20
sep

DSK VS Tristane Banon : on en pense ce qu'on veut, tant qu'on connaît le sens du mot respect

Maxime Valette, vous connaissez ? 

Non ?

Et si je vous dis VDM ?

Toujours pas ?

Vie de merde, ça va mieux ?

Non ?  Allez, avouez, vous rentrez de Mars (ou de Vénus) ?

Maxime Valette est le fondateur de VDM, ce site qui m'a fait mourir de rire et dont les livres ont constitué ma dose de rire à chaque passage au WC.  Quoi de mieux dans son WC que Vie de merde, hein ?

Ben comme je viens de le dire sur Facebook, on peut avoir créé Vie de Merde et être l'instigateur de tweet de merde.

Passque quand je lis qu'il a posté sur son Twitter "Tristane la seule façon pour qu'elle la ferme c'est la violer", je suis révoltée.

Et son pote de Twitter de surenchérir "Elle la fermera, mais seulement pour quelques années, le gang bang serait une solution plus efficace"

Chacun a son avis sur l'affaire DSK, qu'il s'agisse de celle des States ou de celle de France.  Mais quoi qu'on en pense, ce genre de propos, ça me débecte.

Voilà un Twitteur influent, comme on l'appelle (7000 folloowers, euh, moi, j'en ai combien déjà, 3 ?), qui aurait juste mieux fait de se taire.

14:32 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (6) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

11
sep

Il est...

Il est environ 15 heures ce mardi-là, je pense que c’est un mardi, et je reçois un mail d’une amie.  J’ignore quand je l’ouvre exactement, passqu’à l’époque, au bureau, on n’a qu’un seul pc relié à l’internet, on n’a même pas l’adsl, et pourtant on n’est plus au siècle dernier depuis peu, mais il me fait frissonner, ce mail.  C’est le but, mon amie sait que je vais frissonner en découvrant ce crash d’un petit avion de tourisme, moi qui a si peur des grands zoiziaux de métal.  Alors je frissonne, et je m’informe. 

Il est 15 heures 30, re-mail.  Et là, tout le monde a compris.  Effroi planétaire.

Un effroi qui ira en grandissant avec l’effondrement, l’effondrement bis, la troisième collision, puis la quatrième, évitée de justesse.  Tous ces morts.

Il est 18 heures.  Moi qui ne matte jamais les JT, à peine rentrée at home, je m’accroche à mon téléviseur comme un naufragé à son palmier.  En fait, je n’y crois pas.  J’ai l’impression de regarder un film catastrophe, que tout va s’arrêter dans un happy end.  Un peu comme quand je regarde Titanic, espérant durant plus de deux heures que l’iceberg ne sera pas là.

Il est 20 heures. J’étouffe d’angoisse, alors je m’enfuis de chez moi, besoin d’air.

Il est 22 heures quand je rentre, re JT, avec toujours les mêmes visions d’horreur.  Durant des heures, je ne peux me détacher de mon écran.  Encore aujourd’hui, je suis comme hypnotisée quand je revois des images, ne pouvant y croire tout en sachant que c’est bien réel.

Ce jour là, on a tous compris que l’impensable pouvait se produire.

Depuis ces dix années, j’ai vu énormément de choses.

J’ai vu sur la toile les théories les plus farfelues, auxquelles j’ai failli croire, failli seulement, sur ce coup monté par les Etats-Unis.

J’ai vu les frères Naudet plonger dans l’horreur, au hasard d’un reportage sur les pompiers de NYcommencé bien avant la date fatidique.

J’ai vu une femme voilée de noir, non en signe de deuil, que du contraire, annoncer, sourire aux lèvres, du moins je l’imagine ainsi, à quel point ça avait été formidable pour elle de voir s’effondrer les tours.  Sa joie était similaire à la mienne quand je vois un feu d’artifice.

J’ai vu des gens faire le choix de sauter pour échapper à l’enfer, conscients qu’en bas, ce serait un autre enfer.

J’ai vu l’épouse d’un passager du vol 77, celui du Pentagone, dire qu’elle aussi a souffert, elle aussi a perdu son époux, pas dans les tours, ailleurs, mais pareillement.

J’ai vu, ou plutôt entendu, les appels passés de là-haut, les adieux déchirants, les supplications, les déclarations d’amour, les voix empreintes de la certitude d’un vie qui va cesser.

J’ai vu le courage de passagers qui décident de tenter le tout pour le tout pour éviter un drame encore plus dramatique que celui qu’ils allaient à coup sûr vivre.

J’ai vu un enfant de moins de dix ans annoncer, comme s’il racontait une histoire lue dans un livre, qu’il n’a pas connu son père « il était dans la tour, un avion est tombé dessus, et il est mort… and he died ».  J’ai vu cet enfant réclamer des câlins et des bisous, qu’il n’aurait jamais.

J’ai vu des proches des terroristes ayant piloté les avions témoigner de ce qu’ils menaient une vie si normale, avant, que jamais ils n’auraient cru ça d’eux.

J’ai vu des pompiers à l’agonie d’avoir respiré les poussières toxiques pour sauver des vies, héros hier, aujourd’hui abandonnés par leur pays, qui ne fera rien pour eux.

J’ai vu la mère d’une victime, musulmane, expliquer qu’elle n’a pas eu droit à la sollicitude offerte aux autres parents de victimes, aux autres victimes, expliquer que l’avis de recherche de son fils était systématiquement arraché.

J’ai vu la peur absolue, l’angoisse infinie.  Je l’ai ressentie, aussi loin que j’étais.  J’ai vu la compréhension, après le second impact, que ce n’était pas un accident, que c’était délibéré.  J’ai vu la terreur que cela continue encore et encore, que la ville soit détruite, que ses habitants soient anéantis.  J’ai vu l’apocalypse lors de l’effondrement, les courses effrenées à travers les rues, les cris, les « My god » à répétition, les larmes, encore et encore. 

J’ai vu, revu, et vu encore des tas et des tas de choses sur ce jour que personne n’oubliera.

Et dix ans plus tard, je ne me dis qu’une seule chose : aucune idéologie, aucune religion, aucune croyance, ne justifie une telle haine de l’autre.

Le mot de la fin à Kroll…

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8
sep

Je suis outrée comme une loutre qui boit à même l'outre, en outre

Dans le Ciné Revue de la semaine dernière, courrier des lecteurs, je lis : « Il y a peu, je me rends dans un magasin de la région liégeoise pour y acheter un meuble.  N’étant pas de stock, le vendeur me propose de me le fournir sous quinzaine.  Hier, je trouve dans ma boîte aux lettres un avis du magasin.  Quelle ne fut pas ma surprise de voir que cette carte, oblitérée à Brussel X, était en flamand !  Outré par ce courrier, je décide de téléphoner au seul numéro proposé (un 02).  J’entre alors en communication avec une personne parlant le français avec un fort accent flamand.  Je lui demande de m’envoyer le même carton en français car, habitant en Wallonie, il est normal que je reçoive le document en français.  Après discussion, à sens unique, avec cette personne, j’ai compris qu’elle n’avait nullement l’intention de satisfaire à ma demande.  Elle a même eu l’audace de me dire que le siège du magasin, qui est l’expéditeur du document, devait être en rupture de stock de cartes en français.  Belle excuse !  Pour terminer cette communication, j’ai eu droit à un « au revoir » dans la langue de Vondel.  Restons vigilants, nos « amis » du Nord grignotent malicieusement, petit à petit, notre territoire wallon ».

- Remarque 1 : un magasin liégeois de meubles… euh, les meubles porteraient-ils un nom imprononçable genre « Smirchtnofftmurk » ?

- Remarque 2 : on dit pas « n’étant pas de stock, le vendeur me propose », car ça veut dire que le vendeur n’est pas de stock, et s’il est sur place, c’est qu’il est de stock

- Remarque 3 : outré, qu’il est, le monsieur.  Je pensais qu’il était outré je sais pas moi, car la carte était arrivée toute couverte de fiente de canard colvert ou de vomi de chien errant, ou passque la carte disait « votre meuble Smirchtnofftmurk arrivera sous quinzaine, savoir dans quinze ans ».  Ben non, c’est juste à cause d’un petit malentendu linguistique, peuchère.  Etre outré de recevoir un courrier en néerlandais, en Belgique, ben je vous avoue que ça m’outre.

- Remarque 4 : ben moi, je serais fière de causer le flamand avec un fort accent français, je vous le dis.  Et les gens qui me causent fransozisch avec un fort accent flamand, ben je leur suis éternellement reconnaissante de m’épargner la honte de mon flamand qui outrerait même la personne la plus zen du siècle.  Et en outre, je suis outrée que ce lecteur insiste sur l’accent flamand, comme si c’était un gros furoncle dégueulasse.

- Remarque 5 : que notre gentil lecteur souhaite obtenir son document en français car il comprend rien à ce qu’on lui écrit, je pourrais comprendre, ça n’a rien d’outrant.  Mais qu’il l’exige car il habite en Wallonieland, là, ça m’outre pire qu’une loutre buvant à même l’outre, pas vous ?

- Remarque 6 : une discussion à sens unique, ça existe pas.  Discussion : débat, échange d’idées, dispute.  Moi, je débats jamais seule, j’échange pas des idées avec moi-même, et je me dispute pas avec moi non plus (quoique, parfois, j’en aurais bien envie).  On appelle ça un monologue alors.

- Remarque 7 : je prie instamment le téléphoniste à l’accent français empreint de flamand (ou l’inverse, je sais plus), de me contacter, j’adore son audace folle qui l’a fait parler d’une rupture de stock.  C’est vrai quoi, ça n’arrive jamais, les ruptures de stock.  D’ailleurs, moi, au bureau, je m’occupe des fournitures, et j’ai l’audace folle, que dis-je, l'outre(cuidance) d’annoncer aux clients en ce moment que, sorry, mea culpa, chuis en rupture de stock de feuilles de couleur (cette expression ne revêtant aucun caractère raciste), vous aurez donc du blanc durant quelques semaines, mais c’est la faute à mon fournisseur qui a pas compris que quand je dis « merci d’ajouter à ma commande des feuilles de couleur » ça veut dire « merci d’ajouter à ma commande des feuilles de couleur », mon fournisseur il a compris « c’est combien les feuilles de couleur, je vous pose la question mais ne répondez pas ».  Je devrais peut être lui causer néerlandais avec un fort accent français, à mon fournisseur, non ça va, je rigoooooole.

- Remarque 8 : pourriez-vous nous préciser si le « au revoir » dans la langue de Vondel avait plus un accent flamand, ou plus un accent wallon, ou alors néerlandais, ou bien français, bref merci d’être plus précis, ce manque de détails a tendance à m'outrer encore un chtit peu.

- Remarque 9 : j’en profite pour saluer mes amis (sans guillemets) du Nord, les pas malicieux, ceusses qui pensent que notre territoire n’est pas wallon, mais belge, une fois/één keer.

- Remarque 10 : merci au Ciné Revue de relayer ce genre de polémique ridicule et outrante pour les ceusses comme moi qui n'en ont que fiche de ces problèmes linguistallig. 

- Remarque sur mes remarques : c’est because of des gens comme ça que mon pays part en coucougnettes, j’ai que ça à dire.  Ah non, j'ai encore autre chose à dire, au cas où vous l'auriez pas remarqué : je suis outrée comme cette loutre :

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21:31 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (10) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

29
aoû

Quatre ans déjà... "Wallonieland, 29 août 2011", c'est aujourd'hui !

C'était le 28 août 2007, le JT et ses nouvelles anti-wallons m'avaient exaspérée au point que j'avais pris ma plume, enfin mon clavier, pour crier ma peur de l'avenir dans un billet publié le 29 août 2007.

Un billet quasi prémonitoire, bien malgré moi.

Un billet relayé par divers organes de presse, qui l'avaient aimé.

Le 29 août 2011, c'est aujourd'hui, et ma peur n'a fait qu'aller grandissant.

Quand j'entends qu'à la côte belge on gifle des enfants en les traitant de "sales francophones", oui, j'ai peur, peur qu'un jour tout explose.  La faute à qui ?  Peu importe.  J'ai juste la trouille.

C'était le 29 août 2007.

07:34 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (8) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

27
aoû

Du rêve à la réalité… il n’y a qu’un pas, que j’ai franchi allègrement

Vous vous souvenez que jeudi dernier j’ai fait un rêve étrange, où un séduisant monsieur me faisait un tour de magie avec un œuf et m’embrassait.  Rhaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa.

Et bien, ce même jeudi, incroyable mais vrai, mon tour de magie, je l’ai vécu !

Mon rêve était prémonitoire… du moins, en partie.

Encore sur mon petit nuage de ce rêve tout moelleux, je sors de chez moi, soleil plein le ciel, sourire aux lèvres, pour une petite promenade.

Et là, je vois un brun ténébreux.  Si, je vous jure.  Enfin, plutôt brun que ténébreux.  Du genre brun très brun.  Il parle à un petit vieux, là, au loin. 

J’entame ma promenade lorsque j’entends un « Madaaaame ? » et vois le brun pas ténébreux se précipiter vers moi.

Clair qu’il va me proposer de traverser un œuf de son doigt et m’embrasser, of course.

Rewind.

Il me demande, dans un français approximatif, en fait savant mélange de néerlandais, anglais et allemand, si j’ai pas « de la monnaie pour changer pièce two euros pour lui téléphoner ».

N’écoutant que ma générosité, je sors mon portefeuille à la recherche de ma mitraille.

Et là, il se rapproche, me regarde dans le blanc de l’œil, et m’embrasse langoureusement.

Rewind.

Il se rapproche et commence ses négociations, pour avoir des pièces de fifty, puis twenty, puis vijftig, puis twintig. Et chaque fois que je change de langue, il le fait aussi (je parle de langage of course, pas de ce qu’on a dans la bouche, qui sert à embrasser langoureusement).

Imperceptiblement, il se rapproche de plus en plus, au point d’avoir ses doigts dans mon portemonnaie.  Je le soupçonne alors de tenter de piquer mes boucles d’oreille à 2 euros de chez Six, à mettre ainsi son gros index de brun pas ténébreux dans ma monnaie.  Il me saoule au plus au point, mais je sens, inconsciemment, en lui, quelque chose de malsain et dangereux.  Quelque chose qui me fait ne pas réagir, que je ne m’explique pas.

Je donne donc ma monnaie, vérifiant bien que j’ai donné deux euros contre deux euros, non mais, vais pas me faire escroquer non plus.

Il revient alors à la charge, apparemment insatisfait des pièces données, en voulant d’autres.

Et là, au summum de mon exaspération, j’abandonne et je m’éloigne enfin de cette présence désagréable, sous son regard courroucé, me disant que décidément, la prochaine fois qu’on me demandera de la monnaie, je déclinerai l’invitation.

Une demi-heure plus tard, je décide de m’offrir un chtit sandwich, et c’est là que, enfin, tiiiiilt, l’euro tombe, le neurone se décoince, les frites tombent dans le même cornet.  Il en voulait pas à mes boucles d’oreilles à 2 euros, il en voulait à mes billets.  Il les voulait.  Il les a eus.  Partis les billets.  Envolés les billets. 

Tour de magie, ma bonne Dame.  Abracadabra, plus de sousous dans le portefeuille.

Le pire dans tout ça c’est que rétrospectivement, durant les 48 heures qui ont suivi, je n’ai eu de cesse de revoir la scène, ces gros doigts boudinés dans mon argent, et me dire « mais comment j’ai pu être aussi conne, aussi statique, aussi peu réactive, comment, alors que son insistance et son doigt dans mon portemonnaie m’exaspéraient au plus haut point, je n’ai pas mis le hola, pourquoi je me suis laissée faire comme une gamine de cinq ans aussi crédule qu’un oiseau espérant avoir la vie sauve face à un chat ».

Les deux nuits qui ont suivi, j’en ai rêvé, c’est dire si cet épisode m’a traumatisée et rendue encore plus parano que j’étais déjà, et c’est pas peu dire.