26
mar

26/03/2016 : snif – joyeuses pâââââques

Ce 26 mars 2016, j'aurais eu 20 ans d'ancienneté au bureau, et voilà je pleure ;(

Allez, joyeuse pâques !

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12:12 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

11
fév

opérée

Le 15 janvier j’ai été opérée.

En hôpital de jour, mais tout de même sous anesthésie totale.

J’ai toujours en la trouille des opérations, et « non non rien n’a changé, tout tout à continué », comme chantait l’autre.

On m’a pourtant dit « m’enfin, t’as été plus gravement opérée après l’accident ». Ouais, j’ai été trépanée, parait. J’ai bien dit « parait », vu que j’étais dans le coma, j’ai pas eu peur. CQFD.

En plus, chais même pas ce qu’on fait quand on « trépane » quelqu’un. Et je préfère ne pas savoir, comme je préfère ne pas savoir comment on m’a opérée des deux yeux, n’en déplaise à tout ceux qui m’ont demandé « et il a fait comment pour enlever les yeux, le chirurgien » ? Dingue, comme les gens sont curieux. J’ai gardé mes cheveux (pas comme après l’accident où j’ai été rasée, maintenant j’ai les cheveux courts et non teints, avant ils étaient longs et teints, mais pas trop blancs sans teinture, c’est déjà ça), on n’est pas passé par le cerveau, je n’ai pas de cicatrice, donc tirez-en la conclusion qui s’impose…

Donc je suis arrivée à l’hôpital à 7h15, première opérée, youpiiiiiiiiiiiie, sous la première neige, youpiiiiiiiiiiie (bis).

J’avais pas déjeuné, très obéissante moi être.

Je me suis mise en robe d’opération sur le lit et j’ai attendu (attendu elle n’est jamais venue zaï za¨za¨zaï na na na na na), ben si l’infirmière est venue me donner un calmant pour l’anesthésie, à faire fondre sous la langue, ce que j’ai fait, puis bzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzz, dodo, après avoir dit, avec mon humour fou, après avoir croqué le calmant « aaaah, j’ai bien déjeuné ». Et donc après, bras de morphée, zzzzzzzzzzzzzzzhhhhhhhhhhhhhhh, je me souviens de rien, j’ai rouvert les yeux comme j’ai pu, et pigé que j’avais été opérée en salle de réveil.

A 16h, j’avais faim, le meilleur sandwich de ma vie que j’ai eu, et puis une danette vamille miam miam. J’ai pas eu de nausées, donc j’avais faim. Très faim. Comme Grosse Bouffe (mes référence sont restée les même, ma culture aussi).

Vers 18h, après avoir vu le chirurgien, super sympa et content de lui, même s’il faudra un mois pour voir le résultat, j’ai pu partir et j’ai acheté des modules de paix en sortait (c’est pas comme si c’était mes premiers, j’ai de quoi faire le tour de ma cour en modules, mais ça sera ses souvenirs de cette journée mémorable du 15 janvier où il a neigé).

Depuis, je vois six chats et non trois.

 

18:40 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

11
fév

ça aurait pu être pire…

Ouaaaaaais, je saaaaais, ça aurait pu être pire.

Déjà, elle aurait pu, au lieu de juste me blesser, me tuer.

Elle aurait pu, au lieu de juste me casser un nerf de l’œil, nécessitant une opération, me rendre aveugle.

Elle aurait pu, au lieu de créer de grosses difficultés de marche nécessitant un rolateur, me clouer dans une chaise roulante.

Elle aurait pu m’empêcher de bosser… ah ben ça elle l’a fait.

Non je rigole (car le sens de l’humour et les larmes sont ce qui m’a sauvée), mais ça aurait pu être pire : j’aurais pu mourir, être en chaise, perdre mon cerveau et surtout ne pas savoir rentrer chez moi, j’aurais pu ne pas revoir mes chats et même ne pas me souvenir d’eux, vu que je les avais oubliés, j’aurais pu beaucoup de choses encore…

Mais j’aurais pu ne pas être renversée et continuer ma petite vie, mon petit job, mes collègues, mes amies, ma famille…

On m’a dit « avec du recul, beaucoup de recul, cet accident vous aura apporté du positif ». Ouiiiiiiiiis, beaucoup de recul alors… vraiment beaucoup ! Plus tard…

18:37 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

11
fév

Souvenir – écrit le samedi 20/06/2015

Il y a six mois.

J'allais acheter mon pain.

J'allais bosser sans me poser de question.

J'allais au Delhaize deux fois par jour si besoin.

J'allais à la brocante tous les dimanches.

Je connaissais les noms de mes trois chats, en fait je savais que j'avais trois chats.

Iguaï mon toutnu me voyait chaque matin, il ne connaissait que moi.

J'allais coller des fleurs sur les arbres et les bancs.

J'allais chez moi car c'était chez moi.

Il y a six mois, jour pour jour, le 20 décembre, c'était un samedi, je me préparais à mon Noël, je décidais dêtre heureuse car c'est bon pour la santé (cf Facebook), pas de bol.

Une connasse (oui, mon assistant social m'a dit que j'avais le droit d'avoir des pensées comme ça) m'a renversée, sans raison.

Depuis, je ne vais plus chercher mon pain, bosser, au Delhaize, à la brocante, coller des fleurs, chez moi voir tous les jours mes chats ou mon toutnu, du moins plus pour l'instant, mais je vis d'espoir.

J'ai rencontré des gens supers, soignants, infirmiers, kinés, psys, malades, qui m'ont énormément aidée ou appris, même si ça fait cliché et chier.

Je les remercie du fond du coeur, par contre je ne remercie pas la connasse qui m'a renversée.

Amen.

 

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18:35 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

11
fév

Belgique : la double peine

(écrit en octobre 2015)

J’écris ceci en regardant Taratata, l’émission (que j’ai enregistrée) fêtant le retour du concept, et me disant que j’aurais pu louper cela si j’étais décédée.

 

Si elle m’avait tuée.

 

Car c’est bien de cela dont il s’agit : la double peine dans mon pays où l’on vit si heureux… quand on n’a pas un big problem.

 

Pourquoi « double peine » me direz-vous ?

 

Réfléchissez…

 

Non, je rigole, je vous explique, car je n’y avais jamais pensé avant de le vivre.

 

La première peine, bien sûr la plus « délicate » (pour ne pas dire « la plus merdique »), c’est l’accident : vous allez sans le vouloir vers votre funeste destin (c’est là qu’on sanglote), écrire au cours, avec votre nouveau manteau qui vous va super bien, votre nouveau sac, vous avez programmé Le père Noël est une ordure à la TV sur le Voocorder pour le regarder à votre retour en mangeant vous avez oublié quoi, après avoir enlevé vos fringues, que vous avez aussi oubliées (faisait-il froid ou soleil en ce 20 décembre ?) lorsque patatra paf poum hue, elle vous roule dessus. En fait non, vous avez un big trou de mémoire (et l’assistant social a dit que ça ne reviendra pas, vu le temps déjà passé) mais vous avez une bonne imagination. Donc, elle pense à ses achats de Noël (quand je vous dis que le Papa Noël est une ordure) lorsque paaaf, elle ne vous voie pas traverser sur le passage pour piétons pour aller à votre cours d’écriture, tout sourire que vous êtes (extrapolation), et repaaaaaaaaaf, elle vous expédie dans l’au-delà, d’où vous revenez avec difficultés (ouf). Elle a bousillé votre côté gauche, notamment votre œil, votre bras et votre jambe (sans parler de votre nouveau manteau), elle a bousillé votre sens de la réflexion puisque vous êtes éteinte (notez qu’après votre réveil ce sera pire puisque vous parlerez anglez, prétendrez  être né en 1912 (comme le Titanic), ne vous souviendrez plus des couleurs, des noms des fruits (et des légumes aussi d’ailleurs), des amis, enfants, collègues, patrons, chats et aurez même oublié avoir mis un jolie cuisine (que vous trouverez moche)), elle a aussi bousillé votre cerveau.

 

Bref, tout ça peut paraître rigolo mais ça ne l’est pas du tout, quand vous sortez de deux semaines de coma entre la vie et la mort, que vous êtes incontinente, attachée sur votre lit, ou sur votre fauteuil roulant, que vous croisez des gens comme vous (ou pires, ou mieux, c’est selon), que vous ne mangez que des panades et ne buvez que de l’eau épaissie, et que vous avez perdu tout notion du temps (ça c’est sans doute mieux).

 

Voilà la première peine, pendant que celle qui vous a infligé ça culpabilise (on peut rêver) juste le temps de chanter « j’y pense puis j’oublie, c’est la vie c’est la vie ». Car oui, sa vie continue comme avant, chez elle, avec sa famille, son job, ses collègues, son mari, bon j’extrapole, je ne connais rien d’elle, ne me souviens même pas de sa tête quand elle s’est dit (j’extrapole que je dis) « oh m… y’avait quelqu’un ! »

 

Bon, Taratata est fini, suite demain…

 

La suite c’est finalement le surlendemain que je vous l’écris (hey, suis débordée moi hein, une vaisselle de 10 minutes nécessite ensuite une heure de repos).

 

Donc la double peine en Belgique (et sans doute dans d’autres pays d’Europe) c’est quand tu rentres chez toi en ayant encore plus perdu que ce que tu croyais avoir perdu (la santé). Tu as perdu ton boulot où tu allais fêter tes vingt ans d’ancienneté en 2015, que tu ne fêteras jamais. Tu as perdu ton salaire parce que tu as pris toute les assurances possibles et imaginables, sauf l’assurance « perte de revenus », c’est très con hein… Tu vis donc avec la mutuelle, mais ne te plains pas au bout d’un an de fainéantise (si si, pour eux tu glandes et prends le soleil) tu passes en invalidité et perdras encore 15 % de ta mutuelle. C’est pas non plus comme si tu avais des charges extraordinaires, genre kiné, médicaments, dentistes, opération, aide ménagère… pas du tout liées à ton accident ça va de soi. Ne parlons pas des tâches habituelles parce que oui, même après tu as faim, soif, sommeil et tu dois faire pipi caca (note que les langes sont plus chers que le papier, ne te plains pas d’être désormais propre).

 

En plus, tu as perdu ton permis de conduire suite à l’accident, vu que tu as perdu ton cerveau à l’époque, mais surtout ton œil, ta réactivité et ta rapidité. Si un jour tu es capable de reconduire, faudra « juste » le repasser.

 

Enfin, tu as perdu ta capacité de gérer toi-même tes sous, vu que tu as une administratrice provisoire qui s’en occupe (mal) pour toi. Et qui n’est pas sympa, comme tous les administrateurs provisoires, car tu n’es qu’un numéro parmi tant d’autres. Et il faut la payer, ça fait partie de tes charges extraordinaires.

 

Et la Belgique dans tout ça ? Ben elle aide grandement, elle défend les victimes, elle les paie, elle les soutient, elle fait les démarches pour elles, elle les appelle régulièrement pour prendre des nouvelles.

 

Ou pas.

 

Ici c’est pas, nada, niente, niks, que dalle, aide-toi et le ciel t’aidera qu’on dit.

 

(Merci à ma sœur qui m’a fait penser à cela, et m’a donné envie d’écrire ce billet – je ne remercie par mes chats qui ont été insupportables et ont fait tomber mon téléphone que je ne retrouve pas, et ça continue en plus, sales bestioles…)

18:29 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |