2
sep

J’ai failli mourir trois fois mais j’ai sauvé deux vies… (suite)

Un fois bien habituée à cette piscine à vagues tueuses de môman, je me sens totalement en sécurité.  Sûre de moi.  Maître-nageuse dans l'âme, ou presque.  C'est le moment que choisit ma filleule, profitant de l'inconscience totale qui me terrasse, pour me proposer d'aller au Rapido.

Déjà, le nom aurait dû me mettre la puce à l'oreille.  Rapido, ça veut dire rapide.  Et quand c'est rapide, c'est pas lent.  Et si c'est pas lent, c'est pas fait pour bibi.  Mais, à cet instant précis, et fatidique, mes neurones sont au repos.  Aucun signal d'alarme ne retentit dans mon esprit.  Même pas quand la petite (oserais-je dire, la petite garce, non, je n'ose, mais tout de même, je l'ai pensé, a postériori) me dit « faut pas avoir mal au dos pour aller au Rapido, ça ira ? »  Mais J'AI MAL AU DOS moi.  Très mal.  Enfin pas à ce moment précis, mais en général, j'ai des problèmes de dos, vous le savez.  Alors pourquoi aucun signal d'alarme ne s'est allumé dans ma cervelle, je l'ignore encore. 

Dans un éclair de lucidité, je tente de savoir ce dont il s'agit, passque le Rapido, on ne le voit pas.  « Des petites descentes avec un tout petit peu d'eau, 90 centimètres ».  Toujours aucune réaction de ma part.

Même en montant plusieurs dizaines de marches, je ne réagis pas.  Pas du tout.  Je monte, telle une condamnée à mort ignorant que l'échafaud symbolise la grande faucheuse.  Je reste stoïque et je monte, marche après marche.  Une fois en haut, on ne voit toujours rien.  Enfin si, un tout petit toboggan de plastique, entouré de fausses roches, qui mène à un bassin, un peu plus bas.  Pourquoi, à cet instant précis, n'ai-je pas rebroussé chemin ?  Je l'ignore encore. 

Tout se joue parfois en une seule toute petite fraction de seconde.

Ma fraction de seconde à moi, c'est celle durant laquelle j'ai vu partir ma filleule dans le toboggan, et j'ai décidé de la suivre.  Par peur du ridicule si je faisais demi-tour, sans doute.  Par espoir que cette petite descente serait facile et rigolote. 

J'ai posé le pied sur le toboggan, et me suis laissée emporter jusqu'au bassin, là, en bas.  J'ai pas aimé.  Mais pas aimé du tout.  Mais j'ignorais encore que le pire restait à venir.  Sinon, j'aurais tenté de remonter.  Mais une fois la descente entamée, plus rien n'est possible, il faut continuer.

Et j'ai continué.  Et ça n'a fait qu'empirer.  C'est le sadisme de cette attraction, ça commence en douceur.  Pour ensuite torturer les pauvres femmes telles que moi qui détestent l'eau et sentent la mort arriver comme la mouche sent la crotte à dix mètres.

Ma filleule m'avait bien sûr abandonnée à mon triste sort, pour s'adonner à ses jeux nautiques adorés. 

J'ai donc descendu le toboggan suivant.  Puis le suivant.  Et c'est là que le drame a commencé, les toboggans devenant de plus en plus longs.  De plus en plus rapides.  De plus en plus mouillés.  La descente, passe encore, même si je déteste ça.  Je déteste les toboggans.  Je ne les ai aimés qu'entre 3 et 6 ans.  Point barre.  Mais je déteste encore plus les toboggans remplis d'eau déferlante, qui au lieu de faire atterrir la victime dans du sable bien moelleux et réconfortant, la plonge dans 90 centimètres d'eau.  Et la noient.  Passque oui, on peut se noyer dans 90 centimètres d'eau.  Même dans 5 d'ailleurs, j'ai failli, quand j'étais môme (je vous raconterai une autre fois).

Mon angoisse augmente à chaque fois, jusqu'à ce que je me retrouve tête sous l'eau, à tenter de remonter et de survivre.  Là, vraiment, parmi la foule d'enfants joyeux, j'ai vraiment la trouille.  Impossible de remonter.  Impossible d'appeler à l'aide, je refuse d'être la vieille qui a dû être secourue dans le Rapido.  Le ridicule ne tue pas, d'accord, mais y'a des limites.

Je poursuis donc ma route et manque de me noyer une première fois.  Toute cette eau partout, en-dessous, à droite, à gauche, devant, derrière.  Sans compter cette eau qui dégringole sur ma tête, pour couronner le tout.  C'est l'enfer.  Un enfer mouillé.  Je crache.  Je tousse.

Après une pause de plusieurs minutes durant laquelle la foule s'agglutine derrière moi, je continue ma route.  Patatras dans le bassin.  Je coule.  Je me noie.  Et je m'accroche au maillot d'un homme qui passe par là, pour remonter plus vite.  Il me regarde d'un air étrange.  Il a pitié.  Je ne vois plus rien.  Je crache.  Je tousse. 

Descente suivante.  La pire.  Dans le noir.  Bande de sadiques.  Il fait noir et me voilà projetée dans le bassin suivant, dans le noir lui aussi.  Panique totale et absolue.  Là, je m'accroche à un pauvre homme qui passait, lui aussi, par là.  A sa pilosité, que je m'accroche.  Il sent ma panique et me demande si ça va.  Non, ça ne va pas, je vais mourir, c'est clair.  C'est net.  Il me dit de faire attention à mes lunettes.  Passque oui, j'ai mes lunettes sur la tête.  Sinon je n'y vois rien.  Mais les lunettes, ça ne se met pas, au Rapido.  Trop dangereux.  Si j'avais su.

Ma filleule me retrouve.  Elle voit que je panique et me répète tout le temps « ça va marraine ? »  Nan, ça va pas, filleule indigne, m'avoir entraînée dans les gorges du Verdon.  Que dis-je, les chutes du Niagara.  T'as pas honte !

Descente suivante.  La coulée d'eau me retourne comme une crêpe et je sens que je vais tomber dans le bassin en arrière.  Là, c'est clair, c'est la mort assurée.  Je me retourne tant bien que mal.  On se découvre des ressources insoupçonnées dans ces moments là.  Et je tombe, paf, dans l'eau, d'où ma filleule tente de me sortir.  Je l'entends dire « ça va marraine, ça va marraine ? »  Je remonte enfin et l'engueule de m'avoir entraînée dans ce truc à la con.  Je tousse.  Je crache.  Et je pense que c'est fini.  Mais que nenni.

Reste encore un dernier toboggan, bien entendu le pire.  Le meilleur, diront les adeptes.

Epreuve ultime, dont je sors, j'ignore par quelle miracle, vivante, et avec, toujours, mes lunettes sur le nez.  Je tousse.  Je crache.  J'engueule ma filleule.  Tentative de meurtre, à son âge, c'est la maison de correction assurée.

Je regagne mon transat.  Je me mouche durant une demi-heure pour évacuer toute cette eau.   Je me plonge dans la lecture du Ciné Revue, vu qu'il n'est plus question que j'aille dans l'eau, rondidju. 

J'observe.  Des Messieurs tatoués : des ailes d'ange dans le dos, un serpent autour du bras.  Un gaminou tout noir rigole dans les bras de son père.  Une fillette bouclée adorable me fait des sourires.  Tous les enfants ont des bouées rigolotes, ne faisant qu'une avec un Tshirt.  Ça doit être la mode. 

Une fois que j'ai repris mes esprits, je rejoins la troupe pour plusieurs séries de vagues.  Finalement, c'est gai les vagues.  Et à côté du Rapido, c'est du pipi de mouche, les vagues.

Nous terminons la journée par un frugal repas : frites (grasses) fricadelle (tiède), mayo (fade) et coca (light).  Retour au bercail, épuisée, terrorisée.  Mais ravie d'avoir ce drame à vous conter...

Dites, vous pensez qu'il y a un lien de cause à effet : chuis allée quatre fois au WC après ma descente du Rapido... en urgence ... et pour ne rien vous cacher : chiasse d'enfer.

PS : voilà la description de cet enfer sur le site d'Aqualibi, clair que si je l'avais lue, j'aurais pas tenté l'expérience : "Attraction vedette, cette rivière de 140 m de long vous entraîne dans les méandres de l’Amazone. Escalade, averse tropicale, tourbillon et cascades en tous genres sont au rendez-vous pour faire de vous de vrais aventuriers sans peur et sans reproche !"

06:00 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

1
sep

J’ai failli mourir trois fois mais j’ai sauvé deux vies…

Ce récit de ma presque-mort, je vous l'avais annoncé y'a belle lurette déjà, mais j'ai pris un tantinet de retard et je vous prie de bien vouloir m'en excuser.  Lorsque je suis en vacances, je suis encore plus fade qu'à l'accoutumée, ce qui est dramatiquement dramatique, je le conçois.  Pour ma défense, j'ai eu beaucoup de boulot à domicile (meuh nan, pas de grand nettoyage, zêtes fous), ce qui a ralenti mon rendement bloguesque.

Bref.

J'ai failli mourir trois fois.

Et par ma faute en plus.

Passque quand môman m'a annoncé qu'une sortie à Aqualibi était prévue avec ma filleule, j'ignore quelle mouche au venin délirant m'a piquée, moi qui ai horreur de tout ce qui est aquatique et qui n'autorise pas les vilains pas beaux à mettre les têtes des jolies filles comme moi sous l'eau.  Je me suis écriée « oooooh, je peux venir avec ».  Et je suis allée avec.

Mais dès mon arrivée, je comprends mon malheur.  Ça devait encore être l'effet de la mouche au venin délirant, car je m'étais imaginé un endroit calme et paisible, parsemé de transats, avec cocktails de fruits à volonté et accès à une piscine chauffée remplie de bruns ténébreux. 

A peine franchis les vestiaires me rappelant l'enfer vécu durant toute mon enfance lors des cours collectifs à la piscine, à peine sentie l'odeur du chlore qui chatouille les narines et pique les yeux, je réalise l'ampleur de la chose : une foule d'enfants surexcités squattent MA piscine à bruns ténébreux.  De bruns ténébreux il n'est d'ailleurs pas question.  Que des pères de famille chauves ou bedonnants.  Les rares transats sont couverts d'essuies qui disent « pas touche ».  Mais le pire, c'est le bruit.  Comme si la population de quarante-trois piscines communales s'était réunie sur place. 

Mais qu'importe, nous sommes là pour nous amuser, et nous allons nous amuser.  Quoi qu'il advienne.  Nous « volons » quatre sièges à la cafeteria, que nous installons tant bien que mal le long d'un mur.  Puis nous abandonnons nos essuies, tongs et Ciné-Revue de la semaine pour tester la température de l'eau, entrant dans la piscine par un genre de rampe étrange, en forme d'escargot.

Ben elle est froide, en plus.  Qui a osé me parler d'une eau à 36 degrés ?  Hein ?  Qui ?  Publicité mensongère.  Bon, je l'admets, c'est plus chaud qu'une piscine communale.  Fort heureusement.

Nous nous enfonçons dans les profondeurs de l'océan, enfin de la piscine, ma filleule, ma môman pas très rassurée et moi.  Bien entendu, le but est d'avoir pied, passque quand je n'ai pas pied, je panique.  D'autant qu'il n'y a aucun bord auquel se raccrocher dans cette piscine, les bords étant, étrangement, plus d'un mètre plus haut.  Cet endroit est décidément bien bizarre.  Sans nous en rendre compte, nous dérivons lentement mais sûrement vers la « grande profondeur », et ma chère môman, qui a une taille disons « réduite », perd pied.  Et panique.  Passque si moi je nage comme un caillou, elle, elle nage comme une colonie entière de cailloux.  La voyant au bord de la noyade, et remarquant son regard extrêmement paniqué, je n'écoute que mon courage et je nage vers elle à la vitesse de l'éclair (traduction, je tends la main) pour la ramener vers une profondeur plus décente.  Je suis une héroïne.

Nous retournons ensuite dans la piscine par le côté plage, qui nous offre un dénivelé bien agréable et plus sécurisant.

Et là, fort étrangement, je suis bien.  Je fais même un peu la planche, malgré la foule.  Passque depuis que j'ai appris à la faire, la planche, je la ferais en permanence (l'appel est lancé : qui vit à Namur et a une piscine chauffée à 36 degrés à me prêter ?).

Une voix lointaine annonce quelque chose, et môman me demande « il a dit kwaaa le môôssieur ? ».  J'ai rien compris et je m'en moque, ça doit être une annonce du style « le petit Nicolas attend ses parents Goscinny et Sempé au centre d'accueil. »

Nous continuons quelques instants nos barbotages, jusqu'à ce qu'une petite vague vienne nous chatouiller le menton.  Suivie d'une plus grosse.  Suivie d'une encore plus grosse.  Etonnées, estomaquées, stressés, nous nous réfugions au bord de la piscine, bord qu'il est impossible de franchir, je vous le rappelle, puisqu'il fait deux mètres de haut (je comprendrai ensuite que c'est pour contenir ces abominables vagues).  Grosse erreur, les vagues sont plus hautes sur les bords.  Je ne perds pas ma môman de vue, tout en tentant de respirer malgré les vagues, de plus en plus hautes.  Comme elle semble se noyer, je la tire vers moi et je tente de nous traîner vers « l'entrée de la plage ».  Nous survivons tant bien que mal à cette mésaventure, avec la promesse de faire attention aux messages quasi inaudibles lancés au micro, des fois que le prochain serait « attention on lance les mygales », « attention c'est le moment de la tornade », « attention frites gratuites pour toutes à l'entrée de la plage », « attention beau brun ténébreux attend Anaïs sur son transat ».

Forte d'avoir sauvé deux vies, enfin d'avoir sauvé deux fois la même vie, je file m'étendre un peu sur ... ah ben non, j'ai pas de transat, juste un siège dur comme de la pierre, sur lequel je m'avachis pour parcourir mon Ciné Revue.

Tout ça avant de presque mourir trois fois... mais ça sera pour demain, car ce billet est déjà suffisamment long, non ?

06:00 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (8) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

29
aoû

Wallonieland… un an déjà !

Il y a un an, je publiais mon billet Wallonieland, qui avait suscité pas mal de réactions et avait été relayé sur certains blogs et sites, ainsi que dans la presse.

365 jours plus tard.  Heure du bilan. 

Pas un bilan politique, je n'y connais que dalle, vous ne le savez que trop bien.

Mais un bilan de ce que j'ai lu et entendu :

Jets de pierres sur les francophones lors du festival rock Wechter

Réactions vives, à La Panne et Coxyde, mer du Nord, contre les commerçants qui osent parler en français aux touristes

Interdiction d'acheter un terrain sans parler couramment le néerlandais ou sans suivre des cours, à Zaventem

Obligation de passer un examen linguistique avant de pouvoir se domicilier dans certaines communes de Flandre

Le bourgmestre de Lennik enlève les drapeaux belges pour les remplacer par le lion noir

...

Alors, 365 jours plus tard, mon billet est encore vachement d'actualité, non ?

Wallonieland, 29 août 2011 

Chère Elke,

Comment vas-tu depuis tout ce temps ? J'espère que tu te portes bien, ainsi que Wim et les petits, qui doivent avoir bien grandi déjà. Vous nous manquez, j'espère que tu le sais. Je t'envoie quelques photos de nous, prises lors de notre séjour au Danemark, j'espère que la censure n'y trouvera pas à redire, aucun site de Wallonieland n'étant visible sur les clichés, je l'affirme sur l'honneur.

J'ai tenté à maintes reprises d'obtenir un passeport pour venir te voir en Vlaanderenland, en vain. Je sais que je ne l'obtiendrai que lorsque je serai parvenue à décrocher le concours du bilinguisme. Ne t'inquiète pas, je vais chaque semaine suivre mes cours, et d'ici cinq à six ans, je pense que je m'en sortirai suffisamment pour réussir.

On m'a dit que le mur avait été rehaussé, car cinq wallonielandais avaient tenté de le franchir, voulant montrer la mer du Nord à leurs enfants, paraît-il. Quelle inconscience. Ils ont été fusillés, pour l'exemple. Dommage. Mais ça fera cinq chômeurs de moins ici, doit-on dire chez vous, et puis je comprends que vous ne souhaitiez plus prendre de risque, surtout depuis que ce village près de la frontière a été incendié lorsque des wallonielandais ont projeté ces boules de feu par-dessus le mur après avoir ligoté les sentinelles.

Comment vont tes parents ? As-tu pu avoir une dérogation pour leur rendre visite en Wallonieland, comme tu le souhaitais ? Ou sont-ils parvenus à quitter la zone sans encombre pour retourner chez eux ? Quelle malchance qu'ils aient été par là-bas durant l'érection du mur.

Je continue à travailler en zone neutre, mais ce n'est pas facile, surtout avec les deux heures d'attente aux barrages chaque matin et chaque soir. Les fouilles corporelles ne sont pas agréables non plus. Depuis le temps, pas moyen de faire comprendre aux sentinelles que je ne tenterai plus d'emporter quoi que ce soit chez moi. J'ai retenu la leçon depuis mon incarcération.

J'ai revu l'autre jour ce film sur cette famille allemande qui avait réussi à survoler le mur de Berlin au moyen d'une montgolfière. Tu te souviens, nous l'avions vu ensemble. Cela fait si longtemps. Et cela nous avait semblé tellement irréel, tu te souviens ? Cela m'a donné quelques idées, mais je n'en dirai pas plus, de crainte que la censure refuse de te transmettre cette lettre.

Je te joins quelques DVD français, ainsi que quelques Flair francophones, j'espère que tu auras le droit de les garder. Si tu as des Flair néerlandophones, je serais ravie de les recevoir, je pense pouvoir les garder en arguant de mon souhait d'obtenir un passeport bilingue.

Nous partons demain en vacances à Dunkerke. En souvenir du bon vieux temps, La Panne, Coxyde. La mer du Nord, en France, n'a pas tout à fait la même saveur, mais tu sais que même par les dunes, il est impossible d'atteindre cette bonne vieille Belgique, oups ça m'a échappé, ce bon vieux ancienland. La mer me manque tant, tu sais. J'ai affiché cette photo que tu avais prise, elle me rappelle cette époque folle où nous y passions nos vacances, ensemble.

Tu trouveras en annexe, comme convenu par la législation, la traduction flamande de cette lettre.

Nous vous faisons de gros bisous et gardons espoir de vous revoir bientôt en chair et en os.

Anaïs, Zhom et petitsdhom.

PS : A l'occasion, envoie-nous quelques grains de sable bien de chez vous, enfin de chez nous, enfin je ne sais plus...

08:07 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (6) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

28
aoû

My god, l’heure est grave

 

Je suis malade.  Largement atteinte.  Irrémédiablement atteinte.

Voilà que j'ai regardé le JT.  Et qu'en plus ça devient une habitude.  Dès après Secret Story, paf, je zappe sur RTL.  Pas à l'occasion.  CHAQUE SOIR.  Pourtant, vous n'avez pas élu cette option dans le grand sondage, là, à droite (enfin s'il y est encore au moment où vous lirez ces lignes).  Je deviens JT-addict.  Est-ce bien normal ?

Non, c'est pas normal.

Mais voilà le pire.  Le pire du pire.  Le signe que mon cas est désespéré.

J'ai regardé la remise de la médaille d'or du saut en hauteur à je sais plus qui.  Je sais juste qu'elle est belge.  Alors j'ai regardé.  Et comme je n'y connais rien, j'ai tout d'abord rien pigé.  J'ai vu une femme recevoir une médaille.  Mais pas entendu l'hymne national.  Et puis son nom ne sonnait pas belge, une fois.  Ah ben c'était la médaille de bronze, je pige mieux.  J'ai donc attendu la médaillée d'or.  Elle est arrivée, fut médaillée, bisouillée, fleurie.  Mais toujours pas de musique, que diable.  C'est quoi ce beans ?  ou ce binz ?  (comment ça s'écrit donc !)

Quand soudain, j'ai vu monter trois drapeaux, dont celui de mon pays chéri.  Et la musique s'est enfin fait entendre. 

Et bien croyez-le ou pas, j'ignore tout des JO, le sport me laisse indifférente, mais ce petit moment de chauvinisme m'a mis la larme à l'œil.

Je vous le disais, l'heure est grave.

18:45 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

20
aoû

Je ne suis pas une statistique

 

S'il y a bien un mot que j'entends très souvent dans ma morne petite existence, c'est celui-ci : « statistiquement ».

Parce que j'ai eu la mauvaise idée d'attraper une sale maladie : la phobie.  L'avionophobie.  La grandoiseaudemétallophobie.  Bref, la peur de l'avion (pas moyen de trouver le terme sur le net, les phobies étant classées par ordre alphabétique et non par objet de la phobie, bizarre autant qu'étrange).

Ainsi, depuis que j'ai peur, soit depuis une dizaine d'années seulement (y a-t-il un psy dans le cockpit ?), on me bassine régulièrement, savoir à chaque fois que je dis que je ne monte pas dans ces engins diaboliques, avec des phrases commençant systématiquement par « statistiquement... ».  « Statistiquement, l'avion est le moyen de transport le plus sûr », « statistiquement, tu as peu de chance de mourir dans un crash », « statistiquement, la voiture est bien plus dangereuse ».  Et patati et patata.

Au début, j'argumentais.  Puis je me suis lassée, à force.  A l'occasion, je tente d'expliquer qu'une phobie est par définition non basée sur des statistiques, qu'elle est viscérale et incontrôlable.  Mais en général, j'acquiesce, d'un air qui signifie « je sais, je suis pathétique, malgré les statistiques ».

Et ça me saoule.  Mais ça me saoule.  Y'a des baffes qui devraient se perdre.

Il y a cependant certains jours, très rares, fort heureusement, où je pourrais sans risque exposer ma phobie, en long et en large.  Des jours où on me regarderait d'un air compréhensif, et non accusateur, pour changer.  Des jours où personne ne me parlerait statistiques.  Des jours où personne n'oserait même les évoquer, ces fameuses statistiques.

Des jours comme aujourd'hui.

Des jours tristes.

Des jours où, d'un coup d'un seul, des tas de vies humaines se volatilisent.  Explosent.  D'un coup d'un seul.  Un coup du sort.  Un coup du destin.  Un coup à faire pâlir les statistiques.

Des vies qui n'étaient pas des statistiques, elles.

19:39 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (12) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |