29
jui

Thriller dans le bus

(NB : ce billet fut écrit en mai dernier, le titre n'a dès lors rien à voir avec le décès récent de Michaël Jackson...)

A l'heure où je vous écris ces lignes, mes doigts sont encore tous tremblotants sur le clavier, tant la frayeur causée par l'épisode que je viens de vivre se ressent encore dans chaque cellule de mon corps (oh comme c'est beau ce que j'écris).

Il est 7h30, en cette journée qui s'annonce radieuse.  Je me balade, comme Perrette, vers l'arrêt de bus, légère et court vêtue.  Il fait tout de même frisquet et je me réjouis de pénétrer dans un bus surchauffé pour que mes petits petons congelés puissent survivre.  A peine à l'arrêt, voilà le bus qui débarque, que du bonheur.

Une journée qui commence bien.

J'entre.  J'hésite un instant à m'installer à la première place, juste derrière le siège du chauffeur, la place oùsque je suis toute écrasée contre un panneau bien souvent orné d'une pub dépassée et oùsque je ne vois rien du paysage.  Mais le reste du bus est presque vide et j'opte donc pour la troisième place, où je peux étendre mes jambes et mon barda (deux sacs, mon repas, un livre, de la paperasse et tout ce dont une femme a besoin pour une journée de travail).  Je m'avachis, j'extirpe mon livre de mon sac et je me plonge dans la lecture.

Arrive ensuite un Monsieur à l'allure débonnaire (ce mot m'est venu directement en tête, mais j'avoue que j'en ignore la signification exacte - que dit Robert ?  « D'une bonté extrême », argh c'est pas ça), à l'allure patibulaire (que dit Robert ? « Inquiétant, sinistre », oui, ça colle mieux), donc à l'allure patibulaire.  Il tend un billet de 20 zeuros au chauffeur pour prendre un ticket.  Le chauffeur lui répond calmement qu'il ne peut changer que sur 5 zeuros, qu'il commence sa journée, qu'il n'a pas de monnaie.  L'individu tente de l'amadouer, en vain.  Le chauffeur lui conseille d'aller changer son billet dans un magasin à proximité, et de prendre le bus suivant.  Bon conseil.  Que ne suit pas notre individu, qui hausse de plus en plus le ton, au fur et à mesure que je me ratatine sur mon siège.  Il se met alors à tutoyer le chauffeur, le traiter d'imbécile, refuse de descendre du bus et vient s'asseoir deux sièges derrière moi.  Damned, me voici coincée entre un chauffeur exaspéré mais néanmoins calme et un passager n'ayant pas payé et au bord de la crise d'hystérie, qui continue à marmonner des trucs incompréhensibles, mais que je soupçonne ne pas être très gentils, dans la barbe qu'il n'a pas.  Il se met ensuite à hurler à nouveau, et je me retrouve totalement prise en sandwich entre les cris stridents qui fusent de toutes parts.  Je ferme les yeux, comme pour oublier.  Je fais semblant de me concentrer sur ma lecture, dont je ne parviens pas à retenir un seul mot.  J'aime pô ça moi, les gens agressifs alors qu'ils sont en tort.

Le chauffeur appelle alors la sécurité et le service contrôle, pour faire verbaliser le passager clandestin, et poursuit sa route.  Le calme envahit le bus.  On respire cependant très mal.  Je sens la présence du clandestin derrière moi, je ressens son énervement.  J'imagine alors les pires scénarios, où le chauffeur refuse de laisser descendre qui que ce soit en attendant la sécurité, où l'individu prend le bus en otage et attrape la première victime à portée de main, savoir moi, lui met un couteau sur la gorge et menace de la lui trancher (la gorge) si on ne le laisse pas s'échapper, ou pire, si on ne lui fournit pas un hélico et un million d'euros.  Angoisse angoisse angoisse.

A proximité de la gare, le chauffeur brise le silence en annonçant que la sécurité est indisponible et que c'est une chance pour le resquilleur.  Quelle idée aussi de le provoquer à nouveau.  Je me fais toute petite sur mon siège.  Je tente de disparaître sous ledit siège, mais chuis trop grosse.  Angoisse angoisse angoisse.  Le chauffeur reste cependant calme, tandis que son nouvel ennemi se lance encore et encore dans des insultes et des menaces verbales (trou du cul, imbécile, et j'en passe), avant de conclure par un « et tu me parles poliment » (sic).  Le chauffeur tente de le mettre dehors et je sens la bagarre arriver.  Heureusement, aucun des deux ne semble armé, sinon le pire arriverait, c'est certain, vu l'électricité qui flotte dans l'air.

Terminus, enfin.  Tout le monde descend.  Ou presque.  Notre passager énervé continue son monologue agressif, puis finit par descendre, pour continuer ses insultes derrière la vitre du bus, encore et encore et encore et encore...

Je descends, non sans avoir souhaité une « bonne journée quand même » au chauffeur.  Je réalise encore à quel point ces montées d'agressivité sont angoissantes, et pourtant si fréquentes.  Et même si les chauffeurs m'énervent souvent, avec leur manière de conduire comme sur un circuit de formule 1, la joie intense qu'ils ont à n'ouvrir qu'une porte lorsqu'il pleut des seaux et leur manie d'être toujours en avance quand je suis en retard ou en retard quand je suis en avance, je les plains d'avoir à subir ça.  J'en arriverais presque à comprendre les mouvements de grève, car il est totalement anormal de devoir bosser la peur au ventre, sans savoir si la journée sera tranquille ou menaçante...

PS : J'ai vachement admiré le flegme du chauffeur, qui a su garder son calme.  Le seul reproche que je lui ferais : une remarque à caractère raciste, « ça se croit tout permis, ces gens-là ».  ça, c'est nul.  Très nul. 

08:07 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (7) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

19
jui

Vous voulez voir 36 chandelles ?

... enfin plutôt 56 étoiles ?

Kimberlizez-vous sur ce site...

Comment, vous ne connaissez pas l'histoire de Kimberley, une Belge très... très... bon allez je n'ose pas exprimer ce que je pense, qui soi-disant avait demandé 3 étoiles à un tatoueur, se serait endormie et réveillée avec 56 étoiles sur la moitié du visage.  Elle porte plainte et les photos de sa charmante famille ont été diffusées partout, TV, net, journaux...

Aux dernières nouvelles, ce site pour se Kimberlizer a été créé en avril, alors que la Kimberley a été tatouée dimanche... cherchez l'erreur...

21:55 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (7) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

18
jui

Drôle de mails...

J'ai reçu un mail stupéfiant.  Bon, j'ai bien l'habitude des "vous avez gagné un milliard d'euros et plus si affinités".  Mais ici, le mail m'offrait d'acheter de la "poudre blanche".  C'est cela oui...

Et puis j'ai reçu plusieurs fois un mail me proposait d'adopter "un perroquet gris du Gabon".

Alors je vous le demande, y a-t-il un lien ?  "Perroquet gris du Gabon" est-il un code secret signifiant tout autre chose qu'un petit (grand ?) volatile amateur de graines de tournesol ?

07:42 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

21
mai

Alzheim… quoi ?

J'en étais restée au temps où la maladie d'Alzheimer ne se détectait qu'après le décès, moyennant découpe et culture du cerveau.

Je découvre qu'on peut maintenant déceler les traces de la maladie via un scanner, mais, surtout, qu'on peut en prévenir les risques.

Moi sur qui règne en permanence le spectre de cette maladie, laquelle a fait irruption un jour dans ma vie pour laisser des traces indélébiles (waw je parle bien, merci de verser une larme sur cette tranche de ma vie que je voudrais oublier... euh, oublier est-il le mot adéquat ?), les possibilités de prévention m'intéressent fortement. 

Je me plonge donc dans la lecture d'un article hautement scientifique publié par un magazine féminin.

Quels sont les facteurs préparant un terrain propice à la maladie ?

L'alcoolisme

L'hypertension

L'hypercholestérolémie

L'excès de sucre et de gras dans l'alimentation

Le manque d'absorption de fruits et légumes

Le manque d'exercice physique

Pitié, je vais aller dans mon lit, Seigneur, faites que demain j'ai définitivement oublié ces conseils totalement en désaccord avec mon train de vie.  Quoique, avoir oublié ne serait-il pas un mauvais présage ?  De toute façon je suis foutue.  Amen.

06:45 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

19
mai

La recette du dimanche parfait

Je croyais haïr les dimanches.  Je croyais avoir tout vécu des dimanches sordides : la pluie qui tambourine à la porte, le froid qui glace les orteils, la solitude exacerbée, la boulangerie fermée, 7dimanche en grève, du temps oùsque j'écrivais pour eux.  Mais je n'avais rien vécu.

Car le dimanche sordide, ça y est, je l'ai vécu.

Tout commence comme un conte de fées.  Le soleil brille, les oiseaux chantent, la journée s'annonce radieuse.  Je me fais belle comme un cœur (un gros cœur bien gras bien rond bien lourd, mais un cœur tout de même), je mets ma petite robe achetée pour ma big soirée de luxe et jamais mise, mes nouvelles chaussures à talons qui me font un mal de chien que c'est pas possible de créer de tels instruments de torture au 21e siècle, et je m'en vais vers mon destin.

Un repas festif, tel est mon destin en ce dimanche qui commence comme un conte de fées.

Dès mon arrivée, mon destin bascule.  J'ai droit à la réflexion qui tue « ne le prends pas mal, mais, Anaïs chériiiie, mais ce ... te vieillit ».  Je n'ai pas compris ce qui me donne un look troisième âge, je n'insiste pas et hoche la tête.  Je me sens rougir jusqu'à la pointe des ongles. 

L'enfer commence.

Keski me vieillit comme ça ?  J'en suis à un âge où je commence à craindre l'arrivée du premier cheveu blanc, à surveiller mes ridules qui deviennent lentement (mais inexorablement) des cratères.  Alors si quelque chose me vieillit, je dois savoir quoi.  Mes cheveux ?  Ma nouvelle robe ?  Mes chaussures de torture ?  Mes jambes rasées mais néanmoins style grenouille famélique ?  Mon bide rasé mais néanmoins omniprésent ?  Pas moyen d'oublier cette petite réflexion.  J'ai la rancune tenace.  Bien envie de rayer cette personne de ma vie, non mais, on ne critique pas Anaïs impunément.

L'enfer continue.

Je suis entourée de couples.  Couples heureux ou malheureux, qu'importe, ça donne un amalgame de binomes.  Et moi.  Seule.  Apéritif.  « A nos amours », s'écrie l'un des convives, tendant son verre vers les autres.  Puis il me regarde, l'air anxieux, comme s'il avait dit une bêtise.  Et d'ajouter « Enfin toi, ça sera pour cette année, ça va de soi ».  Ben voyons.  Je rougis jusqu'à la racine non blanchie de mes cheveux.  Parce qu'ils me connaissent tous depuis longtemps.  Et ils ne m'ont quasi jamais vue en compagnie masculine (keske j'en peux moi, si les hommes me larguent avant les réceptions, les réveillons, la Saint-Valentin et tutti quanti).

L'enfer persiste et signe.

Les discussions vont train, quand soudain, me voilà à nouveau au centre des débats : « Quand Anaïs va-t-elle nous présenter un petit fiancé ?  Hein ?  Quand ?  Allez, Anaïs ?  Tu ne nous caches rien ?  Quand est-ce qu'on verra ton chéri ? »  Et que j'en remette une couche, et que j'insiste lourdement.    Moi, je suis plus rouge que rouge, je suis quasiment bordeaux.  Je sais que si je réagis agressivement, je vais avoir droit à « m'enfin on rigoooooooooooooooole » ou à «  c'est passqu'on s'inquiète pour toi, on veut juste ton bonheur » ou enfin à « ouch sois pas si susceptiiiiip', on comprend que tu sois seule, avec un tel caractère »...  Et la bouche est bouclée.

Alors je bois.  Pour oublier tout ça.  Pour tenir durant plusieurs heures.  Pour tenter d'être de bonne humeur.

Et je suis au milieu d'eux.  Je suis entourée de gens qui m'apprécient, mais le manifestent tellement mal.  Et je me sens seule.  Plus seule qu'au pire moment de mes instants de solitude.  Me sentir seule chez moi, lorsque je suis effectivement seule, ça m'arrive.  Pas très souvent.  Mais il n'y a rien de pire que de ressentir cette si profonde solitude qu'en étant au milieu de tellement de gens.  Une énorme envie de me réfugier dans des bras aimés et aimants.  Tout simplement.  Et eux, ils ne le voient pas.  Ils ne réalisent pas l'impact de leurs mots sur moi.  Il me faudra du temps, énormément de temps, pour oublier cette journée, que tous ont qualifié de merveilleuse.  Et qui me laisse un goût d'acidité en bouche.

L'enfer est toujours là.

06:45 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (10) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |