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Un mythe s’effondre

L'information est tombée récemment.  Mais je n'en suis toujours pas remise.  D'autant qu'elle est tombée sur ce blog, mon bébé, mon tout petit, mon mignonnet de bientôt trois ans (rhaaa on ne rajeunit pas ma bonne Dame).  Et sans préavis.  Sans un quelconque avertissement.  Tout de go.  Brute de pomme.  Vlan dans la gueule d'Anaïs.  Et que je te jette l'info au visage en commentaire, sans ménagement.  Et que je te balance tout ça dans la tronche, paf paf paf.

Le gruyère n'a pas de trou.

Le drame.  D'autant que l'info vient d'une Suisse(sse ?), et que j'en déduis qu'elle doit être fiable.  Elle m'aurait dit que le chocolat suisse est meilleur que le belge, je n'y aurais pas prêté foi, of course (non mais, moi chuis belge hein, je sais que mon chocolat est the best of the best).  Mais quand il s'agit de fromage suisse, je ne peux que croire ce que je lis. 

Ainsi le gruyère n'a pas de trou.

A mon grand désespoir.  Je l'ai toujours cru.  C'est là qu'on réalise que dans la vie, on peut se tromper sur toute la ligne, pendant toute une vie, ou presque (comme le chante Calogero, qui me fait pleurer à chaque fois, le bougre).  Mais me tromper à ce point !  Avoir cru pendant des années que le gruyère était plein de trous, et réaliser que c'est faux, c'est incroyable ; je dirais même plus, c'est unbelievable. 

Mais alors, à kwa ski ressemble le gruyère, si ce que je prenais pour du gruyère était de l'emmenthal, une fois ?

Une recherche sur Google s'impose.

...

...

...

Quelques secondes plus tard.  Ben sur Google, en cherchant « gruyère », y'a tout de même beaucoup de trucs à trous, je vous le dis moi.  Ce qui prouve que je suis pas la seule à me fourvoyer.  Mais j'ai tout de même dégotté un truc sans trou, ce qui tend à confirmer que le gruyère n'a point de trous.

Recherche suivante, sur Emmenthal.  Et là, en effet la révélation : il est plein de trous, le filou. 

Maintenant, je sais.

Merci.

Mais, tout bien réfléchi, j'ai encore une question : y'a une différence de goût entre les deux ?

Allo, la Suisse, y'a kékun ?

gruyere

emmenthal

06:45 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (9) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

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jui

De l’art de tout salir…

Je l'ai déjà dit, je n'étais pas une super fan de la mort qui tue (expression mal choisie, mais bon) de Michael Jackson.  J'avais vécu en direct live son super succès, j'avais vu ses clips incroyables et frémi sur thriller.  J'avais vaguement lu des infos sur les accusations à son encontre.  Je ne pense même pas que j'avais surveillé le verdict.  Je m'étais sans doute dit « Tiens, il serait pédophile ?  Bizarre.  Peut-être oui, que c'est possible, il n'a pas l'air très normal avec ses chirurgies, son obsession des microbes, sa drôle de vie.  Pédophile ?  Qui sait... ça reste à prouver. »

Sans plus.  On en parle un peu, puis on oublie.  Franchement, j'adore lire les conneries de la presse people, mais je n'en crois pas un mot.  Ça m'amuse, tout simplement.  De là à me forger une opinion, il y a un pas. 

Et puis il meurt et c'est la folie sur internet.

Les infos se bousculent.

Et les démentis.

Un jour Michael Jackson a été découvert chauve, amaigri, dans un état lamentable.  Le lendemain on voit des images de ses répétitions, sur lesquelles il danse et chante.

Un jour le premier gosse qui l'a accusé d'attouchements reconnaît avoir tout inventé.  Le lendemain il s'agit d'une rumeur, le gosse n'a rien dit.

Les versions évoluent.  Passque sa vie était étrange.  Du moins, ce qu'on en connaissait.  Mais jour après jour après jour après jour, les versions évoluent.

Ce qui est immuable, par contre, c'est la mesquinerie, la méchanceté, la connerie humaine, des internautes.  C'est à qui sortira le plus d'insanités à la ligne.  A qui crachera le plus sur le défunt.  Comme si le bénéfice du doute n'existait plus.  Et quels que soient les arguments des fans, rien ne trouve grâce aux yeux des détracteurs.  « Il a été jugé innocent des accusations ?  Ben évidemment, tout s'achète, mais y'a pas de fumée sans feu... »  « Il a payé pour éviter un procès, ça prouve qu'il est coupable. »  « Il vivait dans un monde d'enfants, ça explique tout ».  « Il avait acheté ses gosses. »  « Bon il est mort, qu'on arrête d'en faire tout un foin, ça fait un pédophile de moins ».  Et patati et patata.  Et je vous passe les vulgarités à vomir que l'on peut lire sur certains sites de la presse belge. 

Franchement, moi, je ne sais rien.  Je ne sais s'il était pédophile.  Il a en tout cas été lavé de tous soupçons.  Je ne sais si c'était un bon père.  J'ai juste vu une fillette lui déclarer son amour.  Et c'était émouvant.  Je ne sais quelle vie il menait.  Je n'ai vu que des photos de presse.  Je ne sais si ses enfants seront richissimes.  Franchement je m'en fous, qu'ils soient heureux, ils le méritent comme tout le monde.  Finalement, je ne sais rien.  Et je ne prétends pas savoir.

Tout ce que je sais c'est que des gens qui semblent haïr cet homme à peine mort passent leur temps à déverser leur haine sur internet.  Et je me demande pourquoi.  Passque moi, si j'aime pas un site web ou un blog, je passe mon chemin en silence.  Et si j'aime pas une star ou une célébrité, j'ai pas ce besoin d'aller le dire sur tous les forums du monde.  Si j'aime pas, j'ai autre chose à faire de mon temps que d'aller lire tous les articles disponibles pour pouvoir écrire ensuite que ça me saoule d'avoir à les lire.  Quand j'aime pas, j'aime pas, et ça se limite à ça.

Un article très instructif.

Et une illu de Vadot, parue dans le Vif l'Express, à la fois cynique et poétique...

mj

06:30 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (6) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

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26 degrés à l’ombre

Avec les journées chaudes qu'on a eues récemment (je déteste ça, ce soleil implacable, ces aisselles en sueur - sans compter la puanteur des gens dans le bus, les magasins, en rue -, cette absence d'air frais, cette impossibilité de dormir avant 2 heures du mat, ces douches inutiles dont on sort encore en transpiration), toutes les conversations tournaient autour de la météo.

- Pas trop chaud chez toi ?

- Ah si j'avais mis l'air co dans ma voiture, tchu !

- Et au bureau, ça va, vous terminez plus tôt ?  Tu rêves, pas fonctionnaire à la Ville moi hein !

- Moi j'ai autant de degrés dans ma chambre, et toi ?

- Pas dormi cette nuit, t'as entendu l'orage ?

Et j'en passe.

J'adore ça, c'est rigolo, et puis de toute façon, la météo c'est le sujet qui comble toutes les conversations quand on n'a plus rien à se dire.  C'est un rituel immuable.  Chuis sûre que les hommes des cavernes agissaient déjà ainsi :

- Chéri, sois prudent pour la chasse au mammouth, va faire froid, tiens mets ta peau de dinosaure autour de ton cou (oui, je sais, c'est pas la même époque mais bon)

- Fais combien dans votre caverne ?  Deux buches, et chez toi ?  Trois !  (pas de thermomètre à l'époque, donc ça parle en équivalent feu de bois non ?)

Etceteri etcetera.

Donc l'autre jour, nous parlions de nos températures avec une amie.  Pas nos températures suite aux poussées d'hormones hein, les températures de nos « chez nous ».  Moi j'avais 26 dans mon salon, 27 dans ma chambre, 27,5 dans ma salle de bains.  Elle 26 partout.

Lorsque je lui ai dit que je trouvais que 26 partout, c'était encore raisonnable, elle me répond « oui mais je préfère 26 en hiver hein ».

Sur le coup, j'ai pas réagi.

Puis j'ai réfléchi.  Enfin pour autant que je sache réfléchir avec mon neurone et par une telle chaleur, bien sûr.

Et plus je réfléchissais, moins je comprenais.

Passque moi, de toute façon, j'ai toujours trop chaud, c'est bien connu.  Au bureau, je me balade en courtes manches tout l'hiver tellement il y fait caniculaire, tandis que les collègues sont en col roulé.  En été, je suis la plus déshabillée possible, mais ça ne suffit pas, alors je me lamente au fil des heures tellement j'ai chaud.  J'ai bien eu un ventilateur, mais ses pales se sont cassées, faut pas chercher à comprendre, le surmenage sans doute.  Donc j'ai chaud.  Y'a bien l'air co, mais je partage mon bureau avec une frileuse donc il est en chômage technique.

Bref j'ai toujours chaud.

Alors pour moi, avoir 26 degrés en été, c'est chaud.  Mais en général, on se met en maillot, ou à poil, ou en short.  Donc on a chaud, en étant peu couvert.

Mais 26 degrés en hiver, c'est pire non ?  Avec les couches de fringues.  Les chaussettes.  Les bottes.  26 en hiver, c'est l'enfer.

Donc la question du jour : comment mon amie peut-elle trouver que 26 degrés dans son living en été, c'est intenable, alors qu'elle rêve d'avoir 26 degrés en hiver ?  Les degrés d'été sont-ils plus chaud que ceux d'hiver ?

Y a-t-il un scientifique dans la salle ? 

06:30 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (7) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

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The first one (nearly)

 

Pourquoi un titre en anglais ?  Passque ça me fait moins mal de l'écrire en anglais, tout simplement.  Passqu'en anglais, ça passe quasi mieux.  Passque ça sonne mieux.  Passque sinon je vais pleurer.

Mais en fait, c'est pas vraiment le first one, c'est le second one.  Mais le first one date de tellement longtemps, j'avais même pô vingt ans, c'est vous dire, c'était juste un couac génétique.

Tandis que celui-ci, le second one, c'est vraiment le first first one, celui qui annonce le début de la fin, la dégringolade, le drame existentiel, la fin de la fin de tout, le premier pas dans la tombe, la faucheuse qui approche de plus en plus vite, la garce infâme.

Le first one.

Le premier cheveu blanc.

Y'a quelques semaines déjà, une collègue, plus jeune que moi (toute façon au bureau c'est bien simple, c'est moi l'ancêtre, la vieille, celle qui vit en MRS - maison de repos et de soins pour les jeunes - nan, la MRS n'est pas pour les jeunes, mais j'esplik aux jeunes qui passent par ici, va bene ?), donc cette collègue m'apostrophe pour me demander si j'ai des cheveux blancs, passqu'une autre collègue, encore plus jeune et plus blonde (ce qui a son importance car sur les blondes, les cheveux blancs, ça se voit pas, c'est super injuste, sont déjà blondes, et en plus restent d'apparence jeune plus longtemps - seule consolation, sur les blondes, les neurones se voient pas non plus, gnark gnark).  Bon j'arrête les parenthèses, ça vous confusionne je m'en doute.  Je lui réponds que NON, j'en ai pas des cheveux blancs moi ma bonne Dame, que j'en ai bien eu un quand j'avais genre 18 ou 19 ans, sans doute par erreur car je l'ai arraché et il est jamais reviendu.  J'ai bien vu qu'elle était mouééééche, comme on dit ici, que j'avais pas de cheveux blancs juré craché. 

Pour sûr, elle m'a jeté un sort.

Passque quand je suis allée me faire une coupe d'été tellement estivale que j'ai quasi la boule à zéro (je suis censée vous l'écrire, mais pas encore eu le temps) j'ai bien demandé à mon coiffeur (mon premier coiffeur homme de toute ma vie : fais un vœu Anaïs), il a inspecté ma tignasse comme s'il y cherchait des poux et m'a bien confirmé que ma superbe toison brune (là j'invente, mais bon, un coiffeur se doit de rester poli) ne contenait AUCUN cheveu blanc.

Et pas plus tard que mercredi.  Le mercredi 24 juin 2009.  A 15h30.  Je l'ai trouvé.  Le premier.  The first one.  J'avais bien remarqué depuis quelques jours un reflet genre blond dans ma glace, le matin.  J'ai mis ça sur le compte d'une perte de neurone.  Ou du soleil.  Mais ça m'intriguait.  Alors le mercredi 24 juin 2009 à 15h30, j'ai demandé à Mostek de regarder sur ma tempe.  Et elle l'a vu.  Le salaud.  Sur ma tempe droite.  Fier comme artaban.  Et blanc comme un linge.  J'ai demandé à Mostek de l'arracher, car je ne crois pas à l'adage qui dit, comme pour les mecs d'ailleurs, un de perdu dix de retrouvés.  Mostek a pas voulu, de peur de me faire mal.  Hé, chuis pas une chochotte hein.  Elle l'a donc isolé et j'ai réussi à l'arracher moi-même.

Puis je l'ai contemplé durant de longues minutes, hébétée que j'étais.  Non mais sérieux, riez pas, ça fait un choc de malade, pire qu'une première ride.  Passque la première ride arrive en douce, elle est d'abord d'expression, avant de se muer en sillon, puis en cratère.  Mais le premier cheveu blanc, ben il débarque sans crier gare.  Il ne s'éclarcit pas doucement, non, il vire du marron au blanc quasi d'un coup, paf, patatras, ça y est.

Bon, j'avoue qu'il est d'un joli blanc-gris, avec de chouettes reflets.  Pas d'un jaune pisse comme certains cheveux blancs.  C'est prometteur.  Bon, je pleure.  (et ça rime).  Comme je n'y croyais pas vraiment, j'ai passé ma main dans mes cheveux pour en extraire un autre qui s'était détaché naturellement, et j'ai comparé.  Y'a pas photo.  C'est bien blanc de blanc, lavé avec Dash ultra.  Je n'ai pas osé le jeter.  Je l'ai mis dans une enveloppe.  Chais pas quoi en faire, l'encadrer sur fond noir ?  Le brûler pour conjurer le sort (jeté par ma collègue, je le sens je le sais) ?  Le manger comme font certaines personnes atteinte de chezpasquoiphagie ?  Ou commencer une collection pour me tricoter une écharpe pour mes vieux jours ?

Vos suggestions sont les bienvenues.

Clair que j'aurais dû bien réfléchir avant mon vœu chez le coiffeur.  Et demander à ne jamais avoir de cheveux blancs.  Trop taaaaaaard....

06:15 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

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jui

Thriller dans le bus

(NB : ce billet fut écrit en mai dernier, le titre n'a dès lors rien à voir avec le décès récent de Michaël Jackson...)

A l'heure où je vous écris ces lignes, mes doigts sont encore tous tremblotants sur le clavier, tant la frayeur causée par l'épisode que je viens de vivre se ressent encore dans chaque cellule de mon corps (oh comme c'est beau ce que j'écris).

Il est 7h30, en cette journée qui s'annonce radieuse.  Je me balade, comme Perrette, vers l'arrêt de bus, légère et court vêtue.  Il fait tout de même frisquet et je me réjouis de pénétrer dans un bus surchauffé pour que mes petits petons congelés puissent survivre.  A peine à l'arrêt, voilà le bus qui débarque, que du bonheur.

Une journée qui commence bien.

J'entre.  J'hésite un instant à m'installer à la première place, juste derrière le siège du chauffeur, la place oùsque je suis toute écrasée contre un panneau bien souvent orné d'une pub dépassée et oùsque je ne vois rien du paysage.  Mais le reste du bus est presque vide et j'opte donc pour la troisième place, où je peux étendre mes jambes et mon barda (deux sacs, mon repas, un livre, de la paperasse et tout ce dont une femme a besoin pour une journée de travail).  Je m'avachis, j'extirpe mon livre de mon sac et je me plonge dans la lecture.

Arrive ensuite un Monsieur à l'allure débonnaire (ce mot m'est venu directement en tête, mais j'avoue que j'en ignore la signification exacte - que dit Robert ?  « D'une bonté extrême », argh c'est pas ça), à l'allure patibulaire (que dit Robert ? « Inquiétant, sinistre », oui, ça colle mieux), donc à l'allure patibulaire.  Il tend un billet de 20 zeuros au chauffeur pour prendre un ticket.  Le chauffeur lui répond calmement qu'il ne peut changer que sur 5 zeuros, qu'il commence sa journée, qu'il n'a pas de monnaie.  L'individu tente de l'amadouer, en vain.  Le chauffeur lui conseille d'aller changer son billet dans un magasin à proximité, et de prendre le bus suivant.  Bon conseil.  Que ne suit pas notre individu, qui hausse de plus en plus le ton, au fur et à mesure que je me ratatine sur mon siège.  Il se met alors à tutoyer le chauffeur, le traiter d'imbécile, refuse de descendre du bus et vient s'asseoir deux sièges derrière moi.  Damned, me voici coincée entre un chauffeur exaspéré mais néanmoins calme et un passager n'ayant pas payé et au bord de la crise d'hystérie, qui continue à marmonner des trucs incompréhensibles, mais que je soupçonne ne pas être très gentils, dans la barbe qu'il n'a pas.  Il se met ensuite à hurler à nouveau, et je me retrouve totalement prise en sandwich entre les cris stridents qui fusent de toutes parts.  Je ferme les yeux, comme pour oublier.  Je fais semblant de me concentrer sur ma lecture, dont je ne parviens pas à retenir un seul mot.  J'aime pô ça moi, les gens agressifs alors qu'ils sont en tort.

Le chauffeur appelle alors la sécurité et le service contrôle, pour faire verbaliser le passager clandestin, et poursuit sa route.  Le calme envahit le bus.  On respire cependant très mal.  Je sens la présence du clandestin derrière moi, je ressens son énervement.  J'imagine alors les pires scénarios, où le chauffeur refuse de laisser descendre qui que ce soit en attendant la sécurité, où l'individu prend le bus en otage et attrape la première victime à portée de main, savoir moi, lui met un couteau sur la gorge et menace de la lui trancher (la gorge) si on ne le laisse pas s'échapper, ou pire, si on ne lui fournit pas un hélico et un million d'euros.  Angoisse angoisse angoisse.

A proximité de la gare, le chauffeur brise le silence en annonçant que la sécurité est indisponible et que c'est une chance pour le resquilleur.  Quelle idée aussi de le provoquer à nouveau.  Je me fais toute petite sur mon siège.  Je tente de disparaître sous ledit siège, mais chuis trop grosse.  Angoisse angoisse angoisse.  Le chauffeur reste cependant calme, tandis que son nouvel ennemi se lance encore et encore dans des insultes et des menaces verbales (trou du cul, imbécile, et j'en passe), avant de conclure par un « et tu me parles poliment » (sic).  Le chauffeur tente de le mettre dehors et je sens la bagarre arriver.  Heureusement, aucun des deux ne semble armé, sinon le pire arriverait, c'est certain, vu l'électricité qui flotte dans l'air.

Terminus, enfin.  Tout le monde descend.  Ou presque.  Notre passager énervé continue son monologue agressif, puis finit par descendre, pour continuer ses insultes derrière la vitre du bus, encore et encore et encore et encore...

Je descends, non sans avoir souhaité une « bonne journée quand même » au chauffeur.  Je réalise encore à quel point ces montées d'agressivité sont angoissantes, et pourtant si fréquentes.  Et même si les chauffeurs m'énervent souvent, avec leur manière de conduire comme sur un circuit de formule 1, la joie intense qu'ils ont à n'ouvrir qu'une porte lorsqu'il pleut des seaux et leur manie d'être toujours en avance quand je suis en retard ou en retard quand je suis en avance, je les plains d'avoir à subir ça.  J'en arriverais presque à comprendre les mouvements de grève, car il est totalement anormal de devoir bosser la peur au ventre, sans savoir si la journée sera tranquille ou menaçante...

PS : J'ai vachement admiré le flegme du chauffeur, qui a su garder son calme.  Le seul reproche que je lui ferais : une remarque à caractère raciste, « ça se croit tout permis, ces gens-là ».  ça, c'est nul.  Très nul. 

08:07 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (7) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |