27
jui

Vendredi 13 : jour du poisson

Je n’y ai songé qu’a postériori... mais y’a pas longtemps, c’était vendredi 13.

Bien sûr, vendredi 13, c’est particulier.  On peut croire que ça porte bonheur, que ça fera gagner des soussous, rencontrer l’amour, trouver des billets sur le sol, briller le soleil, murir les fruits et fleurir les roses. On peut aussi croire que les pires malheurs s’abattront sur le monde et sur chaque individu, qu’il vaut mieux éviter de sortir, de croiser un chat noir, et, horreur suprême, de passer sous une échelle.

Pour ma part, j’ai pris le parti de croire que le vendredi 13 porte bonheur. 

Le dernier vendredi 13 en date, donc, après avoir joué au lotto, je me rends au bureau.  La journée commence normalement, allumer le PC, vérifier les mails, se rafraîchir le gosier avec un grand bol de lait de soja au chocolat.  Oups, je renverse plein de lait de soja en voulant approcher la tasse de ma bouche, le tout sur mon gilet beige (c’est toujours plus rigolo de renverser sur du clair).  Gilet qui est comme neuf, puisqu’il s’agit d’un don de ma môman, que je mets pour la première fois.

Je nettoie, je frotte, j’humidifie et je parviens à récupérer un gilet tout propre.

Vendredi 13, je vous dis.  Que du bonheur.

Fin de matinée, nous décidons avec Mostek d’aller voir les Little Pet Shop, histoire de s’en offrir un petit.  Direction le magasin de jouets.  Où se trouvent des Hello Kitty argh.  Je résiste tant bien que mal et nous faisons le tour du magasin à la recherche desdites bestioles craquantes.  En vain, y’a rien.  C’est inadmissible, je vais me plaindre, écrire, réclamer, supplier...

En désespoir de cause, nous arpentons le magasin, histoire d’admirer les charlottes aux fraises new version (bof), les barbies qui m’ont toujours fait rêver (elle a la taille Mannequin, c’est bon, c’est sain, c’est équilibré...) et autres jouets débiles mais si mignons.  Soudain, je repère un truc rigolo et écœurant : des poissons remplis de liquide, mais opaques (les poissons, pas le liquide qui lui est transparent et coloré, vous suivez ?).  Le liquide ne peut s’apercevoir qu’en poussant sur le bide du bestiau à arêtes, afin de faire sortir un genre de grosse bulle pleine de liquide et d’autres plus petits poissons.  Rigolooo je vous dis.  Alors, avec Mostek, on s’amuse comme des gosses (qu’on est toujours, là, au creux de la cervelle et au centre du cœur) et on teste ces jouets d’un goût vraiment douteux : le Nemo bien rouge, le poisson bien jaune, le requin bien méchant.  Et on pousse pour voir l’intérieur.  Moi sur le Nemo.  Mostek sur le requin.  Pas de bol, le requin, il a dû mordre dans sa bulle interne pour tenter de dévorer les pêchons qui s’y trouvent, car le liquide qu’il contient est soudain propulsé en un jet violent et jaune.  Un jet qui se dirige, vraiment vraiment pas de bol, droit sur moi.  Voilà mon décolleté plongeant et mon gilet beige à peine remis des affres du lait de soja au chocolat complètement maculés d’un liquide visqueux et jaune pisse...

Mostek se confond en excuses, mais je vois bien qu’elle est morte de rire.  Y’a vraiment qu’à moi que ça arrive, tchu.  Je supplie une vendeuse de me donner accès à de l’eau, au cas où ce produit serait hautement toxique, genre Ebola liquide ou paludisme mutant.  Je nettoie, enfin j’étale, la tache jaune, sur mon gilet plus très neuf.  Puis je rentre chez moi pour ne plus en ressortir.  Ça vaut mieux.

Dans ma malchance, j’ai eu un bol fou, avouez : le jet jaune aurait pu m’atteindre à l’œil... Et là, vu la substance, c’était direction l’hôpital, désinfection, analyses, collyres et j’en passe, afin d’éviter de le perdre, cet œil.  On n’est jamais trop prudent ma bonne Dame.

Vous voyez que le vendredi 13 porte bonheur.
 
Et une illu de Flo, que je remercie, elle le vaut bien.
anaisvendredi13pt

06:00 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

20
jui

Peut-on parler de tout sur son blog ?

J’ai reçu récemment ce commentaire, rapport à mon WE de trois jours sans voir personne, sans parler à personne, celui qui précédait mon WE thalasso, souviendez-vous.  Je vous le copie en intégralité intégrale, au cas zoù vous ne l’auriez pas lu, ce fameux commentaire :


« Bon dieu, Bobonne, tu as été seule un week-end, pauvre enfant. Heureusement cela t'a permis de pondre un papier.  Il y a des gens qui sont seuls tous les week-ends et même seuls toute l'année, sans pouvoir étaler leur état d'âme comme tu le fais.  Un peu de pudeur s.t.p. »

Tout d’abord, le ton du mail, et particulièrement ce « Bobonne » ne m’a pas plu, car il sonne comme une insulte, alors que, sauf erreur, toute femme deviendra un jour une « bobonne », savoir une petite vieille ridée comme une pomme (ça me rappelle le surnom de PPMM que j’avais élégamment reçu au début du blog, souviendez-vous, les anciens qui passent peut-être encore parfois ici), cheveux blancs et peau affinée comme du papier à cigarette.  Tout homme deviendra un jour un petit vieux ridé, crâne chauve et mains tachetées.  C’est inéluctable. Alors pourquoi faire de ce mot une injure ?

Enfin soit.

Ensuite, je me suis demandé si mes propos étaient vraiment choquants.  Si parler d’un WE de solitude était interdit par la morale, la religion ou quoi que ce soit d’autre.  J’ai donc consciencieusement relu mon billet.  Et je n’ai rien trouvé de larmoyant.  Oui, j’admets ne pas aimer les WE totalement seule.  Oui, j’avoue ne pas aimer les dimanches, et les dimanches de fête des pères encore plus.  Mais pas de véritable lamentation.  Enfin je trouve.  Mais je ne suis sans doute pas très objective face à mes propres écrits.  Je le consens.  Je le conçois.

Soit.

Indépendamment de ce billet précis, je me suis ensuite interrogée sur les sujets qui ne pourraient pas être abordés sur ce blog.  Les sujets qui fâchent.  Ainsi, il m’est reproché de parler de ma solitude durant un WE, alors que d’autres le sont en permanence et vivent une situation bien pire que la mienne.  Ce qui fait que je ne pourrais point parler de solitude, car il y a plus solitaire que moi...

Mais alors, à bien y réfléchir :

Oserais-je parler des deux kilos que j’ai pris le WE dernier, sachant que certains en ont pris dix ?
Oserais-je parler de mon âge avançant alors que certains abordent le troisième, voire le quatrième âge ?
Oserais-je me plaindre de l’inflation, alors que certains dorment sous les ponts ?
Oserais-je parler de mon célibat alors que certains parmi vous le sont depuis plus longtemps que moi, ou, pire, sont veufs et connaissent une souffrance plus difficile encore ?
Oserais-je parler de mes tergiversations face à l’envie d’enfants dans ma vie, alors que certains font tout pour en avoir sans y parvenir ?
Oserais-je évoquer mon premier cheveu blanc alors que certains en comptent dix depuis des années ?
Oserais-je dire que j’ai faim alors que mon frigo est plein et que dans certains pays les gens souffrent de famine ?
Oserais-je montrer mes achats alors que certains n’ont pas de quoi se chauffer ?
Oserais-je dire que je veux un homme alors que certaines veulent se débarrasser du leur ?
Oserais-je me plaindre de mon boss alors que certains sont au chômage et rêvent d’avoir un boss, même vilain pas beau ?
Oserais-je parler de ce rhume qui me gâche la vie alors que certains souffrent d’une maladie grave, génétique, mortelle ou atrocement douloureuse ?
Oserais-je dire que je rêve d’un écran plat en guise de TV alors que certains rêveraient simplement d’une TV ?
Oserais-je me plaindre de la drache nationale alors que certains pays font la danse de la pluie, en vain ?
Oserais-je me lamenter de mon 40 mètres carrés face à ceux qui vivent dans 39 mètres carrés ?
Oserais-je évoquer mes petits malheurs alors que certains en connaissent de bien plus grands ?
Oserais-je évoquer mes petits bonheurs alors que certains n’en connaissent jamais ?

En fin de compte... selon la théorie d’Ernest, je ne pourrais plus parler de rien !  Vraiment de rien.  DE RIEN !  A la rigueur, des petits oiseaux, de la nature et de l’amour qui nous submerge tous face à la beauté de la vie, des enfants qui courent dans les champs de blé, du soleil qui brille dans le ciel et dans nos cœurs, de la vie qui fait chanter les hommes, des jolies chansons et des petites fleurs.  Amen.  

Cela deviendra vite lassant.  Non ?

Alors quoi, je ferme le blog, afin d’éviter de choquer qui que ce soit sur quoi que ce soit ?

Et bien non.  Nenni.  Nee. No.  

La conclusion de cette très longue réflexion (si, si, parfois, je réfléchis, croyez-le ou pas, je sais, c’est dingue) : je continuerai à parler de ce qui me chante.  De mon gras, de ma solitude, de mes loisirs, de mes dépenses, de ma santé, de mes rêves, de mes envies, de mes petits drames, de mes petits bonheurs et de mes WE solitaires.  Bref, de ce qui me chante.  Punt aan de lijn.  

Et vade retro Ernesto.

06:00 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (42) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

6
jui

Argh !

Incroyable mais vrai, ce jour sera à marquer d'une pierre blanche, car à mon avis c'est bel et bien la première fois que ça arrive : j'ai OUBLIE de poster un billet !  Vous lisez bien : OU-BLI-E !  Va comprendre.  22h27, il est un peu tard, tant pis.
 
Juste quelques bonheurs du jour : grasse matinée, pancakes en petit déj, bien bossé, rangé un tantinet, siesté un chtit peu.
 
Et oublié de poster un billet... l'heure est grave.
 
A demain. 

22:28 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

4
jui

La gourmandise est un dangereux défaut

Je savais déjà qu'on pouvait se faire poignarder pour un lecteur MP3.

 

La violence atteint des proportions encore plus démentielles ces derniers temps, puisqu'un homme s'est fait poignarder par un autre, alors qu'aucun des deux ne voulait céder la dernière part de gâteau restant sur un buffet italien.

 

Le gâteau en valait-il la chandelle ?  J'en doute, puisqu'il s'agissait d'un panetone, sorte de cramique insipide aux fruits confits…

 

Tout ça pour ça.

14:51 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

4
jui

Drame dramatiquement dramatique dans le namurois - âmes sensibles s'abstenir

L'autre jour, nous allions joyeusement, Mostèk, Moustique et moi, acheter qui des géraniums qui du miam-miam pour son pinpin (dénommé Gus) qui de la litière pour sa demoiselle cobaye (dénommée Maguy - interdiction de se poiler, ceci est un billet dramatiquement dramatique).  Un vrai repaire à rongeurs, nos demeures - et ça rime - je sais.

Tout cela en voiture, Moustique au volant, Mostèk derrière.  Avec mon vieux dos et mon grand âge, Mostèk me laisse toujours aller devant, c'est préférable afin d'éviter que je pousse des cris de douleur à tout bout de champ.

Il faisait bon, l'ambiance battait son plein et nous chantions gaiement.  Nous chantons souvent en voiture, toutes vitres fermées (ça vaut mieux).  Ce qu'on chante ?  Ben de l'intellectuel tiens : Au soleil, de Jennifer, Pour que tu m'aimes encore de Céline Dion, de l'intellectuel je vous dis.  J'ai même tenté un petit extrait de Marie Laforêt, mais zont pas apprécié, les jeunes.

Imaginez la scène, visualisez-la, ressentez-la, imprégnez-vous en afin de la vivre comme si vous y étiez : trois superbes filles partant dépenser leurs sous en chantant.  Soleil et musique.  Comédie romantique en perspective.

Quand soudain, le drame.  Thriller en perspective.

(Avertissement : la scène qui va suivre pourrait traumatiser les personnes sensibles ou les enfants.)

Soudain, donc, le drame.  Thriller thrillant en perspective.  Ça va, vous vivez la scène comme si vous y étiez ?

Un cri perçant.  Que dis-je, un cri transperçant.  Un cri glaçant.  A côté de cela, les hurlements de Scream, de Shining et de Psychose réunis, c'est du pipi de lapin, rat et cobaye ma bonne Dame.

Un cri de Mostèk.  Moustique se retourne brusquement, imaginant le pire.  Je l'enjoins de surveiller sa route, sentant le véhicule tanguer dangereusement.  Cascades et ambulances en perspective.

Le cri persiste, et je crois percevoir "aaaaaaa... raaaaaaai... gnééééééééééée gnéééééééée gnéééééééée".

Après m'être assurée que Moustique maîtrise son véhicule, je me retourne enfin, pour prêter main-forte à Mostek, en chevalière sans peur et sans reproche que j'ai décidé d'être face à l'adversité, l'imaginant terrassée par une mygale géante de cinquante centimètres de haut, tous crocs dehors, échappée d'un régime de bananes, ou menacée par une veuve noire mutante avide de chair humaine, à défaut d'un mâle de la même espèce, ou encore ensevelie sous un nid entier de bébés tarentules transgéniques en quête de découverte.

Et je découvre l'ampleur du désastre : sur le plafond du véhicule se promène une toute petite chose beige de la taille d'un bébé fourmi.  Une microscopique chose qui n'a d'araignée que le nom.  Une chtite araignée de jardin, terrorisée par notre présence dans cet espace confiné, qui ne rêve que de s'enfuir de ce lieu de perdition.  Je lis l'angoisse dans son regard.  Le cri de Mostek lui a crevé les tympans (mais une araignée a-t-elle des tympans ?).

Dans un élan de bravoure, je promets à mes deux collègues terrorisées de faire sortir l'animal dès que possible, d'autant que, aaaaaaaaargh, elle se rapproche dangereusement de Mostek, l'air menaçant.  Si, son air est menaçant, ne venez pas mettre la parole de Mostek en doute, sinon elle va pas être contente.  Il y va de la crédibilité de ce billet, titchu.  Ses yeux (ceux de la chose, pas ceux de Mostek) brillent de gourmandise, ses pattes se tendent agressivement vers son visage, elle est prête à attaquer...

Afin d'éviter des crises d'hystérie, de catalepsie et de catatonie et autres trucs en -ie, je m'empare illico d'un grattoir pour pare-brise et récupère le bestiau, j'ouvre la fenêtre et, telle la Zorro de l'an 2008, je rends sa liberté à notre valeureuse araignée tremblante.

Le spectre d'Arachnophobia s'éloigne peu à peu, l'air devient plus respirable, Mostèk récupère une couleur normale (soit ni blanc linge lavé avec Dash, ni rouge coquelicot), Moustique regarde sa route.

Soulagées, nous rions enfin du drame auquel nous avons échappé de si peu.

Nous achetons ensuite des géraniums, du miam miam pour pinpin et de la litière pour demoiselle cobaye.

Et moi, l'oeil rieur, je fais un discret clin d'oeil à miss mini-araignée, malencontreusement tombée sur le siège arrière, juste à côté de Mostek. 

Ce billet est publié avec l'aimable autorisation de Mostèk (que je n'ai dû supplier qu'une petite heure).

Et une illu-BD de Flo qui fait son retour du come-back, reviendue de l'autre côté de la petite flaque qu'elle est, après des mois d'absence.  Et qui a envie de dessiner pour ce blog, elle est pas belle la vie ?

anaisaraigneept

06:30 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (6) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |