15
oct

Que faire avec des bananes ? (ou le making of de ma vidéo Garnier)

Dans le cadre de cette campagne Ebuzzing (pour ceusses qui reviennent de Mars, Ebuzzing est une plate-forme de buzzmarketing avec laquelle je collabore à l'occasion, même que les billets sponsorisés sont clairement indiqués sur le blog), j'ai donc reçu des produits Garnier, pour en parler ici.

Des produits de beauté, des démaquillants, et de l'antirides.  A utiliser dès 30 ans sur les premières ridules, qu'ils disent.  J'ai demandé si y'avait pas une version pour vieille blogueuse pleine de grosses ridules que je suis, mais pas reçu de réponse.

 Je mets un point d'honneur (euh, c'est comme ça qu'on dit, j'ai un doute là) à écrire mes billets sponsorisés de la même façon que mes billets normaux.  Pas mon genre d'écrire "voilà les produits Garnier, ils sont beaux ils sont pas chers ils sont pratiques, achetez-les" et basta.  Ça rimerait à rien.  D'ailleurs j'accepte que des campagnes dont le sujet m'intéresse, m'inspire, me plait, tant qu'à faire.

J'ai donc reçu mes produits, et lu les explications.  Et là, drame dramatiquement dramatique, je réalise que pour mon billet, je dois faire une vidéo, me présentant en train de tester les produits, ou présentant les produits.

Horreur et putréfaction intense.

Comme si j'allais montrer ma tête enduite de produits de soin, voyons voyons, mon blog n'est pas interdit aux mineurs, je me dois de les protéger.

Horreur et damnation, que faire ?

En découvrant les produits, je réalise qu'ils sont bio.  Je sais, je devrais mieux lire les mails qu'on m'envoie, plutôt que de me ruer sur "répondre" comme une crème Garnier sur une ride, appâtée par l'idée de les perdre, mes rides.

En découvrant le côté bio des produits, j'ai immédiatement le déclic.

Je sais quel type de vidéo je vais faire.

Je sais comment vous présenter les produits.

Je vais les rendre à leur milieu naturel.  Provisoirement hein, pas folle l'Anaïs.

Et l'Anaïs d'échauffauder son scénario, comme la Guillaume Musso au féminin qu'elle aspire à être (il est venu à Namur récemment, le bogosse, d'où cette référence à lui, même si je l'ai pas vu, moi j'ai vu Zabou et c'était super aussi, j'aime Zabou, enfin Zabou Breitman mais quand j'étais môme c'était Zabou Toutcourt).  Mon scénario : la caméra se promène dans la nature et y découvre les produits bio, petit à petit.  Elle termine son travelling (notez la référence à du vrai vocabulaire de cinéaste hein) en bord de Meuse, où un dernier produit prend le frais, puis découvre une famille cygne.  La nature, le bonheur, l'eau, la verdure, et les produits bio.

Génial non ?

Bien sûr, si j'avais une équipe de tournage et/ou de montage, j'ajouterais en bruit de fond des cuicuis et des coincoins, et à la fin de ma vidéo, un joli fond musical au piano (que je jouerais moi-même, bien sûr), et puis j'incrusterais un choli texte "Anaïs rend à la nature ce qui lui appartient : les produits Garnier bio".

Mais j'ai pas d'équipe, donc point de musique, point de cuicuis, point de coincoins et point d'incrustation. 

Mais de l'eau, de la verdure, des produits et des cygnes, s'ils sont là, moi je dis oui.

J'attends donc qu'il fasse beau et je me rends, munie de mon appareil photo en mode caméra, de mes six produits et de bananes molles pour nourrir les bestiaux.  J'ignore si les canards aiment la banane, mais je vais tenter.  Le but est pas de les attirer, juste de faire d'une pierre deux coups.

Je suis malheureusement seule, ma fidèle comparse de promenades-cygnes Mostek étant au bureau.  Mais vu la saison, je me dois de filmer lorsque la luminosité est intense.  Hé, je m'y connais en réalisation hein, qu'on se le dise.

Il est donc presque 15 heures, heure ou les enfants sont encore à l'école, ainsi je serai tranquille.

En chemin, je croise une femme qui jette une tartine à des canards.  Je ne peux m'empêcher de murmurer un "pas de pain, connasse".  Tout bas hein.  Je sais, je suis vulgaire, parfois.  Souvent. 

J'arrive sur les lieux, savoir une rampe étroite en béton qui descend jusqu'à la Meuse, bordée de verdure et sur laquelle trône une vieille barque.  J'y découvre un couple en train de nourrir MES bêtes.  Un couple humain, s'entend.  Titchu.  Au moment où j'arrive, ils s'en vont ouf. Non mais, c'est dingue ça, ces gens qui s'occupent de MES canards et mes cygnes, titchu.

J'entame immédiatement la descente vers la Meuse, déposant au passage mon sac plein de bananes en début de course, histoire de nourrir ma famille cygnes après les prises de vue.

Je glisse sur une énorme fiente verte de je sais pas quel type d'animal mais vu la quantité de ... enfin de fiente quoi... ça doit être de la fiente de cygne ça.  C'est pas possible que ça soit de la fiente de poule d'eau, sauf si les poules d'eau chient leur équivalent en poids par jour...

Je glisse mais me rattrape.  Ouf.  Sauvée par mon inégalable sens de l'équilibre.

Arrivée au bord de l'eau, je réalise immédiatement qu'il me sera impossible de disposer certains produits sous l'eau, au risque de les voir flotter au large.  Et ça je veux pas.  Je les installe donc dans la verdure, de plus en plus près de l'eau.  Puis je prends mon nouvel appareil photo, déjà en fonction caméra, et je filme.  Je filme les produits (trop vite), puis la caméra découvre la famille de cygnes, présente pour l'occasion.  Merci les cygnes.  Je suis ravie, c'est une totale réussite (à ce moment, j'ai pas encore vu le piètre résultat, of course).

J'éteins mon appareil photo et, au moment où je m'apprête à récupérer mes produits, j'entends un bruit mat.  Un bruit sourd.  Un bruit lourd, accompagné d'un bruissement d'ailes.  Je me retourne, et découvre un cygne à moins d'un mètre de moi.  Un des parents.  La mère, je dirais.  Elle me regarde, l'oeil gourmand.  Aucune agressivité en elle, je suis sûre qu'elle me reconnait, depuis le temps que je lui rends visite. 

D'ailleurs, elle s'approche.  Elle s'approoooooooooche.  Et je suis prise au piège, moi, totalement prise au piège.  Passque derrière moi, y'a de l'eau.  A droite, de l'eau, à gauche, un mur plein de brouissailles.  Et devant, une mère cygne affamée.  Bon, Anaïs, on se calme.  Mon coeur palpite.  J'ai une folle envie de rire de ma situation, et en même temps, chuis pas vraiment à l'aise.  Un homme passe, au loin, j'hésite à l'appeler à l'aide, des fois qu'il serait brun, ténébreux et doté d'un sens de l'humour lui permettant de tomber raide dingue d'une namuroise coincée par un cygne lors de la réalisation d'un film sur des produits de beauté en bord de Meuse.  Mais j'appelle pas (diantre, si ça tombe, c'est vrai, c'était l'homme de ma vie).

Mais pourkwaaaaaaaaaaaaa Mostek est pas là, avec moi, elle qui m'accompagne quasi toujours dans mes périples bord-de-Meusesques ?  Je pense pas à l'appeler, alors que j'ai mon GSM.  Pourtant, ça aurait été à mourir de rire.  J'imagine Mostek "Euh, Mister Boss, Anaïs est prise au piège par un cygne, je peux quitter le bureau pour aller la sauver ?"  Tout compte fait, heureusement que je l'ai pas appelée.

Dans un éclair de lucidité, je décide de récupérer d'abord mes produits, toujours à leur place d'origine, passque je sais qu'une fois que je me serai sortie de cette situation complexe, j'oserai plus redescendre.  Et je vais pas sacrifier mes produits pour un cygne, non mais.  Si ça tombe, c'est ça qu'elle veut, miss cygne, jouer sa coquette avec mon antirides...

Je récupère donc un à un mes six produits, je les range dans mon sac, puis j'analyse la situation.

Passque durant mon rangement, autre bruit lourd, sourd, mat, autre bruissement d'ailes.  Un des gosses a rejoint sa mère.  Le père et le second gamin sont encore dans l'eau ouf.

J'ai donc maintenant deux gros cygnes face à moi, genre à trente centimètres, vu qu'ils se sont encore rapprochés.  Tous les deux aussi grands, car le fiston (ou la fifille, attirée aussi par les produits de beauté, qui sait), né au printemps, a bien grandi, au point qu'il a désormais la taille de papa-maman.

Bon.

Réfléchis Anaïs.

L'heure est grave, mais tu peux t'en sortir.

Tu peux le faire.

Pas moyen de leur jeter des bananes, elles sont hors de portée.  Je pourrais les assommer à coup de pots de crèmes Garnier, mais j'ai peur de les énerver.  Je pourrais m'envoler, mais chuis pas un cygne.  Je pourrais... ben je pourrais rien.

Je repère alors deux palettes, vous savez, ces carrés de bois qu'on met sous les produits lourds, genre les boites de papier A4.  Merci au malotru qui est venu se débarasser de ses palettes en bord de Meuse, je sens qu'elles vont me sauver.

Je soulève alors la première palette, me glisse entre elle et le mur, la plaçant par la même occasion entre moi et maman cygne, et j'entreprends de me déplacer.  Maman cygne me regarde, l'air intrigué.  T'approche pas fichu volatile, ou je t'écrase à coups de palette, non mais.  Une fois au bout de la première palette, y'a toujours bébé cygne devenu grand.  Fort heureusement, y'a la deuxième palette, que je fais glisser à côté de la première, et le tour est joué.

Finger in the noze.

Même pas eu peur.

Je remonte alors chercher mes bananes, passque chuis pas rancunière et passque la famille cygne n'a finalement pas eu le moindre signe d'agressivité à mon égard.  Et la dégustation commence. 

Ben je peux vous dire que si vous cherchez encore un substitut au pain qu'on peut pas leur donner, les bananes c'est pas mal.  Ils adorent.  Tous les canards adorent, et ça transforme les lieux en cafeteria géante pour volatiles.  Que du bonheur.  Mes mains sont pleines de banane écrasée, malgré le couteau que j'ai emporté pour m'aider, mais j'adore ça.  Que du bonheur je vous dis.  Mon appareil photo, que je ressors par moment pour immortaliser la scène, est plein de banane écrasée, mais j'adore ça.  Une poule d’eau parvient à se faire entendre d’un petit cri, et je parviens, dans un élan de dextérité incroyable, à viser juste et à lui lancer un bout de fruit à plusieurs mètres, qu’elle attrape immédiatement, pour ensuite s’enfuir à l’abri des oies hystériques.  Notre oie orpheline, qui n’a aucun congénère en bord de Meuse, même qu’elle hurlait désespérément au début, semble s’être acclimatée un peu mieux et fait des pieds et des mains (enfin des pates et des ailes) pour manger le plus possible, avec succès.  Pas farouche, l’immigrée.

Je quitte ensuite les lieux, morte de rire à l'idée de ce making of pas comme les autres...

PS : zavez vu, la vidéo est moche, trop claire, floue et tout, mais on entend les oiseaux, yessssssss.

PS : les photos : dégustation sur la berge avec les palettes salvatrices, le repas continue dans l'eau, la Meuse se transforme en cafeteria, et puis l'immigrée (si quelqu'un sait ce que c'est et si elle passera l'hiver dans nos contrées, je serais ravie de le savoir)

 
Garnier bio, retour à la nature
envoyé par anaisvalente. - Découvrez plus de vidéos de mode.

 

Copie de bananes.JPG

Copie de bananes2.JPG

Copie de cafeteria.JPG

Copie de bananes3.JPG

Copie de intrus.JPG

12
oct

Dingue...

13:31 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (8) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

6
oct

Les Wallons sont parfois cons (et ça rime)

Surfant sur internet à la recherche d’informations pour mes articles conso, je découvre un article sur le site www.lavenir.net, parlant d’une invasion de rats à Namur, dans un terrain vague.  Toujours intéressée par tout ce qui touche aux animaux, vous le savez, je lis.  Et je lis aussi les commentaires, car c’est finalement le plus intéressant dans les articles de presse disponibles sur le net : les réactions incroyables des gens.

Et là, je suis stupéfaite.

Je vous copie le tout, même si c’est long.  Ne vous arrêtez pas à la réflexion sur les ouvriers communaux, ce n’est que la partie émergée de l’iceberg ignoble que constitue ce commentaire… Ne vous arrêtez pas à la partie qui parle du pain jeté aux canards, c’est pas ça non plus, même s’il est vraiment temps qu’on leur donne autre chose.  Allez jusqu’au bout de la lecture.  Personnellement, j’ai eu l’impression d’un retour en 1940 (nan, j’étais pas née, ça va hein), quand on comparait les juifs à ces petits mustélidés pas toujours sympas c’est vrai.

Stupéfaite et dégoûtée, moi être. 

« J'habite Wépion et je me promène souvent le long de la Meuse entre les écluses de Taillefer et La Plante, je peux vous dire que le nombre de rats est impressionnant. J'ai discuté avec un monsieur qui a une société de 'dératisation' et un jour il a ouvert un des caissons qui se trouvent le long de la Meuse et à sa grande surprise, il a retrouvé un nid de souris dans le caisson. Il n'y a aucun produit pour exterminer les rats dans ces boîtes. Cela vient du fait que ce travail doit être réalisé par les ouvriers communaux et que l'on sait qu'ils débordent de travail....(le croit qui veut)..bref, vu aussi le nombre de gens qui jettent des mannes de pains aux canards le long de berges et que ces mêmes canards ne savent pas atteindre ce pain, les rats s'invitent au casse-croute. Habitant sur la chaussée de Dinant, mais pas du côté Meuse, j’ai même eu la désagréable surprise pendant ce petit été, de voir un rat pénétrer dans ma cuisine alors que j’y étais occupé. Déjà qu’on avait les flamands, maintenant, on a les rats….mais pas beaucoup de différence, dans les deux cas, des sales bêtes. »  

14:49 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (17) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

23
sep

Arac attack

A l’heure où mes doigts tremblotants écrivent ces lignes, mon cœur bat encore à tout rompre. L’adrénaline n’a pas encore déserté mon organisme.  Mes pupilles sont encore dilatées (ou contractées, y’a un médecin dans la salle ?) par l’angoisse.

 Je ne vais faire durer le suspens, vu que suspens il n’y a point étant donné le titre choisi pour ce billet.

C’est un soir d’orage (nan je rigole, pas d’orage, mais ça fait plus mieux angoissant), donc c’est un soir d’orage, vers minuit (enfin vers 21 heures mais minuit, c’est l’heure du crime), donc vers minuit, je suis paisiblement installée sur mon canapé, laptop sur les cuisses.  Je regarde la TV de l’œil droit, je prépare des billets de l’œil gauche. 

Soudain, une ombre se déplace sur le sol.  Je la vois sans la voir.  Mes deux yeux sont occupés, et vu que j’en n’ai pas de troisième, je décèle juste cette ombre, mais elle attire mon attention. 

Un papillon de nuit ?  Au sol, c’est rare, mais je veux y croire. 

Je regarde vers l’ombre.  Elle a disparu. 

Je vaque donc à nouveau à mes occupations, jusqu’à ce que l’ombre se déplace à nouveau. 

Je regarde.  A nouveau disparu.  Mais pas totalement.  Car j’ai perçu le déplacement cette fois.  L’ombre s’est dirigée vers ma porte en pitchpin et en a entamé l’ascension, pour ensuite s’immobiliser.  Et une ombre sur une porte en pitchpin, ben ça se voit pas.

 Je tente de garder l’espoir qu’il s’agit d’un papillon de nuit.  Mais je sais que les papillons de nuit, par définition, ça vole, et en général ça vole en hauteur près des ampoules, ça rampe pas au sol pour escalader ensuite des portes en pitchpin. 

Alors mon cœur fait un bond dans ma poitrine et mon corps fait un bond sur le canapé.  J’envoie valser (Zazie) mon ordinateur dans un coin du canapé, je m’extrais de ma couette douillette (hé, ça sent l’automne et les soirées fraîches hein) et je me précipite… ou plutôt j’avance à pas feutrés vers l’interrupteur qui éclairera ma lanterne en même temps que mon living, et me révélera l’identité du bestiau immobilisé sur ma porte. 

Et c’est ce que je craignais.  

C’est un monstre. 

Un monstre à huit pattes. 

Une araignée. 

Et pas n’importe quelle araignée : une araignée de bois.  Du moins, c’est ainsi que je les appelle, car ces araignées sont particulièrement présentes dans les buches que l’on stocke contre les pignons des maisons pour les faire brûler en hiver.  J’ai pas de buches, mais j’ai une araignée de bois chez moi.  Immédiatement, je me dis que je devrais faire une photo, car nous avions tenté, un soir, entre amis, de trouver une photo de ce type d’araignée sur le net, en vain (que celui qui ose envisager de dire « ils n’ont rien de mieux à faire entre amis ceux-là » ravale sa langue immédiatement).  Mais j’ai tellement peur qu’elle se réfugie sous un meuble si je la quitte du regarde, m’obligeant ensuite à déménager ou à appeler les pompiers, que je m’abstiens. 

Je saisis ma crock vert pomme et j’extermine l’araignée, dont le corps désormais sans vie dégringole de la porte sur le sol de mon living. 

Mais le pire reste à faire.  Je ne peux bien sûr pas laisser ce cadavre chez moi.  Cet énorme cadavre.  Ce cadavre qui symbolise ma bêtise : celle de ne pouvoir supporter la vue d’une petite bête quasi inoffensive pour moi (hé, ça mord non, les araignées de bois ?) au point de l’avoir tuée.  Et le pire c’est que, même face à ce cadavre, je trouille encore.  Rien que la vue de cette araignée, pourtant totalement immobile, m’angoisse et me répugne tout à la fois. 

Alors, je vais chercher un rouleau de papier WC, j’en déroule six mètres que je racrapote en une énorme boule, histoire d’avoir la main le plus loin possible de l’arachnide, que je saisis et vais, presque au pas de course, jeter dans le WC.  Puis je tire la chasse, et m’assure qu’il ne reste rien dans la cuvette. 

A-t-on idée d’avoir si stupidement peur de ces pauvres bêtes qui ont le malheur de naître moches ?

Illu de Ptitbordel.

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08:00 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (9) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

22
sep

Titeuf ou pas Titeuf, that’s the question

titeuf.jpg

Il y a un petit temps déjà, se profilaient à l’horizon deux anniversaires de petits nenfants.  Souviendez-vous, acheter les cadeaux d’anniversaire, c’est pas mon fort, d’autant plus si c’est pour des nenfants.  La dernière fois, la recherche d’une balle fut une véritable (més)aventure.  

Cette fois encore, j’avais demandé une piste : « keske je peux offrir pour les zanniversaires ? »

La réponse fut rapide, claire et brève : « une BD ».

En apparence, cela semble facile d’offrir une BD.  Ça se trouve partout une BD, comme les balles décorées pour fillettes.  Partout partout.

Mais je n’avais pas songé à une question subsidiaire « quel genre de BD ? »

Passque les BD, c’est comme la musique, les macarons et les marshmallows, y’en a de tous les genres.

Mais vraiment de tous les genres.  En plus, faut associer le genre à l’âge.  Ne pas offrir les bisounours à un enfant de onze ans.  Ne pas offrir Happy Sex à un enfant de six.  Complexité du choix.  Choix cornélien.  Tintin ?  Petit Spirou ?  Lou ?  Boule et Bill ? Nelson ? Les Schtroumpfs ? Keskejensaismoua !

En désespoir de cause, et en grande nulle en choix de cadeau, je vous le répète, je m’adresse à Mostek, de mon air le plus suppliant « keske je peux acheter comme BD pour deux gamins ? »

Elle ne réfléchit absolument pas (hé, j’ai pas dit qu’elle ne réfléchissait jamais, mais que là, son neurone avait répondu spontanément, en toute logique) et me répond « Titeuf ».

Yes.  Alléluia.  Hosannah au plus haut des cieux.  Bénie soit celle qui vient à l’aide d’une pauvre Anaïs.  C’est çaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa.  Mais bien sûr, c’est çaaaaaaaaaaaaaaa.  Ce ne pouvait être que çaaaaaaaaaaaaa.  Titeuf.  TITEUF.  Le personnage adoré des courtes-culottes.  Mostek me sauve la vie.  Eternelle reconnaissance.  Sourire béat permanent au bureau (enfin durant dix minutes quoi, faut pas pousser, jusqu’à ce que mon sourire soit détruit pas une vilaine cliente pas belle en proie à une rage folle car boss chéri n’a pas rappelé dans la seconde).

Me voilà donc partie en quête d’un magasin qui vend des BD.  Facile à trouver.  Que du bonheur.

En entrant dans le magasin, je repère un énoooorme container plein de balles colorées.  Du Hello Kitty et de la princesse à revendre.  Note pour l’avenir : proposer d’intervertir les anniversaires, afin que celui de la fan de balles soit fêté en été.  Seconde note : d’ores et déjà acheter la balle de l’an prochain.  Troisième note : et si elle n’aimait plus les balles d’ici un an ?  Quatrième note : ne plus faire de notes, elles sont inutiles.

Je dégote le rayon des Titeuf, et le second choix cornélien se présente à moi.  Deux BD, ok, mais lesquelles ?  Zep est très créatif, et des Titeuf, y’en a plus de vingt, si mes souvenirs sont bons.  Alors :

- pour prendre deux BD au hasard, tapez 1

- pour prendre les numéros 1 et 2 tapez 2

- pour prendre les deux dernières tapez 3

J’abandonne le choix au hasard, me disant que si à l’avenir j’en achète d’autres, je suis cap’ de racheter les mêmes.

J’abandonne l’idée de prendre les deux dernières, me disant qu’il y a peut-être une suite logique aux histoires.

Je choisis donc Titeuf 1 et Titeuf  2.  Je m’évanouis en découvrant les titres de ces deux premiers ouvrages : « Dieu, le sexe et les bretelles », « l’amour c’est pô propre ». Est-ce bien raisonnable d’offrir ça à un enfant ?  Et si je prenais plutôt Musti ?  Ou Oui-Oui ?  Allons allons, sois moderne ma petite Anaïs, ne t’arrête pas à un titre et à ce dessin de Titeuf qui se mate les parties intimes en couverture.  J’imagine avec effroi l’intérieur de la BD, avec Titeuf qui se masturbe, Titeuf qui profite d’une merveilleuse fellation, Titeuf qui sodomise sa meilleure amie, Titeuf qui mate des vidéos pornographiques en faisant des choses pas très catholiques. Rhaaaaaaaaaaaaaa, dans quel monde vivons-nous ma bonne Dame.

J’achète donc les deux Titeuf et passe à la caisse avec la mine d’un gros pervers qui s’offre des magazines de cul en douce.  En prime, je choisis aussi des Titeuf version livres à lire, avec du texte et des images.  Orgie de Titeuf en perspective.

Et je me rends à la fête d’anniversaire munie de mes superbes emballages faits maisons, qui peuvent laisser croire qu’ils contiennent un ballon de foot ou une guitare, tant je suis douée pour emballer.  D’ailleurs, je suis douée pour emballer… dans tous les sens du terme, mais c’est une autre histoire sur laquelle je ne m’attarderai pas outre mesure.

J’offre le premier cadeau.  Opération déchirage d’emballage, découverte du cadeau, merci merci smack smack.  Un succès.  Je me gausse de ce choix, et, par souci d’honnêteté, j’avoue « je savais pas trop quelle BD choisir, mais ma collègue Mostek m’a conseillé Titeuf, car tous les enfants aiment Titeuf ».

Et c’est la que la catastrophe catastrophiquement catastrophique se produit : le second enfant, qui n’a pas encore ouvert son cadeau, s’exclame « non, tous les enfants aiment pas Titeuf, moi j’aime pas ».

Silence.

Blanc.

Une mouche passe.

Et repasse.

Rouge (ma tronche).

La vérité sort de la bouche des enfants.

Il aime pas Titeuf.  C’est une catastrophe, son cadeau comprenant Titeuf en BD et Titeuf en livre, orgie de Titeuf je vous dis.  Mais il aime pas Titeuf.

Bon.

Trop tard de toute façon.

Alors il ouvre son cadeau.  Au milieu de la procédure, il en remet une couche « ooooh, c’est Les Schtroumfs, c’est çaaaaaaa ? »

Naaaaaaaaaaa, c’est Titeuf, et t’as intérêt à faire semblait d’aimer, petit morveux, non mais.

Il termine d’ouvrir.

Et découvre ses Titeuf.

Il m’épargne un « J’aime pas Titeuf, je t’ai dit », mais n’en pense pas moins.

Puis il part dans un coin, lire Titeuf, qu’il n’aime pas.

L’an prochain, plus de Titeuf.  Et c’est là qu’il me dira, j’en mets ma paluche au feu « oooh, pas de Titeuf cette fois, dommage, j’avais tellement aimé ceux de l’an dernier ».  Sale môme.

07:47 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (10) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |