3
avr

J’ai honte de mon pays

Oui, j'ai vraiment honte de vivre en Belgique, et pourtant, avant, j'aimais mon pays.  Mais là, j'ai honte.  J'ai honte de tout ce bordel dont je ne comprends pas le quart de la moitié du tiers, mais qui fait que je me demande si la guerre civile ne va pas finir par éclater un jour ou l'autre.  Ça vous semble absurde ?  Moi aussi... mais... de moins en moins.

J'ai découvert, en retard, comme d'hab, que François Pirette s'était fait passer pour un consul de Paris auprès d'une commune belge néerlandophone, pour obtenir des renseignements.  Et l'employé communal lui confirme, à de nombreuses reprises, tant en néerlandais que, finalement en français, après accord du bourgmestre car il est français, et consul (donc non belge et haut placé), qu'il a l'interdiction formelle de parler français.  Un règlement communal sans doute.  En tout cas, aux dires de l'employé, une décision du bourgmestre.

Non mais sérieusement, dans quel monde on vit ?

Au bureau, ça se ressent aussi, si je dois téléphoner en Flandre, c'est le stress de malade, et je garde toujours un collègue qui parle bien néerlandais à portée de cornet, des fois qu'on me réponde « nee » à mon timide « spreekt U frans ? »

Pourtant, je tente de m'adapter.  De baragouiner en néerlandais tant que je peux.  Souvent, je l'avoue, l'interlocuteur comprend les difficultés, et me parle alors français.  Ou alors, et ça c'est la super solution de la mort qui tue : je parle français, lui néerlandais, et on se comprend parfaitement, c'est l'essentiel, chacun fait ce qui est le plus facile, et l'autre comprend et fait pareil.  J'ai aussi beaucoup parlé durant un temps à un américain, par téléphone ou mail.  C'était épique, mais rigolo.  Et je me débrouille mieux en anglais qu'en néerlandais, ce qui semble être le cas de certains employés de communes francophones.  L'essentiel n'est-il pas d'essayer ?

Ensuite, une radio néerlandophone, en réaction à ce qu'a fait François Pirette, a tenté la même expérience dans diverses communes francophones.  Et là, si on parle peu néerlandais, ou très mal, on a au moins le mérite de tenter de trouver une solution : passer un collègue qui le parle, répondre en anglais, proposer de rappeler ...  Jamais on ne parle d'interdiction de parler néerlandais.  Passque, en Wallonie, ce n'est pas interdit.

Passque, aussi étrange que ça puisse paraître, on a encore le sentiment d'être un et un seul pays.

Vraiment, j'ai honte.

Déjà qu'en Belgique, on ne peut plus afficher sa « richesse » sans avoir des remarques des tribunaux, maintenant, on ne peut plus parler une langue nationale au-delà de la frontière linguistique.

 

L'appel de François Pirette (beaucoup de néerlandais au début, navrée pour ceux qui comprennent mal, mais Pirette retraduit tout dans ses réponses ou presque, et la fin est en français, et elle est sidérante)

Les appels de la radio néerlandophone (là y'a beaucoup plus de néerlandais).

 

 

06:30 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (8) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

2
avr

« Se moucher tue »

L'autre soir, soit un soir comme les autres, je monte gentiment me coucher, me réjouissant de l'accueil que va me réserver mon nid douillet.

Et comme tous les autres soirs, j'ai le nez bouché.  Enfin un peu, mais tout de même.  Alors, comme tous les autres soirs, je saisis mon mouchoir en tissu... pour me moucher.  Ben tiens.

Petite parenthèse pour ceux qui vont me dire « un mouchoir en tissu, eeeeeeeeeeeeeerk. »  Moi, j'ai été élevée au mouchoir en tissu.  J'ai toujours utilisé des mouchoirs en tissu.  Et j'aime les mouchoirs en tissu.  D'abord, c'est plus doux.  Et pour moi, qui ai toujours la goutte au nez, c'est plus agréable.  Et puis, c'est recyclable, dans la machine à laver et, abracadabra, des mouchoirs propres.  Ensuite, c'est écolo, passque hein, comme je l'ai lu récemment dans No Impact Man (livre qui me traumatise au quotidien depuis plusieurs jours), chaque mouchoir en papier, chaque serviette en papier, chaque bout de papier WC, c'est un bout d'arbre mort.  Bon, pour le papier WC, j'ai pas encore trouvé de solution, je l'avoue.  Et en dehors de chez moi, je fais usage de mouchoirs en papier.  Mais chez moi, vive le tissu.  Mon seul défaut, est que j'ai tendance à utiliser mon mouchoir en tissu plusieurs fois, ce qui n'est pas une bonne idée, tant en matière d'hygiène qu'en matière... de quoi... euh, chais pas, mais ce n'est pas une bonne idée, la suite de l'histoire le démontrera.

Fin de la parenthèse.

Donc, j'entreprends de me moucher.  Couchée sur mon lit, bien au chaud sous la couette, déjà.  J'extirpe un mouchoir de sous mon oreiller.

Et pour me moucher, moi, j'aspire d'abord de l'air, afin de le souffler ensuite et de propulser les... enfin vous voyez quoi, dans le mouchoir.  J'imagine que tout le monde fait pareil, mais j'avoue que je n'ai pas encore entrepris une étude approfondie sur la manière dont les gens se mouchent.

Donc, j'entreprends de me moucher (bis) et j'avale une énorme goulée d'air, en prévision de la propulsion d'air encore plus énorme qui va suivre.

Et c'est en avalant cette goulée d'air que le drame se produit.

Un drame dramatiquement dramatique, vous vous en doutez, ô chers lecteurs.

Un objet non identifié est aspiré en même temps, objet provenant d'on ne sait où, puisqu'il est non identifié.  Mais vu qu'au moment où il est catapulté dans ma gorge, j'ai le mouchoir sur le nez, et que le mouchoir a déjà servi (eeeeeeeeeeeeeerk), je crains le pire.  Ne quittez pas ce blog, promis, pas de détails glaireux à l'horizon, je le jure, je le crache, foi de mollard.   Vu la vitesse d'aspiration donc (je n'ai pas non plus fait une étude sur la vitesse de l'air lors d'une aspiration prémouchage, mais j'imagine qu'elle est élevée), l'OPNI (objet propulsé non identifié) va immédiatement se coller au fond de mon gosier, là où ce n'est plus tout à fait le palais, mais là où ce n'est pas encore la gorge, vous voyez ?  Un peu après la luette.  Dans la descente quoi.

Il va se coller, et il reste là.  Je le sens.  Et, en une fraction de seconde, j'imagine ce que ça peut être.  Et d'imaginer ça (un bout de crotte de nez du mouchage précédent, vous l'avez compris, of course), c'est pas la joie, je vous l'assure.  Mais je n'ai pas le choix.  Je décide d'avaler un peu de salive, histoire de faire descendre l'OPNI au plus vite.  Entre deux accès de toux (passque le corps humain est bien fait, dès qu'un truc le dérange, il tente de s'en défaire, au moyen, par exemple, de globules blancs ou de quintes de toux), j'avale.  En vain.  L'objet reste collé.  Il doit être collant pour rester à ce point collé.  Ne pas y penser ne pas y penser ne pas y penser.  Juste avaler.

 

Après deux ou trois tentatives, je réalise que mon OPNI ne bougera pas.  Qu'il est là et bien là.  Alors, je décide de me rendre à la salle de bains pour avaler un gobelet d'eau et enfin faire descendre la chose.

 

Je me lève. 

Mais mon corps n'accepte toujours pas la présence de l'OPNI, et me le fait savoir à grands coups de nausées, maintenant.  C'est horrible.  Dingue, comme les réactions sont rapides.  Je sens ce truc dans mon gosier.  Et je sens mon estomac prêt à faire ressortir tous les sushis fabriqués de mes blanches mains que j'y ai emmagasinés (car je reviens d'une soirée sushis), ce serait dommage.  Nausée.  Trois pas.  Toux.  Re-nausée.  Six pas.  Toux.  Re-re-nausée.  Quatre pas.  Grosse toux. 

A mon arrivée devant l'évier, je n'ai pas (encore) vomi, ce qui est déjà une chance.  Et une dernière quinte de toux violente parvient enfin à renvoyer l'OPNI à son expéditeur.  Enfin, pas tout à fait, car il se colle sur une de mes molaires droites.

Je ne réfléchis pas et avale illico de la bonne eau fraîche, pour calmer mon gosier traumatisé par la toux et l'OPNI.

Une fois mon souffle récupéré et les nausées évacuées, je prends le risque ultime, et j'extirpe l'OPNI, toujours scotché à ma molaire.

Et je l'observe attentivement.

C'est une grosse « peluche » provenant de ma housse de couette en molleton.  Pas une crotte de nez, non, juste une « peluche » en molleton.

Ouf.

 

14:41 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

29
mar

Les feux de l'amour, c'est sur les blogs, maintenant...

Un vrai vaudeville que les histoires d'amour d'ados.  Par souci de confidentialité, je ne citerai pas le nom de l'ado dont je vais vous parler, of course.  Mais bon, vous devinerez vite.  Marrant, j'ai l'impression d'être une mère de famille, là, pour quelques instants.  Ce qui est loin d'être le cas, chuis déjà une mauvaise marraine, alors une maman, vous zimaginez ?

Donc, les histoires d'amour, c'est du vaudeville.

Pour résumer : X aime Y, qui elle aime Z, qui lui aime A, qui elle ne l'aime pas, elle aime M, qui lui aime P.

Bon, évidemment, tout ça, c'est pas nouveau.  Déjà à l'âge de glace (quoique, y'avait pas d'humains à cette époque, sauf erreur), déjà au temps des cavernes, déjà au temps des Romains, les amours pas réciproques menaient le monde.  Je t'aime moi non plus, version soft.

Mais la nouveauté de ce siècle, ce sont les blogs.

Passque sur les blogs, tout se sait.  Et vu que X, Y, Z, A, M et P ont un blog.  Tout se sait.  Et vu que j'ai parlé de A sur mon blog, qui a parlé de moi sur son blog et que X, Y, Z, M et P sont passés par là, tout se sait encore plus.

Et me voilà catapultée, l'instant d'un tchat, dans un vaudeville d'adolescents. 

Me voilà transformée en conseillère pour ado en peine de cœur.  J'ai quinze ans, là, d'un coup.  Etrange.

Et me voilà catapultée, bis, dans ma propre adolescence.

Quand j'aimais F, qui ne m'aimait pas.

Point.

Ben oui, à l'époque, pas de tchat, pas de blog, pas de sms.  Tout restait mystérieux.  J'aimais F, sans réciprocité.  Ensuite j'ai aimé A, X, P, PM, A (bis), F(bis) et T, et puis B aussi, et j'oubliais M, tout ça sans réciprocité.  Appelez-moi reine de la non-réciprocité.

Mais ici, je parle de F.

Donc j'étais raide dingue de F.

Mais on était juste amis.  Très bons amis.  Des amis qui se voyaient en dehors de l'école.  Me souviens même que j'allais dans sa chambre, du haut de mes treize ou quatorze ans.  Actuellement, à cet âge, on laisse pas des ado aller dans une chambre sans une provision de préservatifs, ma bonne dame.  Mais de mon temps...

On était juste amis.  Tout le monde pensait le contraire, car on se téléphonait souvent, comme deux "meilleures amies".  Rha, j'ai un pincement au cœur en y repensant, comme j'étais encore naïve et comme je croyais encore en l'amour, à cette époque.

Et un jour, il m'a proposé une sortie.  J'ignore pourquoi, j'ai senti que c'était pas comme les autres fois.  Bizarre, je l'ai senti.  C'est ainsi.  Ce fut l'exaltation.  Le bonheur.  La réalisation d'un rêve.  Jusqu'au jour du rendez-vous.

J'y suis pas allée.

Ne me demandez pas pourquoi.

Passqu'à l'époque j'étais déjà conne.  Jeune et conne à l'époque, comme le dit la chanson.  Maintenant, je suis vieille, mais toujours aussi conne.  Si c'est pas malheureux.

Tout a changé.

Rien n'a changé.

Comme quoi, les vaudevilles d'ados de 2010, ça vous plonge une vieille Anaïs dans ses souvenirs en moins de temps qu'il ne faut pour le dire.

 

06:15 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (9) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

27
mar

De l'eau de l'eau

J'apprends que le 22 mars, c'était la journée mondiale de l'eau.  Coïncidence, cette nuit, tard, je suis tombée sur un reportage sur La Paz, Bolivie, où la disparition des neiges (qui atteindra son apogée en 2030), prive déjà les habitants d'eau... l'avenir s'annonce sec et difficile.

Puis, seconde coïncidence, je tombe sur ce petit film super bien fait, et compréhensible pour la nulle en anglais que je suis.  ça confirme ce dont je suis convaincue depuis toujours : je ne vois pas l'intérêt de payer une fortune pour de l'eau en bouteille, que je devrai trimballer du magasin à chez moi, alors que mon robinet m'en offre pour un prix dérisoire.

Je suis en train de lire "No impact man", où la vie d'un new-yorkais qui a décidé, durant un an, de ne plus avoir aucun impact négatif sur l'environnement.  Délirant ?  Rigolo ?  Oui, sans doute.  Mais passionnant.

Décidément, je dois être contaminée par quelque chose en ce moment...

 

09:53 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

20
mar

J’ai l’honneur de vous faire mes adieux (à titre préventif)

Et oui, c'est ainsi ne pleurez pas.  Comme disait l'autre « toujours aimer, toujours souffrir, toujours mourir ».  Bon, ça ne convient pas trop à ma situation, mais j'aime bien cette citation hyper optimiste.  Donc ne râlez pas, ne pleurez pas, c'est la vie (enfin la mort), on ne peut lutter contre son destin.

Ainsi donc (pléonasme) j'ai lu une information dangereuse l'autre jour.  Pire que dangereuse.  Meurtrière.  Qui va mettre mon existence en péril... (La vôtre aussi peut-être, mais je ne me permettrais pas de porter un quelconque jugement sur vous, ô lecteurs vénérés).

Cette info, tenez-vous bien, c'est celle-ci : « La bêtise tue autant que la cigarette ».

Et c'est une enquête menée par des spécialistes et tout et tout hein, c'est pas du blabla, de la rumeur ou du n'importe quoi.  Des gens ont été suivis et soumis à un test de QI durant vingt ans.  Vingt ans !  Il en ressort que plus le QI est bas, plus la probabilité de souffrir d'une maladie cardiovasculaire augmente (c'est là que mon « toujours aimer, toujours souffrir, toujours mourir » prend un peu son sens, aimer, le cœur, cardiaque, vous comprendre ?).

Et là, sur le coup, rien qu'en pensant à mon QI, je sens mon cœur qui se fatigue, qui s'emballe, puis se fatigue à nouveau, qui déraille, qui tachycarde, qui s'essouffle.

Si ma dernière heure n'a pas encore sonné, c'est par miracle.  Peut-être le fait que je ne fume pas a-t-il prolongé un tantinet mon sursis.  Mais rien n'est moins sûr...

Car la chance va tourner, c'est clair, et les maladies cardiovasculaires vont m'attaquer incessamment sous peu (tautologie).

Donc je vous fais mes adieux.  Mieux vaut prévenir que guérir.

Le jour où vous ne lirez plus rien ici, parcourez les cimetières namurois, trouvez-moi, et lisez ma pierre tombale :

« Là, tout n'est qu'ordre et beauté, luxe calme et volupté ».

Ca c'est la phrase que j'ai décidé de faire mettre - pigé, mes héritiers ? - quand j'avais quinze ans.  C'est pas normal à quinze ans de choisir son épitaphe ?  Personne n'a dit que j'étais normale. Et puis, c'est quoi, être normal ?  Je l'ignore...

Lisez ensuite la seconde phrase que je viens de pondre, pour ajouter un soupçon d'humour à Baudelaire :

« Longue vie au paradis des petits QI ».

Comme ça c'est clair.

(ça coûte combien à la lettre, les épitaphes ?)

Si vous aussi, vous sentez la maladie cardiovasculaire vous menacer, n'hésitez pas, venez me dire adieu en commentaires, on peut même créer un groupe Facebook, c'est très mode...

Et pour vous illustrer ce petit sujet joyeux, je vous ai dégotté des épitaphes à mourir de rire (en l'écrivant, je réalise le ridicule de cette expression en ces circonstances).

Plein d'autres sur ce site. 

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10:11 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |