28
fév

"Toujours relativiser" – librement inspiré de Rescapé – Sam Pivnik

Depuis quelques jours, je suis plongée dans ce récit aussi horrible que passionnant, celui de Sam Pivnik, l'un des derniers rescapés d'Auschwitz encore en vie.

Avec pudeur et simplicité, il nous raconte l'horreur, l'impensable, l'inimaginable.  J'ai beaucoup vu sur l'holocauste, j'ai déjà pas mal lu également.  Il y a quelques années, un livre m'avait fait ressentir le froid, l'enfer du froid de ces juifs condamnés à l'enfer (ma mémoire défaille, pas moyen de retrouver le titre du livre).  Sam Pivnik me fait ressentir la peur, les odeurs immondes, le quotidien infernal et insupportable, que l'on n'eût pu concevoir dans une fiction, tant cela paraîtrait invraisemblable.  Mais tout cela, vous le savez, et vous allez me dire que c'est un livre de plus sur l'holocauste.  Et moi je vous dis que plus y en aura, mieux ce sera, pour que jamais cet épisode de l'histoire ne tombe dans l'oubli.

Voilà tout ce que je vous dirai sur ce livre, pas envie de faire une big critique ce soir, car j'ai autre chose à vous proposer.

Cet après-midi j'avais mon atelier d'écriture.  Et j'avais l'histoire de Sam en tête, vu que je la lis le matin, le midi, le soir… 

Thème du jour : les couleurs.  Exercice du jour, couper chacune un bout de phrase dans un magazine.  Le mien "toujours relativiser". Et puis, chacune, commencer une histoire avec son bout de phrase, puis, au signal de notre gourou de l'écriture, continuer avec le bout de phrase de notre copine de droite, puis de l'autre, et ainsi de suite.  Improvisation totale, exercice captivant de devoir intégrer ce bout de phrase, paf, comme ça.  Etre cohérente.  Ecrire quelque chose de chouette, comme ça, tout de go.

La vie, le destin, appelez ça comme vous voulez, mais les bouts que j'ai reçus s'intégraient parfaitement à mon récit, ils l'ont complété, façonné, sensation étrange qu'ils tombaient à pic. Ma main s'en souvient encore, tant je grattais comme une damnée. 

Et j'ai écrit cette histoire, librement inspirée de la vie de Sam Pivnik, totalement imprégnée de sa vie.  Pas de relecture, ni de correction.  Je vous la livre brut de décoffrage.

Et maintenant, j'ai envie de peindre quelque chose sur ce texte.  Oui passque je m'amuse à étaler des couleurs sur des toiles en ce moment, totalement régressif, j'adore.

 

(Les bouts de phrases sont en italique, pour vous permettre de les retrouver au fil de la lecture).

 

"Toujours relativiser".  Tel était son leitmotiv depuis des années. Mais comment relativiser lorsque tout s'écroule, lorsque la vie ne tient qu'à un fil, lorsque la balle du SS est en permanence à portée de pistolet, lorsque la seule couleur envisageable, hormis le noir, le gris, le noir, le noir, le noir, le noir, est le jaune, celui de cette étoile qui gangrène son  uniforme strié de blanc et de bleu sale.  "Toujours relativiser", se répétait-il le matin, sortant les cadavres de la nuit, le midi sans repas, orientant les nouveaux arrivées à droite ou à gauche, selon leur capacité à survivre ou non, critères allemands obligent.  "Toujours relativiser", se répétait-il le soir, en se couchant, épuisé par cette journée, mais finalement heureux d'être encore en vie, d'avoir reçu ses 334 calories quotidiennes, de pouvoir plonger dans ce sommeil sans rêve.

Sans rêve ?  Pas toujours.  Cette nuit, il rêva de chocolat.  Jamais on ne se lasse du chocolat.  Jamais on n'oublie le chocolat, même après huit mois de navets et de patates.  Le chocolat chaud de sa mère, qui pansait ses blessures de gamin.  Un rêve aigre-doux.  Un rêve comme une caresse.  Celle de l'enfance.  Un rêve comme une gifle.  Celle de la réalité holocaustienne.  Celle du froid, aussi, une fois la porte ouverte par le kapo hurlant "schnell schnell". 

Et une nouvelle journée sans couleurs qui commençait.  Une journée sans amitié aussi.  A Auschwitz, point d'ami.  Pas le temps.  Il avait déjà perdu sa famille.  Perdue de vue.  Perdue de vie aussi, il le sentait.  Nul besoin de s'attacher alors inutilement à quelqu'un qui risquait de disparaître, paf, d'un coup de crosse, d'un coup de feu, d'un coup de typhus.

"Secouez vos puces", hurla le kapo d'une voix agressive, le sortant de sa légère torpeur, "bande de juifs, bande de parasites immondes".  Alors il accéléra le pas vers la rampe, ne pas sortir du rang, baisser la tête, se faire le plus petit possible.  Même si, tout au fond de lui, là, dans son cœur, dans ses tripes, il était grand.  Il n'était pas ce parasite immonde.  Il était juif.  Juste juif.  Ah ben voilà, il repartait dans sa torpeur, comme si c'était le moment, alors que le train suivi de ses wagons à bestiaux puants entrait en gare.  Les chiens grondaient déjà d'impatience.  Les portes s'ouvrirent et le flot humain se déversa sur le quai.  Le tri commençait à peine qu'il la reconnut.  Nathalie était plutôt discrète, mais il la reconnut.  Nathalie, c'était les couleurs de sa vie.  Nathalie, c'était la saveur du chocolat.  Nathalie, c'était son passé, ses joies, sa vie.  Sa vie d'avant.  Sauf que Nathalie était une femme.  Sa femme.  Du moins dans ses rêves les plus fous.  Mais ici les femmes n'avaient pas leur place.  Elles étaient toutes, sans exception, destinée à la file de gauche.  Celle des vieillards, des enfants, des femmes.

Alors, il lui prit tendrement la main, s'assurant qu'aucun SS ne pût le voir, il croisa son regard et, silencieusement, tenta d'y faire glisser toute la tendresse du monde, celle qui avait dû lui manquer depuis tant d'années de souffrance et de répression. 

Il ne sut pas si elle le reconnut on non, mais il sut que, pour ses dernières minutes de vie ici bas, elle avait reçu une dose d'amour, par une simple pression de sa main.  Alors, il se dit que c'était sans doute la raison pour laquelle il avait atterri ici : Nathalie.  Qui, dans quelques instants, en aurait fini de cet enfer.  Et il pensa "nous sommes programmés pour être bons, non ?"  Non ?  Non !

"Toujours relativiser", conclut-il, poussant légèrement Nathalie vers là-bas, vers la chambre à gaz.

15
déc

Une journée aussi belle que le miracle contenu dans le dernier opus de Céline Dion

Il avait décidé que ce jour serait le premier jour du reste de sa vie.  Oh, l’expression n’était pas de lui, que nenni, mais il l’aimait d’amour, il la chérissait, il la vénérait, car il en rêvait chaque jour, que ce jour soit le premier du reste de sa vie.

Et chaque jour s’écoulait comme le précédent, morne et silencieux, terne et solitaire, triste et délétère.

Mais cette fois, il l’avait décidé, tout allait changer.

Il s’était levé de bonne heure afin de prendre un bain, chose inhabituelle pour ce handicapé de la maniaquerie, comme disait sa mère.  Il s’était coupé les ongles, rasé le duvet qui lui servait de barbe pour n’en garder qu’un millimètre lui donnant un air de brun ténébreux, du moins l’espérait-il.  Il avait tenté de discipliner sa tignasse en bataille à grands coups de peigne emprunté à son paternel, était presque parvenu à cerner cet épi rebelle.  Il avait enfilé ces fringues préparées la veille, repassées même, ô miracle.

Il était tout beau tout propre tout parfait.  Du moins il tentait de s’en convaincre et c’était là sa tâche la plus ardue, plus que le repassage, plus que le rasage, plus que le nettoyage de ses orifices auriculaires.

Pour s’en persuader donc, il avait adopté la méthode Coué et se répétait en boucle depuis plusieurs jours, à la manière d’un mantra, « Mon petit Raf, tu es quelqu’un d’exceptionnel, tu es grand, tu es sûr de toi, tu peux le faire, tu vas le faire ».

Mais la méthode Coué fonctionnait mal, car il ne croyait pas vraiment à son mantra.  Oh, il avait bien le ventre plat et un peu musclé et il réussissait pas trop mal à l’unif, mais sa grande taille le handicapait plus qu’elle ne le servait et il se tenait en permanence voûté, regard vers le sol, comme pour s’excuser d’exister. 

Soit, la méthode Coué allait l’aider à avancer dans cette journée pas comme les autres.

Il quitta donc le pavillon familial et partit pour l’école, comme chaque jour.  Il marcha deux kilomètres, comme chaque jour, entra par la gauche, parcourut le couloir peint de vert (vert j’espère ?), comme chaque jour.  Il déposa son sac au pied de sa chaise, puis s’assit, comme chaque jour.  Alors, il récita son mantra, enfin il tenta de le faire, car il en avait oublié quasi tout « euh, con, mignon, musclé, peux le faire, va le faire ». 

Oui, il allait le faire.

Et il le fit.

Il se leva, traversera les deux mètres qui le séparaient d’elle, se posta devant elle, se redressa, bomba le torse, fit bouger sa mèche rebelle, passa sa main sur son menton pas trop rasé de brun ténébreux, leva les yeux, la regardé et, enfin, enfin, il lui parla : « Céline, ça te dit d’aller au ciné avec moi ce soir ? »

Oh que oui, cette journée fut aussi belle que le miracle contenu dans le dernier opus de Céline Dion.

Car le miracle fut qu’elle dit oui !

25
oct

Envie de…

Chocolat blanc spéculoos aimer rêver dormir Medium lire Cinquante nuances de Grey aller voir la mer vivre des préliminaires manger des moules courir dans l'herbe aller sur sa tombe voir mon nouveau livre aller au pâthantrope voir Catherine demain avoir une femme d'ouvrage repeindre mon wc tester une île déserte manger des manons avec noisette promener un chien voir les effets de ma lampe à soleil apprendre l'aquarelle rejouer du piano voir Stars 80 décortiquer des crevettes aller à NY refaire une croisière écrire un roman peindre ma vie en rose revoir bon-papa et bonne-maman que ma formation soit fructueuse chanter Over the rainbow voir Mika en concert framboises foie gras odeur de ciboulette en finir avec cette toux répondre à ce mail un feu de bois le voir le sentir complicité rires tomber amoureuse avoir un plâtre rose avec des graffitis dessus photographier un oiseau voir un paresseux éradiquer les araignées manger du poulet avec les doigts peindre avec les doigts crier bien fort le pintadeau enfantin le regard d'un homme des passages piétons sans danger un jacuzzi dormir dans une cabane la neige fêter la fin du monde le 21 décembre saumon fumé lire la machine à prédire la mort un cocktail qui me saoule un lit douillet que Mark Greene ne meure pas un bain moussant et plus si affinités avec mon sex toy une étoile filante effacer mes rides un ventre plat écrire des poésies le coffret Gilmore girls des crocks fourrées rose une famille plus de justice oublier la Bosnie l'eurovision de mon enfance l'école Fisher price une vraie Barbie des cheveux blonds un bonnet A savoir porter des talons hauts effeuiller une marguerite me téléporter au soleil rencontrer le Petit Prince mais surtout le renard l'adopter avoir un sphynx écrire une trilogie un spaghetti bolo des chicons au gratin sans purée dégueu oser ressentir être agir bouger changer chocolat blanc spéculoos

Et vous ?

19
avr

Ma main me dit…

J'ai donc testé, durant mon atelier d'écriture du jour, l'écriture automatique.

Kekseksa ?  Noircir, dans l'exercice qui m'occupait, une page entière de mon écriture, sans jamais m'arrêter, sous aucun prétexte, quitte à dire n'importe quoi par moment, mais noircir noircir noircir, afin que l'écriture devienne presque automatique.

Le thème : l'estime de soi

Le début du texte : ma main me dit

A insérer : mains baladeuses, la main au panier

J'étais dubitative, même si, quand j'écris pour ce blog, je le fais très vite, tapant à dix doigts aussi vite que j'écris, voire plus vite, mais tout de même, écrire sans m'arrêter, toute une page, sans ponctuation, sans majuscule, en suivant un thème, en insérant des mots, euh, moi y'en a être cap ?

Et bien j'ai adoré cet exercice.  Ma main l'a moins aimé, endolorie qu'elle était, vu que plus j'avançais, plus les idées se bousculaient dans ma tête, plus je devais écrire écrire écrire, en mode quasi automatique, tout bien réfléchi, sans réfléchir, plus spontanément.

Captivante expérience, dont voici le résultat (j'ai ajouté un peu de ponctuation, histoire que vous puissiez respirer) :

Ma main me dit que je n'aurais jamais dû tolérer cela de lui, jamais boire ces deux non ces trois ou alors ces quatre verres de sangria, ne pas accepter ses mains baladeuses sur mon corps chaste, non je rigole, pas si chaste que cela, à mon âge, ma bonne dame, vous pensez bien, mais je n'aurais pas dû succomber à cette tentation, c'était si bon vous voyez.  Sa main dans la mienne, ça faisait si longtemps que je n'avais pas ressenti cela.  Aussi cette douceur, de ses mains fines et quasi imberbes, enchaînées aux miennes, ô my god rien que d'y penser j'en tremble encore, cette sensation lorsque du dos de la main il passait sur ma joue et repassait encore, c'était d'un érotisme fou, mais fou, je ne vous dis que ça, une folie extrême.  Heureusement, nous étions dans un lieu public sinon je ne répondais plus de mon corps et puis tout s'est enchaîné trop vite, si vite, beaucoup trop vite pour moi, hé faut pas pousser non, jamais le premier soir, jamais j'ai dit, six rendez-vous avant le sexe c'est mon amie qui me l'a dit et je n'y dérogerai pas, chuis pas un bout de bidoche moi non mais pour qui il me prend, un verre, une pitta, un peu de musique douce dans un bar à la mode et allez roulez jeunesse, un tendre baiser, deux trois caresses, la main au panier et pif paf pouf c'est réglé au plumard et vogue la galère non non et non deux verres de sangria ça ne suffit pas.  Moi j'ai un honneur à défendre, je veux plus que ça, je veux des rires, je veux des discussions à n'en plus finir, je veux des souvenirs, je veux tout ça et plus encore, je veux une course folle au bord de la mer, je veux des palourdes parce que le mot est joli même si je ne suis pas lourde, je veux une sole alors, avec du vin blanc, et je veux un moelleux au chocolat puis je veux un lit moelleux.  Je veux de la tendresse des caresses ma main dans la tienne ton corps sur le mien comme le chante Suarez.  Je veux tout ça tout ça tout ça et je veux voir, outre le désir dans ses yeux, l'admiration, l'amour, la tendresse, le rêve et l'avenir. Na.

16
fév

« Ecrire, créer, évoluer… »

Joli projet résumé en trois petits mots si importants.  Des mots qui ne sont pas de moi, mais de la créatrice de cet atelier auquel j’ai participé pour la première fois ce jour.  Que du bonheur !  Un atelier menée par Josette Carpentier, que j'ai découvert(e) - l'atelier, l'animatrice - via quelqu'un qui m'avait renseigné, y'a quelques mois, son site, son livre, mais j'ai oublié qui était cette personne, qu'elle en soit remerciée, le tam tam a fonctionné. Et vu que je me creuse la cervelle depuis hier à me dire "mais c'était qui", qu'elle se manifeste...

Ça faisait quelques mois déjà que j’avais envie de tester un atelier d’écriture, mais j’avais le trouillomètre à zéro.  Ecrire sur ce blog est une chose aisée, je le fais quand j’en ai envie, quand j’en ai le temps, je poste, et puis voilà.  Mais écrire à un moment donné de la journée, selon des contraintes horaires, d’après certaines directives, au milieu d’autres personnes, c’est tout autre chose.

Puis j’ai repéré cet atelier de journal créatif, qui allie l’écriture, le collage et le dessin, et ça m’a tentée.  Mais j’ai oublié et, en janvier, je me suis dit qu’il était trop tard… jusqu’à ce que le destin me fasse un petit signe, lundi, en m’envoyant un rappel : il me restait trois jours pour m’inscrire.  Et je n’ai plus hésité, mue par une pulsion soudaine (euh, une pulsion est sans doute toujours soudaine), je l’ai fait.

Et ce jour, après un chtit Quick et une virée à la recherche de ma nouvelle marotte, à savoir les bagues Pylones, que je veux dans toutes les couleurs de l’arc-en-ciel (j’ai rien trouvé, dû tout commander, tchu, qué succès), j’ai rejoint le lieu de mon nouvel atelier.  J’ai failli rebrousser chemin une fois sur place, because je trouvais pas où il avait lieu, y’avait que des portes fermées devant moi… la bonne excuse pour filer à l’anglaise et échapper à mes angoisses de la nouveauté, des personnes inconnues, de ma non-créativité, de la page blanche… et j’en passe.

Mais non, Anaïs est courageuse (sic) et elle a demandé son chemin, pour se rendre à son atelier.

Je ne vais rien vous raconter, bien sûr, passque tout cela, c’est entre nous, les participants, c’est confidentiellement confidentiel, c’est notre tranche de vie, d’écriture, de collage, de dessin, de partage aussi, à nous, rien qu’à nous.

Je vais juste vous montrer le résultat d’un des exercices, celui qui m’a le plus touchée, pas durant l’écriture, mais durant la lecture.  Cinq ans et des poussières de mois de blog, les petits zamis, mais jamais je n’avais lu ce que j’écrivais, à haute voix, à d’autres.  Je vous poste mes blablas, vous les lisez (parfois), vous commentez (rarement) et puis voilà.  Mais là, j’ai lu, j’ai été écoutée, et j’ai eu les poils qui se sont dressés à la fin, d’émotion de tout ce que ce texte éveillait en moi, d’émotion de me sentir écoutée aussi, d’émotion d’entendre mes propres mots sortir de ma bouche, pour la première fois.  Sensation incroyable !  Et puis, grande première aussi : ne pas écrire sur mon pc, mais avec un bic, avec ma main, j’avais oublié la sensation que cela faisait…

L’exercice, donc, était de tirer au hasard quatre mots et quatre phrases, puis d’écrire un texte les contenant.  Bon, bien sûr, le terme « radiateurs » et celui « d’apparence innocente » ont évoqué en moi une histoire se terminant d’une façon bien gore, avec des enfants torturés et attachés à des radiateurs, par une gentille mamy, mais j’ai eu peur d’être éjectée illico par les autres, faut pas pousser, pour une première, je devais me tenir à carreau, alors j’ai laissé voguer mon imagination un peu plus, vers quelque chose de plus supportable, et finalement, mon passé a émergé, paf.  Mais je ne vous en dis pas plus, je vous laisse lire !

Les mots : maison, confitures, arbrisseaux, radiateurs

Les phrases : d’apparence innocente, les bruits du monde, ça nous touche, l’enfer c’est

(Si le cœur vous en dit, avant la lecture, faites l’exercice, vous aussi, histoire de comparer nos inspirations réciproques…)

Et mon texte, le voici.  Bien sûr, il est spontané, sans relecture aucune, donc plein de défauts que j’aurais corrigés, si j’avais écrit sur mon pc, comme d’habitude.  Ici, je n’ai pas pu, et finalement c’est peut-être mieux comme ça, comme disait l’autre… Il est très court, aussi, mon texte, une fois dactylographié, alors qu’il me semblait si long sur papier…

Allez, bonne lecture.

Dans sa maison d’apparence innocente, elle s’affairait à ses confitures.  A la fraise, à la rhubarbe, au coing aussi, même si la fraise était sa préférée.  Lorsqu’elle était face à sa casserole, les bruits du monde ne l’atteignaient plus guère, la concentration était sa meilleure amie.  Occasionnellement, elle se rendait au jardin pour y cueillir quelques fruits sur les arbrisseaux qui l’ornaient, lesquels allaient améliorer encore sa préparation.

Une fois celle-ci terminée, elle la mettait à refroidir sur l’appui de fenêtre près des radiateurs durant plusieurs heures, avant de se rendre à la boulangerie la plus proche pour y acheter du pain frais.

De retour à la maison, elle préparait deux tartines, qu’elle emballait soigneusement, les déposait dans son vieux cabas de paille et repartait à petits pas vers le cimetière.  Elle s’installait confortablement devant la tombe de celui avec qui elle ne fêterait jamais ses noces de diamant, dévorait son goûter et lui parlait : « tu vois mon cœur, dix ans déjà que tu es parti, et ça me touche toujours de manger cette confiture que tu chérissais tant.  L’enfer, c’est vraiment la vie sans toi.  Allez, à demain ».

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