13
aoû

Elles sont reviendues, sauve qui peut

C’est toujours en août qu’elles reviennent.  Je le sais.  J’ignore comment je le sais, mais je le sais.  C’est quelque chose que tout citoyen sait.  On l’apprend presque à la naissance j’imagine, puisque je ne me souviens pas de qui me l’a appris ni quand.  Ça fait partie de la culture collective et citoyenne quoi.

Bref, je le sais, qu’elles reviennent en août, les zébrées jaunes, alias les guêpes.

Mais cette année, enfer et damnation suprêmes, elles étaient bien en avance.

Dès début juillet, j’ai eu à subir leurs assauts.  Leurs attaques.  Si.  Elles attaquent, et que ceusses qui me disent « pas bouger, une petite bête ne mange pas une grosse (c’est moi que tu traites de grosse là ?), elle va partir, elle va pas t’attaquer, reste calme » se taisent à tout jamais, passqu’on en entend partout des histoires de zébrées qui se ruent d’un coup d’un seul sur un innocent citoyen qui ne bougeait pas, ne bronchait pas, ne parlait pas, ne provoquait pas, alors hein, les théories « pas bouger pas broncher », j’y crois pas.

Et donc, début juillet, je mange calmement une petite crêpe aux trois sucres, troooop bon.  Et je bois un Ice tea pêche, troooop glacé.  Je suis avec une amie et le moment est super, y’a du soleil, on a pris la namourette, j’ai trouvé des godasses à ajouter à ma collection.  Bref, moment bonheur.  Et petit bonheur supplémentaire, sur ma canette d’Ice tea, y’a un code pour avoir des réductions sur les DVD.  Alors, pour pas emporter la canette, je décide de noter le code.  Je saisis la canette.  Je l’approche pour lire le code.  Et là, le drame.  Une énoooorme zébrée, mais énorme, genre libellule version jaune, sort de la canette et me regarde d’un air méchant.  Elle est fâchée.  Comment je le sais ?  Ben elles sont toujours fâchées, les zébrées, zavez qu’à mater leur tête triangulaire, avec leurs antennes pointées agressivement vers leur proie et leurs yeux qui lancent des éclairs.  Brrrr.  La voyant sortir, donc, je pousse un hurlement digne de Jessica Lange quand King-Kong l’enlève (mais est-ce bien elle, j’ai un doute du coup, ma culture étant ce qu’elle est, jamais vu King-Kong, mais c’est le nom d’actrice qui m’est venue, comme un reflux de culture collective…), hurlement qui ameute le responsable de l’établissement.  Je rougis d’angoisse et de honte, je sue comme une truie ménopausée (j’avais d’abord mis un porc ménopausé, ça sonne mieux, mais Word pas content, car ménopausée n’existe qu’au féminin, qu’on se le dise), je respire comme une asthmatique en pleine crise.  J’ai eu peur, c’est normal hein.

Depuis lors, j’étais relativement tranquille.  A savoir que les zébrées se contentaient de me tourner autour quand : je bois quelque chose qu’elles aiment, je mange quelque chose qu’elles aiment, je parle et elles aiment mon haleine, j’ai du parfum qui sent bon, j’ai du gel qui sent bon, je transpire et elles aiment ça, j’ai un bouton  sur le nez qui leur plait pas, j’ai une fringue de couleur qui leur plait… et j’en passe.

Mais aujourd’hui, le summum de l’horreur.  Attention, thriller en vue.

A midi, je m’installe gentiment au soleil, avec mon petit repas, mon petit coca light et mon petit livre (le nouveau Beth Fantaskey, Alchimie, passionnant).  J’ai à peine le temps d’engloutir une bouchée que la voilà : la zébrée, avec son air gourmand et agressif.  J’envoie valser (Zazie) mon livre (et je perds ma page, tchu), je saisis mon assiette violemment (du coup la pomme de terre en chemise se retrouve noyée dans la sauce cocktail qui en devient toute chaude, tchu) et je me précipite à l’intérieur.  Puis je ferme la porte-fenêtre, car je sais qu’elle va me poursuivre.  Et je mange, terrée chez moi.

Ensuite, un peu plus tard, un verre en terrasse en agréable compagnie.  Tout va bien, la conversation est sympa, moment bonheur.  Soudain, une zébrée se pointe (chuis sûre que c’est celle de midi qui vient se venger de n’avoir pas pu manger dans mon assiette, sûre sûre – meuh non chuis pas paranoïaque).  L’angoisse monte, je m’éloigne le plus possible du bestiau qui hésite entre nos verres, nos canettes, nos lèvres.  Elle finit par se poser sur le bord d’une canette, puis par y entrer.  Et la voilà prise au piège d’un sous-bock.  Je devrais me sentir rassurée (argh j’avais écrit rassurer, vous voyez comme je suis traumatisée par l’angoisse), l’animal sauvage étant maîtrisé.  Mais je ne peux plus quitter le sous-bock des yeux : et s’il s’envolait, et si la zébrée poussait, de ses petites pattes musclées, sur le sous-bock pour le soulever, et si et si et si…  Finalement, mon comparse retourne la canette et le sous-bock, et coince définitivement la zébrée dans la canette.  En plus, le reste de boisson en coule, ce qui, espoir fou, pourrait noyer notre bestiau.  Mais rien n’est moins sûr.  Et même avec la canette retournée, je continue à angoisser.  Un peu comme si la seule présence d’un zébré à moins de dix (cent ?) mètres m’obligeait à ne plus penser qu’à ça rien qu’à ça.  Et je stresse.  Et j’ai des visions d’horreur.  Un coup de vent renverse la canette (le soleil a laissé place aux nuages, un coup de vent est donc possible), la zébrée s’échappe et, furieuse, se précipite sur le premier visage visible, savoir le mien, et se met à me piquer la lèvre encore et encore et encore.  Je la visualise, sur ma lèvre, aaaaaaaaaaargh je veux hurler.  Vision d’horreur suivante.  Elle parvient à se faufiler dans l’interstice entre la canette et la table et idem.  Vision d’horreur suivante. Elle pousse avec ses antennes pour soulever la canette et idem.  Et ainsi de suite.  Bref, plus moyen de me concentrer sur notre conversation.  Pourtant j’essaie, mais en vain.  Et je ne pense qu’à une chose, m’éloigner de cet endroit tellement dangereux pour moi.

Alors, nous partons.

Et j’avertis le serveur du danger… ben oui quoi, quand il va soulever la canette, vous le savez, elle va se précipiter sur le premier visage visible et idem.  A moins qu’elle ne se lance à ma poursuite, sait-on jamais…

Je hâte alors le pas jusqu’à mon humble demeure, où je me réfugie, toutes portes et fenêtres closes, des fois que la zébrées connaîtrait mon adresse (ah ben oui elle la connaît, elle y était ce midi, car oui c’était elle, je le sais).

Ouf, sauvée.

Jusque demain…

Dessin issu du blog de Coco.

Alias Corinne Rey.

 

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06:14 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (27) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

10
aoû

Non c'est non ! (pétition anti corrida)

La révolte gronde depuis qu'une partie de l'Espagne interdit la corrida, je m'en étais réjouie ici il y a peu, souvenez-vous.

L'arme des partisans de cette horreur ? Faire entrer la corrida à l'Unesco comme patrimoine culturel.

Ben voyons.  Et pourquoi pas y faire entrer aussi le lancer de chats vivants du beffroi d'Ypres (dans mon chtit pays)  tant qu'on y est ? Une pratique depuis longtemps remplacée par des peluches, on n'est pas des barbares en Gelbique...

Alors, faut lutter contre ça, et signer...

Pour signer, c'est ici.

(dessin issu de ce site)

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9
aoû

Camping

(Toute ressemblance avec des personnes existant ou ayant existé serait le fruit du hasard... enfin j'espère).

caravane.jpg

Olivia était excitée comme une puce.  On aurait dit une enfant de cinq ans recevant une nouvelle Barbie pour sa collection.  Pourtant, elle approchait à grands pas de la quarantaine.  Mais sa joie faisait plaisir à voir.  Par la fenêtre de sa caravane, elle vérifia à nouveau qu’elle n’avait pas rêvé puis se tourna vers Rudy, son époux, et s’écria « voilà les nouveaux, voilà les nouveaux, les voilà, les voilà, viens vite !!! »

Ils occupaient leur caravane résidentielle toute l’année depuis cinq ans déjà, lorsque le CPAS avait cessé de leur octroyer ses aimables gratifications mensuelles, les poussant à quitter la petite maison deux façades qu’ils louaient depuis leur mariage et à s’installer dans ce camping, à deux pas d’Ostende.  Certes, les hivers étaient un peu rigoureux, malgré le poêle au gaz et le double vitrage qui équipaient ce modèle relativement récent, mais ils s’y étaient habitués. Et c’était l’ennui plutôt que le froid qui les terrassait d’octobre à mai, lorsque les vacanciers désertaient le camping.  L’ennui… et le manque de victuailles bien sûr, qui se faisait plus cruellement sentir durant ces mois de solitude.

Rudy s’approcha de sa chérie, jeta un œil à la Peugeot noire qui s’arrêtait dans l’allée du camping et esquissa un sourire.  Il était aussi excité qu’elle, dans tous les sens du terme « excité », mais tentait de ne pas le montrer.  C’était lui l’homme.  Le vrai.  Avec une voix d’homme.  Il se devait de rester calme et sérieux.  De gérer la situation.  Même si, au fond de lui, il brûlait tout autant d’impatience de découvrir les nouveaux arrivants et les cadeaux qu’ils apportaient.

Ils s’installèrent à genoux, l’un à côté de l’autre, sur la banquette étroite en skaï rose et contemplèrent le spectacle qui s’offrait à eux.  Le conducteur sortit en premier lieu et fit rapidement le tour du véhicule pour aller ouvrir à celle qui semblait être son épouse.  « Un galant, ça nous change », dit Olivia.  Il ne semblait âgé que d’une bonne trentaine d’années, mais son ventre distendu prouvait qu’il était un grand adepte de bières.  « A moins qu’il ne soit ‘enceint’ », ricana l’observatrice.  Il transpirait énormément et enleva brièvement sa casquette RTL pour s’éponger le front avec son bras.  « As-tu vu comme son crâne chauve semble glissant », ajouta-t-elle, « même une mouche ne pourrait s’y poser sans s’y noyer ».  Rudy lui sourit tendrement.  Il savait qu’à chaque arrivage, elle adorait observer ainsi leurs nouveaux voisins et se repaître de leurs défauts physiques.  Son humour l’attendrissait et le faisait mourir de rire tout à la fois.  Il remerciait chaque jour le ciel de lui avoir offert une épouse si drôle, si belle, si intelligente et si… ben parfaite quoi.  L’attention d’Olivia se porta alors sur celle qui attendait patiemment que son compagnon chauve et bedonnant sorte les valises : une petite blonde un peu replète, aux lèvres rose fuchsia et aux jambes qu’une mini-jupe trop moulante ne cachait pas le moins du monde.  « Penche-toi, mon Rudy, tu verras son protège-slip dépasser de son string », pouffa Olivia.  Rudy s’étrangla de rire.  Il l’aimait, son Olivia.  Il la vénérait.

Les nouveaux vacanciers, inconscients de la surveillance dont ils faisaient l’objet, et encore blafards en ce premier jour de congé, entreprirent de vider le coffre de leur voiture, sous le regard de plus en plus intéressé de notre couple de curieux.  Les allers et retours entre le véhicule et l’intérieur de la caravane commencèrent.  Trois valises bleues.  « Deux pour Madame, une pour Monsieur », se réjouit Olivia.  Cinq sacs recyclables du Delhaize pleins à craquer. Impossible cependant de deviner ce qu’ils contenaient. « J’ai faim.  Tu crois qu’ils auront des M&M’s comme la dernière fois ? »  Deux packs de bière. « Hé, mamour, tu vas devenir ‘enceint’ aussi ». Plusieurs bouteilles de soda de diverses marques.  Une bouteille de Pastis. « C’est nin vrai, qu’est-ce qu’ils ont tous avec le Pastis en ce moment, j’aime pô ça ». Un sac de pommes de terre.  Vingt-quatre rouleaux de papier WC décorés de bleu. « Zont peur d’avoir la chiasse ou quoi ? » Un frigobox qui semblait bien lourd. Un sac de chez Renman contenant probablement de la viande pour un barbecue.  Les nouveaux arrivants commençaient toujours leurs vacances par un barbecue, au point que ça en devenait lassant.  Super original aussi.  « Barbecue », ironisa Olivia.

Olivia poussait des petits cris de joie à chaque passage du couple de voisins.  Rudy la tempéra. « Elle est beaucoup plus petite que toi, ne te réjouis pas.  Et tu n’aimes pas le Pastis, que je sache.  Enfin, bon, y’a de la Jup’, ça c’est le pied, même si j’en ai marre de me farcir un barbecue chaque dimanche. »  « Rho, tais-toi, rabat-joie, embrasse-moi et tais-toi », conclut son épouse.  Elle brûlait d’impatience, comme chaque samedi.  Mais il leur fallait attendre.

Leurs voisins revinrent une dernière fois et firent sortir un chien de l’habitacle, avant de verrouiller le véhicule et d’investir leur nouveau lieu de villégiature.  « Et merde », murmura Rudy.  « Il est tout petit, ça devrait aller », rétorqua son épouse.  « Oui, mais tu sais bien que c’est pas la taille le problème.  J’aime pas faire de mal aux animaux », soupira-t-il.  « Rho, ne recommence pas avec ta pitié à la con, on n’a pas le choix, et puis, dans le fond, je suis sûre que tu aimes ça, allez, avoue », ajouta-t-elle.  Rudy ne répondit pas.  D’un rire, elle conclut : « qui ne dit mot consent ».  Il rit à son tour.

Rudy lança alors son regard habituel à son Olivia chérie.  Son regard du samedi.  Celui qui voulait dire « c’est notre journée préférée, on s’est bien rincé l’œil tous les deux, on va passer une super journée, une super nuit, alors maintenant suis-moi sur le lit, déshabille-toi, que je me rince l’œil tout seul et te fasse ton affaire ».  Le samedi, c’était le jour du sexe.  Du moins en été.  Moins souvent en hiver.  Chaque samedi, durant la belle saison, une fois les nouveaux voisins installés, Rudy entraînait son épouse dans leur chambre, vérifiait que la fenêtre était fermée afin que les vacanciers n’entendent rien et la poussait un peu brusquement, juste un peu, sur le lit, après lui avoir ôté sa chemise de nuit ornée de Minnie.  Toutes ses chemises de nuit l’étaient, c’était son petit plaisir à elle, le seul luxe qu’elle s’offrait, celui de s’acheter des chemises de nuit Minnie, mais il n’en éprouvait aucune lassitude, seul le contenu lui importait.  Et le contenu était à son goût : une poitrine opulente, des fesses charnues et un petit ventre légèrement rebondi qu’il aimait caresser après l’amour.  Il se déshabillait, s’affalait ensuite sur le lit à ses côtés et la laissait le chevaucher.  Elle adorait ça.  Ils étaient tellement excités par la présence des nouveaux qu’ils n’y allaient pas par quatre chemins et ne s’encombraient pas de préliminaires.  Olivia montait sur lui et c’était parti pour un rodéo rapide et efficace.  Trois ou quatre minutes, en général.  Parfois deux minutes seulement, quand leurs nouveaux voisins étaient dotés de bien plus de bagages qu’à l’ordinaire, ce qui décuplait leur enthousiasme.

Après cette « partie de pattes en l’air », Rudy filait sous la douche.  A peine sorti, Olivia faisait de même.  Ils ne pouvaient s’y rendre ensemble, les salles de bain de caravane étant trop exigües.  Dommage.

Ensuite, en fonction de leur humeur, ils optaient pour une sieste, une promenade en bord de mer ou, occasionnellement, un second rodéo sexuel.  Ils attendaient.  La patience n’était pas leur qualité première, mais ils n’avaient pas le choix, il fallait agir de nuit.

Ils attendirent donc.  Et s’occupèrent tant bien que mal.

Le soir venu, comme à l’accoutumée, Rudy programma le réveil pour qu’il sonne à trois heures.  Comme à l’accoutumée, Olivia prépara tout le matériel afin que Rudy n’ait plus qu’à l’emporter.  Comme à l’accoutumée, ils allèrent se coucher.  Et comme à l’accoutumée, ils eurent du mal à dormir, tant ils étaient fébriles et heureux.

A trois heures, le réveil fit son travail, et Rudy partit faire le sien, non sans avoir entendu les ultimes recommandations habituelles d’Olivia « T’as pris le Saint-Marc ?  Efface bien tes empreintes !  N’oublie pas de vérifier s’ils ont des M&Ms.  Sors la bouffe du frigobox en dernière minute, pour pas briser la chaîne du froid.  Vérifie qu’ils dorment bien avant d’agir surtout, pas comme la dernière fois, les cris risqueraient d’ameuter les voisins !  Et ne reviens pas encore avec tes godasses pleines de sang ou de cervelle, par pitié.  Rince-les et prends une douche si y’a trop d’éclaboussures, tu sais bien que je suis une chochotte, j’aime pas la vue du sang.  Et tu t’occupes du chien aussi, ne me refais plus le coup de la pitié, trop risqué, même régime pour tous, adultes, chiens, chats, gosses, souris… c’est clair ?  Puis tu prends carrément les trois valises et tu les ramènes, j’ai besoin de nouvelles fringues.  Surtout sois prudent sur la route.  N’allume pas les phares de leur voiture, tu sais bien que ça attire l’attention.  Et tu nettoies à fond hein, t’as le Saint-Marc.  Plus aucune trace.  Tu fous tout l’inutile à l’eau, comme je te l’ai appris.  Bon amusement.  Profites-en bien.  Ah oui, j’oubliais, tu pourrais ramener du poisson frais en revenant de la jetée après avoir tout jeté (elle rit de son jeu de mots), tant qu’à faire, pour le barbec’, parce que j’en ai ma claque de toute cette bidoche ».  Et lui de rétorquer, après avoir entendu cette litanie habituelle : « T’inquiète chou, je gère, depuis le temps. Va pour le péchon, t’as raison, ça nous changera. »  Il l’embrassa à plusieurs reprises, lui tapota le fessier et disparut dans la nuit.

***

Kevin, était excité comme une puce.  On aurait dit un enfant de cinq ans recevant une nouvelle petite voiture pour sa collection.  Et pour cause, il avait cinq ans et avait reçu ce matin une petite voiture pour sa collection, histoire de l’occuper durant le trajet jusqu’à la mer du Nord.  Une Peugeot rouge.  Il aurait préféré une Clio rouge, comme celle de papa, mais c’était une Peugeot, pas le choix.

Ce n’était cependant pas sa petite voiture rouge qui attirait son attention et le faisait sautiller sur place, mais un autre objet qu’il avait repéré, là-bas, au loin, sans savoir réellement ce dont il s’agissait.  Un objet rouge qui allait et venait au gré des vagues.  Il craignait de le voir disparaître, emporté par une vague trop brutale, même si le drapeau était vert en ce samedi matin ensoleillé, sur la plage d’Ostende.  Il attira donc sa mère vers le bord de l’eau, impatient, lui montrant du doigt l’objet de sa convoitise.  Celle-ci n’était pas emballée par cette marche forcée, plus tentée par un rapide bain de soleil, mais elle obtempéra pour satisfaire son fiston adoré.  Elle le suivit donc, marchant sans joie sur les coquillages cassés qui lui abîmaient douloureusement la plante des pieds, jusqu’aux premières vagues.

Kevin attrapa facilement l’objet rouge détrempé et le tendit à sa mère pour avoir son approbation.  Elle grimaça mais le prit en main, le secoua, l’essora, le frotta pour faire disparaître tous les grains de sable humides.  Elle crut repérer une petite tache de sang, mais le rouge du tissu se confondait avec le rouge de l’hémoglobine et, après une inspection minutieuse, elle ne trouva plus la supposée tache.  Elle n’aimait pas tellement ramasser des objets sur le sol et les recycler pour sa famille.  C’était sale.  Mais elle connaissait la passion de son fils pour le rouge, comme la voiture de son papa adoré, et n’eut pas le cœur de l’obliger à jeter sa trouvaille.  Et puis, avec l’eau de mer, les germes éventuels devaient avoir été anéantis.  De plus, avec son mari au chômage depuis peu, leur budget était restreint, alors tant qu’à faire…  Elle posa donc délicatement la casquette rouge RTL sur la tête de Kevin, qui souriait aux anges.

Ensuite, regardant sa montre, elle s’écria « Houlà, déjà presque onze heures, faut y aller, chouchou, c’est l’heure, papa doit nous attendre dans la voiture.  On va pouvoir avoir les clés et s’installer dans notre caravane… enfin, les vacances commencent vraiment.  Demain, on fera un barbecue. »

***

Midi approchait mais Olivia était encore tout engourdie de sommeil lorsqu’elle entendit le bruit caractéristique des pneus crissant sur les graviers.  Elle se réveilla complètement et se précipita d’un pas lourd à la fenêtre de la caravane, pour s’assurer qu’un véhicule se trouvait bien dans l’allée voisine.  C’était le cas.  Une Clio.  Rouge.

Puis, elle hurla d’une voix pleine de joie et de fébrilité, à l’attention de Rudy : « Les nouveaux, les voilà, les voilà, viens vite voir ».

(Photo issue de http://www.granddaddy.co.za, site de location de caravanes incroyables).

21:46 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (15) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

6
aoû

Vous le saviez vous ?

Vous le saviez, que les limaces aimaient la pizza ?  Nan, je rigole, c'est des bouts de peau et de gras de poulet (celui acheté hier avec les patates, et mangé ce soir avec les patates et une salade de tomates, mmmmhhhh), même si l'assiette laisse penser le contraire.

Mais vous le saviez, que les limaces aimaient le poulet ?  A voir comment elles se sont précipitées, sur l'assiette posée il y a deux heures sur le sol de la terrasse, la réponse doit être oui... bizarre, je les pensais friandes de salades et autres légumes.

Galère pour m'en débarasser, j'adore les escargots, je hais les limaces, je veux pas leur faire de mal... mais je veux pas non plus les toucher.  Je les ai donc fait tomber avec une des brindilles qui squattent le seuil de mon immeuble (pigé hier, après des semaines de "mais c'est quoi toutes ces brindilles", qu'elles venaient d'une tentative de nid dans la corniche, tentative avortée, reste juste les brindilles qui tombent petit à petit).  Réflexe des bestiaux : rentrer leurs, euh, pas antennes, ah oui, cornes.  Vraiment visqueux, j'aime pô.

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23:34 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (18) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

4
aoû

Cette mosquée me file la nausée, ces cathos me filent mal au dos, et ces mouches me filent… euh, keski rime avec mouche ? --- ces mouches m'effarouchent (copyright Livvy)

Je n’ai pas pour habitude d’exprimer mon opinion sur des sujets complexes comme la politique (sauf pour demander « c’est kwa BHW , »), la religion (sauf pour dire ma façon de penser à l’abominable Monseigneur Léonard) ou les fonds de teint qui ne font pas briller la peau (sauf… ben sauf rien).  Passque je n’y connais pas grand-chose, passque ce sont des sujets qui fâchent, passque mes opinions sont parfois tranchées et pourraient choquer les plus jeunes téléspectateurs lecteurs et passque je n’ai jamais terminé mon graduat maquillage, oups, mon baccalauréat maquillage, pardon, faut parler le moderne Anaïs (mais pourquoi avoir rebaptisé graduat en baccalauréat en Gelbique, sinon pour prêter à confusion avec le baccalauréat français, totalement différent ?).

Mais là, écoutant le journal, histoire de rebooster mes neurones après Secret Story (moi je dis que Stéphanie elle fait essprès de se faire séduire par tous les mecs, moi je dis que Julie est une vilaine, moi je dis qu’ils ont fait essprès de nominer d’office la belge rousse face à Julie passque celle qui est soi-disant enceinte c’était trop risqué et faut pas que Julie parte, tout ça c’est de la manipulation de la prod, c’est nul), j’ai été estomaquée par deux nouvelles incroyablement incroyables, incredibly incredible.

De une, une mosquée pourrait être construite sur ground zero, vous savez, cet endroit désert depuis que des avions ont été projetés sur les Twin towers de NY par des terroristes musulmans.  Alors ok ok ok, vous zénervez pas, je sais que faut pas mettre tous les musulmans dans le même sac, mais tout de même, ça fait un peu provoc de mettre une mosquée là, chuis désolée.  Un gage de pardon ?  Ben zont le pardon facile à NY…  So chocking.

De deux, le pape machinchose, encore pire que le précédent que j’aimais déjà pas, faut pas demander, va aller chais plus où (mais on s’en moque de sa destination) et la messe ne sera accessible que moyennant un ticket qui va coûter genre 20-30 eur si j’ai bien entendu.  C’est pas les sectes, d’habitude, qui ponctionnent le fric de leurs adeptes ?  So chocking too.

Dernier sujet du JT, les mouches sont très présentes cette saison, ça me file… le bourdon.  Je ne piperai mot ce jour sur le sujet, car j’ai justement prévu un billet demain, quel heureux hasard.  Demain donc, nous parlerons mouches.  Et après-demain, si tout va bien, moustiques.

Sus donc aux diptères ces prochains jours. (pour demain ne revenez pas avant 8 heures, mon billet tout chaud tout beau est resté au bureau, je vous le copie colle dès mon arrivée, mais pas vers les six heures comme d’hab, pleurez pas, promis, vous l’aurez…)

Photo issue de Flick

 

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