17
mar

Accueil Delhaize VS accueil Carrefour

C’est en lisant la chronique hebdomadaire de Diederick Legrain dans le Publi Namur de la semaine dernière que j’ai eu envie de vous raconter mes péripéties supermarchéales.

En général, cette chronique parle de la politique namurwèse, à laquelle je pige rien.

Mais cette semaine, Diederick nous raconte son épopée au Carrefour, en habitué du Delhaize qu’il est.

Moi aussi, chuis une Delhaize-phile.  Juste passque j’y accède plus facilement, tandis que pour Carrouf, je dois prendre un bus, lequel ne passe que toutes les pleines lunes.  J’avoue que j’aime zoner à l’étage du Carrouf de Jambes, oùsque je peux claquer 500 eur en moins de temps qu’il ne faut pour trouver le scanner bleu magique qui permet de découvrir le prix réel des articles, jamais correctement affiché, et si affiché, toujours erroné, ça va de soi.

Donc Delhaize et moi, c’est pour la vie.

Et l’accueil y est totalement charmant.  A la caisse, mais surtout à l’accueil.  Concentre-toi sur ton sujet, ma petite Anaïs : l’accueil.  A peine entrée, chez Delhaize, me vlà saluée.  Grand sourire.  Grand bonjour.  Et la sympathie entraîne la sympathie.  Je pense notamment à une gentille petite dame brune, adoraaaaaaaaable, toujours un sourire, toujours un mot gentil.  Quand notre ami Benoît Poelvoorde y faisait ses courses l’autre jour, on a même gentiment discuté elle et moi, après que j’aie plaisanté sur les stars qui fréquentaient ces lieux.  Adorable je vous dis, l’accueil Delhaize. Delhaize, c’est le monde des Bisounours.

Mais chez Carrefour, c’est tout autre chose.  Si Delhaize = le monde des Bisounours, Carrefour = le monde de Cruella, Sher Kan et Javotte réunis.

Chez Carrefour, ils ont eu une idée de génie en matière de 100 % remboursés : indiquer dans le rayon « 100 % remboursé, s’adresser à l’accueil ».

Donc ben moi, je m’adresse à l’accueil.

Mais de l’intérieur.

Or, l’accueil donne vers l’entrée, on y accède bien plus facilement quand on entre ou sort du magasin.  Mais moi, j’ai toutes mes courses, donc je suis contrainte d’aller du « mauvais » côté de l’accueil, du côté obscur de la force : là oùsqu’une vitre avec des trous permet de s’adresser, normalement, aux gentilles hôtesses souriantes.  Un peu comme en prison quoi.

J’arrive donc, je me terre derrière ma vitre, et comme y’a trois clients à l’accueil, du bon côté, je patiente en attendant mon tour.  Les deux cerbères hôtesses s’occupent de deux clients, puis du troisième.  Entre-temps, bien sûr, plein d’autres clients sont arrivés et font la file du bon côté.  Vraiment du bon côté, puisque moi, on me jette des regards en coin, on passe à 3 centimètres du vitrage criblé de trous (de balles ?), mais je ne suis rien, je n’existe pas.  Elles me voient, je le vois, mais elles m’ignorent.

Et les clients continuent à arriver et à être servis du bon côté, tandis que moi je patiente en silence.  Jusqu’au moment où ça suffiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiit, et où je hausse le ton, d’un « y’a moyen qu’on s’occupe de moi » ?  Sèche, moi y’en a être, mais marre moi y’en avoir.  Une vitre avec des trous de balles, je veux bien, mais si derrière la vitre avec des trous de balles, y’a encore d’autres trous de balles, là je dis non.

Et, enfin, miracle miraculeusement miraculeux, j’ai droit à un regard.  Pas un sourire, non, faut pas rêver, un simple regard, à la limite du « keskelle me veut celle-là ? ».  Et je pose ma question sur les remboursés, comment skon fait et tout et tout.  Très sèchement, mon hôtesse particulière me répond que j’ai qu’à payer et revenir chercher la paperasse.  Sans autre explication, débrouille-toi Anaïs.

J’obtempère, je passe à la caisse, en selfscan, grande nouveauté du jour, près d’une hôtesse absolument adorable, je me dois de le dire, vraiment adorable, comme quoi c’est possible de l’être.  Lorsque sa voisine entend que j’ai été considérée comme invisible durant un temps fou à l’accueil pas accueillant, elle vient s’inquiéter de savoir si c’est d’elle dont je parle.  Et lorsque je l’informe que non, bien sûr, que je parle de l’accueil, le vrai, celui de là-bas au loin, la moue qu’elle tire en dit long sur la réputation qu’a l’accueil de ce grand magasin…

Après avoir payé, je retourne faire encoooore la file à l’accueil, mais du bon côté cette fois, sans trous de balles (du moins niveau vitrage), et je récupère les précieux documents, distillés au compte-goutte comme un bien plus précieux que le Yun kun kun.  Fort heureusement, je connais la marche à suivre en matière de remboursés, sinon j’aurais pas récupéré mes sousous, vu qu’à l’accueil du Carrouf, ben on fait tout sauf du véritable accueil.

Je propose dès lors que Carrefour rebaptise son accueil.  Car « désaccueil » siérait bien mieux à ce lieu de perdition.  Faut appeler un chat un chat, non mais.

08:04 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

10
mar

Le brrrrrrrrrrrrrrrrrrrrr du jour

Ce matin, je me suis dit ceci, après avoir tenté en vain de traverser une chaussée, face à des conducteurs qui confondent vraiment simple moyen de transport avec pouvoir et arme…

Peut-être que si on traînait aux assises les chauffards qui écrasent les piétons, pour homicide involontaire, au lieu de leur offrir un retrait de permis de trois secondes six dixièmes et une peine de deux jours avec sursis, les automobilistes cesseraient de tenter de faire un strike sur moi chaque matin quand je veux traverser ?  Chuis pas une quille, qu’on se le dise…

Mais je rêve, je sais.  Je sais.  Déjà que vitrioler son ex, détruire son visage, sa vie, l’emplir de douleur et de plaies, n’est pas passible des assises dans mon petit pays, alors spotchiiiii les piétons, pfuu, une bagatelle, n’en parlons même pas.  Et l’angoisse de la sortie de prison imminente ou de la liberté accordée à grands coups d’erreur judiciaire… bah, n’en parlons pas non plus.  On a d’autres chats à fouetter en ce moment.  On a un gouvernement à créer.

Rha la la.

Pauvre pays.

08:05 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (7) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

9
mar

Mais dans quel pays vis-je ?

Quand je lis qu'un restaurateur flamand aurait agressé des Bruxellois à grands coups de "De toute façon, vous ne savez pas comment on travaille dans votre pays (sic). Venez chez moi bande de chômeurs pendant un jour et vous verrez ce que c'est que de travailler. En plus regardez-vous, vous êtes mal habillés. Vous êtes pauvres. Je vous emmerde", je me demande vraiment si je vis sur la planète terre, en Gelbique, en 2011. (Source l'avenir)

Le restaurateur démentant, on peut lui laisser le bénéfice du doute.  Sauf que ça avait déjà eu lieu il y a deux ans.

Mais d'un autre côté, à voir les avis de consommateurs, de tous pays, la hargne n'est pas uniquement destinée aux Belges francophones...

Et puis tout de même, keskispass, on n'est pas tous de simples humains, dans mon pays, humains dans les deux sens du terme ?

Vais-je devoir porter un coq jaune estampillé "wallonne" lors de mon prochain séjour en caravane à la côte belch', si je peux encore l'appeler la côte belch', une fois ?

Les prévisions de mon billet "Wallonieland, le 29 août 2011" seront-elles effectives en 2011, comme je l'écrivais en 2007 ?

07:47 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : marie siska, knokke |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

4
mar

Voyage dans la quatrième dimension

Ce 1er mars, mon réveil sonne et me réveille, vu que c'est son but, au son de Fun Radio, depuis le jour où la radio au dauphin bleu ne fonctionnait plus et que j'en ai pris une autre au hasard, car être réveillée par une radio en silence, ça réveille peu...

Et comme chaque matin, ce sont les gossips de Virginie, savoir les infos people et méchantes du jour.  Sont hyper méchants sur Fun Radio, voilà pourquoi je préfère de loin Contact et l'humour bon enfant de Maria et Pascal, qui sont adorables.  Mais bon, Contact, c'est juste une fois sous ma douche, et c'est ainsi.

Donc les gossip de Virginie.

Au moment où mon réveil s'enclenche, ils sont en train de se fendre la tronche à propos de Laurence Bocolini qui aurait quelque chose dont j'ignore tout vu que j'ai pas entendu le début.  J'entends juste les animateurs railler son surpoids d'une façon qui me débecte, à grands coups de "on vous mettra pas de photo sur manualaradio point com, elle entre pas dans l'écran".  Humour qui ne me fait pas rire, passque les moqueries sur le physique des gens, j'aime pas, je trouve ça petit, très petit, et digne de gens à petit QI. 

Et je réalise qu'apparemment c'est leur cible préférée, car j'ai déjà entendu, y'a quelques semaines, des moqueries similaires sur Laurence Bocolini.  Même pas original, en plus.  Passque les moqueries étaient totalement identiques, du genre elle entre pas dans l'écran, sur la photo ou que sais-je.  Pathétique.

Gossip suivant (ou suivante ? on dit un ou une gossip ?).  En exclusivité mondiale et intersidérale, les animateurs nous révèlent le titre de la nouvelle chanson de Lady Gaga, Born this way, qu'elle a chanté en sortant d'un oeuf géant.  Et en exclusivité intersidérale, Fun Radio nous fait écouter les premières phrases de ladite chanson.

Euh, je suis dans la quatrième dimension ou quoi ? 

Passque Born this way, elle passe sur toutes les radios depuis un petit temps déjà.  Alors ces premières notes a capella, c'est pas de l'exclu ça, ma bonne dame, que nenni.

Et d'un coup, une angoisse me tenaille les poumons.  Ben ouais quoi, pourquoi l'angoisse ne pourrait-elle tenailler que l'estomac, la pauvre ?

Nous sommes le 1er mars.

Pas le 1er avril, non.  Dommage, ça aurait expliqué cette impression de quatrième dimension.

Nous sommes le 1er mars.

Et si, ces deux derniers mois, j'avais simplement rêvé.  Si rien ne m'était arrivé.  Si je me réveillais seulement.   Accablée par la fièvre, croyant avoir vécu deux mois durant ma nuit ?

Si nous n'étions que le 1er janvier au fait (bonané, les amis).  Si j'avais la grippe.  Si ma cuisine était encore un ancêtre des cuisines.  Si les quinze jours à venir allaient être abominables, pleins de fièvre, de toux, de côtes froissées et d'antibiotiques.  Si les quinze jours suivants allaient être abominables, pleins de poussière, de caisses à porter, d'encombrement, d'hommes de métier dans mon home sweet home.

Si je me réveillais le 1er janvier, croyant être le 1er mars...

Aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaah.

Horreur et putréfaction glauque.

Je me lève avec angoisse.  Pas de sensation de grippe.  C'est déjà ça.  Je prends ma douche puis descends découvrir ma cuisine.  Nouvelle.  Ouf.

On est bien le 1er mars, le spectre de la quatrième dimension s'éloigne.

Finalement, une fois au bureau, une collègue m'apporte l'explication.  On est donc bien le 1er mars.  Et la raison de ce blabla sur Fun radio est simple : congés scolaires ma bonne dame, et qui dit congés scolaires dit rediffusions de vieux (vieilles ?) gossip de Virginie.

Ouf.  J'ai eu chaud.

07:58 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

17
fév

Une presque bourde en matière de Siempre / Toujours / Altijd

L’autre jour, je suis allée faire des courses dans un supermarché discount, comme on les appelle maintenant.

J’avais besoin de dérivés de papier.  De plein de dérivés de papier.

Kekseksa, les dérivés de papier, vous demandez-vous, une lueur d’intelligence dans le regard (comme quoi, ça peut arriver à tout le monde, d’avoir soudainement cette lueur qui s’anime).

Les dérivés de papier sont, en vrac : papier WC, mouchoirs en papier par paquets de dix, mouchoirs en papier en boîte, protège-slip et serviettes hygiéniques.  Je fais mon stock de ce genre de chose dans les magasins discount, vu que c’est super beaucoup méga moins cher.  Et comme le mot l’indique, stock équivaut à grandes quantités, de quoi tenir un siège en cas de troisième guerre mondiale.

Après avoir déjà mis dans mes grands sacs de quoi m’essuyer le derrière et le nez, me vlà au rayon « femmes ».

Et là, le choix est immense.

Il fut un temps où, dans les discount, y’avait qu’une sorte de chaque truc.  Et une sorte pas pratique pour un sou.  Les serviettes hygiéniques ressemblaient à des langes géants hyper inconfortables.  Les protège-slip ne protégeaient rien et se désagrégeaient au moindre frottement.  Les tampons n’avaient pas encore envahi les lieux.

Mais maintenant, c’est Byzance.  C’est Noël.  C’est Pâques.  C’est tout à la fois.

Y’a des protège-slip en veux-tu en voilà, certains étant même parfumés à l’aloe vera.  Je comprends mal l’intérêt d’avoir du parfum à cet endroit, vu que moi, je passe pas mon temps à me contorsionner pour me renifler l’entrejambes, mais soit. 

Y’a des tampons en veux-tu en voilà, avec ou sans applicateur, avec ou sans embout qui se détend, avec ou sans ficelle (naaan, là, je rigole, sans ficelle, vous imaginez ?  Faudrait l’enlever aux forceps).

Et y’a des serviettes en veux-tu en voilà.  Des normales.  Des normales avec ailettes.  Des normales ultra-longues pour la nuit, qui remontent jusqu’au nombril et jusqu’au bas du dos.  Des ultra-minces.  Des ultras-minces avec ailettes.  Manque juste le modèle de serviettes intégrées dans un slip, qu’ils ont pas encore inventé.  Tiens, je le ferais bien breveter, sauf que c’est nin pratique en journée.  Mais pour la nuit, why not ?

Me vlà donc devant le rayon des Siempre, des Toujours, des Altijd, bref des ersatz d’Always, à la recherche de mon graal.

Que je trouve.

Mais je réalise à quel point c’est cher.

Passque si j’achète du Siempre, du Toujours, du Altijd, bref de l’ersatz, c’est pour pas payer le prix Always quoi.  Et ben là, leur Siempre / Toujours / Altijd, il est à 2 euros et des.  Dingue comme ça a augmenté.  J’avais pas réalisé, vu que j’ai toujours un stock de hamster, j’avais plus acheté tout ça depuis deux ans, au bas mot.

Et mon œil de lynx se pose, chance extrême, sur le paquet.  Et mon neurone se réveille.  La madame sur le paquet, elle a plus l’âge d’utiliser des Siempre / Toujours / Altijd. Elle à l’âge d’être en pause Siempre / Toujours / Altijd.  L’âge d’être en ménopause.

Et mon neurone pige.  Je m’apprête à acheter des protections contre fuites urinaires…

Oh, rien de grave, ça nous pend au nez à toutes et tous.  Juste que je suis un chouia jeune quoi.  Juste que c’est trois fois plus cher que mes Siempre / Toujours / Altijd…

Mon portefeuille a donc échappé de peu à la ruine.  Et moi j’ai échappé de peu à un achat inutile… pour l’instant…

La suite demain…

11:41 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |