18
déc

Nanowrimo (3ème) : Mes 3 vies - épisode 15 : Il est terrible, le petit bruit de l’œuf dur…

Il y a quelques temps, j’ai beaucoup ri car mon “manque du mot” (que j’ai déjà cité), c’est à dire, le mot simple que j’ai en tête mais que ma bouche refuse de prononcer était “oeuf”. Alors j’ai décidé, pour faire simple mais vulgaire, de dire “ce qui sort du cul de la poule”.

Ça m’a bien fait rire et ça faisait rire tous ceux à qui j’en parlais.  Cette nuit, je me suis souvenue d’un exercice fait en “français fort” donc en 1994, que je détestais : il s’agissait de réciter un poème en y mettant tout son cœur et toutes ses tripes.  Déjà réciter, à l’époque, j’en étais incapable, bouffée par la timidité que j’étais, mais y entrer mon âme et mes tripes… euh c’est quoi déjà ?  Je n’ai pourtant pas eu le choix et j’ai donc récité “il est terrible le petit bruit de l’œuf dur cassé sur un comptoir d’étain, il est terrible ce bruit quand il résonne dans l’estomac de l’homme qui a faim”? Gai non ? Voilà comment l’œuf est entré dans ma vie pour me jamais en ressortir (et entre parenthèse comment j’ai eu de super bons points en français fort).

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18
déc

Nanowrimo (3ème) : Mes 3 vies - épisode 14 : rêves

Je fais souvent des rêves, j’ai toujours beaucoup rêvé, mais là mes rêves sont différents.

Souvent, je rêve que je marche, je me réveille en étant convaincue d’être guérie puis surpriiiise, je ne marche pas comme je l’espérais.

Alors je vais m’habiller, me laver (enfin me laver puis m’habiller, je connais quand même l’ordre), déjeuner et commencer une journée de revalidation.

Cette nuit, j’ai pas rêvé que je marchais, j’ai rêvé de l’autre « connasse ». Elle avait appris où j’étais et elle venait prendre de mes nouvelles. D’abord, j’ai cru que c’était positif, puis j’ai pigé qu’en fait, elle venait me tuer. Car moi morte, je lui coûtais moins cher. C’est mon rêve, mais j’ignore si ce calcul est correct. Coûte-t-on moins cher mort et enterré qu’en revalidation durant des mois, une fois qu’il y a le procès ? J’en sais rien et je m’en fous. Chacun sa merde, j’en ai déjà ma dose quotidienne, croyez moi.

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18
déc

Nanowrimo (3ème) : Mes 3 vies - épisode 13 : fatiguée

J’ai toujours été fatiguée mais là ça dépasse l’entendement. Préparer mes tartines m’épuise, couper ma viande m’épuise, marcher m’épuise. Alors, marcher et puis couper ma viande et enfin faire mes tartines, c’est au dessus de mes forces. Aller bosser, je n’ose même pas y penser.

Pourtant, j’aimais ça, bosser à temps partiel, j’aimais mes collègues, mon boss, les clients, même si parfois, comme tout le monde, ils étaient pénibles. Je prenais 2 bus pour y aller. Je marchais, je débranchais l’alarme, je m’installais, je m’absentais quelques minutes pour aller chercher du pain, au retour, je faisais mes recherches, mes projets d’acte, je prenais le téléphone et je disais « au revoir, bonne journée », il était midi et je rentrais chez moi en prenant 2 bus, en marchant, en faisant quelques courses, en mangeant en ville ou chez moi, de temps en temps en nettoyant, en faisant la lessive ou en repassant. Mon Dieu, my God, rien que d’y penser je suis exténuée.

Pourtant, je rêve d’y retourner, de reprendre ma vie, de revoir mes collègues et mon boss, de remonter les escaliers, de redébrancher l’alarme, de redécrocher le téléphone « étude du Notaire… » ,euh….comment il s’appelle déjà ? Bon c’est pas gagné !

Encore quelques mois de « patience », mot bénits ici.

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16
déc

Nanowrimo (3ème) : Mes 3 vies - épisode 12 : 18 ans et non 10 (naaan c'est pas mon âge)

18 ans et non 10

Si ça fait 18 ans et non 10 comme je le croyais, que j’ai plus pris l’avion, c’est parce que ma sœur a compté pour moi et si elle a compté pour moi, c’est parce que je lui ai demandé de comparer ce que j’écrivais avant avec ce que j’écris maintenant et de voir si il y a une quelconque ressemblance. Ouf y’en a une, paraît-il, mon cerveau fonctionne donc un peu.

Lors de mes nombreuses discussions en famille, j’ai appris plein de choses qui n’ont fait qu’ajouter de l’eau à mon moulin vide ou presque. Et c’est là que je parle de mes trois chats, qui sont toute ma vie, et dont j’avais oublié jusqu’à l’existence, parce que ça démontre, si besoin en est, qu’on peut vraiment tout oublier, même le plus important, le primordial de son existence. Lorsque j’ai pu faire un premier retour WE, j’ai bien oublié avoir placé chez moi un poêle moderne avec des galets blancs, que j’ai de suite jugé superbe et une cuisine équipée grise, que j’ai de suite jugé hideuse. Va comprendre, bah, c’est une autre histoire maintenant, rassurez-vous, cette cuisine, je la trouve aussi superbe que mon poêle à galets.

Bon, les trois chats, vlà que je m’éloigne encore du sujet. Ils sont donc trois, mais ils ont été longtemps 2, de 2003 à 2012 on va dire. Gribouille et Praline, les Cornish Rex femelles. Puis le petit troisième, Iguaï, le sphinx, aussi appelé « Toutnu », premier mâle, mais sans poils, avec grain de folie, arrivé en 2012. Tout ça, après mon accident, je l’ai carrément oublié, rayé, zappé. Et quand ça m’est revenu, ce ne fut pas folichon, dirons-nous. La première phrase que j’ai dite, et qu’on m’a répétée, car je ne m’en souviens nullement, couchée que j’étais sur mon lit de douleurs, non, je ris, j’ai oublié je dis, mais c’était sûrement sur un lit, couchée que j’étais, ne sachant pas marcher mais sachant parler puisque j’ai dit « C’est quoi ces trois chats ? Qu’on les tue, on sera tranquille. » Fort heureusement pour moi, ce fut refusé par mes proches…

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14
déc

Nanowrimo (3ème) : Mes 3 vies - épisode 10 : les alligators

Pourquoi j’ai commencé à parler des alligators et de la Floride alors que moi j’aime les chats et la Californie. Parce que tout a commencé avec des exercices que m’a proposés ma logopède, je l’ai déjà dit mais j’adooooooore radoter, contenant des images à décrire ou dont il fallait s’inspirer pour écrire. L’une de ces images, la plus inspirante pour moi, montrait un aéroport. Horreur, malheur. J’ai donc choisi cette image, moi qui n’ai plus pris l’avion depuis 10 ans (en réalité beaucoup plus…).

Et voilà comment à partir d’une photo d’aéroport, je ponds deux pages sur la Floride, la chaleur, ma chute à venir, les alligators, les moustiques et les dauphins, bref tous les animaux possibles et imaginables sauf les chats, que j’ai à peine évoqués dans ces pages. Ce ne sont que les premières bribes d’une mémoire encore défaillante.

Mes chats chéris feront l’objet d’un chapitre entier, gloire assurée.

Un jour, c’était avant le jour fatidique de mon accident, j’ai décidé de prendre l’avion, pas pour aller tout près, facile, mais pour aller à l’autre bout du monde, en Amérique, là où vivent les alligators et les moustiques. J’ai toujours détesté l’avion.

Un mois que je n’en dormais plus, bien sûr, cette peur de l’avion que j’ai depuis toujours, même si on m’a convaincue de partir, avec des jolies phrases (un peu) et des menaces (beaucoup). J’ai pris 28 kilos de bagages, persuadée que les robes mettent souvent de bonne humeur et calment l’angoisse. Raté. Toujours aussi peur que j’ai. J’ai même pris un couteau des fois qu’il y aurait un terroriste parmi les passagers, que je m’empresserais de tuer pour être célèbre et faire la une de la presse à sensations. Mal m’en a pris, j’ai fini à la douane, contrôlée par un monsieur très zélé.

Cinq heures plus tard, je me suis retrouvée dans mon avion vers la Floride, toujours aussi angoissée et persuadée que nous allions tomber.

C’est d’ailleurs ce que je n’ai cessé de me répéter en silence en voyant le circuit de l’avion, de l’Europe à l’Amérique « on va tomber on va tomber on va tomber ».

Heureusement, on n’est pas tombé et on est arrivé en Floride durant la nuit, par une chaleur étouffante, le soleil du côté de ma mer (l’inverse de l’Europe) et la piscine hyper attirante, pour calmer la chaleur. Un bain de minuit avec les moustiques, je me dis « pas mal ». J’ai toujours détesté les moustiques j’ai dit (comme le chantait Vanessa « un mosquito c’est un moustique en colère ou qui galère ») mais en Belgique, il y en a moins, voire très peu, juste la nuit ceux qui font un bruit de dingue quand on dort (enfin quand on essaye de dormir). Je les vois, enfin, je les entends, je les imagine. Ceux de Floride sont pires, les hôteliers ont construit au-dessus des piscines des genres de gros treillis, enfin des moustiquaires quoi, avec deux entrées pour coincer les bêtes. La première fois, j’ai pas pigé que je devais me mettre près de la piscine mais sous la moustiquaire. Je me suis donc mise près de la piscine, face aux moustiques et j’ai été attaquée comme jamais, piquée comme jamais. Parce que ces bestioles piquent même quand on est éveillé, pas comme en Belgique. J’ai vu la bête me piquer et se nourrir de mon sang, miam miam. Rien que ça, la haine !

Le lendemain, les vacances ont vraiment commencé, avec leur lot de visites… 

En Floride, on adore déjeuner. On est parti à 6 (deux voitures) et on a choisi plein d’hôtels (on bougeait tous les jours), sans petits déj inclus, on les prend dans un resto, c’est la fête tous les jours : crêpes, brownies, œufs, sucré, salé, que du bonheur.

Ben j’ai dit deux voitures, mais je ne roule pas ! Déjà à l’époque je détestais conduire, j’ai toujours détesté conduire même si j’avais mon permis. Ouais, je suis une détestophile en puissance. Maintenant, je n’ai plus le droit, j’ai eu un trauma au cerveau que j’ai déjà raconté mais que je vais encore résumer des fois que vous auriez oublié, parce qu’en décembre dernier, sur le trajet de mon cours d’écriture, une voiture de conasse m’a écrasée et envoyée après coma et opération, en revalidation, mais on n’est pas ici pour pleurer dans les chaumières, alors changeons de sujet.

On mange de délicieux petits déj et la mer est un lac plein d’alligators. Le rapport ? Ben aucun ! Je vois cependant des alligators partout, qui me blessent, me font tomber, me mangent, me tuent, limite, pire que l’avion. Limite. Mais j’aime les regarder, contrairement aux avions. Et au lieu de chanter « elle voit des nains partout », je chante « elle voit des alligators partout ». Je les regarde, comme dans un parc, comme à Walibi et moi de chanter sans cesse : « Alligator, Walligator ».

D’abord, le bébé alligator qu’on élève on se demande bien pourquoi. On lui ferme la bouche de peur qu’il morde, le pauvre. Quand je dis « on », il s’agit des soigneurs. Ensuite on va sur l’eau et on roule comme des dingues, pour avoir du  vent. C’est un bateau qui va vite « qu’on dit ». On fait une photo souvenir avec la bête, j’ai nommé l’alligator. Et pendant ce temps, je pense à mon retour en Belgique qui m’angoisse au plus haut point.

On se demande bien pourquoi ça me fait si peur, puisque de toute façon, je vais tomber. A quoi bon y penser puisque ça va se produire.

Bon. La Floride, c’est beau, il fait bon (trop chaud diraient certains râleurs, dont Moi, j’ai toujours détesté la chaleur), il y a plein d’oiseaux, enfin de dauphins dans l’eau, avec des soigneurs qui s’en occupent, des animaux nageurs ça s’appelle, mais je n’en ai qu’un vague souvenir, tellement je pense à ma chute en avion à venir. Et, à me souvenir de ces vacances presque oubliées mais toujours vives dans ma cervelle abîmée par l’accident qui confond encore les mots « oiseaux » et « dauphins », « lait » et « eau », « carotte » et « tomate » et j’en passe.

En Floride, j’ai visité un parc d’attraction, genre Disneyland en pire, on va dire Walibi. Dans un moment de folie, me voilà lancée dans un genre d’ascenseur de maison hantée qui monte et qui descend, vite, vite, vite. Et je descends, vite, vite, vite. Jusqu’à ce qu’on fasse une photo souvenir : me voilà immortalisée, pour toujours, en train d’hurler et de m’accrocher à mon amie (à ce moment là je détestais mon amie).

Je l’ai déjà dit, les alligators sont ma passion et ma terreur. Mais il y a aussi les dauphins, qui ont des oiseaux, enfin des poissons (en fait non ce sont des mammifères) qui respirent et nagent avec des humains, ici avec les soigneurs qui adorent les dauphins, surtout sur une tartine. Au fond, ça se mange le dauphin ? Moi je rêve de nager un jour avec eux, ça restera un rêve, j’ai toujours détesté nager.

Enfin, la Floride est un shopping géant. D’abord, le pays est plein de magasins remplis de vêtements de toutes marques et de toutes tailles. Très peu pour moi, j’ai ce qu’il faut, genre 200 vêtements. Par contre, les magasins qui me plaisent sont ceux pleins de chats, que je n’ai pas encore, c’est parce que maintenant j’en ai 3 dont un Toutnu (dont je parlerai bientôt, promis), et de sapins de Noël remplis de faux chats. On est en août et c’est Noël. Génial. Et il y a des chats. Re génial. J’aime ce pays.

L’autre seul bon souvenir que je garde, j’ai toujours détesté les souvenirs, c’est la route sur les keys, en voiture, avec la mer à perte de vue et les restos improvisés le soir.

J’ai toujours aimé la mer et les restos. J’ai toujours détesté l’avion et ça se confirme aujourd’hui si besoin en est.

Après 15 jours d’angoisse, je remonte dans l’horrible engin, copie on va tomber 3 x , et on ne tombe pas puisque j’arrive à Bruxelles. Je descends, je soupire et je jure qu’on ne m’y prendra plus jamais.

Je rentre chez moi.

Ça fait dix-huit ans. Je n’ai plus jamais pris l’avion. Je déteste toujours l’avion.

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