24
fév

Un orgasme nostalgique… ou une nostalgie orgasmique, au choix

Un morceau de chocolat Galler.  Enfin pas un morceau, un mini bâton issu d'une boîte pleine de mini bâtons pleins de couleurs et de goûts.

Je choisis « chocolat noir framboise ».

Je déballe, lentement.

D'abord, le papier.

Ensuite, l'alu.  Enfin le papier/alu.

J'hume.  Forte odeur de chocolat noir.

Puis je croque. 

Le chocolat craque.

De petits morceaux cassés, ou plutôt concassés (comme dirait Kiki le concasseur de cacao), glissent sur ma langue, entraînant dans leur course une coulée de crème à la framboise.

Et c'est la déferlante de souvenirs.

Dans ma bouche.

Dans ma gorge.

Dans ma tête.

Dans mon cœur.

Flash-back.

Anaïs, petite fille.

Se prépare à souper.  Dîner, comme on dit de l'aut' côté de la frontière.

Ce soir.  Chocolat noir framboise.  Et pain.

La marque ?  Oubliée.

Mais le format des bâtons est inoubliable.  Ils sont longs, se coupent sur toute la longueur, et faits de petits « ponts ».  Une tablette géante, faite d'une multitude de bâtons.  Une fois cassé, la farce se laisse directement remarquer.  Pas moyen de retrouver la marque.  Dommage.

Je les vois encore, ces bâtons.

Ils sont gravés dans ma cervelle.

La farce est à la framboise.  Epaisse.  Salivante.

Le pain est frais.

Et la communion de ces trois ingrédients donne un repas parfait. 

Délicieux.

Orgasmique.

Gustativement et olfactivement parfait.

Retour dans le présent.

L'orgasme est identique.

Que du bonheur.

Merci Galler, pour ce fabuleux voyage dans le temps et dans les sens.

Allez, demain on recommence avec le noir fourré banane...

Et vous, c'est quoi votre orgasme nostalgique gustatif ?

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Grâce aux com de ce billet, le voilà, ou presque, de mon temps c'était framboise sans vanille :

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15
fév

Voyage en nostalgie

C'est une journée où tout pousse à rester douillettement chez soi.  Le temps s'annonce glacial.  Le ciel s'annonce plus gris qu'un jour de fin du monde.  Le vent s'annonce de très très bonne humeur.

C'est donc une journée pour un voyage en nostalgie à la mer du Nord.

En plein hiver.

Et alors, faut-il absolument aimer la mer du Nord en été, et uniquement en été ?  Quand on aime une femme (ou un homme), ne l'aime-t-on qu'à la jolie saison, pour la (le) délaisser à l'automne de sa vie, lorsqu'elle se transforme peu à peu en adorable vieille dame, lorsqu'il se dégarnit, lorsque leurs deux mains sont parcheminées ?

Que nenni.

Alors moi, j'aime la mer à toutes saisons.  Et puis surtout, un voyage en nostalgie, ça se fait à toutes saisons.

Quand mon réveil sonne à 6 heures du mat, j'ai changé d'avis et je grommèle "keskimaprisdalleràlamerenhiverrondidju" durant cinq bonnes minutes.  Puis je me lève enfin, dans le froid total, le givre figé sur les vitres, des stalactites sous le nez et les lèvres bleuies (nan, j'exagère pas du tout, m'enfin), pour aller choper un train, munie de victuailles comme si je partais en expédition polaire une semaine.

Le voyage est long jusqu'à la mer du Nord en hiver.  Point de train direct.  A Bruxelles, changez.  A Gand, changez.  A La Panne, tramez (néologisme signifiant prendre le tram).  Puis enfin, arrivez.  Long voyage, mais plaisant voyage, agrémenté de discussions à bâtons rompus sur un tas de trucs, dont les raisons qui nous font aller là-bas.  Un retour aux sources.  Une escapade dans nos souvenirs, communs ou pas, mais de jolis souvenirs qui font que l'émotion est partagée.

Train, train, train et tram, et nous voici arrivées.  Directement, cap vers la mer.  Le sable.  Le vent et la pluie.  Très ambiance mer du Nord, finalement.  Passque bon, que serait la mer du Nord sans son habituel crachin ?  En chemin, un coup d'œil au mini-golf (tiens, j'ai une photo de moi en train de golfer, fière de mes cheveux qui poussent), à l'Oasis (tiens, j'ai aussi une photo de moi en train de me saouler, fière de l'abominable bandana dans mes cheveux qui ont poussé), au Luna Parc (tiens, j'ai pas de photo de moi), au dancing où j'ai passé de longues soirées au son de la new beat, à Cocorico, le traiteur qui m'a tant nourrie.  Tiens, l'appartement où j'ai dormi tant de nuits.  Et puis les magasins, keskils ont changé les magasins my god.  Tout a fermé, tout a rouvert.  Ce magasin plein de gadgets et de jolies choses, fermé.  Le cinéma, fermé.  Le resto-bar où nous passions des soirées entières, fermé.  Mais il en reste, des souvenirs.

Petite promenade sur la digue.  Nous sommes seules, ou presque.  Avec la mer.  C'est l'essentiel.  La promenade est courte, vu la pluie, mais nous nous réfugions dans une taverne avec vue sur elle, la mer, toujours elle.  Une taverne où j'en ai dégusté, des glaces.  Une taverne ou un thé menthe me réchauffe le gosier congelé.  Et je regarde la mer.  Et quand je regarde la mer, je m'interroge sur le sens de la vie, de ma vie, sur l'infini, sur la petitesse de l'individu, perdu sur cette terre, elle-même perdue dans cet univers.  Et puis j'ai l'âme romantique, passque la mer, c'est l'amour, c'est l'éternité, c'est le bonheur, c'est du sable entre les doigts de pied, ce sont des regards ensoleillés, quelle que soit la météo.  La mer, c'est tout ça.  La mer, ce n'est rien de moins que ça.

Après l'apéritif au thé, re-promenade à l'intérieur des terres, et lèche-vitrines.  Puis un petit repas dans un endroit sympa.  Beaucoup de papote.  Beaucoup de parlotte. Beaucoup de souvenirs.  Beaucoup de confidence.  Comme une envie de se gaver d'autant de souvenirs que possible, histoire qu'ils s'ancrent dans les neurones pour la vie entière. 

Puis, plus terre-à-terre, et vu, toujours et encore, la météo de plus en plus déprimée, séance shopping.  Dans ce magasin qui a bercé mon adolescence, où les senteurs se mélangent au plaisir des yeux, et où on peut aussi, tant qu'à faire, déguster crêpes et gaufres.  Nous n'en aurons pas le temps.  Quelques essayages de fringues, aussi.  Puis un périple chez un bouquiniste, où je m'extasie devant tous les trésors qui s'y trouvent.  Je craque pour un tout vieux livre de solfège, début du siècle dernier.  Pour le fun.  Et puis pour un magazine qui a plus de cinquante ans, Arts ménagers, de 1955, désuet et démodé, tellement drôle aussi.  Dernier achat, dans un magasin de cartes et cadres, une mini-toile « quand je serai grande ». 

Le temps passe, la mer reste.  Mais nous devons partir, le tram n'attend pas, le train non plus.

Dernier adieu à la mer grise sous le ciel gris.  Je repère des mouettes figées et je décide de faire une photo.  La pluie m'empêche de m'agenouiller près de mon barda pour trouver mon appareil.  Ma comparse s'est réfugiée à l'abri, et moi je cherche je cherche je cherche.  Et je ris, je ris, je ris.  Je ris tellement que je ne trouve rien.  On m'a toujours dit que ces grands sacs ne sont pas pratiques.  Mais moi, j'ai besoin d'un grand sac, pour y ranger mon portefeuille mes mouchoirs mon GSM mon lecteur mp4 ma trousse de médicaments-on-n'a-plus-vingt-ans, ma trousse-pour-me-faire-jolie-tant-que-faire-se-peut, ma pochette à cartes de fidélité, mes sacs pliables, mon abonnement, mes clés, mon déodorant, mon désinfectant pour les mains, mes bons de réduction, mes chewing-gum, un en-cas contre l'hypoglycémie et mon parapluie.  Donc je cherche et je ris.  Elle vient à ma rescousse et nous rions beaucoup en sortant tout le contenu de mon sac pour, enfin, sous une drache bien nationale, y dénicher mon appareil.  Clic une photo, clic une deuxième photo, clic une troisième photo (toutes ratées, en fin de compte, faisait bien trop sombre).

Ensuite, nous tramons jusqu'à la gare, puis nous trainons dans la gare... avant de trainer jusque Namur.  (Nouveaux mots au dico anaïssien : tramer, trainer, busser, véloter, taxiter).  Dans la gare, je me fais accoster par un jeune homme à l'haleine très Jupiler (à moins que ce ne soit Maes, sait-on, jamais avec les grèves qui courent).  Il me demande quelques menus renseignements puis me colle au train (ah ah ah, admirez le choix de l'expression), jusqu'à son arrivée (du train, bien sûr).  Plus moyen de m'en défaire. 

Dans le compartiment, nous parvenons à l'éviter en nous installant au tout début du train, là oùsqu'on entend le conducteur pousser régulièrement sur la "pédale du mort", souvenirs souvenirs.  Mais l'importun à l'haleine de Jup nous rejoint ensuite et se lance dans une drague motivée de deux jeunes filles néerlandophones.  Lorsqu'il allume une cigarette, c'en est trop pour moi, et je propose de changer d'endroit, ce que nous faisons immédiatement.  Peu de temps après arrivent les deux jeunes filles, apeurées.  Puis surgit le contrôleur, enfin l'accompagnateur, furieux.  Il se rue à l'endroit où se trouve Monsieur Jup-Cigarette et les cris fusent.  Tout cela dans un néerlandais que je ne comprends pas et un mélange d'italien, de français et de je ne sais quoi encore.  Au prochain arrêt, l'importun est laissé sur le quai, en punition.  Ouf, on respire enfin, dans tous les sens du terme.

A Gand, petit détour par la cafétéria, qui n'a pas tellement changé depuis mon enfance, enfin si, un peu, mais pas tellement.

A Bruxelles, nous loupons notre correspondance vers Namur. Qu'importe, un petit creux, un petit Quick, un petit train.

Il fait déjà noir quand je regagne mes pénates, ravie de cette escapade pleine de souvenirs et de rires. 

Y'a rien à faire, quand l'enfance vient faire un petit coucou de la main, ça fait vraiment du bien.

merpt

qdjeseraigrande

29
jan

Mon dieu comme le tampax vite (obé oui)

En surfant sur le site qui me dit les mots-clés et la provenance des gens (ça y est, à nouveau accro, l'Anaïs, après quasi un an sans le consulter), j'ai retrouvé une interview qui date du 30 mai 2007.

Ça m'a bien fait rire car à l'époque :

- j'étais totalement anonyme encore (rha, c'était le bon temps)

- je rêvais d'avoir une chronique dans un féminin (rha, rêve réalisé, ma petite chérie)

- je lisais plein de blogs (rha, plus le temps maintenant)

- j'avais plein d'illus sur le blog (rha, c'était le bon temps bis)

etcetera, etcetera, etcetera...

A lire si vous avez connu mon blog à ses débuts, ça vous rappellera des souvenirs...

«  Anaïs est une trentenaire belge, auteure du blog Le Célibat ne passera pas par moi,  ou les tribulations d'une célibattante qui veut trouver le grand amour. Elle souhaite rester un tantinet mystérieuse. Notons juste qu' elle travaille pour son "patron adoré" depuis plusieurs années déjà, tout en étant indépendante comme correctrice. 

La première fois où vous avez pensé à ce blog, c'était quand ?

C'était en novembre 2005.  Enfin, je ne pensais pas vraiment à un blog.  J'ai proposé, à un magazine, un article de plusieurs pages rigolotes sur le célibat et la recherche de l'âme sœur sur le net.  Le magazine ne m'a jamais répondu et j'ai gardé mes écrits dans un tiroir de mon PC quasi un an.

Comment est née cette envie ? 

Un matin d'octobre 2006, j'ai eu envie d'utiliser enfin ces écrits endormis depuis tout ce temps.  D'en faire quelque chose.  A germé l'idée d'un blog.  A l'époque, je lisais très peu les blogs d'ailleurs.

Pourquoi l'avoir appelé ainsi ? 

Sur un coup de tête, puisque c'était mon but en m'inscrivant sur un site de rencontres, que "le célibat ne passe plus par moi".  Actuellement je regrette un peu d'avoir choisi ce nom si particulier, car depuis lors, je parle de tout et de rien, la mode, la bouffe, mes coups de cœur, mes coups de gueule, ma vie, mes joies et mes peines... et je suis célibataire, encore et toujours, le blog aurait donc dû s'intituler "le célibat est passé par ici et il repassera par là".   Imaginer, Anaïs qui prétend que le célibat ne passera pas par elle, mais qui reste célibataire... Quelle contradiction !


 Quel fut le premier jour de mise en ligne ?

 Le 28 octobre 2006, un samedi soporifique, dans l'après-midi

Quel était votre premier message ?

 Le récit de mon inscription sur un site de rencontres, intitulé "bonne résolution"... les péripéties de l'inscription, le côté offre d'emploi de la chose et le clic qui allait changer ma vie (enfin soi-disant)

Qu'avez-vous ressenti ?

 Le premier jour, pas grand-chose, j'attendais de voir si le blog serait lu par quelques uns, c'est juste un peu grisant de se confier comme ça anonymement.  Après quelques jours de billets racontant mes premiers rendez-vous, les visiteurs ont commencé à se manifester et c'était parti.

Que vous apporte le blog ?

Beaucoup de choses, des contacts, des réactions la plupart du temps sympas, drôles, émouvantes, un épanouissement énorme dans l'écriture, une envie de progresser dans le domaine.

Depuis sa création, quelles ont été vos plus grandes joies, vos plus grandes déceptions ?

Mes grandes joies ce sont les réactions positives du lectorat.  Ensuite, les propositions concrètes, les interviews, collaboration avec Madmoizelle, sont aussi de réels plaisirs.  Et ma toute grande joie, c'est la chronique hebdomadaire que je tiens dans un journal de ma région.  Voir ses écrits sur papier, ça chamboule.

Vous a-t-il ouvert de nouveaux horizons, a-t-il changé votre vie ?

Je n'irais pas jusqu'à dire qu'il a changé ma vie, mais il m'a en effet ouvert de nouveaux horizons, il m'a fait découvrir la passion que j'avais pour l'écriture, il m'a permis d'entrer en contacts avec des dessinateurs et -trices de talent, avec d'autres blogueurs et blogueuses, avec des tas de gens sympas.

Qu'en pensent vos proches ? 

Parmi mes proches, très peu sont au courant.  Donc ils n'en pensent rien.  J'ai préféré garder l'anonymat, pour être totalement libre de ce que j'écris.  Je ferai peut-être un jour mon "coming out"...  J'y réfléchis fort en ce moment.  Je suis tiraillée entre l'envie d'en parler, enfin, et la peur de perdre une partie de ma franchise et ma légèreté, en sachant que je suis lue par des proches.  Dilemme Dilemme.

Quand bloguez-vous ?

Quand je suis inspirée.  C'est très variable, parfois j'ai des idées plein la tête mais l'inspiration ne vient pas pour les transformer en billets, parfois les doigts me démangent et je fonce tête baissée, mes doigts vont aussi vite que mes quelques neurones, ce qui est pratique.

Combien de temps y consacrez-vous ?

C'est variable également, toujours en fonction de l'inspiration, je dirais trois heures semaines, plus si j'ai beaucoup à raconter.  Je passe aussi pas mal de temps à discuter avec certains contacts, préparer les billets, surtout depuis que certains billets sont illustrés.

Postez-vous des billets à rythme régulier ?

Au minimum un par jour, pour que les lecteurs sachent qu'ils auront du neuf chaque jour, les inciter à revenir, mais parfois (souvent) plus.  J'ai un paquet de billets déjà en stock, mais je me refuse à provoquer une indigestion d'Anaïs à mes fans.

Qu'est-ce qui vous plait le plus (la recherche d'un nouveau sujet, l'écriture, l'interaction avec les lecteurs) ?

 Je ne "cherche" jamais les sujets, ils viennent à moi, en fonction de ce que je vois, j'entends ou je lis, tout est source d'inspiration, même une simple photo, une phrase, une publicité, le comportement de quelqu'un en rue.   Ecrire, bien entendu, j'adore, mais ça ne serait pas pareil si je n'avais pas la certitude d'être lue.  ça motive, c'est indéniable.  Sans interaction avec les lecteurs, un blog n'est pas un blog.

Etes-vous lectrice régulière d'autres blogs ? Lesquels ?

Bien sûr, de tous les blogs indiqués en lien sur mon propre blog.  Mais ça prend un temps fou de tous les consulter régulièrement.  En allant ainsi de blog en blog, en découvrant les liens de chaque blog, on peut passer des heures sur la toile sans vraiment s'en rendre compte.

Les lecteurs du blog : combien sont-ils ?

Je n'en ai aucune idée, car très peu d'entre eux laissent des commentaires, je connais juste le nombre de visites depuis la création du blog jusqu'à ce jour.

D'où viennent-ils ?

Principalement de Belgique ou de France.  Ensuite, des pays d'Europe.  Enfin, quelques visites du monde entier.

Avez vous des contacts par mail avec eux ?

Parfois.  S'ils me contactent, je réponds à chaque fois.  Des liens se créent avec certains, une certaine complicité virtuelle.   Mais, en réalité, les lecteurs sont très timides.

En avez-vous rencontré certains ?

Oui, quelques belges, lors d'une rencontre très chouette.

Les commentaires : quel est celui qui vous a le plus touchée ?

Beaucoup de commentaires sont très touchants, drôles et tellement gentils.  Le plus touchant est récent, il disait, en substance "Ton blog met du soleil dans ma vie même quand il pleut."

Celui qui vous a le plus déçue ?

 Les critiques sont toujours décevantes.  Heureusement, elles sont rares.  Je suis très sensible aux critiques.

Quelle est votre démarche pour faire connaître votre blog ?

J'ai signalé son existence aux magazines belges, à quelques magazines féminins français, et à une émission belge consacrée aux blogs, par mail (pour la petite histoire, personne ne m'a répondu).  Sur internet, je suis répertoriée sur le serveur qui m'héberge, automatiquement.  Je n'ai pas fait de référencement ou quoi que ce soit pour accroître le nombre de visites, je n'en vois pas l'utilité, ma démarche n'est pas commerciale

Avez-vous eu des retombées médiatiques (presse, internet, ...) ? 

Un bel article dans un hebdo régional belge pour la Saint-Valentin, quelques lignes dans un hebdo féminin belge, idem dans un hebdo télé et un mensuel féminin.  En France, rien.  Sur internet, je ne sais pas trop, je suis en lien dans quelques blogs, mais je n'appellerais pas ça des retombées médiatiques.  Les médias français me boudent, ça c'est clair, je dois être trop typée « Gelbique ».

Comment-voyez vous l'évolution de votre blog ?

Il évolue pas mal en ce moment, grâce à la collaboration que j'ai instaurée avec deux dessinatrices géniales.  Il devient plus vivant.  Le texte c'est bien, mais les images renforcent encore les écrits.  Bien sûr, j'aimerais avoir de plus en plus d'adeptes (on dirait que je parle d'une secte dont je suis le gourou).

Quels sont vos souhaits pour les mois à venir ?

Mon rêve serait d'avoir une chronique dans un magazine féminin, mais c'est le rêve de toute bloggeuse, et malheureusement, les places sont rares et les talents nombreux.  Sinon, je vais continuer mon petit bonhomme de chemin sur le blog, m'amuser, amuser les lecteurs, et, qui sait, trouver enfin l'homme de ma vie.

Avez-vous des conseils à donner aux bloggeuses débutantes ou celles qui n'osent pas ?

Ouhla, je ne suis pas apte à donner des conseils à qui que ce soit, je suis une bloggeuse amateur comme toute les autres.  Je leur dirais juste qu'elles foncent, elles n'en recueilleront que des satisfactions. 

Rédigé par admin le 30 Mai, 2007 »

 

16
mar

La nouvelle orthographe dans la presse belge

 

Ne fuyez pas à la lecture de ce titre, je ne vais pas vous faire une leçon de français.

J'ai appris ce matin, par Romain Muller, membre du groupe de modernisation de la langue et spécialiste des questions orthographiques, un adorable Monsieur qui a  pris la peine de relire l'intégralité de mon livre « le savoir écrire » pour s'assurer que je n'y racontais pas des bêtises, via la newsletter « orthographe en direct » qu'il gère et à laquelle je suis abonnée, que certains quotidiens belges (la Dernière Heure, la Libre Belgique et le Soir, pour ne pas les citer), se mettaient à l'heure de la nouvelle orthographe (qui n'est plus si nouvelle que cela puisqu'elle date de 1990 et qu'elle fêtera donc bientôt ses vingt ans).

Les éditions électroniques de ces journaux seront donc proposées dans les deux orthographes, ancienne et nouvelle, laissant le choix au lecteur, et indiquant les mots modifiés par la nouvelle orthographe en rouge.  Bonus : un passage de la souris sur ce mot donnera l'explication qui justifie la modification.

Que du bonheur, et point de quoi pinailler, comme aurait dit ma prof de français, adepte déjà de cette réforme, qui m'a bassinée durant trois ans et donné l'envie d'en savoir plus sur cette nouvelle orthographe, à laquelle j'étais au départ opposée, pensant « on va pas changer MON français, j'aime pô les réformes, j'aime que mon français reste intact ».  Avec le recul, après réflexion, et une fois la réforme connue, j'ai changé d'avis.

J'ai donc, dans mon livre, fait la part belle à cette réforme, via une introduction qui explique le pourquoi du comment, via le texte des modifications inséré en fin d'ouvrage, et via, à chaque règle soumise à la réforme, un encart expliquant la variante pour le lecteur.  Ainsi, le lecteur apprend en quoi consiste la réforme petit à petit, et choisit s'il veut l'appliquer ou pas.

Tout ça pour vous dire que j'ai été ravie de voir que la presse belge s'y mettait, mais que j'ai frôlé la crise cardiaque doublée d'une crise de rire en lisant les commentaires laissés par les lecteurs sur le site dhnet.be, qui annonce cette nouveauté dans cet article. 

C'est à mourir de rire.  Mais c'est presque pathétique.  A l'heure où je vous écris, 84 % des internautes se déclarent contre cette réforme.  Mais combien parmi ces 84 % savent exactement en quoi elle consiste ?  Je serais vraiment très curieuse de le savoir...

En lisant les commentaires d'internautes voulant conserver à tout prix LEUR français - commentaires souvent criblés de fautes, c'est le comble du comble - j'ai compris que, presque vingt ans plus tard, le chemin est encore long pour pouvoir écrire, sans être critiquée :

« Je ne cèderai point : les cent-vingt-deux ognons que j'ai laissé pourrir dans mon frigo depuis le mois d'aout finiront dans les lave-vaisselles de ma voisine, même si elle risque une crise de larmes aigüe » (combien de mots « réformés » dans cette phrase sans queue ni tête ?)

En lisant ces commentaires, toujours, j'ai réalisé plusieurs choses :

 - un bon nombre d'internautes pensent que cette réforme vient juste d'entrer en vigueur, qu'elle est limitée à la Belgique et que l'Académie française devrait s'y opposer fermement... - la réforme date de 1990 et a été décidée par l'Académie française et les instances francophones compétentes.

- beaucoup s'accrochent à un français qu'ils sont incapables de pratiquer correctement - alors à quoi bon faire compliqué si on peut simplifier ?

- beaucoup en profitent pour régler leurs comptes avec les enseignants et la jeunesse d'aujourd'hui qui ne vaut plus rien ma bonne Dame - je me demande ce que cette pauvre réforme a à voir avec ça ...

- tous, ou presque, imaginent que cette réforme sert à aicrir en fonétik ou presk - voyons, un peu de sérieux !

- la majorité critique quelque chose dont elle ignore presque tout, et ça me met en colère, très en colère.

- certains pensent que l'ancienne orthographe sera jugée comme « fausse » - c'est ... faux, cela va de soi, les deux orthographes sont autorisées depuis la réforme.

- enfin, beaucoup pensent que la presse devrait d'abord écrire sans faute, avant de se lancer dans l'application de la réforme (sur ce coup-là, je partage un tout petit peu leur avis, mais depuis que j'écris pour la presse et que je réalise à quel point une faute est si vite faite, je suis bien plus tolérante...)

En bref, les internautes critiquent critiquent critiquent, à croire que c'est le seul langage actuel.

Alors, passque j'ai envie de réagir, je vous copie un petit extrait de mon livre, qui explique que cette réforme, c'est bien.  Voilà.  Na.

« Lorsque l'Académie Française a introduit une réforme orthographique en 1990, ayant pour but de simplifier certaines règles, d'aucuns ont crié au scandale.  Comment pouvait-on oser toucher à la sacro-sainte langue française, à une tradition aussi vénérée que la recette des macarons parisiens ou des frites belges !  Il n'en était point question !  Plutôt mourir.

Cependant, si l'on analyse la langue française au fil des siècles, force est de constater qu'elle n'a fait... qu'évoluer.  Vous exigez des preuves ?  Vous avez bien raison.  Toujours exiger des preuves (preuves d'amour, notamment).  Les voici les voilà : trois versions d'un même texte, le début de l'une des Fables de La Fontaine.

Édition originale (dix-septième siècle)
Une Grenoüille vid un Bœuf,
Qui luy sembla de belle taille.
Elle qui n'estoit pas grosse en tout
comme un œuf [...]

Édition de 1802
Une grenouille vit un bœuf
Qui lui sembla de belle taille.
Elle, qui n'étoit pas grosse en tout
comme un œuf [...]

Orthographe d'aujourd'hui
Une grenouille vit un bœuf
Qui lui sembla de belle taille.
Elle, qui n'était pas grosse en tout
comme un œuf [...]

Tout comme les frites belges se servent actuellement parfois avec du paprika (si, si, je vous l'assure, goûtez et vous m'en direz des nouvelles), tout comme les macarons ne sont plus  uniquement sucrés de nos jours, la langue française a besoin de rester une langue vivante et en constante évolution. 

Pourquoi, dès lors, tenter de la figer inutilement, alors que les simplifications proposées ont pour but d'aider les générations présentes (vous) et à venir (vos enfants, petits-enfants, arrière-petits-enfants etcetera).

Toutefois, les modifications sont recommandées, sans être obligatoires.  Le choix est dès lors laissé au libre arbitre de l'utilisateur de la langue française... à savoir vous (toujours vous, vous êtes la star en fin de compte) et vos enfants, petits-enfants, arrière-petits-enfants etcetera... »

(Extrait du savoir écrire pour les filles - merci de ne pas recopier cet extrait, soumis au copyright, tout comme l'intégralité de ce blog).

Pour tout savoir sur la réforme : http://www.orthographe-recommandee.info/

 

PS : parmi les milliards de fautes trouvés dans ces commentaires d'adeptes du français d'avant 1990, j'en ai trouvé une sympa :

Premier commentaire : « ils sont du à quoi ? »

Correctif :  « Oups "dû", pardon. »

A mourir de rire... ou de désespoir.

 

PS2 : si j'ai fait des fautes dans ce billet, je m'en esscusss platement, chuis énervée... je sais, c'est pas une esscusss mais c'est ma mienne.

 

23
fév

Information incroyablement incroyable

Samedi, j'étais au resto pour un anniversaire.  J'étais malade comme un chien et j'ai donc failli annuler.  Mais je trouvais ça nul de ne pas être présente à l'annif d'une amie... d'autant que c'est moi qui avais le cadeau, argh.  J'ai donc, après avoir somnolé toute la journée, pris une douche sur le tard, douche qui m'a exténuée, je me suis ensuite reposée (comme c'est original), puis je suis allée au resto, ou plutôt je m'y suis traînée, toujours aussi molle.  Afin d'oublier ma santé fragile (vous pouvez verser une larme, je comprendrai), j'ai décidé de noyer mon chagrin et mes microbes dans l'alcool.  Après un chtit apéro, ça allait d'ailleurs vachement mieux.  Ah, l'alcool, ya que ça de vrai pour soigner tous les bobos, chagrins d'amour ou autres (la loi m'oblige cependant à apporter la précision suivante "buvez avec modération, ne conduisez pas après avoir bu, l'alcool peut provoquer des cancers et rendre débile et patati et patata").

"Où veut-elle en venir ?", vous demandez-vous, songeurs, angoissés et inquiets.  Je vous comprends. 

Je ne vais pas vous raconter que j'ai pris une escalope pleine de fromage, de tomate, de gras et de pâtes, un régal qui dépasse l'entendement.  Que le dessert c'était un tiramisu plein de bougies et qu'on a chanté "happy birthday to you" version accélérée.  Qu'on a vraiment bien ri et tout et tout.  Tout ça est banalement banal.

Ce que je veux vous révéler, c'est une chose sidérante.  Digne de l'enquête sur le watergate.  Digne de la machination qui a provoqué la mort de Kennedy.  Digne du mystère du triangle des Bermudes.  Digne d'une enquête sur la pousse des poils en été.

Asseyez-vous.

J'ai appris une chose dont je ne me suis toujours pas remise.

Ma vie ne sera plus jamais pareille.

Samedi, un pan de mon passé m'a sauté au visage, en découvrant une information incroyablement incroyable : qui est Mademoiselle Toutlemonde.  Ou plutôt qui était Mademoiselle Toutlemonde, puisque sa chronique dans Flair s'est interrompue il y a un petit temps déjà.

Bien sûr, seules les fans de Mademoiselle Toutlemonde comprendront et partageront mon émotion.  Mais ses fans sont nombreux, j'en suis convaincue.  Car Mademoiselle Toutlemonde, elle n'était pas comme tout le monde justement.  Semaine après semaine, les lectrices de Flair ont partagé sa vie, sa grossesse, ses rires et ses larmes.  Mademoiselle Toutlemonde a marqué les esprits au même titre que les Schtroumpfs, Tintin ou Candy.  Et oui...

Et j'ai donc mangé avec une de ses amies.  Et maintenant je connais le véritable nom de Mademoiselle Toutlemonde.  Je n'en reviens toujours pas.  Vous non plus hein ?  Dingue hein !  Fou hein !  Incredible hein !

Me reste à manger avec Mademoiselle Toutlemonde, et je pourrai mourir tranquille (et moins idiote, sans doute).

Qui est-elle ?  Mais vous n'y pensez pas, voyons.  J'ai juré de tenir le secret, sur ma propre tête.  Nan, même sous la torture, je ne dirai rien, est-ce bien clair ?  Mais si vous avez des actions chez Strelli, Farniente ou Darcis, contactez-moi en privé...