15
jan

Choisir

rubanrose
Elles étaient six.  Six soeurs.  Elles vivent dans le Sud de la France, là oùsqu'on crée des parfums.  Une famille heureuse.  Tout simplement.

Un jour, la cinquième d'entre elles tombe malade.  Cancer.  Seins ou ovaires, voire les deux, je ne m'en souviens plus.  Mais elle est malade, et c'est grave.  La quatrième suit le même chemin.  Puis trois autres encore.  Une seule survivante.  Une seule échappe à ce qui semble être une malédiction familiale.  Leur mère avait été frappée également, leur tante, leur grand-mère.

Une malédiction qui a changé de nom grâce aux progrès de la médecine, pour devenir une prédisposition génétique.  Héréditaire.  Pour les filles atteintes de ce vilain pas beau mesquin gène, cela signifie 70 % de "chances" d'être atteintes du même mal au cours de leur vie.  Mais pas en fin de vie.  Presque là où elle commence, leur vie : à la trentaine. 

70 % de "chances".

Comment vivre avec cette épée de Damoclès au-dessus de sa tête, lorsqu'on est née fille dans cette famille ?

Agnès était l'une des six.  Elle est décédée en 1999.  Elle n'aura pas vu l'an 2000.  Mais ses trois filles l'ont vu.

Trois filles.

La malédiction va-t-elle continuer ?

Se pose alors tellement de choix pour ses filles, qui ont la chance que n'ont pas eue leurs aïeules : savoir, comprendre, prévenir plutôt que tenter de guérir.  Faire un test génétique.  Et si elles sont porteuses de la malédiction génétique : agir.  Enlever.  Tout, ou presque.  Ovaires.  Seins.

Premier choix donc : faire le test ou pas.  Savoir ou pas.  Vivre dans la crainte d'être atteinte de la malédiction.  Ou vivre dans l'espoir de ne pas l'être.  Vivre sans savoir.  Ou vivre en sachant.  Soulagement ou angoisse permanente.

Sur les trois soeurs.  Deux ont fait le test.  L'une est atteinte, l'autre pas.  L'une a deux fils, l'autre deux filles.  Le vilain destin a cependant voulu que celle qui soit atteinte soit celle qui ait des filles.  Qui courent dès lors le même risque.  Et c'est reparti pour un tour de manège.  La troisième soeur se tâte encore, à l'aube de sa trentaine.  On la sent cependant prête.  A savoir.  A agir.

Second choix : agir ou pas.  Laisser faire le destin, attendre d'être victime, ou pas, des 70 %.  Ou tout enlever, pour réduire drastiquement le risque.  Un choix crucial mais ô combien difficile.  Un choix que l'on sent influencé par la présence enfantine : peut-on courir un tel risque de ne pas voir grandir ses enfants ?

Dernier choix : faire des enfants ou pas, en sachant que la malédiction se transmet de mère en fille.  Elles ont toutes fait ce choix.  Choisir la vie.  Avancer.  Coûte que coûte.  Advienne que pourra.

Les progrès, pour elles, sont une bénédiction.  Leurs filles, si elles sont atteintes du mal, pourront procéder à une sélection embryonnaire, afin que cesse à tout jamais cette malédiction et qu'elles ne la transmettent plus.

Enfin.

"La vie à tout prix". Vu sur Arte.  40 minutes de la vie de ces femmes.  Bouleversant. 

08:15 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (10) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

13
jan

Les orchidées, Mostek et moi…

J'ignore ce qui se passe entre moi et les orchidées, mais elles ne me portent pas chance.

Enfin c'est plutôt moi qui ne leur porte pas chance, pour être honnête.

Souviendez-vous, je l'ai évoqué récemment.  En entrant dans un restaurant chinois situé tout tout près de l'Acinapolis (le big méga complexe cinématographique de ma ville), j'ai soudain chaud.  J'enlève immédiatement ma si cholie écharpe Strelli toute belle toute rose toute nouvelle, d'un geste totalement anti-féminin, d'un geste brusque, d'un geste d'une violence inouïe.  Ladite écharpe, dans son vol, rencontre sur son passage une pauvre orchidée aussi rose et la fait fortement vaciller.  L'orchidée résiste, fort heureusement, comme le roseau qui plie mais ne rompt pas, et se retrouve à l'horizontale.  De la terre (enfin de la terre d'orchidée, savoir un genre de truc en bois compact indéfinissable) jaillit du pot et atterrit sur le sol.  Je me précipite pour remettre la fleur à la verticale, tente de faire disparaître la terre, et continue ma route, joues aussi roses que mon écharpe et la pauvre orchidée.  Surgit alors la propriétaire des lieux, aux yeux aussi bridés que son sourire est hargneux.  Elle se précipite sur l'orchidée, la cajole, la console, lui débite un tas d'insultes mon égard, dans un langage dont j'ignore tout.  Je me rapproche, me confonds en excuses, qui ne récoltent qu'un regard noir et un mutisme absolu en retour.  Penaude, je rejoins ma table, que je ne quitterai plus, de peur de commettre une nouvelle gaffe.

Fin de l'acte un.

Début de l'acte deux.

Quelques jours plus tard.  Au bureau.  En préambule, je me dois de vous dire que j'ai au bureau un montage floral reçu lors d'une big méga fiesta, un an plus tôt.  Il se compose d'une fougère, d'un lierre défunt, d'un kalanchoé (qui fait, selon moi, partie des plantes les plus moches de toute l'histoire végétale de la planète - déjà, son nom est moche et impossible à écrire - mais c'est pas passqu'on est moche qu'on n'a pas droit à sa dose d'amour, ma bonne Dame), d'une orchidée et d'un bout de branche ayant servi de tuteur à ladite orchidée, lorsqu'elle était en fleur.  Depuis sa première floraison, cette petite orchidée était en grève, jusqu'à ce qu'un beau jour je remarquai (je déteste utiliser le passé simple) quelques boutons.  Au même moment, l'horrible kalanchoé s'était étendu, telle une mygale tissant sa toile, pour fleurir, lui aussi.

Tout était donc parfait : quelques fleurs roses (jolies, il faut le reconnaître, même si un peu ... « hautes » - cf photo) et trois boutons d'orchidée laissant présager une floraison pour très bientôt.

Lorsque, soudain, quelques jours plus tard donc, un beau matin Mostek s'approche desdits boutons encore tout petits, les scrute, les inspecte, les admire, les regarde encore et encore et encore et encore.  Puis s'exclame « il lui faudrait un tuteur, à ton orchidée, regarde comme elle pousse... »  In fact, elle pousse à l'horizontale, ou presque.  Et alors, qu'importe, l'essentiel est qu'elle pousse. 

Pour moi.

Pas pour Mostek, qui entreprend de la redresser.  Pendant que je vaque à mes occupations professionnelles, elle entreprend tant et tant de fois de remettre la branche à la verticale qu'arriva ce qui devait arriver (tirade que j'emprunte exceptionnellement à Bob) : j'entends un petit « crac », suivi d'un gros « oups » et d'un énorme râle de désespoir.  Je lève aussitôt les yeux pour découvrir ma branche d'orchidée et ses trois boutons mignons laissant présager une floraison rapide, intacts, tout brillants tout beaux... mais dans la main de Mostek.

Exit la floraison rapprochée. 

Fin de l'acte deux.

Morale de l'histoire : si une orchidée est à l'horizontale, c'est qu'elle a de bonnes raisons de l'être.  Qu'on se le dise.

Si j'ajoute à ces expériences le fait qu'aucune orchidée, à ce jour (à part une, l'exception qui confirme la règle) n'a jamais jamais jamais refleuri dans mon humble demeure, la conclusion est vite tirée : les orchidées et moi, c'est une grande histoire d'amour impossible. 

Un peu comme la chanson : « un petit poisson un petit oiseau s'aimaient d'amour tendre, mais comment s'y prendre, quand on est là-haut / dans l'eau ».

Cela dit, et pour rassurer Mostek qui ne se remet toujours pas du traumatisme intense qu'elle m'a causé, il me reste une jolie fougère d'amour (les fans de « Comment se faire larguer en 10 leçons / how to lose a guy in ten days » comprendront), un kalanchoé moche mais qui mérite de l'amour et une branche solitaire, sans oublier trois feuilles d'orchidée.

Photo ?  Photo... Admirez au passage la cholie vue sur sapin enneigé.  Que du bonheur que mon bureau.

(Au fait, et vous, main verte ou main maladroite ?)

vue

08:15 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (10) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

22
déc

le hasard...

Ça vous arrive parfois d'avoir l'impression que le hasard vous joue des tours ?

Je suis en train de relire quelques billets pour mon blog.  La TV bourdonne en arrière-plan.  Au moment même où j'entends à la TV « maigre consolation », je le lis sur un de mes billets.

Je lis un bouquin.  Toujours à la TV, j'entends parler de « fesses ».  Et sur la page du livre, ce mot apparaît trois fois.

Je lis un blog où l'auteure explique qu'elle a « mis un terme à une relation ».  Et Delarue, dans la TV, questionne son invité « avez-vous mis un terme à la relation » ?

Je discute d'une fête improvisée, et à la TV, un animateur précise « y'a rien de tel que les fêtes improvisées ».

Je m'apprête à commenter un billet qui parle de « Versailles », tandis que le présentateur du journal me parle du « SRPJ de Versailles ».

Et je pourrais vous en citer encore des dizaines et des dizaines.  Statistiquement, combien y a-t-il de chances qu'un mot ou une expression de la langue française apparaisse à la fois sur mon PC, que ce soit sur mon blog, sur un autre blog, sur un site ou sur un mail que je reçois et à la TV ou dans un livre ?  Peu.

Alors ça me sidère toujours, et je me demande comment je dois le prendre : un message subliminal ?  Un signe divin ?  Ou une bête coïncidence ?

Ça vous arrive aussi, ce genre de chose ?

 

06:45 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (10) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

17
nov

Existe-t-il des poupées vaudous contre les sacs ?

 

C'est la question que je me pose depuis aujourd'hui, d'une part parce que le seul billet jamais écrit sur les poupées vaudous me vaut encore des mails demandant de l'aide pour tuer un ennemi juré, un ex ou une belle-mère vilaine pas belle, d'autre part parce que je suis sûre qu'on a jeté un sort à mon sac Hello Kitty.

C'est un magnifique sac cabas d'un beau rose fuchsia, orné d'une jolie Hello Kitty rose pâle.  De quoi ne pas passer inaperçue, mais je l'adore.  En l'achetant, j'avais repéré l'étiquette qui stipulait de ne pas laver, sous peine de voir disparaître petit à petit Hello Kitty.  En général, je n'achète pas ce qui ne se lave pas, mais je me suis dit que du rose fuchsia, c'était suffisamment foncé pour ne pas se salir trop rapidement.

Si j'avais su.

A peine une semaine après l'achat, j'ai constaté une énorme tache foncée et grasse dans le fond du cabas.  J'ai plongé la main à l'intérieur, pour tenter de déceler son origine.  Mal m'en a pris, car j'ai immédiatement ressorti ma main, toute gluante et recouverte d'une substance d'un blanc-jaune mayonnaise.  Et pour cause, un mini-pot de mayonnaise récupéré chez Quick avait explosé dans le fond du sac, sous la pression de tout ce que j'y fourre.

J'ai donc nettoyé tant bien que mal le fond du cabas, en le laissant tremper dans de l'eau savonneuse, sans que le niveau atteigne Hello Kitty.  Résultat : plus de gras, mais une auréole qui ne part pas.

Aujourd'hui, toujours munie de mon sac taché, je m'installe dans le bus et je bouquine, sac sur les genoux.  En descendant du bus, je sens quelque chose d'humide sur ma cuisse.  Je tâte, je palpe, mais ne trouve rien.  Je pense alors à passer la main sous mon sac, au cas zoù je l'aurais déposé par inadvertance dans une flaque ou une crotte de doberman.  Je retire immédiatement ma main, toute gluante et recouverte d'une substance transparente et gluante.  Petit air de déjà vu.  Je scrute le fond de mon sac, qui est trempé et d'une couleur orange.  Je songe alors au livre que je dévore actuellement, sur lequel j'avais remarqué une grosse tache orange à l'origine inconnue.  Je regarde à l'intérieur de mon sac, et je réalise l'horreur.  Le drame.  La catastrophe catastrophiquement catastrophique.

Et je me souviens...

Il y a plus d'un mois, dans un élan de « mange sainement, cinq fois par jour des fruits et légumes frais », j'ai emporté une pêche.  Et je l'ai oubliée.  Dans le fond du sac.  La pauvre.

Savez-vous à quoi ressemble une pêche oubliée un mois dans un sac ?  Mieux vaut que vous ne le sachiez pas.  Une compote poilue.  Saisir la pêche fut un exploit, tant elle se désagrégeait.  Je n'en suis toujours pas remise.

Morale de l'histoire : ce sac est maudit, c'est clair et net.  Poupée vaudou, je vous dis.

Seconde morale : les fruits, c'est pas toujours bon pour la santé.

Et une illu de Flo, que je remercie.

kittypt

06:00 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (7) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

1
nov

Halloweeeeeen

Avec quelques heures de retard, une petite illu de Marguerite pour vous souhaiter un joyeux Halloween.  Attention, ça fait peur, je vous aurai préviendus...

 

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bouh

10:15 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |