14
nov

Ils veulent me faire mourir chez Skynet...

Je vous dis pas mon stress quand, voulant vérifier que tout se passait bien sur le blog, j'ai vu apparaître ce qui suit.  En une fraction de seconde, j'ai pensé "c'est une blague ?", "zont mal interprété mon billet de vendredi, comme les lecteurs ou quoi", "aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaah, horreur malheur kessepasstil ?"

Bref, l'angoisse.

Mais apparemment c'est partout pareil, et suffit de descendre pour trouver le blog.

Mais bon, j'imagine que si vous parvenez à lire ceci, c'est que vous avez comprendu la marche à suivre.

 

stress.JPG

 

13:42 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (12) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

13
nov

En parlant de sorcières... le jeu des sept erreurs

On m'a dit que mon gravatar, qui me sert aussi de favicon et de logo Facebook (tchu, ce monde moderne devient complexe) ressemblait à Médusa, la vilaine de Bernard et Bianca...

Alors, un petit jeu des sept erreurs, ça vous tente ?

medusa.jpg

meusemoi.JPG

10:21 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

7
nov

Critiquer oui, entarter non

Vous le savez, je n’aime pas Monseigneur Léonard, ou du moins les propos qu’il tient, ou du moins la façon dont ils sont communiqués par la presse.  Et je ne m’en cache pas.  

S'il y a bien une chose qui m’insupporte cependant dans la société actuelle, c’est la violence permanente.

Et entarter quelqu’un, c’est clairement un acte de violence.

Et je trouve ça nul.

Voilà, c’est dit.

Et quand je vois le résultat du sondage de la DH, franchement ça me fait peur.   

 

entarte.JPG

PS : pour la personne avec qui j'ai chanté notamment des chansons d'église hier, ben oui quoi, on a bien le droit de s'amuser et de chanter, chansons dont nous avions oublié les paroles, je précise donc que les paroles sont "Il est GRAND le mystère de la foi", car cet adjectif nous échappait.  Rassurez-vous, on n'a pas chanté que ça, on a aussi chanté Alleluia (pas la version de Shrek, l'autre).  Et puis Lena Lena, big souvenir de mon adolescence. top fun avec des fêtes, des autoscooters et des rêves d'amour.  Et puis plein d'autres choses dont j'ai oublié les titres, comme d'hab (c'est kwaaaaaaaaaaaaa déjà le titre qui m'a été répété dix fois et que j'ai à nouveau oublié ???)

Et tant que j'y suis, je pense utile également de relayer les explications qu'adresse Monseigneur Léonard à propos... de ses propos.  Passqu'il est (juste et) bon d'analyser chaque point de vue, parfois...

Je vous dois quelques explications…

La vague de réactions, plus que négatives, suscitées par ce qu’on appelle « mes propos » a sans doute secoué certains d’entre vous. Peut-être même ces réactions d’indignation étaient-elles aussi les vôtres… Moi-même je réagirais vivement à ces « propos » tels qu’ils vous ont été présentés.

Parmi tant d’autres possibles, trois « propos » scandaleux ont été mis en avant par les médias : 1) un concernant le sida, que je présenterais comme une juste punition envoyée par le ciel à ceux qui adoptent certains comportements sexuels osés ; 2) un concernant les homosexuels que je stigmatiserais comme des êtres anormaux ; 3) un concernant les prêtres ou religieux, coupables d’abus sexuels graves, auxquels je voudrais épargner un procès en justice civile, quand ils sont âgés ou malades. Examinons l’un après l’autre ces trois griefs.

Le sida : une punition divine bien méritée ?

Dans la presse, on s’est beaucoup ému de mes « déclarations » sur le sida. En fait, je n’ai fait récemment aucune « déclaration » sur le sujet ! Simplement, a paru voici quelques jours la traduction néerlandaise (Mgr. Léonard. Gesprekken, Lannoo) d’un ouvrage de Louis Mathoux, publié en français il y a quatre ans, sous le titre « Monseigneur Léonard. Entretiens avec Louis Mathoux », aux Editions Mols, à Bruxelles. Ce livre avait à l’époque été recensé par quelques journaux, sans susciter la moindre émotion. Mais, le jour même de sa parution en néerlandais, une vague médiatique se déchaînait concernant les pages 173-174 (édition néerlandaise) de ce livre.

Je m’explique. Dans un livre d’entretiens, la personne interrogée dépend cruellement des préoccupations, voire des obsessions de celui ou celle qui l’interroge. Dans ma dernière réponse rapportée par l’original français, je disais en substance (p. 340), non sans taquinerie, que je remerciais mon « interviewer » de son intérêt, même s’il m’avait très peu interrogé sur ce qui est vraiment le cœur de ma vie et le cœur de la foi chrétienne. Spontanément, je ne parle que très rarement de tous ces sujets, mais la politesse m’impose de répondre aux questions qui me sont posées…

Je n’ai donc fait, je le répète, aucune « déclaration » sur le sida. J’ai simplement répondu, en 2005 (date des interviews), à une question et ma réponse d’alors a été, partiellement, citée récemment dans la presse. Telle était la question : « Que pensez-vous du sida ? Y voyez-vous une punition de Dieu suite à la libération sexuelle ? » Rien de plus instructif que de lire la réponse que j’ai donnée aux pages 173-174 (243-244 de l’édition française). Je vais la résumer, mais en soulignant d’abord le contexte de la question.

Il s’agissait de savoir si l’éclosion de cette maladie était un châtiment du ciel. Il était donc bien question de la première propagation du sida dans l’espèce humaine. Pas question, dans ce contexte, de la contamination par des transfusions sanguines, ou par des seringues contenant de la drogue et encore moins de la contagion passant de la mère à son enfant !

Alors que l’interviewer aurait peut-être été heureux (je n’en sais rien) que je dise que le sida était une punition divine, je commençais par souligner que je ne raisonne jamais et en aucune manière dans ces termes et que je ne considère d’aucune façon l’éclosion du sida comme un châtiment céleste. Mais comme le journaliste semblait tenir, par la nature même de sa question, à cette catégorie de « punition », j’ai ajouté que, « tout au plus », on « pourrait éventuellement » considérer la première propagation de cette maladie comme « une sorte » de « justice immanente ». Trois précautions donc (les expressions entre guillemets), pour introduire ce concept classique de « justice immanente ».

Je concède que l’expression n’est pas connue de tout le monde. Mais, quand on répond à un journaliste, on répond à une personne, par définition, cultivée, qui travaille du matin au soir et du soir au matin avec les mots et connaît donc parfaitement leur sens. Or le concept de « justice immanente » a précisément pour sens d’exclure toute idée d’une « punition » venant d’en haut ou du dehors. C’est ce que signifie l’adjectif « immanent », qui signifie « intérieur à la chose même » (du latin manere in = « demeurer au dedans »), sans qu’il faille invoquer une cause extérieure ou « transcendante ». Si donc « justice » il y a, ce n’est, dans cette expression, absolument pas celle qui résulte d’une « justice » divine ou humaine, mais celle qui découle de la nature même des actes que nous posons. Pour illustrer le sens de cette expression (que je n’utilise jamais spontanément, mais que j’ai utilisée en 2005 pour essayer de me mettre dans le cadre de pensée de celui qui m’interrogeait), je donnais des exemples (qu’on a eu soin de ne pas citer). Si nous malmenons la Terre par des comportements environnementaux irresponsables, il faut s’attendre à ce qu’en retour la Terre finisse par nous malmener (changement climatique, montée des eaux, disparitions d’espèces, etc). Pour cela, il ne faut aucune décision divine ; cela découle de la nature même de nos comportements. Semblablement, quand des ministres de la santé font écrire sur les paquets de cigarettes : « le tabac nuit gravement à la santé », leur idée n’est pas que votre bronchite chronique ou votre cancer du poumon résulteront d’un châtiment divin et encore moins de leur décision, mais simplement qu’il résulte de votre tabagie. Ils invoquent donc implicitement le concept de « justice immanente ». Or, d’après un certain nombre d’articles que j’ai lus, il semble que la première diffusion du sida a été due, au moins pour une part, à une contamination liée à des pratiques sexuelles risquées (partenaires multiples, sodomie, etc.).

Je ne vois donc vraiment pas ce qu’il y a d’inconvenant à dire que nos comportements polluants risquent de nous jouer à terme de mauvais tours sur le plan écologique, ou à avertir que la consommation immodérée d’alcool peut nuire à notre cerveau ou à notre foie ou à considérer que la contamination par le HIV a été liée, à ses débuts, pour une part, à des comportement sexuels risqués.

Mais, me dit-on, par là vous avez stigmatisé et discriminé les malades du sida ! C’est ici que les lecteurs, parvenus à la page 174 du livre, auraient bien fait de lire aussi la page 175 (p. 245 dans l’édition française), où je dis explicitement et avec force que les malades du sida ne peuvent jamais être discriminés ! Depuis quand la mise en garde contre les ravages causés par le tabac autorise-t-elle à discriminer et à stigmatiser les fumeurs ? Même chose concernant la problématique du sida.

Les homosexuels : des anormaux ?

Déjà dans le passé, on a tenté de me faire dire cette monstruosité, à savoir que les homosexuels seraient des anormaux ou des malades ! M’étant déjà expliqué plusieurs fois sur cette problématique (dont je ne parle quasi jamais spontanément, mais seulement en réponse à des questions que l’on m’impose), je serai plus bref. Je pense, d’un point de vue philosophique, qu’il y a dans la tendance et dans la pratique homosexuelle, une orientation qui n’est pas cohérente avec la logique objective de la sexualité. Cette logique de la sexualité (végétale, animale et aussi humaine) consiste à « différencier » et, en quelque sorte, à « séparer » le masculin et le féminin en permettant ainsi leur complémentarité. C’est d’ailleurs le sens même du mot « sexe », qui vient très probablement du latin « secare », verbe qui signifie « couper », « scinder ». La « sexualité » consiste à scinder le masculin et le féminin, en vue de leur réunion (dans l’accouplement, pour les animaux, ou la rencontre amoureuse interpersonnelle, chez l’être humain) à travers un geste (l’union sexuelle) qui permet aussi la transmission de la vie. Le problème philosophique posé par l’homosexualité, c’est que, dans ce cas, la tendance sexuelle biffe en quelque sorte la polarité du masculin et du féminin et se tourne vers une personne de même sexe.

Certains expriment cela en disant que la tendance homosexuelle n’est pas « normale » ou est « anormale ». Pour ma part, je fuis comme la peste ce langage, sauf quand le « questionneur » l’utilise avec insistance. A la rigueur, on pourrait, si l’on y tient vraiment, risquer de dire que cette tendance n’est pas normale, en ce sens qu’elle n’est pas en cohérence avec la logique objective de la sexualité. Mais il vaut mieux l’éviter en raison de l’ambiguïté du terme. Et, de toute façon, cela n’autorise en aucune manière de dire que les homosexuels sont des « anormaux », ce qui serait gravement injurieux.

Pour faire comprendre cette différence entre jugement philosophique sur la « tendance homosexuelle » et la  discrimination injurieuse à l’égard des « personnes homosexuelles », j’ai risqué, sur un plateau de télévision, une comparaison entre l’attitude que nous adoptons à l’égard des personnes anorexiques et celle que nous devons avoir à l’égard des personnes homosexuelles. Certaines organes de presse ont fait semblant de croire que j’assimilais ainsi l’homosexualité à l’anorexie et traitais donc les homosexuels de malades !

Mais je n’ai jamais comparé l’homosexualité avec l’anorexie, ce qui n’aurait aucun sens. J’ai comparé seulement les attitudes que nous adoptons ou pouvons adopter à l’égard des personnes vivant ces deux situations totalement différentes. Eh bien ! La plupart d’entre nous estiment que l’anorexie est un développement de l’appétit qui n’est pas cohérent avec la logique objective de l’appétit, qui est de nous pousser à manger, ce qui permet de refaire nos forces. Mais j’espère que les gens qui raisonnent ainsi ne vont jamais pour autant considérer les anorexiques comme « des anormaux » ! Semblablement, même si vous pensez que l’homosexualité n’est pas cohérente avec la logique objective de la sexualité, cela ne vous autorise en aucune manière à traiter les homosexuels d’« anormaux » ou de « malades ».

Les pédophiles âgés ou malades : soustraits à la justice humaine ?

Une récente émission a présenté l’une de mes réponses comme si je voulais soustraire à la justice civile les prêtres ou religieux coupables d’abus sexuels quand ils sont malades ou âgés. Mais me croit-on vraiment incohérent à ce point, alors que, comme les autres évêques, je n’ai cessé de répéter, depuis le 23 avril dernier, que les victimes doivent toujours s’adresser par priorité à la justice civile, qui seule est habilitée à déterminer la réalité et la gravité des faits et à définir s’ils sont prescrits ou non ? Tout cela est du ressort exclusif de la justice. Et, pour que cela soit bien clair, nous avons renoncé à la mise en place d’une quelconque nouvelle « Commission-Adriaenssens », malgré les grands services que celle-ci a rendus à de nombreuses victimes. Nous renvoyons donc systématiquement les plaignants à la justice civile et aux organismes publics agréés pour recevoir ce genre de plaintes.

Sur le plan interne de l’Eglise, nous devons cependant, en plus des procédures civiles, rédiger, pour chaque cas d’abus sexuel grave, un dossier que nous sommes tenus d’envoyer à Rome. La Congrégation pour la doctrine de la foi tient en effet à s’assurer que, dans chaque diocèse concerné, l’évêque accomplira son devoir. Elle déterminera les peines canoniques (c’est-à-dire prévues par le droit de l’Eglise) qui devront éventuellement être infligées aux abuseurs (retrait de toute charge pastorale, interdiction de célébrer la messe, perte de l’état clérical, etc.). Un tel dossier a été envoyé à Rome concernant l’ancien évêque de Bruges, Roger Vangheluwe. En attendant les décisions romaines pour chaque cas, l’évêque doit, bien sûr, si les faits semblent établis, prendre les mesures préventives immédiates qui s’imposent, surtout quand il y a risque de récidive.

C’est dans ce contexte qu’il me fut demandé ce que je souhaitais prendre comme mesures concernant des prêtres, souvent très âgés, qui se sont rendus coupables de tels abus. Préalablement, j’avais bien sûr, comme toujours, souligné qu’il est prioritaire que les victimes

s’adressent à la justice et/ou aux organismes publics agréés. Mais que faire si les plaintes ont été classées par la justice parce que les faits étaient prescrits à ses yeux, ou quand les victimes se refusent obstinément à s’adresser à la justice ? Dois-je, en apprenant les faits, souvent très anciens, imposer aussitôt une punition canonique publique, sans même attendre le jugement de Rome ?

En répondant à cette question délicate, j’avais dans le cœur l’expérience bouleversante que j’avais vécue récemment. Des victimes étaient venues me raconter leur tragique histoire vécue avec un prêtre qui avait gravement abusé d’elles. Elles m’ont dit explicitement : « nous ne voulons pas aller en justice ; c’est d’ailleurs de toute façon trop tard ; nous ne voulons pas non plus que ce prêtre, vieux et malade, soit mis publiquement au pilori ; nous demandons seulement que vous alliez le trouver et que, devant vous, il reconnaisse le mal qu’il a nous a fait et dont nous souffrons encore aujourd’hui ». J’ai donc pris contact avec ces prêtres, vieux, malades, un peu confus, mais encore capables de s’exprimer. L’un d’eux m’a dit, après que je lui eus raconté ma rencontre avec la victime : « Je n’avais jamais parlé à quiconque de ce chapitre noir de ma vie ; je suis heureux de pouvoir le reconnaître devant vous avant de mourir ». Je lui ai demandé s’il accepterait de rencontrer la victime et d’enfin reconnaître devant elle le mal qu’il lui avait infligé. Il m’a dit que « oui » et que ce serait un grand soulagement de pouvoir le faire, enfin, avant sa mort. J’ai repris contact avec les victimes, qui m’ont dit leur joie profonde en entendant cela et m’ont confirmé leur intention de rencontrer ce prêtre. J’en ai été profondément ému. Jusqu’aux larmes.

Je ne sais pas si j’ai bien fait en procédant de la sorte. Mais je pense que, dans des cas semblables, quand aucune procédure civile n’est possible ou du moins voulue par la victime, il n’est pas déraisonnable d’estimer que permettre enfin à l’abuseur de reconnaître son forfait en présence de l’abusé est peut-être plus profitable pour l’un et l’autre que d’interdire simplement à ce vieux prêtre de concélébrer désormais à la messe célébrée par l’aumônier de sa maison de repos. Dans les cas que j’ai vécus personnellement, les victimes ne souhaitaient manifestement pas cette punition publique in extremis, cette espèce de vindicte finale. Elles souhaitaient surtout que la vérité odieuse des faits soit enfin reconnue par leur auteur même.

C’est justement la responsabilité pastorale de l’Eglise que, la justice civile ayant accompli son travail quand il est encore possible, les victimes soient écoutées avec un infini respect et que les abuseurs reconnaissent enfin leur crime. Si je me trompe, on ne manquera pas de me le dire…

*

*    *

Voilà l’éclaircissement que je pensais devoir donner concernant les remous récents. Il me semble que je devais cette explication à ceux que j’ai involontairement fait souffrir en étant l’occasion de tant de critiques, de malentendus et d’incompréhensions. J’espère ainsi contribuer à la paix des cœurs. Je redis ma vive compassion à l’égard de toutes les victimes d’abus et réitère ma confiance à l’égard de tous les acteurs pastoraux, prêtres, religieux ou laïcs, qui s’acquittent consciencieusement de leur tâche. Je sens combien l’Eglise est fragilisée pour le moment et je redis toute ma confiance et ma reconnaissance à tous les chrétiens. Merci pour leur prière et leur engagement, merci à tous ceux et celles « qui bâtissent jour après jour un monde plus humain et plus juste, qui proclament l’Evangile et qui contribuent à l’édification d’une Eglise porteuse d’avenir » (Déclaration des évêques de Belgique du 19 mai 2010). Je désire humblement que nous puissions nous tourner vers le Christ Ressuscité, cœur de notre foi, source de notre espérance, force d’amour.

 

Mgr A.-J. Léonard,

Archevêque de Malines-Bruxelles.

 

15:00 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (10) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

4
nov

Qui voudrait s’abaisser à épouser leurs fils ?

J’ai vu beaucoup de choses en matière de télé-réalité.  Et à chaque fois, je suis horrifiée, puis je finis par trouver pire, et encore pire, puis encore encore pire.

J’ai vu des couples se tromper allégrement.  J’ai vu des déneuronés s’ébattre dans des piscines ou des love capsules.  J’ai vu des instincts bestiaux se réveiller dans le noir.  J’ai vu des femmes se mettre à nu au sens propre trash du terme pour un pseudo-millionnaire.  J’ai vu des Belges ridiculiser mon chtit pays adoré en se roulant dans la luxure.

Mais ce que j’ai découvert sur TF1 vendredi dernier, ben je peux vous dire qu’en comparaison, L’amour est là oùsqu’on se roule des pelles, Débilus Secret Story ou Qui veut épouser un dromadaire, ben c’est le mariage des Bisounours et des Barbapapas.  Même L’île de la fornication c’est du pipi de colibri à côté de « Qui veut épouser mon fils ? »

A croire que la télé réalité actuelle se doit de rabaisser la femme plus bas que terre, de la réduire au simple état d’objet (sexuel), qu’on prend, qu’on jette, qu’on utilise et qu’on exploite.  Est-ce ça qui fait vendre en ce moment ?  Est-ce l’image qu’on veut donner de nous, petites créatures fragiles et romantiques ?

Je pensais qu’on ne pourrait pas faire pire que L’amour est aveugle, en matière de présentateur pistonné de type néo-nazi au QI d’amibe, mais également et surtout de en matière de « tu m’as l’air sexy dans le noir, surtout si je peux te palper à loisir et plus si affinités, mais au grand jour, je te largue comme une merde si tu ressembles pas à Pratt Bite ou à Claudia Chou Fleur ». 

Et bien si…

On peut toujours faire pire, c’est ça la joie de la télé-réalité.

Vous allez me dire que j’ai qu’à pas regarder.  M’enfin, vous me connaissez bien mal, vous savez que j’adoooooooooooore la télé-réalité, même si bien souvent elle me révulse.  Tout comme j’adooooore regarder des émissions sur la shoah – adorer n’est pas le terme adéquat, je m’en rends bien compte - même si cette période de l’histoire me rend malade.  La comparaison est mal choisie ?  Bien sûr.  Cela va de soi.  Mais elle est explicite, c’est pas passqu’on est intéressé par un sujet (exemples : la guerre, l’inceste, le tuning, la prostitution dans les sous-sols de Namur, l’élevage de crevettes grises) qu’on n’a pas conscience de sa bassesse ou son ignominie (zavez déjà maté des yeux de crevettes à la mort, des fois ?)

Bref, j’ai découvert « Qui veut épouser mon fils ? » qui pourrait se traduire par « J’ai envie de me débarrasser de mon Tanguy, que j’ai pourri gâté et transformé en macho adepte du cromagnonisme, alors qui acceptera de devenir son esclave et par la même occasion la belle-fille d’une marâtre qui restera collée à vos basques toute la sainte journée, qui, dites-moi qui ? »

Et bien figurez-vous qu’elles se sont bousculées au portillon, les potentielles belles-filles-esclaves-femmes-des-cavernes.

Notamment les prétendantes de Giuseppe, le pire du pire de tous les Tanguy prenant part à l’aventure.  A se demander si c’est pas un acteur, car je peux pas croire que de tels specimens masculin existent encore de nos jours.  39 ans, même pas beau (enfin, certaines aimeront sans doute), vivant glandant chez sa mère à l’âge indéfinissable car camouflé par le maquillage et un (mauvais) chirurgien esthétique.  Se cherchant une top biche et le criant haut et fort.  Mais surtout une boniche, logique, ça rime avec top biche.  Donc une top biche boniche, car la femme est faite pour ça, vous l’ignoriez ? (ça = lessive, ménage, bouffe, repassage, apporter une tasse de café ou un jus d’orange, sans rien exiger en retour même pas un merci – écarter les cuisses à la demande aussi sans doute, même si ce n’est pas clairement dit, car sur TF1, on sait se tenir ma bonne Dame).  Ben figurez-vous que j’ai même entendu une prétendante acquiescer d’un « t’as raison, chacun sa place et tout ira bien » (et une bonne baffe dans la gu…, ça lui remettrait pas le neurone en place, à cette demoiselle ?). 

On croit rêver.

Meuh, non, on rêve pas, c’est la réalité, enfin la télé-réalité.

Giuseppe fait ensuite son shopping et se choisit cinq poules sur dix, qu’il emmène en boîte.  Le clash a lieu lorsqu’elles lui demandent ce qui l’a séduit chez elles.  « Ton cul », « tes nibards », « ta grande bouche avides de fellations », « tes fesses » - nan, je rigole, il a pas dit ça, je vous dis que sur TF1 on sait se tenir, mais c’était sous-entendu bien sûr.  Pour la dernière, il avoue que ce qui lui a plu c’est « ton humour ».  Et c’est là qu’elle se choque et qu’il lui fait bien comprendre que, non, il l’a pas choisie pour son physique, bien inférieur à celui des autres (et paf dans ta tronche)… Après une bonne engueulade, il conclut en la traitant de boudin et en lui ordonnant « mange et tais-toi ».  Dans l’ordre inverse en fait, il la traite de boudin après qu’elle ait mangé, ben ça fallait pas la forcer à manger hein.  Le ton monte et miss comico-clown, qui ne l’est plus du tout du coup, se ridiculise au plus haut point, elle aussi.

Abject. 

Giuseppe n’est pas le seul spécimen qui participe au jeu, bien malheureusement.  Pas un pour rattraper l’autre, même si Giuseppe est vraiment le pire du pire, je vous le disais.  Je n’ai pas retenu les prénoms des autres, vous savez combien je n’ai aucune mémoire à ce niveau, mais je peux vous dire qu’il y a du lourd.  Entre celui qui se fait apporter un verre d’oranges pressées chaque matin par môman pour râler de devoir ensuite le boire (tu connais le coup de « paf le presse-agrumes sur ton crâne vide ?), celui que sa mère aime d’amour même qu’il est si beau qu’aucune femme n’arrivera jamais à la cheville de mon gaminou d’amour (tellement musclé que tu nous la joues remake de Rambo ou Rocky, au choix), le sans doute puceau tout timide qui risque de se transformer en bête de sexe en direct live à la TV (un dépucelage en live, tu y as pensé ?) et celui qui exige de sa mère qu’elle lui repasse ses fringues (« merci », « s’il te plait », tu connais ?), y’a de quoi avoir les yeux qui sortent de leurs orbites et refusent ensuite d’y retourner, je vous le dis.  A noter que le plus normal, finalement, c’est celui qui sera jugé comme anormal par les intolérants qui rôdent ou Monseigneur Léonard : l’homo.  Ben oui, dans toute télé-réalité qui se respecte, faut mettre un homo maintenant, vous saviez pas ?  Je me demande même si on va pas avoir aussi du transsexuel ou du travesti, j’hésite encore entre l’un et l’autre, à l’heure actuelle, mais on en saura plus vendredi.

D’un côté, je me dis que leurs mères ne reçoivent que le respect qu’elles méritent, zavaient qu’à pas éduquer leurs sales mômes comme des pachas.  Bien fait pour elle.

D’un autre côté, je me dis aussi que les candidates ont également ce qu’elles méritent, zavaient qu’à pas participer à une telle daube.  Bien fait pour elles.

Mais tout de même, ça me laisse songeuse de voir qu’en 2010, y’a encore de gros nazes machos pourris par môman et de grosses débiles prêtes à tout pour les séduire… 

Fort heureusement, le ridicule ne tue pas… quoique, dans le cas de Giusseppe, keske c’est dommage !

1
nov

Non !

non.jpg

Elle l’a hurlé.  Elle est certaine de l’avoir hurlé.  Hurlé.

« Non. »

« Non ! »

« NON ! »

Elle l’a hurlé.  Enfin elle pense l’avoir hurlé.  Elle se demande si elle ne l’aurait pas plutôt murmuré, tétanisée par l’angoisse qu’elle était.  Et qu’elle est toujours.  Mais qu’importe, murmuré, hurlé ou pleuré, non c’est non.  Non ?

Quoi qu’elle ait dit ou fait, cela n’a servi à rien.  Il continue.  Il fait comme s’il n’avait pas entendu ce « non ».  Il l’a entendu pourtant, elle le sait.  Et elle le lui a également dit avec ses yeux noirs de rage, lorsque leurs regards se sont croisés.  Mais il continue.  Cela doit bien faire dix secondes que le véritable calvaire a commencé maintenant. Dix secondes qu’il est là, collé à elle.  Dix secondes qu’elle vit l’enfer.  Sensation que ces dix secondes durent depuis dix heures.

...

 

Cette histoire est à découvrir en intégralité dans le livre que j'ai écrit à deux plumes avec Rachel Colas :

Histoires à mourir de vivre

couverture definitive pt.jpg


19:32 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (13) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |