20
nov

Quand je reçois des menaces de mort

Vous n’allez pas le croire mais voilà, j’ai été menacée de mort.  Bon, pas avec une arme, un couteau, un serpent venimeux ou des lasagnes Come a casa, mais menacée tout de même, avec un grand sourire qui plus est.

Je m’apprêtais à passer une soirée de samedi comme toute célibataire qui se respecte en passe, savoir sortie en boîte rencontre nuit torride DVD sordide, pâtes bien grasses et mousse au chocolat, seule avec le rat et la souris (rassurez-vous j’avais passé une joyeuse journée faite de balade au soleil, couscous et tajine dans un nouveau resto de Namur rue de Bruxelles je vous le conseille très sympa très bon et thé à la menthe offert, puis cinéma et un peu de shopping), lorsqu’un coup de téléphone a modifié mon programme : vlà une invitation à manger du fromage et découvrir le Beaujolais nouveau (celui qui a rendu Maria Del Rio saoule dès 6h45 jeudi dernier, c’était trop amusant de l’entendre).

Bon, je réfléchis, j’hésite, entre une soirée solitaire déprimante où une soirée sympa en bonne compagnie, dilemme dilemme dilemme (enfin dilemne, pour les initiés).  Mais je décide de me sacrifier, car je sais que ma présence est indispensable au bonheur de mes hôtes, si si si si, je le sais.  Je sacrifie donc ma soirée solo pour leur faire l’honneur de ma venue.

La soirée se passe, un petit Pastis, de crapuleux chips à la cacahouette (comme des chipitos, forme de chipito, texture de chipito, mais couleur et goût cacahuète, crapuleux je vous dis), un petit verre de Beaujolais nouveau au bon goût de fruits rouges et noirs, et du fromage, et puis plein de discussions.

Quand soudain, pour une raison que je ne m’explique pas, sans doute because le verre de Pastis et celui de Beaujolais, tombe la menace de mort : « je te souhaite de faire une fausse déglutition ».

Si, je vous le jure, j’ai reçu une telle menace, moi qui ai déjà failli périr deux fois en avalant de travers, une fois avec un bonbon rond quand j’étais môme, une fois avec une carotte ronde y’a quelques années, on me souhaite un tel drame, qui peut être mortellement mortel.

Et tout ça avec un sourire.  Niais.  Ou narquois.  Niaisement narquois.  Ou narquoisement niais.

Et puis on me propose de me resservir en vin, en coca, en ce que je veux.  Si ça c’est pas tenter de me faire avaler l’arme du crime, je vous le demande, keske c’est.  Puis on me fait manger une crème brûlée maison.  Puis un thé à la menthe.  si c'est pas de l'incitation à la fausse déglutition, keske c'est ?

Quatre tentatives de meurtre, en somme.

Trop bonnes, ces tentatives de meurtre.  Et fort heureusement, j’ai pas faussement dégluti.  Na.

Super soirée, en résumé, hormis ces vilainetés.

14:29 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

19
nov

Saint-Nicolas est une crapule

Tout à l’heure, en ville, je croise Saint-Nicolas.

Et une bouffée de nostalgie m’envahit.  Ah, cette époque bénie où je croyais dur comme fer que le grand Saint allait me gâter, comme ça, juste parce que j’en rêvais, et parce que le monde était ainsi fait, d’une satisfaction quasi-totale de tous mes désirs.  Ah, ces chocolats que j’attendais impatiemment durant des semaines, pour m’en gaver le jour dit.  Ah, ces petites choses distillées dans mes chaussures certains matins, qui me remplissaient les yeux d’étoiles.

Bien sûr, j’ai passé l’âge, mais clair que si Saint-Nicolas voulait me donner un bonbon, je ne dirais pas non, passque j’ai été sage, malgré l’incompétence totale de la caissière du Quick, incapable de réaliser que quand on doit 4,10 eur et que le client vous donne 6,10 eur, ben faut rendre une pièce de 2 eur, et poliment, en souhaitant un bon appétit (faudrait tout de même leur apprendre à compter jusque dix, aux caissières du Quick), bref malgré sa bêtise et son antipathie en bonus, j’ai résisté à l’envie de « œil pour œil dent pour dent » qui me poussait à laisser mon plateau en plan sans jeter mes crasses pour me rallier à « si on te tend la joue gauche tend la joue droite » qui m’a forcée à dire merci à cette infecte bonne femme puis à ranger gentiment mon plateau après dégustation.

J’ai donc été sage.

Tout en rêvassant de Saint-Nicolas, je m’approche et m’aperçoit qu’il n’est pas seul.

Père Fouettard ?

Que nenni.

Un âne ?

Que nenni.

Un renne qui se serait trompé de boss ?

Que nenni.

Un photographe prêt à tenter d’arnaquer tout qui s’approcherait du grand Saint.

Ben voilà, même en pleine rue, s’approcher de Saint-Nicolas, ça se paie.

Pauvres enfants.

11:50 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

14
nov

J’aime mon dentiste

La dernière fois que je suis allée chez le coiffeur, je lui ai dit « je déteste venir chez vous, je préfère de loin aller chez le dentiste ».

Je me dois maintenant de faire mon big mea culpa, après avoir récité dix avé et douze pater et m’être flagellée une demi-heure avec des branches de buis.

Passque je devais avoir fumé le vinyle (à défaut de moquette) le jour où j’ai dit ça. 

En fait, non, je ne fume pas le vinyle, ça va pas la tête, il est tout neuf.

Le jour où j’ai dit ça, c’est juste que ça faisait deux ans que je n’avais plus croisé mon dentiste vénéré et, vu que je souffre d’Alzheimer précoce ou de destruction massive des neurones (et comme j’en ai deux, ils seront vite anéantis), ben j’avais oublié jusqu’au bruit strident que fait la fraise avide de carie fraîche.

Et bien, l’autre vendredi, j’ai recouvré la mémoire.

Et, foi de l’habituée de dentiste que je suis (il fut un temps où j’y allais chaque semaine, même que mon dentiste adoré me surnommait Miss OK, puis Miss Flair, puis plus rien, quand j’ai grandi et que je suis devenue une adulte respectable), je peux vous dire que j’ai vécu la pire expérience de dentiste de ma vie.

Et pourtant j’en ai connu des caries, des détartrages, de pulpites en série, des arrachages, des prises d’empreintes, des appareils que l’on resserre et tutti quanti.

Mais ça, j’avais jamais connu.

Ça ?

La réparation de dent cassée (cf ce billet) couplée au rhume et à la pharyngite.  Plus on est de fous dans la région ORL, plus on rit, semble-t-il.

Rendez-vous est pris de longue date, et malgré mon état de décrépitude avancée, je ne peux poser un lapin à mon dentiste préféré. 

Je traîne donc ma vieille carcasse toussante et reniflante jusqu’à l’arrêt de bus, je patiente vingt bonnes minutes en priant Sainte-Anaïs que ce µ& !!!!## !!! de bus finisse par arriver, Sainte-Anaïs exauce mon vœu, j’arrive à bon port, petit détour pipi room pour évacuer l’angoisse et j’entre dans la salle d’attente, puis, rapidement, dans l’endroit où l’odeur de dentiste est si caractéristique : dans le cabinet de dentiste chéri.

Je pars du principe que, comme chaque visite, tout va bien se passer, dans la joie et l’allégresse, dans la rapidité et l’efficacité.

Ben pour une fois, que nenni.

Pas de bol, fallait que ça tombe le jour où je suis vraiment pas bien et où à chaque respiration, j’ai des nausées.  Pas la joie d’avoir des nausées quand on est couchée sur un fauteuil de dentiste, genre la tête plus bas que les pieds, un escargot blanc aspirateur de salive dans la bouche.  J’en imagine des scénarios catastrophe de nausée qui parvient à ses fins et catapulte tout mon déjeuner sur la jolie blouse immaculée de mon dentiste, qui ne voudra plus jamais de moi à l’avenir, et comment vais-je faire avec mes dents, enfin de toute façon je serai morte en ravalant mon vomi, donc pourquoi me tracasser, ben si, j’ai pas fait mon testament, meeeeerde.

Pendant ce temps, rien ne s’arrange, et chaque phrase prononcée par le praticien accentue mon stress et mes nausées.

« Hé ben, j’ai bien fait de prévoir une heure, ça va pas être facile à régler ».  Kwaaaaaaaaaaaa, une heure ?  Mais je suis là depuis quinze minutes et j’en peux déjà plus.  Nausée.

« C’est la bérézina votre dent, incroyable ».  Pitié, taisez-vous, je ne veux plus entendre le récit de ces scènes de guerre. Nausée.

« Bon, y’a la gencive qui remonte trop fort, va falloir couper, j’anesthésie un peu plus ».  Couper ?  Euh, et si je crie « coupez », ça fait quoi, il arrête son cinéma ?  Nausée.

« On croit toujours qu’avec les petites dents, c’est facile, ben parfois, pas du tout ».  Nausée.

« Je ne comprends pas ce qui bouche ainsi le passage, je n’ai jamais ce genre de souci d’habitude ».  Euh, et si vous l’arrachiez, qu’on soit quittes ?  Nausée.

« Bon j’ai réussi à enlever tout le ciment, j’introduis le forret » (euh, ça s’écrit comment, forret).  Mais chuis sur un chantier de construction ou quoi ?  Nausée.

« Ne bougez pas, je suis enfin parvenu à entrer la vis, mais elle dépasse, donc ne bougez surtout pas ».  Et si je bouge, je gagne quoi ?  Nausée.

Pitié, faites qu’il se taise.

Entre deux nausées mais surtout deux attaques de fraise, je demande à rincer et cracher tout ce que j’ai en bouche, car l’escargot blanc aspirateur fait mal son boulot.  Sauf qu’en parlant, vu la dose supplémentaire de produit anesthésiant, ben y’a tout le liquide qui s’échappe via mes lèvres insensibles.  Et ça me fait rire, ce qui n’arrange rien vu que je crache alors tout le contenu de ma bouche. Dingue ce qu’on peut stocker comme liquide dans une bouche.  Et vu que j’étais encore couchée tête plus bas que pied, tout m’est remonté sur le visage.  Je suis couverte de ma propre bave.  Bonheur intégral.  Et nausée, on ne change pas une équipe qui gagne.

Ensuite, je file à nouveau au pipi room, comme ça, sans demander l'autorisation, chose que je n'ai jamais faite en 25 ans de relation intime dentiste-patiente.  Je vous le dis, chuis malaaaaaaaaaaaaaade.

Après cette anecdote glamourissime de crachage de salive, qui ruine toutes mes tentatives de séduction de mon dentiste (fort heureusement, je ne veux pas le séduire, je veux juste qu’il répare ma dent), survient l’opération rebouchons cette dent réparée, avec des cotons genre Obé plein la bouche.  Cotons qui n’aiment probablement pas ma bouche car ils s’échappent sans cesse.  Ce sera le seul bon moment de cette folle escapade dentistique : mon envie de rire avec ces cotons buissonniers.

Je rentre chez moi, ravie d’avoir une nouvelle dent et surtout que le contenu de mon estomac y soit resté, même si ce ne fut pas le cas du contenu de ma bouche…

 

07:00 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

3
nov

La maison idéale...

Hier, je suis allée visiter un appart avec une amie qui déménage et cherche un nouveau home sweet home. 

A Beez, qu'il était, l'appart. 

Et j'ai repéré une maison avec une architecture sympa, à vendre. 

Bon, bien sûr, elle est sur une grande chaussée, où passent des voitures hystériques quand on ralentit pour trouver l'appart à louer. 

Bon, bien sûr, la voie de chemin de fer est au fond du jardin. 

Bon, bien sûr, c'est quoi cette horrible ombre bruyante, là-haut... Argh, le viaduc de Beez, de toute sa hauteur, presque au-dessus du jardin.

Et moi d'imaginer une voiture qui dérape et paf la voiture sur mon toit ou dans mon jardin.

Et mon amie d'imaginer pire : un candidat au suicide qui saute et paf le candidat au suicide sur mon toit ou dans mon jardin.

Non sérieux, qui mettrait 365.000 eur pour une maison avec viaduc de Beez en décoration ?

Je vous ai chopé une petite vue du salon, sympathique et lumineuse baie vitrée, jolie vue, dommage qu'il y ait ce truc, là, à gauche, vous voyez ?

beez.jpg

3
nov

La phrase qui tue du jour : 1 chance sur 100

Entendu hier à la Retebef : "chaque année, 105.000 personnes meurent en Belgique, une chance sur cent que ce soit vous".

Glups... glups... et reglups.

07:24 Écrit par Anaïs dans Anaïs tremble d'effroi | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |