10
jui

Le Petit Prince et moi, c’est à la vie à la mort

Si je devais partir sur une île déserte (j'en rêve en ce moment, je vous dis pas) avec deux livres, je prendrais L'écume des jours et Le Petit Prince.

Si je devais partir sur une île déserte avec un seul livre... ben je serais dans la merde.

Bien sûr, il y a des centaines de livres que j'aimerais emporter, car sur une île avec des livres, je ne me sentirais jamais seule, ou presque.  Je prendrais du Janine Boissard pour le bonheur familial, du Sophie Kinsella pour les souvenirs de shopping, du Helen Fielding pour le célibat, du Anna Gavalda pour l'amour, du Nicci French pour le frisson, du Stephen King pour l'angoisse.

Mais si j'étais limitée, je choisirais ces deux ouvrages-là.

L'écume des jours car c'est sans doute le premier ouvrage qui a réveillé en moi des émotions inconnues, au tout tout tout début de mon adolescence.  Car il représente une partie de ma vie que j'aimais.  La sortie de l'enfance, sans encore réaliser ce qui m'attendait à l'âge adulte.  Les mois juste avant que je ne bascule dans l'adolescence et tout ce que cela signifie.  Un moment où tout était encore permis pour moi.  Voilà pourquoi j'aime L'écume des jours.  J'avais onze ans.

Le Petit Prince car c'est le seul moment de mon existence où j'ai aimé me donner en spectacle, au sens propre.  J'aimais lire.  Pour moi ou à voix haute en classe. Toujours la première à lever mon doigt bien haut.  Alors, quand l'instit a pensé à nous faire jouer Le Petit Prince à la fancy fair, je ne serais pas étonnée d'avoir levé mon doigt haut haut haut.  Et j'ai joué Le Petit Prince. Discrimination suprême, en brune que j'étais, j'ai finalement dû abandonner le rôle du Petit Prince pour celui du renard.  J'ai encore cette photo de moi, avec mon masque de renard, ma peau de lapin sur le dos et ma queue de renard épinglée sur les fesses.  Et j'ai aimé ça.  Avec le recul, je suis heureuse d'avoir joué le renard, il correspond totalement à ma personnalité.  Voilà pourquoi j'aime Le Petit Prince.  J'avais neuf ans (en fait j'en sais plus rien, sept, huit, neuf ou dix, aucune idée, mais je trouvais que ça concluait bien cette séquence nostalgie, les âges...).

Et régulièrement, je m'offre des objets griffés Petit Prince, parce que ça me procure toujours de jolies émotions : des cartes avec le renard qui supplie qu'on l'apprivoise, un sac pour aller à la gym (ah ah ah, il a servi deux fois pour la gym, puis je l'ai recyclé vite fait bien fait), la version CD lue par Gérard Philippe, celle qui a bercé mon enfance, et puis le livre, of course, en format folio, avec plein de dessins.  Comme ça doit être formidable d'écrire un lire qui marque le siècle et l'être humain.

Et récemment, j'ai découvert La boutique du Petit Prince.  Sur Facebook.  Comme quoi, ce réseau a parfois du bon. 

Outre le livre, en différents formats (même en BD, mais je vous en parlerais dimanche, vu que le dimanche, on lit au lit), on y trouve plein de petites ou grosses choses à l'effigie de ce Petit Prince si particulier : de la bagagerie, de la papeterie, de tas de jolies choses pour les petits nenfants, des lithographies totalement rhaaaaaaaaaaa, de la vaisselle.  Enfin de tout, passque les dessins de Saint-Exupéry, ben, ils sont beaux.  Ça devrait être interdit par les droits de l'homme d'avoir le talent d'écrire ET celui de dessiner.  Faut partager, quoi, merde !

Là, pour mon petit chez moi, j'ai choisi une jolie boîte.  Argentée.  Simple.  Discrète.  Jolie.  Pour mettre du thé.  Ou des sucreries.  Des choses toutes douces, en fait.

Puis un thermomètre.  Passque je suis la reine de la température, je pense vous l'avoir déjà dit... quoique je n'en sois pas totalement sûre.  Où que je sois, il me faut connaître la température.  C'est un toc.  Bien sûr, j'ai pris la version avec le renard.  Passque le renard, c'est moi.

Et puis la BD, par curiosité.  Mais je vous en parle dimanche, j'ai dit, faites pas les impatients.

J'aurais bien craqué pour le livre popup, mais y'a que la version anglaise.  Quoique... découvrir Le Petit Prince en anglais, ça pourrait être so fun.  Et puis, je comprendrais, vu que je le connais par cœur...  Tiens, ça se dit comment Le Petit Prince in english ?

J'aurais bien craqué pour les lithos aussi, rhaaaaaaaa, mais bon, faut être financièrement raisonnaaaaaap', petite princesse Anaïs.

Pour les petits budgets, y'a aussi des marque-page super cholis.  Damned, je les avais pas vus, sinon j'en aurais pris aussi, damned.  Et des cartes postales aussi, celles dont est issue ma petite collection (tiens, j'ai pas celle avec l'adieu du renard, faudra y remédier).

Bref, y'a de quoi contenter petits et grands fans du Petit Prince.

Pour l'occasion, si le cœur vous en dit, avec le code RENARD (totalement de circonstance, merci la vie), vous aurez 10 % de réduction sur votre commande.  Keskon dit à Anaïs qui joint l'agréable de la lecture d'un billet (qui a dit que c'était pas agréable, que je le baffe) à l'utile d'une commande à prix réduit ?  Keskon dit ????

Allez, èvoye (comme on dit chez moi, sauf que je sais pas comment l'écrire), c'est par ici que ça se passe, sur la Boutique du Petit Prince. 

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20
avr

Comment est née Anaïs Valente

Cette histoire, je l'ai raconté à plein de journalistes, je pensais donc que vous étiez tous au courant, ô, vous, lecteurs adorés.

Je constate cependant que l'extrait d'un de mes billets sur la posss' belch', savoir « Et puis, il est discret, mon facteur, car il ne m'a jamais fait remarquer l'étrangeté du fait que parfois, sur les enveloppes qui me sont destinées, y'a Anaïs Valente, et parfois y'a... enfin, mon vrai nom quoi, celui de ma carte d'identité.  Jamais il ne s'en est étonné. », soit une petite phrase anodine, a suscité chez mon lectorat (purée, cette expression en jette grave) une flopée de commentaires (trois - ben sorry mais trois commentaires, sur ce blog, c'est une avalanche, hein, petits paresseux).

Je me devais donc de vous explicationner le pourquoi du comment d'Anaïs Valente.

Passque nan, Anaïs Valente n'est pas née dans un chou.  Ni dans une rose.  Elle est née un soir d'automne, dans ma cervelle de déneuronée.

Nous sommes en octobre 2006 (tchu, ça fait déjà un fameux contrat de bail ça).  Le 28 pour être précise.  Un samedi (vous pouvez vérifier, c'était un samedi).

Je décide, pouf, de créer un blog, pour y raconter mes expériences du net.  Elles sont toutes prêtes, mes expériences, car je les ai rédigées en vue d'un article dans un magazine belge hyper connu, j'ai nommé Flair.  L'article n'est pas paru, mais les textes dorment dans un tiroir, enfin dans un répertoire de mon PC.

Aussitôt pensé, aussitôt créé.  Sauf qu'il me faut un pseudo.  Et que je veux être totalement anonyme, pour pouvoir me permettre tout tout et tout.  Et puis passque l'anonymat, c'est confortable.

Alors, il me faut un prénom.  Un autre.  Passque sur Skynet, on signe ses billets.  Bien sûr, j'aurais pu prendre un pseudo qui ne soit pas un prénom « la célibattante », « la Bridget Jones namuroise » ou un truc du genre.  Mais un prénom m'a sauté aux yeux.  Anaïs.  Un prénom que j'adorais quand j'étais ado, même que j'aurais sans doute préféré m'appeler ainsi.  Un prénom que je pensais donner à mes enfants plus tard.  Enfin à ma fille.  Ensuite, j'ai plus voulu.  Et de toute façon, j'ai pas d'enfants.  Et pas de fille.  Mais, ne me demandez pas pourquoi, à l'instant où j'ai dû choisir, ce 28 octobre 2006, c'est Anaïs qui m'est venu.  Mauvais choix, because le tréma.  Très chiant, un tréma.  Horripilant, un tréma.  Exaspérant, un tréma.  Enervant, un tréma.  Et tout ça nous donne CHHEE... soit un CHHEE, nouveau mot inventé au bureau pour désigner quelque chose de chiant horripilant exaspérant et énervant (bien souvent... un client...)

Donc, j'ai été Anaïs du 28 octobre 2006 à juin 2007 environ, quand j'ai signé mon contrat avec Marabout/Hachette, pour « La célib'attitude ».  En vous écrivant cela, je réalise combien les choses ont été rapides : octobre le blog, mars le synopsis rédigé, juin le contrat et la rédaction de mon premier bébé.  Dingue.

Mais bien sûr, à cet instant, se pose une question encore plus cruciale.  Publier sous mon vrai nom ou rester Anaïs ?  En fait, la question ne s'est pas posée.  Je n'ai jamais voulu publier sous mon vrai nom.  D'une part, raison officielle, car mon blog est celui d'Anaïs, donc il me fallait rester Anaïs, en toute logique, afin de ne pas perturber les lecteurs, savoir vous.  Et puis, d'autre part, raison officieuse, parce que c'est vraiment confortable, l'anonymat.  Et parce que je ne voulais pas mélanger mes activités sérieuses, savoir mon job de salariée, avec mes activités annexes et ludiques, savoir le blog et les livres.  Cela compartimentait.  Je suis la reine des compartiments, dans ma vie, croyez-le.  Ma vie est faite de tas de trains, tous compartimentés. 

Mais être éditée sous « Anaïs », tout seul, m'a paru impossible.  Un prénom seul, ça fait un peu « prostituée ».  Ben si, ça fait prostituée. 

Donc, il m'a fallu un nom de famille. 

C'était un mercredi midi.  J'ai dit à Mostek, au bureau « bon, il me faut un nom de famille, t'as pas une idée ? »

Je la vois encore, à son petit bureau, dans notre ancien grand bureau, que nous occupions alors avec Moustique, ah comme tout a changé.  Elle a ouvert internet explorer, s'est connectée sur le site de l'Acina, notre cinéma local, et a ouvert la page des films (cette page sur laquelle il ne faut pas cliquer, souvenez-vous).  J'étais derrière elle.  On a vu un film et le nom de son réalisateur.  J'ai oublié le film, j'ai oublié le prénom du réalisateur.  Mais le nom, c'était Valente.  Que nous avons illico prononcé « Valennnntééééé ».  A l'italienne, ou à l'espagnole.  Mais pas à la belch', savoir « Valant' ».

Ça sonnait bien, et ça avait un lien avec mes vrais nom et prénom.  Lien que je ne vous expliquerai pas, of course, au nom du sacro saint anonymat.

C'est ainsi que je suis devenue Anaïs Valente.

Et ça me va bien.

Sauf que j'ignorais qu'une autre Anaïs Valente écrivait déjà, des BD ou quelque chose du genre.  Risque de confusion.  Mais trop tard.  Tant pis, trop tard.

Sauf que j'ignorais aussi que les journalistes TV et radio le prononceraient tous, sans exception « Valant' », à la belch'.  Trop tard.  Tant pis, trop tard.

Voilà voilà, le fin mot de l'histoire...

Et ça c'est moi, made by Mako.

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9
mar

J'ai compris !

J'ai compris pourquoi, à mon âge avancé, j'en suis restée au stade oral (anal ?  phallique ?  - faut que je ressorte mon court de psychologie) en matière de bébécadumeries et autres gagateries.  Pourquoi j'adore les séries télé destinées aux ados boutonneuses en attente de l'arrivée de leur poitrail de femme.  Pourquoi je suis fan de Hello Kitty au point d'onomatoper (émettre des onomatopées - j'ignore si ce verbe existe, mais si tel n'est pas le cas, je l'invente) chaque fois que je vois sa frimousse.  Pourquoi j'ai dépensé 21 euros pour m'offrir onze Little Pet Shop inutiles mais tellement adorables (le bernard-l'ermite, l'hippocampe, l'escargot, la grenouille, l'autre grenouille, le papillon, l'autre papillon, la libellule et la tortue, et j'en oublie, argh, trop mignons, je les aimeuh).  Pourquoi je regarde Princesse malgré elle et Un mariage de princesse, que je trouve cucul, kitsch et destinés aux moins de dix ans, avec un tout léger attendrissement.

Passque j'ai été privée d'une chose primordiale au développement normal de tout enfant.  Une chose qui lui permet d'aborder ensuite la vie adulte muni des outils nécessaires aux affrontements qui la jalonneront (waw que je parle bien, on dirait un article psy, non ?).  J'ai été privée de coditel jusqu'à mes presque douze ans (coditel, c'est le câble, pour les non belges, savoir la TV quoi).

J'ai donc dû me contenter de Grochat, Lola et des gluons divers et variés (sans oublier Léguman), de Micro défi et ses jeux d'un modernisme fou, d'Autant savoir et sa musique effrayante et de Flamingo Road.  Sans oublier le week-end sportif du dimanche.  Et Visa pour le monde.  Après la messe. 

Point de Dallas, point de Falcon Crest, point de Chocolat Show, point de Candy, point de Goldorak, point de tout cela.  Point de tout ce qui fait notre culture.  Ah si, j'insiste, notre culture.

Fort heureusement, ma mère-grand, qui m'accueillait le mercredi, disposait d'un téléviseur couleur bien équipé, ce qui m'a permis de découvrir un tantinet les émissions intellectuelles pour enfants du mercredi après-midi, genre Calimero, L'oiseau bleu, Demetan et Renatan et bien sûr Capitaine Flam. Dieu soit loué.

Mais cela n'a, semble-t-il, pas suffi à réparer les dommages subis, le traumatisme dû au manque.

Alors je vous le dis, vous qui avez des enfants, sachez que, si la TV peut faire des dégâts et doit être consommée avec modération durant l'enfance, il vaut mieux éviter de devenir babacool, écolo ou anti-progrès et empêcher vos enfants de zieuter la petite lucarne... sous peine de les voir devenir comme moi, vos enfants.  Avouez que ce serait vraiment un drame !

Et je vous présente quelques-uns de mes Little pet Shop, sont-y pas meugnons tout plein ?  Y'a pas d'âge pour aimer ça, moi je dis.

littlepet

4
mar

Un cœur de midinette

« Un cœur de midinette » ou comment passer de la super bonne humeur j'aime j'aime la vie même si c'est une folie au vague-à-l'âme tristounet à souhait.

Mon cœur de midinette, il a pleuré cet après-midi quand, au retour d'un chouette repas avec une copine, après un petit repérage chaussures (demain, ça va pleurer dans le portefeuille) et une séance bronzette/lecture en attendant mon bus, je suis rentrée chez moi, espérant continuer la bronzette/lecture sur ma terrasse.  Mais j'ai pas pu, because le blizzard.  Nan, c'est pas pour ça que mon cœur pleurait, soyez patients, vous savez que je prends toujours quarante détours pour en venir au fait.  Donc, en constatant cela, j'ai décidé de rattraper mon retard en matière de séries télé, vu la récente maladie de mon portable (le convalescent se porte bien, merci).

Et j'ai regardé le dernier épisode diffusé aux States des Frères Scott (dont un seul est toujours en lice, mais on s'en moque de ce nom débile).

(Si vous en êtes encore aux saisons doublées diffusées à la TV, ne lisez pas ce qui suit, y'a du spoiler dans l'air).

Et là, keske mon cœur de midinette a pleuré.

C'était beau mais c'était triste.

Et tellement surréaliste.

Passons sur les amours de Brooke et son chéri dont j'ai oublié le prénom (je ne mémorise aucun prénom dans les séries, même après des années, ça fait bien rire Mostek, qui a une bien meilleure mémoire), c'était joli mais banal.

C'est le décès de la maman de Payton enfin non keske je raconte, Payton a quitté la série, le décès de la maman de Hailey, qui a fait pleurer mon cœur de midinette.  Maman apparue comme ça d'un coup, après des années sans qu'on l'ait jamais vue, paf, ainsi que deux sœurs qui apparaissent aussi, paf paf.  Mais soit.

C'était tellement « incredible », ce décès.  La famille réunie à l'hôpital, tout le monde se serre en pleurant.  La malade qui vit ses derniers instants a le teint presque frais.  L'œil encore vif.  Pas de tuyaux, pas de respirateur, pas de douleur.  Et on se regarde un petit film souvenir, plein de photos.  Limite si elle chante pas « mourrons gaiement ».  Puis elle dit un dernier mot, genre « oh, monsieur, vous ici », avec un regard perdu, qui laisse entendre que son défunt mari vient la chercher pour l'emmener au paradis.  Et puis, comme ça, comme si elle s'endormait, elle ferme les yeux, et elle est morte.  Sonnez trompettes.

A voir ça, ça donnerait presque envie de mourir.  J'ai bien dit presque.

Il y a presqu'un an, je suis passée par là, et c'était pas le même scénario sortons les violons regardons un petit film et adieu, on s'est aimés comme on se quitte, tout simplement sans penser à demain, non non, c'était plein de tuyaux et de respirateur qui continue à respirer même après que tout soit fini, dans un bruit macabre et insupportable.  Enfin bon, c'est pas le thème du billet.  Toujours pas.  Je parle pour ne rien dire je sais.

Donc j'ai pleuré comme une midinette.  Beaucoup.  Bien mouillé.  Et repensé.

Repensé à la recette de soupe au poulet que la future défunte apprend, juste avant de passer de vie à trépas (une expression vraiment moche, je trouve), à sa fille.

Et me vlà embarquée dans mon passé à l'évocation de ce mot : poulet.

De mes 12 à mes chaispluscombien ans, un dimanche sur deux, ou presque (la joie d'être une enfant de divorcés), j'ai bouffé du poulet.

Le pire poulet jamais créé.  Et quand je dis créé, je pense créé.  Car ce ne pouvait être du vrai poulet.  Ce poulet, c'était du poulet made in « L'aile ou la cuisse », je vois que ça.  Un poulet de chez Tricatel, vous voyez ?  Sauf qu'ici, c'était de chez Aldi, mais c'est du pareil au même.  Emballé sous vide.  Rouge.  Avec une sauce aussi rouge.  Un demi-poulet caoutchouteux, mou, insipide, inodore, brunasse et presque liquide, qu'on réchauffait au bain-marie.  Passqu'en ce temps-là, ma bonne Dame, le micro-ondes, c'était de la science-fiction.

Et presqu'inlassablement, le dimanche midi, enfin un sur deux, c'était poulet rouge mou insipide.  Jamais mangé un poulet aussi mauvais de ma vie, croyez-moi. 

Me souviens plus de l'accompagnement, frites sans doute.  Frites et poulet rouge.  Puis l'addition, s'il vous plait.  Au revoir, à dans quinze jours.

Au revoir...

Ça doit être ça, le « bon » côté de la mort : être capable de transformer un souvenir d'immonde poulet rouge en un souvenir tout doux dans la tête.

 

24
fév

Un orgasme nostalgique… ou une nostalgie orgasmique, au choix

Un morceau de chocolat Galler.  Enfin pas un morceau, un mini bâton issu d'une boîte pleine de mini bâtons pleins de couleurs et de goûts.

Je choisis « chocolat noir framboise ».

Je déballe, lentement.

D'abord, le papier.

Ensuite, l'alu.  Enfin le papier/alu.

J'hume.  Forte odeur de chocolat noir.

Puis je croque. 

Le chocolat craque.

De petits morceaux cassés, ou plutôt concassés (comme dirait Kiki le concasseur de cacao), glissent sur ma langue, entraînant dans leur course une coulée de crème à la framboise.

Et c'est la déferlante de souvenirs.

Dans ma bouche.

Dans ma gorge.

Dans ma tête.

Dans mon cœur.

Flash-back.

Anaïs, petite fille.

Se prépare à souper.  Dîner, comme on dit de l'aut' côté de la frontière.

Ce soir.  Chocolat noir framboise.  Et pain.

La marque ?  Oubliée.

Mais le format des bâtons est inoubliable.  Ils sont longs, se coupent sur toute la longueur, et faits de petits « ponts ».  Une tablette géante, faite d'une multitude de bâtons.  Une fois cassé, la farce se laisse directement remarquer.  Pas moyen de retrouver la marque.  Dommage.

Je les vois encore, ces bâtons.

Ils sont gravés dans ma cervelle.

La farce est à la framboise.  Epaisse.  Salivante.

Le pain est frais.

Et la communion de ces trois ingrédients donne un repas parfait. 

Délicieux.

Orgasmique.

Gustativement et olfactivement parfait.

Retour dans le présent.

L'orgasme est identique.

Que du bonheur.

Merci Galler, pour ce fabuleux voyage dans le temps et dans les sens.

Allez, demain on recommence avec le noir fourré banane...

Et vous, c'est quoi votre orgasme nostalgique gustatif ?

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Grâce aux com de ce billet, le voilà, ou presque, de mon temps c'était framboise sans vanille :

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