20
mar

Mon Grey’s Anatomy à moi

Nonobstant (argh, ça fait du bien de le placer celui-là) mes soins quotidiens d'asthmatique, j'ai aussi chaque année mon petit contrôle bronchioli-pneumolo-stomacal.

Par Docteur Mamour himself.  

Après une flopée d'examens tous plus abominables les uns que les autres « souffleeeeeeeeeeeez fort, respireeeeeeeeeeeeeeeeez, NE respirez PLUUUUUUUUUUUUUUS, faites le petit chien, bloooooooooooooquez l'air », le tout à de nombreuses reprises, passque j'atteins pas le cap fatidique des 90 % (90 % de quoi, je l'ignore, on s'en moque, je n'atteins pas je n'atteins pas, le mal est fait), la faute à mes parents qui ont fumé toute mon enfance et ont ainsi bousillé la vie de 10 % de mes pôôôôvres poumons déjà encrassés, bref après tout ça, je rencontre enfin l'objet de tous mes fantasmes.

Docteur Mamour.  Le mien.  Aussi beau que celui de Grey's Anatomy.  Quasi plus beau.  Beau comme un dieu.  Gentil comme le Prince, serviable comme Cendrillon, drôle comme Gus.  Je sais je sais, je suis fort dans les contes de fées pour le moment.  Donc un médecin beau-gentil-serviable-drôle, j'appelle ça Docteur Mamour.

Il prend des nouvelles de ma langue maintenant mondialement célèbre (rappelez-vous, elle fut prise en photo et diffusée aux quatre coins du globe  - comment peut-il y avoir quatre coins sur une grosse balle bleue, je l'ignore encore).

Il analyse ensuite les résultats des tests décrits ci-dessus.

Puis, le verdict tombe.

Dramatiquement dramatique.

Implacablement implacable.

Sinistrement sinistre.

Définitivement définitif.

Désespérément désespérant.

TOUT VA BIEN !

Tout va très bien.  « Reviens dans dix-huit mois ».

Aaaaaaaaaaaaaaaargh.  Huit mois.  Je vais mourir, me liquéfier d'amour, me consumer de solitude, souffrir d'un manque extrême et caractérisé.

Comme s'il décelait mon désarroi, il ajoute « j'ai toujours beaucoup de plaisir à te voir, mais il va falloir attendre ».  C'est un signe non, hein que c'est un signe.  C'est une déclaration non, hein que c'est une déclaration.

Troublée par cet amour naissant entre nous (et surtout par un besoin très très pressant), je m'en vais, oubliant de passer à la caisse.

Combien de temps avant l'exploit d'huissier ?

Illu de Titoun

souris+gus

 

06:30 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

17
mar

Séquence télé déprime

 

Chais pas ce qui se passe en ce moment à la télé, si c'est voulu ou si c'est moi qui tombe systématiquement sur ce genre d'émissions, mais j'arrête pas de déprimer en regardant des émissions passionnantes mais ô combien tristes :

Une émission sur la prostitution occasionnelle, d'étudiantes, de cinquantenaires fauchées, d'hommes.  Occasionnelle... mais bel et bien là.  Milieu social difficile, manque d'argent, maladie.  Drôles de vies.  Impossible à assumer mais impossible à quitter.  Ça fout les boules.

Une émission sur la maltraitance enfantine.  Bébé secoué.  Petite fille touchée par un pédophile récidiviste.  Adolescent ayant vécu deux ans de tortures et sévices multiples par son ... géniteur, tandis que sa mère se battait pour l'en sortir.  Ça fout les boules.

Une émission sur les travailleurs précaires qui font tout pour s'en sortir et ne pas sombrer.  Petits boulots, sombres boulots, difficiles boulots.  Ça fout les boules.

Une émission sur le racket.  D'étudiants traumatisés et terrorisés.  D'entreprises françaises tombant en faillite car dépouillée par des vilains.  D'une femme ruinée par son ex et sa pression odieuse.  Ça fout les boules.

Une émission sur l'enfermement.  La séquestration par son propre conjoint.  Par son géniteur et tortionnaire, encore.  La prise d'otage dans un avion ou une école.  La peur.  Le stress.  Ça fout les boules.

Une émission sur les mères qui n'aiment pas leurs enfants, au point de le leur faire payer.  Coups et blessures.  Torture psychologique aussi.  Certaines, conscientes, se sont délibérément dénoncées.  Ça fout les boules.

Une émission sur Annie Girardot.  Sa maladie si répandue et pourtant si méconnue.  La disparition de tout ce qui a fait sa vie de sa mémoire.  Annie Girardot est la seule à ne plus savoir qu'elle EST Annie Girardot.  Ça fout les boules.

Et finalement, une émission sur le cancer, bientôt première cause de mortalité en Belgique.  Je zappe.  Ça fout trop les boules.

06:45 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

8
mar

Journée de la femme

A l'occasion de la journée de la femme, j'ai décidé de m'octroyer une journée de repos : ce dimanche, on ne lira pas au lit, vu que j'ai parlé livre vendredi.  Ce dimanche je n'écrirai rien.  Ce dimanche, je vous fais découvrir un teste de Hugues le Nounours, libre adaptation d'un autre texte.  Cette adaptation m'a énormément touchée, parce qu'elle est tellement et horriblement réaliste.  Parce que la femme n'est pas que ça.  Mais parce que la femme est parfois ça.  Merci Hugues pour ton autorisation de reproduction.

« Elle est un objet. De désir. De convoitise.
Elle est une chose. De trop. Qui emmerde !
Elle est une conquête. A consommer. A consumer.
Elle est bonne. A rien. A prendre.
Elle est un matériel. De discorde. Un trophée. Une vitrine.
Elle est un boulet. Et même pas déclarée canon. Mieux vaut peut-être pas, d'ailleurs.
Elle est un sac de sable. Qui prend des coups. De poing. De bite. De batte, s'il le faut.
Elle est une marchandise. De luxe. De transaction. Qui n'a pas le droit à l'auto-détermination.
Elle est un trou. Qui engouffre le malheur du monde. Pour mieux le cacher.
Elle est une prise de guerre. Violée et sans droits. Là-bas, au loin. Et puis plus près. Parfois trop près.
Elle est une matière. Première. Et la dernière des salopes.
Elle est un résultat. De 15 bières. D'une équipe de foot qui a perdu. Ou gagné.
Elle est défigurée. De tristesse. Par des ecchymoses. Ou par l'acide.
Elle est battue. Ou abattue. Pas son partenaire. Ou par son ex. Parfois par ses frères ou son père. Plus rarement, parfois par sa mère.
Elle est morte. De honte. De peur. Parfois tout court.
Elle est enceinte. D'une fille qui ne naîtra pas. Parce qu'un garçon, c'est mieux. Et moins cher.
Elle est une dote à fournir. Et sinon elle s'occupera de ses géniteurs plus tard.
Elle est une cage. Qui donne la vie. Et reçoit la mort.
Elle est un asile. Pour fous. Pour furieux. Tant et si bien que l'on ne voit qu'elle dedans.
Elle est un port. Où l'on vient mouiller ! Où l'on s'abreuve ! Et comme les ports ne manquent pas...
Elle est une porte. Des cuisses que l'on ouvre. Et que l'on ne referme même pas pour le suivant.
Elle est un corps. Des jambes. Un sexe. Des seins. Une bouche. Le reste... basta.
Elle est un sexe. Bourré. Envahi. Violé. Excisé. Mutilé.
Elle est un sexe. Cousu. Et qui hurle sa douleur. Et son manque de choix. D'alternatives.
Elle est un sexe. Le beau parait-il. Le faible, surtout.
Elle est une femme sur deux. Et un homme sur deux.
Elle est femme.
Elle est !!! »

 

06:30 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

27
fév

Une histoire de lemmings

 

Les lemmings, vous connaissez ?

Ben moi pas.  Pas du tout.  Jamais entendu parler.  Pourtant, je m'y connais un peu en bestioles genre rats, hamsters et autres souris blanches.

D'ailleurs en parlant de rats, je me suis pris un délire monstrueux dans un magasin animalier où je me trouvais avec ma filleule récemment : une demi-heure à observer une famille de rats (enfin, j'en déduis que c'était une famille, vu que y'avait un gros rat et plein de plus petits, cinq ou six, voire sept).  Les pauvres étaient contraints de se serrer comme des sardines anorexiques dans une minuscule maison faites pour deux rats maximum.  A se demander comme ils ne s'étouffaient pas les uns les autres.  Leur ballet permanent, j'entre je sors, je rentre je ressors, pousse-toi de là que je m'y mette, nan c'est ma place, tu m'écrases avec ta patte, et ma  patte à moi tu la veux...  Démentiellement démentiel.  Ça faisait longtemps que j'avais plus tant ri.

Mais on n'est pas ici pour parler rats, mais pour parler lemmings.

Les lemmings dont j'ignorais tout.

Et la question que je vous pose est la suivante : combien de chances avais-je d'entendre parler de ces bébêtes DEUX FOIS sur une seule journée, savoir ce jeudi 26 février.  Combien de chances hein ?  Aucune.

A l'aube donc, alors que le soleil fait encore dodo, j'arrive au bureau et, comme chaque matin, rituel aussi immuable que le cacao glacé et la lecture des mails professionnels aussi soporifiques qu'un coup de batte de baseball, je tourne la page de mon calendrier « 365 idées reçues ».  J'aime ce genre de calendrier.  L'an dernier, j'ai eu 365 jours du chat de Geluck.  Cette année ce sont les idées reçues, histoire d'être un peu moins conne chaque jour (sauf qu'à peine lue, l'idée reçue est oubliée, vu que je suis, à l'instant où je vous écris de mon canapé douillet, incapable de vous en donner quelques unes, rhaaaa, j'ai beau me creuser la tête et le neurone orphelin, rien de rien de rien).

Donc, l'idée reçue du jour « le lemming ne se suicide pas ».  Hein ?  Kekseksa le lemming ?  Je lis le texte à gauche de la photo d'un adorable rongeur (enfin ça ressemble à un rongeur) et j'apprends que si les lemmings tombent par dizaine des falaises à certains moments de l'année, c'est à cause de la promiscuité : sont tellement nombreux et stressés que paf, ils tombent.  Mais point de suicide.  Bon.  C'était l'idée reçue du jour.  J'aime bien car j'ai appris deux choses : l'existence des lemmings et le fait qu'ils ne sont pas si dépressifs qu'on le croit.  Double effet calendrier.

Ensuite, je rentre chez moi, et je me plonge dans les dernières pages de « un petit pas pour l'homme », livre dont je vous ai parlé dimanche.  Il me reste quinze pages. Dernier chapitre.  Chaque chapitre commence par une phase (les cinq phases du célibat).  Dernière phase : « phase dite du lemming qui se balance en bas de la falaise comme tous ses amis lemmings, prouvant ainsi qu'il n'a rien compris dans la phase 4 ».  Oui, bon, l'auteur n'a rien compris du pseudo-suicide des lemmings, mais avouez que c'est perturbant, non ?  Ah ben si, c'est perturbant de lire ainsi deux trucs sur un animal dont j'ignorais tout hier encore.  Un animal dont on parle somme toute rarement.  Très rarement.  Jamais.

Est-ce un signe qu'un lemming va bientôt faire irruption dans ma vie ?

Est-ce un signe que je dois me suicider ?

Est-ce un signe que je ne dois pas me suicider, car je suis un lemming réincarné ?

Oh bien sûr, c'est une histoire de hasard et de coïncidence, mais j'ai trouvé ça incroyablement incroyable.  Et comme d'hab, ce qui est incroyablement incroyable, je vous en parle.  Ça vous saoule ?  Tant pis, promis, je ferai mieux la prochaine fois...

lemming

06:45 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (8) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

23
jan

Vue sur Meuse… vue sur meurtres

J'ai d'abord cru à un accident de voiture.  Et vu que je regardais Armywives sur mon pc (très chouette), le son m'est apparu camouflé.  Lorsqu'il s'est reproduit, j'ai tout de même été intriguée : deux accidents de voiture ?  Puis, ça a continué, une troisième explosion.  Une violente explosion.   J'ai alors pensé à de vieux pétards du nouvel an, recyclés à l'occasion d'une fête.  A un pneu crevé.  A des ballons qui explosent.  A une maison qui explose.

J'ai coupé mon feuilleton et j'ai été à la fenêtre.  Chuis qu'un chouia curieuse (comme toute femme quoi), mais là c'était pas normal.

Fallait que je sache.

Et j'ai su.

Enfin j'ai vu.

Un feu d'artifice.

J'ignore pourquoi, j'ignore en quelle occasion.  A croire que ma ville a un budget phénoménal en matière de feu d'artifice, car on a quasi droit à un pestacle  par mois, voire deux en période festive.  Je déteste parler argent quand je parle feu d'artifice, passque j'aime tant ça, mais là, c'est limite de chez limite, d'autant que j'ai même pas été avertie, titchu, ma bonne Dame, est-ce bien raisonnap' ?

L'avantage de la vue sur Meuse, c'est la vue sur feu d'artifice.  Je me suis extasiée, bien au chaud derrière ma fenêtre.  C'était choli de chez choli, avec des mini explosions hyper colorées, mauves, vert fluo, roses, bleues, avec des anémones de mer qui donnent la larme à l'œil, avec un bruit dingue à chaque explosion, sans doute dû au vent violent qui souffle en ce moment (ce midi je me croyais à la mer du Nord), avec des sifflements stridents qui m'ont fait sursauter et avec un bouquet final super. 

Je sais toujours pas pourquoi un tel spectacle un vendredi 23 janvier à 18h30, mais soit, c'est ainsi, autant en profiter.

J'ai profité.

Puis j'ai allumé la TV et découvert la tuerie qui a eu lieu ce jour dans une crèche belge, un drame « à l'américaine », même si ce genre de choses arrive de plus en plus souvent de l'autre côté de la grande flaque : un forcené (c'est comme ça qu'on dit je pense, même si c'est plutôt, selon moi, un monstre) est entré dans une crèche et, maquillé en pierrot malintentionné (visage blanc, yeux noirs, ça me fait penser à un pierrot, mais c'est mon avis à moi rien qu'à moi), a poignardé tout ce qui se trouvait à sa portée.  Il a tué deux bébés et une puéricultrice qui tentait d'en sauver.  Il a blessé plein d'autres bout'choux qui n'ont sans doute rien compris.  Parce qu'il n'y a rien à comprendre, c'est clair.  Il paraît qu'encore maintenant, il rit au nez des policiers qui l'interrogent. 

Comment, après un si beau moment, découvrir une telle horreur.  Sur cette terre, la beauté côtoie en permanence l'immonde.

C'est ça la vie, et y'a des jours où je l'aime pas, la vie.

Et je n'ai qu'une chose à dire « pendez-le haut et court ».

 

20:28 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (13) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |