10
aoû

Le miracle d'internet

Le miracle d'internet, c'est un commentaire sur ce blog, avec un lien vers un autre blog, autre blog que je cours visiter.  Le miracle d'internet, c'est que, ô hasard, le jour où je visite ce blog, j'y découvre un billet, le billet du jour (d'une logique implacable, jusque là).  Et le miracle d'internet, le vrai miracle, vrai de vrai, c'est qu'en bas de ce billet frais du jour (enfin de la veille, mais c'est le dernier billet quoi), une réplique me plonge dans l'enfance,  enfin dans mon enfance.  "c'est bien la première fois que sa bite fait des étincelles".  Rassurez-vous mon enfance n'était pas peuplée que d'étincelles ou, pire, de bites.  Mon enfance, c'était Marie Laforêt.  Et puis Jean-Paul Belmondo, Bebel pour les intimes.  Je les aimais, voilà tout.  Je l'écoutais en boucle. j'avais tous ses disques, je les ai toujours d'ailleurs  J'avais une petite farde pleine de photos de lui, je l'ai toujours d'ailleurs.  Et cette réplique que je n'ai jamais oubliée.  Dans mes souvenirs nébuleux, j'avais l'impression que c'était issu du film "Joyeuses Pâques", et que mes deux chouchous jouaient dedans... Là, je n'en suis plus si sûre, même plus sûre du tout... dingue comme on mélange tout...

Je ne résiste pas au plaisir de vous faire partager cette réplique, qui ne sera bien sûr savoureuse que pour ceux qui s'en souviennent...

PS : vérification faite, il s'agit d'un extrait du film "Les morfalous", effectivement avec Belmondo et Marie Laforêt.  Tout comme Joyeuses Pâques, dans lequel jouait aussi également Sophie Marceau, ça je m'en souviens.  Deux films de 1984... d'où ma confusion, même année, mêmes acteurs.

30
jui

J’ai testé Camping (épisode 1)

Oooh, j’ai déjà, bien sûr, testé « Camping à l’état brut », y’a quelques années.  J’ai testé les WC chimiques qu’on doit préserver à tout prix, pour leur préférer les WC communs, situés à 874,56 mètres de la caravane.  Moi qui suis une super pisseuse devant l’éternel, imaginez l’horreur (qui a dit « pas seulement, pisseuse, chieuse aussi ? »).  J’ai testé la vaisselle commune, à transporter dans des mannes à linge sur 871,76 mètres (les éviers étant situés juste avant les WC), assez sympa au demeurant, bien plus sympa que de faire sa vaisselle en solo chez soi.  Mais moins sympa lorsqu’il drache, et à la côte, en Gelbique, il drache assez fréquemment. J’ai testé les douches communes, dans lesquelles il faut s’organiser ferme pour mettre de côté lunettes, fringues et godasse, préserver son essuie de l’humidité ambiante et tenter de se laver avec une eau en alternance glaciale et bouillante, le tout dans une ambiance populaire.  Excès de pudeur interdit.  J’ai testé la nuit sous tente, avec mon namoureux de l’époque, moustiques inclus, so romantic.  J’ai testé tout ça, et j’ai aimé.

Mais là, j’ai testé Camping de luxe.  Ouais, de luxe, avec piscine, discothèque, big méga caravane, terrasse et jardin (enfin jardinet, mais bon hein, on va pas pinailler).  Et si la caravane, résidentielle, trois chambres (pour nains de jardin, mais trois chambres tout de même), une salle de bains (pour nains de jardin mais avec douche tout de même), un WC, vrai de vrai, avec chasse et tout et tout, était géniale, c’est plus de l’ambiance « camping » dont j’ai réellement envie de vous  parler.

Aaaaah, l’ambiance camping.

Que du bonheur.

Premier jour.

Dès notre arrivée, aux alentours de minuit, le ton est donné.  C’est l’apéro.  Un petit vin blanc, que j’abandonne rapido presto pour un Pastis à l’odeur tellement alléchante… Le Pastis, pour moi, c’est les vacances, ça me rappelle mes vacances d’ado à Boulouris, petite station de la Côte d’Azur, au siècle dernier.  Donc du Pastis.  Avec plein de choses croustillantes, salées, épicées et grasses, j’ai nommé les chips.  Il fait frisquet à cette heure, donc tout ça se passe sur la banquette en skaï vert de ma résidence provisoire et non dehors.  Dehors, ça sera pour demain.  J’admire l’intérieur de cette spacieuse résidence provisoire.  Dingue ce qu’on arrive à caser dans un si petit espace.  J’ai toujours fantasmé sur les caravanes résidentielles.  Lorsque j’étais gosse et que je me rendais à un salon quelconque, je prenais un plaisir intense à visiter ces caravanes résidentielles d’exposition, encore et encore et encore, et à m’imaginer y vivre.  J’avais déjà une brique dans le ventre à l’époque, ma bonne Dame.

D’ailleurs, vers mes dix ans, je me suis offert, avec mes sous à moi rien qu’à moi, épargnés durant plusieurs mois, la caravane Playmobile.  Elle était blanche et orange, avec un toit amovible.  Sa banquette se transformait en lit, et la vaisselle était assortie aux lieux.  Keske je l’adorais ma caravane Playmobile.  Keske j’ai joué avec.

Et c’est l’impression que j’ai, ce soir-là : pouvoir, enfin, mener la vie de mes Playmobiles d’enfance durant quelques jours. So funny.

Mais l’heure tourne et le pastis fait son effet.

Je gagne donc ma cabine, enfin ma chambre, et tente de trouver le sommeil sur un lit de soixante, enfin non plutôt cinquante, voire quarante, centimètres de large.  Je crains d’en tomber au premier retournement de carcasse, mais aucun risque, l’espace entre mon lit et celui d’à côté est d’une dizaine de centimètres à peine, ma carcasse ne pourra donc pas s’y glisser.  De l’intérêt d’être replète (qui a dit « obèse » ?).

Je sombre dans un sommeil réparateur, rêvant déjà de ma vieille caravane Playmobile, de la mer, des coquillages, des mouettes, des goélands… et du Pastis, que je retrouverai le lendemain.

Enfin.

(Suite, demain ou en cliquant ici)

Et voici ma caravane.  Blanche à toit orange.  Rhooooo, que je suis malheureuse de ne plus l’avoir, je me serais bien offert une pulsion régression, là, de suite…

 

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29
jui

Taupe ou hibou ?

Toute femme à lunettes (épargnez-moi le couplet de « femme à lunettes femme à ... », je le connais par cœur), donc toute femme à lunettes qui se respecte a un jour essayé des lentilles.

Parce que c'est pas parce que maintenant les lunettes sont hyper mode, un véritable accessoire, limite un bijou, même que des non myopes non presbytes non astygmates et j'en passe en achètent, juste pour le fun... c'est pas parce que c'est très in actuellement que ça l'était à mon époque.

De mon temps les verres lunettes avaient 8,5 cm de diamètre, 2 cm d'épaisseur et les montures étaient d'une couleur sinistre.  De mon temps on était le singe à lunettes de la classe.  De mon temps avoir des lunettes et des bonnes notes (oui j'ai toujours été première de classe, j'assume) engendrait d'office qu'on soit l'intello de service (versons une larme sur mon enfance de singe à lunettes intello ringarde).

Alors quand les lentilles jetables (qu'on gardait 24h/24 sur l'œil, le pauvre) sont apparues sur le marché et que j'ai vu une pub « essayez-les gratuitement », ni une ni deux, j'essaie.  Et ce premier soir avec mes lentilles, j'ai voulu aller danser.  Et ce soir-là, je serais la plus belle pour aller danser ohé ohé (Sylvie Vartan).  Et je me sentais la plus belle, ce qui est somme toute le principal.  Quel souvenir !

Quel souvenir aussi cette session d'examens avec mes lentilles jetables sur les iris, enfin presque, car elles avaient décidé de faire grève et de se racrapoter dans le coin de l'œil.  Ne parlons pas de la douleur, parlons juste de la difficulté de remplir une feuille d'examen d'un seul œil.  Mais ça n'a pas empêché que je sois toujours première de classe nananère.

Exit les lentilles jetables, à moi les lentilles normales.

Mais quand on n'est pas normale, on n'a pas droit aux lentilles normales, c'est aussi simple que ça.  Après dix mois d'essais, une fortune dépensée, la conclusion est tombée : ma bonne dame vous avez trop de protéines, l'œil trop sec et trop rond.  Kekseksa ?  Les protéines se collent à vos lentilles, la sécheresse est une cata et la rondeur de l'œil ne sied pas à la lentille.  Des yeux trop secs, c'est le comble pour une pleureuse comme moi.  J'aurai tenu un an avec mes lentilles, mais une vie professionnelle captivante et des horaires de fou auront eu définitivement raison de ces petites choses, que j'ai dès lors laissées se dessécher lamentablement dans leur petit pot (petite choses, petit pot, mais grand prix...).

Donc j'ai abandonné les  lentilles, de toute façon ça fait péter (ah ah ah, vlà l'anaïssade du jour intégrée dans un billet).

Et vous, lunettes, lentilles, rien ?

Taupe ou hibou ?

 

 

10
jui

Le Petit Prince et moi, c’est à la vie à la mort

Si je devais partir sur une île déserte (j'en rêve en ce moment, je vous dis pas) avec deux livres, je prendrais L'écume des jours et Le Petit Prince.

Si je devais partir sur une île déserte avec un seul livre... ben je serais dans la merde.

Bien sûr, il y a des centaines de livres que j'aimerais emporter, car sur une île avec des livres, je ne me sentirais jamais seule, ou presque.  Je prendrais du Janine Boissard pour le bonheur familial, du Sophie Kinsella pour les souvenirs de shopping, du Helen Fielding pour le célibat, du Anna Gavalda pour l'amour, du Nicci French pour le frisson, du Stephen King pour l'angoisse.

Mais si j'étais limitée, je choisirais ces deux ouvrages-là.

L'écume des jours car c'est sans doute le premier ouvrage qui a réveillé en moi des émotions inconnues, au tout tout tout début de mon adolescence.  Car il représente une partie de ma vie que j'aimais.  La sortie de l'enfance, sans encore réaliser ce qui m'attendait à l'âge adulte.  Les mois juste avant que je ne bascule dans l'adolescence et tout ce que cela signifie.  Un moment où tout était encore permis pour moi.  Voilà pourquoi j'aime L'écume des jours.  J'avais onze ans.

Le Petit Prince car c'est le seul moment de mon existence où j'ai aimé me donner en spectacle, au sens propre.  J'aimais lire.  Pour moi ou à voix haute en classe. Toujours la première à lever mon doigt bien haut.  Alors, quand l'instit a pensé à nous faire jouer Le Petit Prince à la fancy fair, je ne serais pas étonnée d'avoir levé mon doigt haut haut haut.  Et j'ai joué Le Petit Prince. Discrimination suprême, en brune que j'étais, j'ai finalement dû abandonner le rôle du Petit Prince pour celui du renard.  J'ai encore cette photo de moi, avec mon masque de renard, ma peau de lapin sur le dos et ma queue de renard épinglée sur les fesses.  Et j'ai aimé ça.  Avec le recul, je suis heureuse d'avoir joué le renard, il correspond totalement à ma personnalité.  Voilà pourquoi j'aime Le Petit Prince.  J'avais neuf ans (en fait j'en sais plus rien, sept, huit, neuf ou dix, aucune idée, mais je trouvais que ça concluait bien cette séquence nostalgie, les âges...).

Et régulièrement, je m'offre des objets griffés Petit Prince, parce que ça me procure toujours de jolies émotions : des cartes avec le renard qui supplie qu'on l'apprivoise, un sac pour aller à la gym (ah ah ah, il a servi deux fois pour la gym, puis je l'ai recyclé vite fait bien fait), la version CD lue par Gérard Philippe, celle qui a bercé mon enfance, et puis le livre, of course, en format folio, avec plein de dessins.  Comme ça doit être formidable d'écrire un lire qui marque le siècle et l'être humain.

Et récemment, j'ai découvert La boutique du Petit Prince.  Sur Facebook.  Comme quoi, ce réseau a parfois du bon. 

Outre le livre, en différents formats (même en BD, mais je vous en parlerais dimanche, vu que le dimanche, on lit au lit), on y trouve plein de petites ou grosses choses à l'effigie de ce Petit Prince si particulier : de la bagagerie, de la papeterie, de tas de jolies choses pour les petits nenfants, des lithographies totalement rhaaaaaaaaaaa, de la vaisselle.  Enfin de tout, passque les dessins de Saint-Exupéry, ben, ils sont beaux.  Ça devrait être interdit par les droits de l'homme d'avoir le talent d'écrire ET celui de dessiner.  Faut partager, quoi, merde !

Là, pour mon petit chez moi, j'ai choisi une jolie boîte.  Argentée.  Simple.  Discrète.  Jolie.  Pour mettre du thé.  Ou des sucreries.  Des choses toutes douces, en fait.

Puis un thermomètre.  Passque je suis la reine de la température, je pense vous l'avoir déjà dit... quoique je n'en sois pas totalement sûre.  Où que je sois, il me faut connaître la température.  C'est un toc.  Bien sûr, j'ai pris la version avec le renard.  Passque le renard, c'est moi.

Et puis la BD, par curiosité.  Mais je vous en parle dimanche, j'ai dit, faites pas les impatients.

J'aurais bien craqué pour le livre popup, mais y'a que la version anglaise.  Quoique... découvrir Le Petit Prince en anglais, ça pourrait être so fun.  Et puis, je comprendrais, vu que je le connais par cœur...  Tiens, ça se dit comment Le Petit Prince in english ?

J'aurais bien craqué pour les lithos aussi, rhaaaaaaaa, mais bon, faut être financièrement raisonnaaaaaap', petite princesse Anaïs.

Pour les petits budgets, y'a aussi des marque-page super cholis.  Damned, je les avais pas vus, sinon j'en aurais pris aussi, damned.  Et des cartes postales aussi, celles dont est issue ma petite collection (tiens, j'ai pas celle avec l'adieu du renard, faudra y remédier).

Bref, y'a de quoi contenter petits et grands fans du Petit Prince.

Pour l'occasion, si le cœur vous en dit, avec le code RENARD (totalement de circonstance, merci la vie), vous aurez 10 % de réduction sur votre commande.  Keskon dit à Anaïs qui joint l'agréable de la lecture d'un billet (qui a dit que c'était pas agréable, que je le baffe) à l'utile d'une commande à prix réduit ?  Keskon dit ????

Allez, èvoye (comme on dit chez moi, sauf que je sais pas comment l'écrire), c'est par ici que ça se passe, sur la Boutique du Petit Prince. 

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20
avr

Comment est née Anaïs Valente

Cette histoire, je l'ai raconté à plein de journalistes, je pensais donc que vous étiez tous au courant, ô, vous, lecteurs adorés.

Je constate cependant que l'extrait d'un de mes billets sur la posss' belch', savoir « Et puis, il est discret, mon facteur, car il ne m'a jamais fait remarquer l'étrangeté du fait que parfois, sur les enveloppes qui me sont destinées, y'a Anaïs Valente, et parfois y'a... enfin, mon vrai nom quoi, celui de ma carte d'identité.  Jamais il ne s'en est étonné. », soit une petite phrase anodine, a suscité chez mon lectorat (purée, cette expression en jette grave) une flopée de commentaires (trois - ben sorry mais trois commentaires, sur ce blog, c'est une avalanche, hein, petits paresseux).

Je me devais donc de vous explicationner le pourquoi du comment d'Anaïs Valente.

Passque nan, Anaïs Valente n'est pas née dans un chou.  Ni dans une rose.  Elle est née un soir d'automne, dans ma cervelle de déneuronée.

Nous sommes en octobre 2006 (tchu, ça fait déjà un fameux contrat de bail ça).  Le 28 pour être précise.  Un samedi (vous pouvez vérifier, c'était un samedi).

Je décide, pouf, de créer un blog, pour y raconter mes expériences du net.  Elles sont toutes prêtes, mes expériences, car je les ai rédigées en vue d'un article dans un magazine belge hyper connu, j'ai nommé Flair.  L'article n'est pas paru, mais les textes dorment dans un tiroir, enfin dans un répertoire de mon PC.

Aussitôt pensé, aussitôt créé.  Sauf qu'il me faut un pseudo.  Et que je veux être totalement anonyme, pour pouvoir me permettre tout tout et tout.  Et puis passque l'anonymat, c'est confortable.

Alors, il me faut un prénom.  Un autre.  Passque sur Skynet, on signe ses billets.  Bien sûr, j'aurais pu prendre un pseudo qui ne soit pas un prénom « la célibattante », « la Bridget Jones namuroise » ou un truc du genre.  Mais un prénom m'a sauté aux yeux.  Anaïs.  Un prénom que j'adorais quand j'étais ado, même que j'aurais sans doute préféré m'appeler ainsi.  Un prénom que je pensais donner à mes enfants plus tard.  Enfin à ma fille.  Ensuite, j'ai plus voulu.  Et de toute façon, j'ai pas d'enfants.  Et pas de fille.  Mais, ne me demandez pas pourquoi, à l'instant où j'ai dû choisir, ce 28 octobre 2006, c'est Anaïs qui m'est venu.  Mauvais choix, because le tréma.  Très chiant, un tréma.  Horripilant, un tréma.  Exaspérant, un tréma.  Enervant, un tréma.  Et tout ça nous donne CHHEE... soit un CHHEE, nouveau mot inventé au bureau pour désigner quelque chose de chiant horripilant exaspérant et énervant (bien souvent... un client...)

Donc, j'ai été Anaïs du 28 octobre 2006 à juin 2007 environ, quand j'ai signé mon contrat avec Marabout/Hachette, pour « La célib'attitude ».  En vous écrivant cela, je réalise combien les choses ont été rapides : octobre le blog, mars le synopsis rédigé, juin le contrat et la rédaction de mon premier bébé.  Dingue.

Mais bien sûr, à cet instant, se pose une question encore plus cruciale.  Publier sous mon vrai nom ou rester Anaïs ?  En fait, la question ne s'est pas posée.  Je n'ai jamais voulu publier sous mon vrai nom.  D'une part, raison officielle, car mon blog est celui d'Anaïs, donc il me fallait rester Anaïs, en toute logique, afin de ne pas perturber les lecteurs, savoir vous.  Et puis, d'autre part, raison officieuse, parce que c'est vraiment confortable, l'anonymat.  Et parce que je ne voulais pas mélanger mes activités sérieuses, savoir mon job de salariée, avec mes activités annexes et ludiques, savoir le blog et les livres.  Cela compartimentait.  Je suis la reine des compartiments, dans ma vie, croyez-le.  Ma vie est faite de tas de trains, tous compartimentés. 

Mais être éditée sous « Anaïs », tout seul, m'a paru impossible.  Un prénom seul, ça fait un peu « prostituée ».  Ben si, ça fait prostituée. 

Donc, il m'a fallu un nom de famille. 

C'était un mercredi midi.  J'ai dit à Mostek, au bureau « bon, il me faut un nom de famille, t'as pas une idée ? »

Je la vois encore, à son petit bureau, dans notre ancien grand bureau, que nous occupions alors avec Moustique, ah comme tout a changé.  Elle a ouvert internet explorer, s'est connectée sur le site de l'Acina, notre cinéma local, et a ouvert la page des films (cette page sur laquelle il ne faut pas cliquer, souvenez-vous).  J'étais derrière elle.  On a vu un film et le nom de son réalisateur.  J'ai oublié le film, j'ai oublié le prénom du réalisateur.  Mais le nom, c'était Valente.  Que nous avons illico prononcé « Valennnntééééé ».  A l'italienne, ou à l'espagnole.  Mais pas à la belch', savoir « Valant' ».

Ça sonnait bien, et ça avait un lien avec mes vrais nom et prénom.  Lien que je ne vous expliquerai pas, of course, au nom du sacro saint anonymat.

C'est ainsi que je suis devenue Anaïs Valente.

Et ça me va bien.

Sauf que j'ignorais qu'une autre Anaïs Valente écrivait déjà, des BD ou quelque chose du genre.  Risque de confusion.  Mais trop tard.  Tant pis, trop tard.

Sauf que j'ignorais aussi que les journalistes TV et radio le prononceraient tous, sans exception « Valant' », à la belch'.  Trop tard.  Tant pis, trop tard.

Voilà voilà, le fin mot de l'histoire...

Et ça c'est moi, made by Mako.

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