconsolable (ce rôle lui revenait sans doute de droit, elle qui fut la première à embrasser un sidéen sur la bouche, afin de faire taire les rumeurs quant à la propagation par simple contact).  Chaque personnage traîne ses souffrances et ses joies.  L’amour est là, toujours l’amour.  Malgré la douleur, malgré la mort qui décime la communauté homosexuelle dans les années 80 et 90.  Et puis l’espoir, avec l’AZT, puis les bi, les trithérapies…  La prise de conscience.  Et l’inconscience, par moment. Et la mort, qui revient, inéluctablement, sur fond de Hallelujah, cette chanson que j’aime au point qu’elle me fait pleurer, d’autant qu’elle accompagne systématiquement les scènes dramatiques.
Alors j’ai pleuré.  Mais pleuré.  Pas glamour.  Tant pis.

Une histoire qui, au-delà des quelques personnes qui la composent et qui créent une ambiance qu’on quitte avec difficulté, a réussi le pari de dresser un historique de cette épidémie, des premiers jours d’angoisse face à ce nouveau mal à nos jours.

Parce que malheureusement, c’est tous les jours qu’il faut penser à se protéger.  Le Sida n’est pas mort.  Nombre de ses victimes si.

J’ai du retard, le Sidaction, c’est passé déjà, et puis le Sida, j’en ai déjà parlé sur ce blog.  Qu’importe.  J’ai été touchée, émue aux larmes (ou plutôt aux gros sanglots accompagnés de petits gémissements de douleur, chuis vraiment trop émotive ma bonne Dame) par ce téléfilm. 

Puisse-t-il avoir été vu par les toutes les générations.  Et leur avoir donné l’envie d’avoir toujours un préservatif en poche, à l’avenir.  Générations capote…


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envoyé par willow10

06:30 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

3
avr

Quand la réalité dépasse presque la fiction…

Quelques heures à peine après avoir écrit le billet qui précède, je recevais ce mail :

En 2007, un soi-disant artiste du nom maudit de Guillermo Vargas Habacuc a pris un chien de rue, l'a attaché à une corde à un mur d'une galerie d'art, et l'y a laissé mourir lentement de faim et soif.

Pendant plusieurs jours, l'auteur de cette horrible cruauté et les visiteurs de la galerie ont été les spectateurs impassibles de l'agonie du pauvre animal jusqu'au moment où il est mort d'inanition, après un douloureux et incompréhensible calvaire.

Mais ce n'est pas tout. La prestigieuse biennale centraméricaine d'art a déclaré qu'il s'agissait d'art, et propose à l'"artiste" de recommencer l'opération en 2008.

Personne n’a donc réagi pour sauver cet animal… ce qui laisse supposer, en allant dans l’extrême, qu’une histoire comme « intraçable » pourrait un jour devenir réalité.  Parce QUE regarder quelqu’un mourir sur internet, cela semble surréaliste, tout autant que regarder agoniser un chien dans un musée.  Même s’il s’agit ici d’un animal et non d’un humain, tout être vivant n’a-t-il pas droit au respect ?  Au nom de l’art, peut-on laisser crever un chien de la sorte ?  Et ensuite ?  Jusqu’où peut-on aller toujours au nom de l’art ?  Un orphelin ? Un SDF ?  Un apatride ?  Un bénévole voulant se suicider d’une manière originale ?

Signez la pétition pour que cette  horreur ne se reproduise plus !

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11:15 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

31
mar

Mourir dignement… en Belgique seulement ?

J’étais une jeune ado encore, censée être innocente et insouciante (ou uniquement soucieuse de ses amours platoniques et de son acné naissante), lorsque j’ai vu ce téléfim : « moi … (prénom) réclame le droit de mourir dans la dignité ».  Le nom de la protagoniste ne me revient pas (j’ai en tête Betty), mais ce téléfilm, contant l’histoire vraie d’une patiente atteinte de sclérose latérale amyotrophique réclamant le droit de mourir dans la dignité, m’a marquée à vie.

Parce que depuis lors, dès que j’ai une crampe ou un engourdissement, je me crois atteinte de cette terrible maladie incurable.  (Hypocondrie, je sais…)

Mais surtout parce que ce téléfilm m’a ouvert les yeux sur l’importance de l’euthanasie.  Du droit de mourir dignement, sans horribles souffrances, sans être dans un état de dégradation tellement intense qu’on n’imagine même pas que cela puisse exister lorsqu’on est en bonne santé.  Parce qu’avoir mal, en permanence, c’est inhumain.  Parce qu’avoir mal, en permanence, sans aucun espoir de guérison, ça l’est encore plus. 

L’histoire de Vincent Humbert, plus récente, m’avait à nouveau interpelée sur ce sujet.  Le téléfim était poignant et tellement révélateur des absurdités de la justice et de l’inhumanité de certains hommes politiques français (dans ce cas, le président, d’ailleurs).

L’histoire toute récente de Chantal Sébire n’a fait que raviver cette sensation intense que j’ai depuis ce tout premier téléfilm, si ancien, qui m’avait sortie de mon insouciance d’ado : je suis heureuse de vivre dans un pays qui a légalisé le droit à l’euthanasie.  Ravie.  De savoir que, si un jour, je suis dans la situation de Betty, de Vincent, ou de Chantal, je pourrai obtenir de l’aide.

Tout simplement.

Parce qu’il est révolu le temps où les médecins pensaient que les bébés ne ressentaient pas la douleur. 

Parce qu’il est révolu le temps où la souffrance était vue comme l’expiation des péchés ou comme une chose normale.

Parce qu’avoir refusé à Chantal Sébire le droit de mourir dignement, alors qu’elle souffrait le martyre, dévisagée par une tumeur monstrueuse, c’est totalement absurde, inhumain, ridicule, débile et révoltant. 

Parce que son décès, survenu juste après le refus des tribunaux, semblera sans doute suspect.  Mais parce que quelle que soit la cause de son décès, je bénis le ciel qu’elle ait enfin obtenu ce qu’elle réclamait dans la douleur et les larmes.

Parce que l’euthanasie est un droit pour les citoyens et un devoir pour les médecins.

Parce qu’on est en 2008, merde !

06:15 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |