19
fév

Tranches de vie, tranches de viande...

(Après cinq heures d'opération à coeur ouvert, j'ai pu récupérer mes données et les transvaser sur mon disque dur externe.  Le laptop est toujours dans un état critique, à l'article de la mort, mais de l'aide m'a été proposée via ce blog, mercis éternels à cette lectrice, qui se reconnaîtra).

Voici donc mon billet du jour, récupéré in extremis.

 

Il a plein de qualités.

Des tas de qualités.

Un superbe pelage.  Brillant.  Lisse.  Touffu.  Superbe, tout simplement.  On le regarderait des heures évoluer dans son environnement.  Se promener. Se tortiller.  Se déhancher.

Il a aussi un poil dense.  Epais.  Volumineux.  Qui lui tient bien chaud en hiver.  Qui le protège de tout, enfin presque.  Dans lequel il se blottit pour la nuit.  Rassurante fourrure lorsque l'ennemi rode.

Son pelage est joliment coloré.  Un dégradé de gris.  Une touche de blanc. Une pincée de noir.  Pour un relief fantastique.

Et puis surtout.

Surtout.

Il a une petite bouille adorable.  Craquante à souhait.  Des moustaches qui bougent sans cesse.  Un œil vif et espiègle.  Une envie de vivre, peut-être.  Un dynamisme.  Et puis un œil vraiment ensorcelant.  Une lueur d'intelligence semble y régner.  Suffisamment intelligent pour avoir tout capté ?  Espérons que non.

Mais ça on s'en moque, dans l'élevage.  Seul le poil compte.  Bon, il a un peu de chance tout de même.  Vu ses qualités, il aura le droit de se reproduire un petit temps, de faire plein de petits au même joli pelage.  Un peu de temps seulement.  Pour faire des petits visons.

Il est très beau.  Un très beau vison.  L'animal, pas le manteau.  Enfin pas encore le manteau.

Passque, dans peu de temps, quand il aura bien servi sa mère patrie, il sera transformé en manteau.  De vison.

Combien de visons pour un manteau ?

Une tranche de vie.  Enfin de mort.

Vue sur Envoyé Spécial, jeudi.  Enfin l'autre jeudi.  Un jeudi parmi d'autres.

Anecdote drôle (mais pathétique) : cette jeune fille qui affirme « ben c'est pas parce ce qu'on leur prend la fourrure qu'on les tue, hein ».  Ben non hein, ensuite, ça repousse, of course...  Keskon se marre hein, à la télé le jeudi soir.

Alors, oui, faut avouer, c'est superbe, la fourrure.  Encore plus sur l'animal vivant, mais même, c'est superbe.  On va pas dire que c'est moche, c'est beau.

Et puis oui, faut avouer, j'ai des godasses en cuir.  Et des bottes.  Et des sandales. Et des sacs.  Du cuir d'animal.

Alors j'ai juste le droit de me taire, c'est exact.  Je me tais.

J'avais simplement l'envie de raconter l'histoire de ce vison, parmi d'autres.  Car son regard a capté mon attention.

Rien d'autre à ajouter.

D'autant que la fourrure, en 2010, paraît que c'est tendance.

11:43 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

18
fév

Une minute de silence

Je laisse la parole à Sondron pour illustrer la minute de silence de ce jour.  J'aime toujours autant son humour, jamais méchant, dans lequel on sent une réelle humanité.  Son site.

sondron

08:42 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

18
fév

Ma toute petite…

En écrivant ce titre, j'ai songé que j'allais m'attirer des visites d'hommes, disons, complexés par la taille de leur... enfin vous avez compris.  Que(ue) nenni.

Soit.

Un titre est un titre, et quand il s'impose à moi, je le garde.

Passque j'ai eu une révélation ce week-end, en discutant sur msn avec ma toute toute petite filleule.  Ma plus du tout toute toute toute petite filleule.

Comme le disait Claude Brasseur dans « La Boum 2 » (admirez mes fantastiques références) : « c'est un homme, il a une voix d'homme », j'ai eu une révélation : ma filleule, c'est plus une enfant, elle a plus une voix d'enfant, elle a plus un look d'enfant, elle a plus un caractère d'enfant.

Y'a peu de temps encore, nous avions été voir « Il était une fois » au cinéma, puis manger des pâtes, et nous marchions en nous tenant la main, et puis je l'embêtais en marchant au même rythme qu'elle, et elle rigolait beaucoup.  C'était encore une enfant.  Qui aimait les dessins animés.

Maintenant, plus question de lui proposer d'aller voir un dessin animé.  Mais alors, diantre, sacrebleu et rondidju à la fois, j'ai plus d'alibi pour aller voir « La princesse et la grenouille ».  Et je rêve de voir « La princesse et la grenouille ».  Je veux voir « La princesse et la grenouille ».  Qui veut aller voir « La princesse et la grenouille » ?  Pitiéééééééééééé.

Elle lit Guillaume Musso.  « Parce que je t'aime ».  Et elle adore.  Elle a bon goût.  Je vais lui prêter les autres.  Guillaume Musso ! A son âge.  Puis je lui prêterai Marc Levy.  Mais tout de même.  La comtesse de Ségur, vous pensez que ça passerait ?

Elle est amoureuse.  Mais lui pas. Il lui parle pas.  C'est un autre qui est amoureux d'elle. Mais elle pas. Drame des amours non réciproques. 

Je lui dis que celui qu'elle « aime », peut-être il est attiré aussi, et timide, donc pas bavard, que ça peut être bon signe.  Elle me répond « marraine qui me donne des conseils en amour, on aura tout vu ».  La vilaine.  C'est plus une enfant, c'est clair, elle a de la répartie.

Elle rêve d'avoir un amoureux avant trente ans (et prends ça dans les dents, marraine), sinon c'est le drame (ne pas penser à mon âge, ne pas penser à mon âge).

Elle parle que d'amour.  Elle est dans sa phase amour.

Elle me dit qu'elle aime bien tchatter avec moi car c'est comme « avec ses copines », vu que je mets des smileys et que j'écris « c » pour « c'est ».  Avant, j'étais sa copine.  Maintenant je suis sa vieille marraine périmée de plus de 30 ans.

Elle porte des jeans slim.  Et des soutien-gorge.  Et elle me demande de lui acheter des Vania.  My god, mais c'est arrivé quand, tout ça ?

Elle se regarde dans chaque miroir qu'elle croise.  Vérifie que tout va bien.  Remue un peu du popotin.  Faut bien tester son nouveau pouvoir de séduction. 

Elle est obsédée par ses fringues.  Faut que ça soit de la marque, rien que de la marque, encore de la marque.

Elle passe sa main dans sa frange toutes les neuf secondes.  Histoire de se donner un genre, sans doute.

Elle me raconte son dernier délire au cinéma, à lancer du popcorn partout avec sa bande.  Sale gamine.

Elle ne porte plus le même regard sur moi.  Fini, le regard d'admiration qui veut dire « marraineuh je t'aimeuh tu es la plus belleuh de toutes les marraineuh ».  Fini. Là, on sent le jugement qui surgit, pas méchant, non, mais jugeant : elle a grossi marraine, elle a des rides marraine, elle est mal habillée aujourd'hui (qui a dit « et pas qu'aujourd'hui », que je le baffe) marraine, elle est ringarde marraine.

Elle accepte pas que je parle d'elle bébé, régurgitant, pleurant, se cassant une dent, se mouchant bruyamment.  La nostalgie gagatisante, très peu pour elle.

Elle a douze ans.

Et ça ne va pas s'arranger...

Et moi, j'ai un de ces coups de vieux, soudainement.

 

06:15 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (11) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

15
fév

Ça va suffire, hé ho, Dieu, ça va suffire ?

On le disait en riant mercredi dernier, voilà Apocalyp'snow en Gelbique, après les States.

Et quand je vois les image défiler sous mes yeux, ces trains catapultés l'un sur l'autre, ces tôles qui ne ressemblent plus à rien, cette neige qui tombe, tombe et tombe encore, formant un paysage tout blanc en totale contradiction avec le drame, ces gens terrorisés, en état de choc, je me dis que l'apocalypse, enfin un gros bout d'apocalypse, c'était ce matin.

Alors quand j'énumère, tremblement de terre, incendie, collision de train, ...

Et quand j'énumère, bien plus proche de moi, les décès et les maladies à la pelle...

Je me dis que c'est nin possible, et qu'il est temps que le bon Dieu prenne les choses en main, nondidjaap.

Que dire sinon des banalités genre « mes pensées vont à tous ces gens en souffrance ».  Alors je les dis...

 

21:45 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

12
fév

2598 + 1

2598 mots + 1 image contre l'homophobie.  Une action à laquelle j'ai participé, à découvrir ici.

09:57 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |