16
déc

Rhoooooooooooooo, regardez...

Ce que la Miss de Carnet ordinaire a dessiné : moua.  J'adore.

Et j'adore qu'elle rappelle les échanges d'étiquettes auxquels on a procédé, passque j'ai oublié d'en parler fichtre. Heureusement j'ai une photo.  Malheureusement je la retrouve pas.

Et j'adore qu'elle dise que le nom de mon blog est fastoche à retenir.  Titchu, j'avais bu le jour où j'ai inventé ce nom, je ne vois que ça.

Et j'adore ses petits dessins et ses anecdotes à voir ici.

Et j'adore classer ça dans "revue de presse", ça fait tellement "je me la pète".  Ben je le mets dans "je me la pète" aussi, du coup.

 

vib carnet ordinaire.JPG

 

20
sep

Le bonheur... keske je me la pète grave

J'apprends que j'ai été sélectionnée pour le concours photos amateur du Jardin, rappelez-vous, vous aviez donné votre avis sur les photos que je voulais proposer...

Et bien voilà, mon bébé cygne adoré a été sélectionné...

Chuis heureuse de chez heureuse.

Par contre, l'équipe du Jardin extraordinaire n'a pas prévenu les sélectionnés (c'est nul) et personne ne m'a avertie avant ce matin (c'est re-nul), il est donc trop tard pour voir l'émission en rattrapage sur le net (c'est re-re-nul).  Si quelqu'un l'a... j'aurais aimé voir ça moi... mais j'étais à la mer.  Vraiment dommage que la RTBF ne prévienne pas, un petit mail ça coût rien, rondidju... Appel à votre solidarité messieurs dames...

jardin.JPG

111cygneetbbpt.JPG

12
sep

Journal d’une paresseuse (quatrième et dernière partie)

vip_paresseuses.pngEn mars 2007, je commençais l'aventure "paresseuses" : écrire mon premier livre, un guide rigolo et pratique sur le célibat.  Bon, tout ça, vous le savez.  Ce que vous ignorez c'est que durant les treize mois et des poussières qu'a duré cette aventure, j'ai tenu un chtit journal, pour immortaliser mon ressenti, mes angoisses et mes joies.  Un journal top secret, vu que je pouvais pas en parler ici.  Le but était de le publier sur ce blog le jour de la sortie officiel de "La célib'attitude".  Mais, ce jour venu, j'ai trouvé que ça faisait vraiment "je me la pète grave de chez grave de raconter tout ça".  Alors j'ai rien publié.

Ça fait deux ans presque et demi que le livre est sorti, c'est maintenant de l'histoire ancienne... alors, vu que durant quelques jours, je vais pas être cap' de vous publier des nouvelles fraîches de bibi et de la vie de bibi, je me suis dit que c'était le moment c'était l'instant de vous faire découvrir tout ça. 

Quatre jours pour vous faire découvrir cette tranche de ma vie restée secrète...

Bonne lecture.

 

 

QUATRIEME ET DERNIERE PARTIE

 

2 février 2008 

Maintenant que je sais que mon livre va sortir (aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaah joiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiie incommensurable), j’ai décidé de le relire.  Ben oui quoi, faut bien savoir s’il est chouette, mon livre.  Je ressors donc mon manuscrit tout gribouillé que je n’ai plus regardé depuis ce fameux 3 septembre, afin d’éviter les poussées d’angoisse et les crises d’urticaire galopant.

Première page : deux fautes !  Je le jure, plus jamais je ne critiquerai les livres bourrés de fautes, puisqu’après trois séances de relecture par bibi, j’en trouve déjà deux en une seule malheureuse petite page.

 

13 février 2008 

En ce jour fatidique, veille de Saint-Glinglin, j’ai l’autorisation d’annoncer la sortie prochaine de mon guide des paresseuses à la journaliste qui vient m’interviewer sur mon blog.  Excitation, emballement, folie furieuse.  Je n’y crois toujours pas, il faudra que je l’aie en main pour enfin réaliser que ce livre, c’est le mien.  Mon petit bout rien qu’à moi (on dirait que je parle d’un bébé).  Et voilà, j’en parle, j’en parle et j’en parle encore.  L’article est reproduit sur le blog, donc ça y est c’est officiel, je peux enfin en parler.

 

15 février 2008

Une idée saugrenue me vient en tête : et si je tapais « le célibat des paresseuses » sur Google ?  Trois résultats :

-         un forum sur lequel une célibataire s’exprime, expliquant qu’elle vient de lire « le célibat des paresseuses »… là j’ai un gros doute je promets de n’avoir fait lire le manuscrit par personne de chez personne

-         une page de mon blog, logique implacable

-         l’annonce de la sortie du livre sur le site officiel de Marabout… aaaaaaaargh, ça me fait un effet très étrange… d’autant plus étrange que j’y suis reprise comme Anaïs Namur… « premier livre d’Anaïs Namur ».  C’est cela oui…  Va falloir remédier à cet insignifiant détail : moi c’est Anaïs Valente, et avec l’accent s’il vous plait.

Chuis contente.  Tout simplement contente.

 

22 février 2008 

Un mail de chez Hachette.  Mon « bébé » fera 256 pages.  Argh.  Emotion.  Mon bébé.  Une grossesse de presqu’un an, c’est pas un éléphanteau ça ?  Dernière précision importante : mon BAT va arriver la semaine prochaine par UPS.  A-t-on idée d’utiliser des abréviations incompréhensibles pour les belges.  Enfin j’imagine que ça veut dire en express car tout d’un coup tout se précipite, ça doit sortir en mai, donc j’aurai 24 heures à tout casser pour le relire et faire mes observations puis le renvoyer je ne sais même pas où.  Ça va t’aller ça va t’aller je sais que ça va t’aller.  Je me sens envahie d’un stress immense, là, d’un coup.  Ça va être « scherp » comme on dit chez nous.  Je devrais peut-être aller direct à Paris le chercher (et en profiter pour goûter les macarons Hermé, paraît qu’ils sont meilleurs que les Ladurée, puis j’irais m’offrir quelque chose pour fêter l’événement).  Non allez je vais gentiment patienter.  Mais vivement la semaine prochaine !  Et pourvu qu’en le relisant je ne me dise pas « mais qu’il est nul ce livre ma parole ». 

 

27 février 2008

Deux jours que je suis sur des charbons ardents : mon BAT doit arriver, livré en express par porteur ou par pigeon voyageur, je ne sais plus... mais je l'attends.  Et je suis au bureau.  La concentration est délicate.  Voire impossible.

Et puis le voilà, mon BAT.  Sur pages A4.  Mais avec la trame "paresseuses", les titres « paresseuses », les petits dessins de Soledad.  Waw !  ça me fait tout drôle, je me sens au bord de l'évanouissement.  Joie intense.

Et puis, subitement, angoisse : un seul exemplaire.  Et si, en rentrant chez moi, une tempête faisait s'envoler les 256 pages dans tout Namur ?  Et si, durant la nuit, un incendie ravageait mon home sweet home ?  Il me faut le photocopier vingt fois, le mettre au coffre à la banque, le cacher sous mon lit, le scanner sur CD-rom, en déposer chez mostèk, chez moustique ... qui sont bien sûr au courant maintenant.  Mostek depuis quasi le lendemain de la proposition de l'éditeur, passqu'elle avait un "paresseuse" chez elle, alors je me la suis jouée grave "tu aimes bien les paresseuses ?  ah, et si je te disais que tu avais devant toi quelqu'un qui va en écrire un, de paresseuse..."  Moustique l'a su un chouia plus tard, quand j'ai plus pu me retenir, en grande bavarde que je suis.  Bon, oùsque je peux le mettre en lieu sûr ?  Il me faut le mettre en lieu sûr...

Et puis surtout... il me faut le relire... entièrement. excitation excitation...  Allez, je rentre chez moi et je m’y mets.

 

6 mars 2008 

Anaïs Valente, mon nom c’est Anaïs Valente.  On dirait qu’une concrégation anti-moi s’est liguée pour faire en sorte que ce nom n’apparaisse jamais…  Sur le site Marabout, je suis transformée en Anaïs Namur, joli, mais Namur, c’est ma ville, pas mon nom.  Et sur Amazon, voilà qu’ils ont mis mon vrai nom, de naissance, de baptême, celui que je protège plus que tout au monde.  Mais comment esskizontsuça hein ???   Chuis de mauvaise humeur tiens, là, tout de suite.  Alors je crise, j’angoisse, je râle.  Branle-bas de combat chez mon éditeur chéri : zont jamais eu ce problème, comprennent pas.  Pourkwaaaaaaaaa mwaaaaaaaaaaaa ?  Passque chuis blonde, et je transforme en blond tout ce qui m’entoure, créant des foirages monstrueux, voilà tout ma petite Anaïs.  Comme les alchimistes transforment tout en or, moi je transforme tout en catastrophe.

 

14 mars 2008 

Voilà, je suis redeviendue Anaïs Valente, mon livre va sortir le 7 mai, plus que même pas soixante fois dormir... et, telle une fourmi travailleuse, j’ai des tas d’autres envies.  Envie de dormir surtout... Mais aussi envie de créer à nouveau, des tas de choses...  J’attends impatiemment de découvrir la couverture de mon bébé, mon tout petiot, mon chéri, mon chérubin d’amour, mon livre.  Elle sera violette.  Je ne sais rien de plus.  Mystère et boule de gomme.  Attendre, toujours attendre...  Impatiente, toujours impatiente...

 

20 mars 2008

Printemps, ou presque.  J’ai reçu l’image de la couverture.  Je l’aime d’amour.  Elle est belle comme tout !  Elle me ressemble.  Meuh non, pas niveau beauté, juste que c’est mon style, niveau couleurs et tout et tout.  Et le titre de mon bébé à changé : « la célib’attitude des paresseuses ».  J’aime bien.  C’est le titre définitif, après « le céli(com)bat des paresseuses », trop féministe, et « le célibat des paresseuses », trop larmoyant.  J’aime.  Etrangement, cette couverture que j’ai sous les yeux (et que je vais tout le temps regarder, je suis comme un gosse qui reçoit son cadeau à Saint-Nicolas), concrétise le projet qui se prépare depuis un an (un an dans deux jours, plus exactement).  C’est du réel, presque palpable.

 

30 avril 2008

Tout est calme, très calme.  J'attends.  Et là, au bureau, sur le coup de midi, je reçois mes exemplaires, alors que je ne les attendais que dans une semaine.  Excitation, danse de la joie qui empêche Mostek et Moustique de bosser (eh oh, il est midi).  Appeler maman pour prévenir que l'accouchement s'est bien passé.  Et admirer cette petite chose mauve que j'ai dans les mains.  J'ouvre au hasard, je lis quelques phrases, ne réalisant pas que je les ai écrites, et paf, à la quatrième phrase seulement, une faute.  Je veux mourir.  Une faute.  Comment ai-je pu laisser passer une fooooooooooote.  Vite vérifier dans mon manuscrit d'origine.  La faute n'y est pas.  Sacrebleu, diantre, horreur et damnation.  Une faute est apparue sans que je le réalise.  Je veux mourir.  Faut rapatrier tous les exemplaires afin que je corrige à la main.  Faut rajouter un erratum.  Faut faire quelque chose, pitiéééééééé. 

 

Conclusion… 7 mai 2008 - sortie officielle

Je dis ça je dis rien, mais si vous achetez sept exemplaires du Célibat des Paresseuses, que vous l’offrez à sept amies, les invitant à faire pareil, vous aurez septante ans de bonheur devant vous, l’argent coulera à flot, l’amour sera au rendez-vous, l’amitié sera parfaite.  Si vous n’offrez pas vos sept ouvrages (que vous les gardez pour vous, petits filous) ou, pire que vous ne les achetez pas, vous serez instantanément transformés en crapauds ou en sorcière, c’est selon, la misère s’abattra sur vous, votre GSM tombera en panne, les morpions envahiront vos demeures et les lasagnes Farniente seront rances à tout jamais.

Je dis ça je dis rien.

 

Voilà, c'est fini, vous savez tout de ces mois incroyables et stressants à mort... j'espère que ça vous a plu.  A demain pour de nouvelles aventures.  Et puis quelques photos souvenirs : la toute première photo de mes exemplaires d'auteur

celibattitudemai.JPG

 

Le délire avec Mostek chez Agora et Club à Namur.

 

agora4.JPG

club2.JPG

club5.JPG

 

et les photos des participantes au concours "faites voyager la célib'attitude", que j'ai adooorées recevoir... si vous l'avez chez vous et que le coeur vous en dit... j'agrandirais volontiers ma collection :)

alex.JPG

alex2.JPG

alex3.JPG

alex en vacances.JPG

alex la célib attitude c'est le pied.JPG

angleterrefanfan.JPG

angleterrefanfan2.JPG

DSCN3392.JPG

HPIM0839.JPG

ileyeu2.JPG

ileyeufranceok.JPG

khafie.JPG

khafie2.JPG

khafie3.JPG

khafie4.JPG

La célib fait bronzette.JPG

liberte.JPG

manhattan.JPG

manhattan2.JPG

sophie2.JPG

sophie3.JPG

sophie malaga.JPG



11
sep

Journal d’une paresseuse (troisième partie)

vip_paresseuses.png

En mars 2007, je commençais l'aventure "paresseuses" : écrire mon premier livre, un guide rigolo et pratique sur le célibat.  Bon, tout ça, vous le savez.  Ce que vous ignorez c'est que durant les treize mois et des poussières qu'a duré cette aventure, j'ai tenu un chtit journal, pour immortaliser mon ressenti, mes angoisses et mes joies.  Un journal top secret, vu que je pouvais pas en parler ici.  Le but était de le publier sur ce blog le jour de la sortie officiel de "La célib'attitude".  Mais, ce jour venu, j'ai trouvé que ça faisait vraiment "je me la pète grave de chez grave de raconter tout ça".  Alors j'ai rien publié.

Ça fait deux ans presque et demi que le livre est sorti, c'est maintenant de l'histoire ancienne... alors, vu que durant quelques jours, je vais pas être cap' de vous publier des nouvelles fraîches de bibi et de la vie de bibi, je me suis dit que c'était le moment c'était l'instant de vous faire découvrir tout ça. 

Quatre jours pour vous faire découvrir cette tranche de ma vie restée secrète...

Bonne lecture.

 

 

TROISIEME PARTIE

 

Vendredi 20 juillet 2007

12h22, c’est un grand jour, je viens de dépasser les 200.000 caractères.  200.049 exactement.  Pour rappel, je dois en fournir de 250.000 à 300.000.  Vu les chapitres que je dois encore traiter, j’atteindrai sans doute les 300.000.

Je réalise à quel point écrire est un vrai travail : il faut établir un plan de travail, recueillir des informations pertinentes et utiles, s’assurer de leur véracité (d’autant que je suis belge et que le livre sera distribué en France, pas questions dès lors de fournir des informations typiquement belges, notamment dans le domaine juridique). 

Je suis dans un état d’alerte permanent, quoi que je fasse, où que je sois, je pense « livre livre livre ».  Je scrute mes chapitres dans ma tête, histoire d’avoir des idées.

Un vrai travail, je vous dis !

 

Mercredi 25 juillet 2007 

Une grosse enveloppe brune dans ma boîte ce soir.  Aucune adresse d’expéditeur.  J’ouvre, sans réelle curiosité, imaginant une publicité quelconque, et je découvre mon contrat d’auteur, MON CONTRAT D’AUTEUR.  Je fais des bonds de gazelles dans tout le living.  Dans « mon contrat d’auteur », y’a le mot auteur.  Suis-je une auteure ?  Est-ce bien vrai ?  Et puis y’a contrat, que je vais signer après lecture, qui détermine mes obligations et mes droits.  Je n’en reviens pas.  Un contrat d’auteur.  Noir sur blanc.  Ce n’était pas un rêve.  Reste à signer et à renvoyer… et surtout à terminer mon manuscrit !

 

Vendredi 27 juillet 2007

250.955.  250.955.  250.955.  Voilà, j’ai atteint le nombre de caractères minimum prévu dans mon contrat.  Je me sens comme libérée.  Mon manuscrit n’est pas terminé, loin de là, mais je n’ai plus cette pression que je me suis mise (pression inexpliquée, puisque j’ai encore deux mois pour rendre la dernière mouture de mon manuscrit).  J’ai plusieurs chapitres à fignoler et tout le texte à relire, corriger, mettre un peu plus à ma sauce avec des traits d’humour.  Mais j’ai pu y arriver, j’ai atteint ce seuil fatidique des 250.000 caractères, en pile un mois, puisque j’ai commencé à travailler mon synopsis pour le transformer en livre le 28 juin.  Je me sens bien.  Bon, j’ai lu mon contrat plusieurs fois, s’ils n’aiment pas le manuscrit, ils peuvent tout annuler, et on en reste là.  Logique.  Mais quel stress, encore une fois…  Je passe tout le temps de « ce que j’ai écrit est chouette, intéressant, avec un zeste d’Anaïs qui ravira le lecteur » à « c’est nul à chier, personne ne voudra acheter ce bouquin, et d’ailleurs personne ne pourra l’acheter, puisqu’il ne sera pas édité ».

Doute, doute, quand tu nous tiens…

 

Samedi 28 juillet 2007 

Voilà, ça fait pile un mois que j’ai commencé mon livre et je l’ai terminé.  Enfin l’ébauche générale, reste maintenant à tout relire, rajouter des détails, corriger les bêtises, remplir quelques blancs…  Je vis un drame existentiel.  Tout ce que j’écris est nul, j’ai plus qu’à tout jeter à la poubelle.  De toute façon je me demande pourquoi j’écris encore ce journal, il est clair que le manuscrit va être refusé ou, pire, comme prévu au contrat, repris par quelqu’un qui le rendra potable et mettra son nom à côté du mien, la honte intégrale.  Dans ces deux cas, je ne publierai jamais ce journal sur le blog, ça va pas la tête non ?  Je vis un drame.  Un drame.  Zentendez ?  UN DRAME ! (au fait, je suis à 270.000 caractères)

 

Samedi 19 août 2007 

Voilà bis, le manuscrit est quasi terminé, j’ai tout relu, corrigé les monstrueuses fautes d’orthographe, apporté une touche Anaïsienne.  Grande nouvelle : je l’aime bien, j’y retrouve ma façon d’écrire au milieu de bons conseils.

 

Dimanche 2 septembre 2007 – 13h57

Voilà ter, j’ai terminé la énième lecture et correction de mon manuscrit.  Je ne peux plus le voir, le sentir, le toucher.  J’en peux plus.  Je le hais.  Je veux qu’il disparaisse à jamais de ma vue et ne plus jamais en entendre parler.  Jamais.

 

Mardi 4 septembre, 18h30

Clic.

Le clic d’envoi de mon manuscrit restera à jamais dans les anales.  Le sort en est jeté.  Reste maintenant à attendre le verdict.  Attendre, toujours attendre.  Je finirai par devenir d’une patience d’ange, à force d’attendre, moi qui déteste ça.

 

1er novembre 2007

Deux mois déjà que j’ai envoyé mon manuscrit, et le silence absolu en retour.  J’ai tout imaginé : silence car mon manuscrit captive toute l’équipe, silence car ils cherchent un moyen de le refuser sans me pousser au suicide, silence car le bâtiment de Hachette-Marabout a explosé, et, comme je ne regarde pas l’actualité, j’en ignore tout.  Silence car ma boîte mail a refusé les mails qui me confirmaient que j’étais acceptée, refusée, lynchée…

J’imagine tout tout tout. 

 

20 novembre 2007

Je suis fière de moi, j’ai tenu le coup depuis le 4 septembre : deux mois et 16 jours de silence.  D’attente.  De patience d’une impatiente.  Mais aujourd’hui, il le fallait.  J’ai envoyé un mail.  Tout doux tout gentil.  Histoire de tâter le terrain : « Bonjour, Je me permets de revenir à vous pour avoir quelques nouvelles. Avez-vous pu déjà jeter un oeil au manuscrit ? »  Traduction : dites ça fait deux mois et 16 jours que vous avez mon manuscrit, vous l’avez ouvert ou pas, je vous en supplie, dites moi que vous l’aimez, hein que vous l’aimez ?

La réponse arrive en deux minutes.  Angoisse.  « oui j'ai déjà regardé et ça a l'air d'aller plutôt bien ! »

Encore cette sacro-sainte différence : je suis le manuscrit numéro 12478, le dossier 12634.  Non que je suis traitée comme telle, que du contraire, j’ai toujours réponse à mes mails.  Et réponse gentille.  Et réponse patiente.  Mais je guette, jour après jour, une réponse, tandis que mon manuscrit attend gentiment son tour.

Ils ont peut-être prévu une publication le 14 février 2014 ?

Mais finalement « ça a l’air d’aller plutôt bien », c’est bon signe, non, hein que c’est bon signe ?  Quoique…

 

30 décembre 2007 

Et voilà, dans quelques heures, le cap de l’an 2008.  Alors j’envoie mes vœux à mon éditeur, et, ni vu ni connu, je demande des nouvelles….  Et j’ai des précisions, alléluia, bonheur suprême, nirvana intense : mon titre est prévu pour mai.  Donc j’aurai mon BAT vers mars.  Mon BAT ?  Bien à toi ?  Bordel absolument total ?  Je réfléchis je réfléchis.  Ce jargon éditorial, j’y suis nin co habituée.  Et puis ça tilte : mon bon à tirer.  Argh.  Je me meurs.  Ça se précise vachement.  Le passage à l'an 2008 sera féérique... un conte de fées, oui, un conte de fées sous forme de petit livre à moi rien qu'à moi.

 

27 janvier 2008

Ça y eeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeest ! Je suis une paresseuse.  Vous le saviez.  Lymphatique, fainéante, molle, tire au flanc. Mais là c’est différent. Chuis une paresseuse officiellement officielle.  Une paresseuse paresseusement écrivaine.  Bonheur ultime.  Un mail d’avant-hier s’est perdu dans mon ancienne boîte mail, que je ne relève jamais, pour peu je ne l’aurais pas vu, ce mail tant attendu, qui me confirme que mon manuscrit est à l’édition, que le BAT va me parvenir incessamment (maintenant je sais ce qu’est un BAT, tout comme un synopsis, je deviens intelligente en plus de paresseuse).

Chuis heureuse de chez heureuse.

Je vais pouvoir tenter de relire ce manuscrit que j’ai caché sous trois tonnes de magazines depuis son envoi, il finissait par me faire peur...

 

A suivre...

 

paresseuses.gif

 

10
sep

Journal d’une paresseuse (deuxième partie)

vip_paresseuses.png

En mars 2007, je commençais l'aventure "paresseuses" : écrire mon premier livre, un guide rigolo et pratique sur le célibat.  Bon, tout ça, vous le savez.  Ce que vous ignorez c'est que durant les treize mois et des poussières qu'a duré cette aventure, j'ai tenu un chtit journal, pour immortaliser mon ressenti, mes angoisses et mes joies.  Un journal top secret, vu que je pouvais pas en parler ici.  Le but était de le publier sur ce blog le jour de la sortie officiel de "La célib'attitude".  Mais, ce jour venu, j'ai trouvé que ça faisait vraiment "je me la pète grave de chez grave de raconter tout ça".  Alors j'ai rien publié.

Ça fait deux ans presque et demi que le livre est sorti, c'est maintenant de l'histoire ancienne... alors, vu que durant quelques jours, je vais pas être cap' de vous publier des nouvelles fraîches de bibi et de la vie de bibi, je me suis dit que c'était le moment c'était l'instant de vous faire découvrir tout ça. 

Quatre jours pour vous faire découvrir cette tranche de ma vie restée secrète...

Bonne lecture.

 

DEUXIEME PARTIE

Jeudi 29 mars 2007

Voilà ça doit être foutu.  Mon sort en est jeté.  48 heures presque que j’ai envoyé mon synopsis.  Aucun mail enthousiaste me hurlant (symboliquement) « on vous prend ».  Rien, le silence absolu.  Ils n’ont pas aimé.  Ma carrière d’écrivaine noyée dans l’œuf (j’ai un doute sur cette expression)… Je veux mourir.  D’un autre côté, j’ai rédigé 30 pages, ça m’évite de devoir en rédiger 270 autres.  Mais quelle sniffitude, cet échec cuisant.

 

Dimanche 1er avril 2007

Pas de nouvelles.  Et ce n’est pas un pêchon d’avril.  C’est la stricte et douloureuse vérité.  Maintenant, je me console en me disant que mon style avait plu sur le blog, puisque c’est comme ça qu’on m’a contactée, mais tout de même quelle déception.  Je vais m’en remettre et écrire tout de même le livre, je le proposerai à d’autres ensuite… qui sait… Triste dimanche.

 

Lundi 2 avril 2007

J’ai craqué, j’ai envoyé un mail pour demander bonne réception… Histoire de tâter le terrain.  Réponse laconique « promis vous aurez des nouvelles avant la fin du mois ».  Fichtre, on est au début du mois.  Ce projet m’aura appris à tester ma patience, laquelle n’est pas ma qualité la plus développée, loin de là.  Bisque bisque rage, pourquoi elle m’a pas hurlé (enfin façon de parler, hurler par mail étant fastidieux) « vous êtes celle que nous cherchions depuis toujours, nous VOULONS un livre de vous ». Dure réalité.

 

Jeudi 3 mai 2007 

Un mois d’attente et le silence absolu.  Le temps passe différemment pour l’écrivaine (potentielle) qui attend et l’éditrice qui n’a que l’embarras du choix parmi les propositions.  J’ai encore craqué, j’ai renvoyé un mail pour avoir des nouvelles.  J’hésitais entre un mail et le téléphone, mais j’avais tellement peur d’un refus clair et net de vive voix, et surtout peur d’avoir des élans agressifs du genre « alors quoi la Parisienne, pas encore foutue de me dire si tu me prends ou pas, ça commence à bien faire », genre de réaction qui m’aurait tout de suite attiré la sympathie de toute la maison d’édition, je n’en doute point.  Anaïs, sois patiente.  Envoi d’un mail.  Réponse toujours aussi laconique « votre projet est pas mal.  J’ai réunion la semaine prochaine, je vous tiens au courant ».  Aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaargh, elle veut me forcer au suicide par étouffement sous des centaines de volumes des paresseuses.  Elle veut me pousser à bout, j’en suis sûre.  Meuh non, elle est adorable, elle n’a simplement pas que ça à faire.  Moi non plus d’ailleurs.  Je vais m’occuper autrement histoire de refermer l’ulcère à l’estomac que je me fabrique depuis des semaines.

 

Samedi 26 mai 2007

J’ai recraqué, j’ai encore harcelé mon pauvre futur éditeur (ou pas futur éditeur, ça dépend si mon esprit est optimiste ou pas).  La patience n’étant pas mon fort, je suis au bord de la crise de nerfs depuis que mon « contact » (ça fait agent secret non ?) m’a parlé de cette réunion. Je m’attendais à un mail le soir même, sauf que je savais pas quel jour elle aurait lieu, cette réunion qui doit décider de mon destin…  Donc j’ai passé mon temps à scruter ma boîte mail, en vain.  Alors j’ai mailé, encore et toujours.

La réponse m’a plongé dans un état de stress incommensurable.  Elle commence par « désolée ».  Je ne vais pas plus loin, je suis morte, je suis anéantie.  Elle est désolée.  Tout est foutu, la dépression de l’auteure incomprise me guette.

Je continue ensuite… « Désolée, le projet a été présenté, mais pas encore approuvé, ça ne devrait plus tarder ».   Arrrgh, je reprends un infime espoir.  « Pas encore approuvé ».  Eske ça veut dire que ça va l’être, que c’est juste une question de jour, ou que l’approbation n’est pas encore certaine.  Je veux mourir.  Je veux qu’on me plonge en cure de sommeil jusqu’à l’arrivée du mail fatidique…

 

Lundi 18 juin 2007

Je suis sur la bonne voie, je n’ai plus rien envoyé à mon ex-futur éditeur, et je me suis lancée à fond dans d’autres projets qui occupent ce qu’il me reste de temps libre.  Ce lundi, 16h, je vaque à mes occupations professionnelles passionnantes, lorsque je reçois un mail dont l’intitulé me laisse de glace « les célibattantes ».  Je reçois beaucoup de mails de lectrices du blog qui partagent leurs expériences communes à la mienne.  Je lis « j’aimerais vous faire travailler sur ce thème pour les paresseuses ».  Etrangement, la pièce ne tombe pas immédiatement.  Moi qui pensais qu’au prochain mail des paresseuses, je bondirais d’excitation, rien.  Je ne tilte pas.  Si le mail avait été rédigé dans le style « félicitations Anaïs, vous êtes notre nouvelle paresseuse », j’aurais compris.  Mais je dois m’y reprendre à deux fois pour comprendre le bonheur qui me tombe dessus, d’un coup, lorsque je ne l’attendais plus.

Incroyable que je n’aie pas tilté, moi qui durant deux mois n’ai cessé de scruter ma boîte mail… Est-ce comme l’amour ?  Qui soi-disant arrive quand on s’y attend le moins, disent les mariés fiers de l’être.  Sans doute, car ce mail, je ne l’attendais plus, je m’étais fait une raison.  Et le voilà.  Je ne réalise pas.  Il me faut une dizaine de minutes pour me dire « voilà, tu es prise ».

Ensuite, tout doucement, je sens des papillons dans le ventre.  Je tente de ne pas bondir de joie dans le bureau, vu que personne ne connaît l’existence de mon blog et encore moins l’existence de ce projet extraordinaire.  Je savoure ma joie.  Intérieurement.

Deux minutes.

Ensuite, j’angoisse : peur de la page blanche (300 pages blanches, est-ce vendable ?), peur de me perdre dans mes tentatives d’écritures (je m’égare vite, mon éditeur me l’a dit – waw ça en jette de dire « mon éditeur »), peur de manquer d’inspiration (je dois écrire un guide pratique et non pas du blabla délirant comme j’en ai l’habitude), une trouille d’enfer me ligature les intestins.  Respire.  Fais le petit chien.  Calme.

Je dois retravailler mon synopsis, signer mon contrat, déterminer mon délai (mais combien de temps faut-il pour pondre 300.000 caractères intelligents, drôles et utiles, pitié, si quelqu’un m’entend, une réponse…).

La galère commence.  Mais c’est grisant.

 

Samedi 23 juin 2007

Et voilà, ça fait cinq nuit que je cauchemarde : je suis prise par les paresseuses et j’ai un livre à écrire.  Et lorsque je me réveille, contrairement à mes cauchemars habituels (je suis nue en rue, je dois retourner étudier, j'ai vendu mon logement et acheté un taudis en remplacement, je fais l’amour avec Rocco Sifredi et son énooorme... enfin vous avez compris), celui-ci n’en est pas un : je dois en effet écrire un livre.

J’ai une boule au creux de l’estomac, en permanence.  Ça doit être le stress, ou le trac, qu’importe.  Je me sens à chaque minute comme à la veille d’un examen.  Une angoisse intenable.  Des centaines d’idées me passent par la tête et chaque soir je me dis « demain je m’y mets ».  Et le lendemain je me dis « demain je m’y mets ».  Une envie folle de m’y mettre et une telle peur de ne pas y arriver.

Bon, on est samedi, j’ai plusieurs heures devant moi.  Je peux regarder quatre épisodes de Desperate Housewives, faire mon ménage, faire une sieste ou enfin entamer mon manuscrit.

Je m’y mets !

Deux heures plus tard.  Je m’y suis mise.  Alleluia, je suis sur la bonne voie.

J’ai retravaillé tout mon synopsis (je me la pète grave avec ce nouveau mot qui fait dorénavant partie de ma vie, synopsis par ci, synopsis par là).  J’avais 18 chapitres, je suis descendue à 8.  Bingo.

Mon style est bon, totalement en accord avec les paresseuses, dixit ma nouvelle patronne chérie. 

Par contre, j’ai tendance à m’égarer, à partir en live, dans tous les sens, à blablater pour ne rien dire, dixit aussi ma nouvelle patronne un peu moins chérie.  Moi, blablater pour ne rien dire, allons, voyons…

Elle a raison.

Allez, j’y retourne.

Encore deux heures plus tard.  Je vais être obligée de lire « la zen attitude des paresseuses » et « la positive attitude des paresseuses » toute la nuit pour me remettre de mes débuts en tant qu’écrivaine.  Quel stress.  Je suis sur des charbons ardents.  Je n’aime pas ce que j’écris.  Je me trouve nulle.  Personne ne va acheter ce livre, il va pourrir dans les caves des librairies ayant commis l’erreur de l’acheter.  Pire, mon manuscrit sera purement et simplement refusé, ça sera aussi simple que ça.

La voilà, la dure vie de l’écriveuzzzz qui doute sur tout et tout le temps.

Bon, là je suis sur le chapitre « comment une paresseuse peut manger sainement et de façon équilibrée ».  Avant de le conclure, je m’en vais manger ma pizza arrosée de glace haagen dasz.  Faites ce que je dis, pas ce que je fais…

Je fais part de mes doutes à mon « conseiller littéraire », bien plus expérimentée que moi, car déjà éditée.  Sa réponse me fait mourir de rire :

Très chère patiente,

ce phénomène que vous rencontrez est très fréquent chez les écrivains mis sous pression : cela s'appelle la "constipation scripturale". Phénomène de blocage devant l'imposition d'une contrainte par une tierce personne, en l'occurrence, les Editions Marabout.

Dans ces cas, pas de forcing devant l'ordinateur. Laissez agir votre inconscient nocturne et la situation se débloquera.

Docteur C.

 

A suivre...

paresseuses.gif