19
jui

Vous voulez voir 36 chandelles ?

... enfin plutôt 56 étoiles ?

Kimberlizez-vous sur ce site...

Comment, vous ne connaissez pas l'histoire de Kimberley, une Belge très... très... bon allez je n'ose pas exprimer ce que je pense, qui soi-disant avait demandé 3 étoiles à un tatoueur, se serait endormie et réveillée avec 56 étoiles sur la moitié du visage.  Elle porte plainte et les photos de sa charmante famille ont été diffusées partout, TV, net, journaux...

Aux dernières nouvelles, ce site pour se Kimberlizer a été créé en avril, alors que la Kimberley a été tatouée dimanche... cherchez l'erreur...

21:55 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (7) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

18
jui

Drôle de mails...

J'ai reçu un mail stupéfiant.  Bon, j'ai bien l'habitude des "vous avez gagné un milliard d'euros et plus si affinités".  Mais ici, le mail m'offrait d'acheter de la "poudre blanche".  C'est cela oui...

Et puis j'ai reçu plusieurs fois un mail me proposait d'adopter "un perroquet gris du Gabon".

Alors je vous le demande, y a-t-il un lien ?  "Perroquet gris du Gabon" est-il un code secret signifiant tout autre chose qu'un petit (grand ?) volatile amateur de graines de tournesol ?

07:42 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

21
mai

Alzheim… quoi ?

J'en étais restée au temps où la maladie d'Alzheimer ne se détectait qu'après le décès, moyennant découpe et culture du cerveau.

Je découvre qu'on peut maintenant déceler les traces de la maladie via un scanner, mais, surtout, qu'on peut en prévenir les risques.

Moi sur qui règne en permanence le spectre de cette maladie, laquelle a fait irruption un jour dans ma vie pour laisser des traces indélébiles (waw je parle bien, merci de verser une larme sur cette tranche de ma vie que je voudrais oublier... euh, oublier est-il le mot adéquat ?), les possibilités de prévention m'intéressent fortement. 

Je me plonge donc dans la lecture d'un article hautement scientifique publié par un magazine féminin.

Quels sont les facteurs préparant un terrain propice à la maladie ?

L'alcoolisme

L'hypertension

L'hypercholestérolémie

L'excès de sucre et de gras dans l'alimentation

Le manque d'absorption de fruits et légumes

Le manque d'exercice physique

Pitié, je vais aller dans mon lit, Seigneur, faites que demain j'ai définitivement oublié ces conseils totalement en désaccord avec mon train de vie.  Quoique, avoir oublié ne serait-il pas un mauvais présage ?  De toute façon je suis foutue.  Amen.

06:45 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

19
mai

La recette du dimanche parfait

Je croyais haïr les dimanches.  Je croyais avoir tout vécu des dimanches sordides : la pluie qui tambourine à la porte, le froid qui glace les orteils, la solitude exacerbée, la boulangerie fermée, 7dimanche en grève, du temps oùsque j'écrivais pour eux.  Mais je n'avais rien vécu.

Car le dimanche sordide, ça y est, je l'ai vécu.

Tout commence comme un conte de fées.  Le soleil brille, les oiseaux chantent, la journée s'annonce radieuse.  Je me fais belle comme un cœur (un gros cœur bien gras bien rond bien lourd, mais un cœur tout de même), je mets ma petite robe achetée pour ma big soirée de luxe et jamais mise, mes nouvelles chaussures à talons qui me font un mal de chien que c'est pas possible de créer de tels instruments de torture au 21e siècle, et je m'en vais vers mon destin.

Un repas festif, tel est mon destin en ce dimanche qui commence comme un conte de fées.

Dès mon arrivée, mon destin bascule.  J'ai droit à la réflexion qui tue « ne le prends pas mal, mais, Anaïs chériiiie, mais ce ... te vieillit ».  Je n'ai pas compris ce qui me donne un look troisième âge, je n'insiste pas et hoche la tête.  Je me sens rougir jusqu'à la pointe des ongles. 

L'enfer commence.

Keski me vieillit comme ça ?  J'en suis à un âge où je commence à craindre l'arrivée du premier cheveu blanc, à surveiller mes ridules qui deviennent lentement (mais inexorablement) des cratères.  Alors si quelque chose me vieillit, je dois savoir quoi.  Mes cheveux ?  Ma nouvelle robe ?  Mes chaussures de torture ?  Mes jambes rasées mais néanmoins style grenouille famélique ?  Mon bide rasé mais néanmoins omniprésent ?  Pas moyen d'oublier cette petite réflexion.  J'ai la rancune tenace.  Bien envie de rayer cette personne de ma vie, non mais, on ne critique pas Anaïs impunément.

L'enfer continue.

Je suis entourée de couples.  Couples heureux ou malheureux, qu'importe, ça donne un amalgame de binomes.  Et moi.  Seule.  Apéritif.  « A nos amours », s'écrie l'un des convives, tendant son verre vers les autres.  Puis il me regarde, l'air anxieux, comme s'il avait dit une bêtise.  Et d'ajouter « Enfin toi, ça sera pour cette année, ça va de soi ».  Ben voyons.  Je rougis jusqu'à la racine non blanchie de mes cheveux.  Parce qu'ils me connaissent tous depuis longtemps.  Et ils ne m'ont quasi jamais vue en compagnie masculine (keske j'en peux moi, si les hommes me larguent avant les réceptions, les réveillons, la Saint-Valentin et tutti quanti).

L'enfer persiste et signe.

Les discussions vont train, quand soudain, me voilà à nouveau au centre des débats : « Quand Anaïs va-t-elle nous présenter un petit fiancé ?  Hein ?  Quand ?  Allez, Anaïs ?  Tu ne nous caches rien ?  Quand est-ce qu'on verra ton chéri ? »  Et que j'en remette une couche, et que j'insiste lourdement.    Moi, je suis plus rouge que rouge, je suis quasiment bordeaux.  Je sais que si je réagis agressivement, je vais avoir droit à « m'enfin on rigoooooooooooooooole » ou à «  c'est passqu'on s'inquiète pour toi, on veut juste ton bonheur » ou enfin à « ouch sois pas si susceptiiiiip', on comprend que tu sois seule, avec un tel caractère »...  Et la bouche est bouclée.

Alors je bois.  Pour oublier tout ça.  Pour tenir durant plusieurs heures.  Pour tenter d'être de bonne humeur.

Et je suis au milieu d'eux.  Je suis entourée de gens qui m'apprécient, mais le manifestent tellement mal.  Et je me sens seule.  Plus seule qu'au pire moment de mes instants de solitude.  Me sentir seule chez moi, lorsque je suis effectivement seule, ça m'arrive.  Pas très souvent.  Mais il n'y a rien de pire que de ressentir cette si profonde solitude qu'en étant au milieu de tellement de gens.  Une énorme envie de me réfugier dans des bras aimés et aimants.  Tout simplement.  Et eux, ils ne le voient pas.  Ils ne réalisent pas l'impact de leurs mots sur moi.  Il me faudra du temps, énormément de temps, pour oublier cette journée, que tous ont qualifié de merveilleuse.  Et qui me laisse un goût d'acidité en bouche.

L'enfer est toujours là.

06:45 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (10) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

11
mai

Chronique d’une mort annoncée

Les mots sont tombés très tôt ce 31 mars : « c'est pour aujourd'hui, c'est la fin, venez ».  Le cerveau est déjà parti, ont-ils dit.  Reste le corps.  Rien que le corps.  Comme s'il fallait mourir deux fois.  Etrangement, je n'avais pas compris jusqu'à ce jour, pourquoi les gens usaient de subterfuges pour parler de la mort (il est parti, c'est fini, il s'en est allé, il nous a quittés, c'est terminé).  Aujourd'hui, je comprends enfin.

C'est l'aube et les portes de l'USI s'ouvrent.  En dehors des heures d'ouverture, si strictes.  A circonstances exceptionnelles, ouverture exceptionnelle. 

J'ai l'impression que ça fait des siècles que je visite ce service glacial et inhumain, jour après jour après jour après jour.  Cinq jours seulement.  Cinq siècles, dans mon esprit.

La chambre est pleine de soleil.  La journée va être printanière.  Estivale, même.  Je me demande si c'est mieux de mourir sous le soleil ou sous la pluie ?  Question idiote.

Et l'attente commence. 

Elle durera quinze heures.

Le personnel, soudainement devenu humain, nous a préparé chaises et café. 

Et j'attends.  J'attends quoi ?  Difficile à dire.  Un miracle qui ne viendra pas.  Que le temps passe.  Qu'arrive la mort, pourtant si peu souhaitée.  Paradoxe de ce genre de situation : être là, durant des heures, à attendre un événement qu'on voudrait éviter à tout prix.  Mais être là.  C'est important.

Le temps ne passe pas vite.  Les bips stridents du moniteur me font sursauter.  Des noms apparaissent sans cesse : ceux des autres patients en alerte.  Irrespect total de la confidentialité qui fait que je connais tous les compagnons du service, du moins leur nom.  Et même un peu leurs pathologies, à force de voir surgir ces alertes incessantes.  Je ne quitte plus ce moniteur des yeux, ça vire à l'obsession.

Le soleil est toujours là, fidèle compagnon.

J'ai faim.  Est-ce normal d'avoir faim en de telles circonstances ?  Mon estomac a faim.  Mon cerveau pas trop.  Mais mon estomac continue son petit bonhomme de chemin, et j'ai faim.  Tout cela sans quitter le moniteur des yeux.  C'est irréel.  Totalement irréel.  Comme un mauvais rêve dont je vais me réveiller.

Je scrute encore et encore ce fameux moniteur.  Seules coupures de cette journée hors du temps : les pauses pipis.  Pas de bol, les toilettes sont en dehors du service, lequel est fermé par une porte ornée d'une sonnette.  Bol absolu, un problème technique a bloqué les portes.  A toute chose malheur est bon, dit-on.  bof. 

Pour changer du moniteur, je me lance dans la contemplation d'une poche à urine, vide, qui traîne dans un coin de la chambre.  Fou comme c'est complexe ce genre de matos.  Gradué de toutes parts.  Au millilitre près.  Ça c'est du bon matos ma bonne dame.  Et je passe mon temps à compter les graduations.

Puis j'analyse le moniteur.

Puis je compte les vis du lit.  Je les compte et les recompte.  Y'en a cinq, puis quatre.  Cinq, puis quatre.  Cinq, puis quatre.

Retour sur le moniteur.

Pause pipi.  Le soleil est là.  Le moniteur continue ses bips. 

L'air conditionné fait des siennes et nous envoie une pluie de « nounous ».  De peluches.  Pas des ours en peluches, non, des peluches grisâtres.  De la poussière accumulée depuis des années, qui retombe en fine neige.  Il neige dans cette chambre ensoleillée.

A intervalles régulières, les infirmières viennent faire leur boulot.  Je les sens mal à l'aise.  Elles posent leurs gestes techniques, sans oser regarder ailleurs.  Notre présence est étrange pour elles, habituées à leurs deux fois une demi-heure de visites par jour. 

Le soleil est maintenant totalement entré dans la chambre.  Il se mêle à la neige qui tombe encore.  Ça semble magique, écrit comme ça.  Ce n'est pas magique.

Les heures passent.  Attente.  Compter les vis.  Analyser la poche à urine.  Boire un verre d'eau.  Pipi.  Regarder encore et encore ce moniteur.  Rire, parfois.  Manger, un peu.  Penser, en permanence.  Regretter, déjà.  Espérer un miracle, ben quoi, les miracles sont censés arriver quand il n'y a plus aucun espoir non ?

Le soleil est parti se coucher.  Les infirmières de jour aussi.  Celles de nuit les ont remplacées.  Le moniteur s'est stabilisé.  Au point qu'on pourrait penser que l'horloge s'est arrêtée à tout jamais, que nous sommes hors du temps.  Que tout s'est arrêté.  Que ce n'est pas la vraie vie.  Que je vais me réveiller.  Qu'il va se réveiller et se moquer : « je vous ai bien eus, poisson d'avril, allez, on va boire un coup à ma santé ».

Puis, après ces quinze heures presque figées, tout se précipite.  Pourquoi ?  Impossible à savoir.  Pas par une volonté divine en tout cas.  Une simple volonté médicale, un peu comme on provoque un accouchement pour partir à l'heure en week-end à Deauville.  Un ordre donné pour une raison inconnue.  Pour avoir la paix.  Ça a assez duré.  Il est temps d'en finir.  Doses de médicaments décuplées, dose létale ça s'appelle, et en une demi-heure à peine, le moniteur s'affole.  Puis il se tait.  Pas de « tuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuu » comme dans les séries américaines.  Rien qu'un silence.  Et un respirateur qui continue à bosser, envers et contre tout, malgré la mort, parce qu'une infirmière n'a même pas songé à l'arrêter... 

Il est 23 heures 50 ce 31 mars.  Le médecin ne passera qu'après minuit. Déclarer le décès, comme on dit.  1er avril. 

Et moi, de me demander : mourir sur deux jours, est-ce mourir deux fois ?

Tout est fini.  Tout commence.  Le pire commence.

 

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