27
oct

Papy fait de la résistance

Il y a quelques mois, j’ai vu une chouette émission dont j’ai oublié le nom mais qu’importe.  Ça parlait des secrets de famille.  J’ai peut-être d’ailleurs déjà évoqué l’émission ici, sait-on jamais, je parle tellement de tout et de n’importe quoi que j’en oublie mes sujets…

On y voyait le secret de l’origine.  Découvrir à vingt ans que son père, au sens génétique du terme, est le voisin décédé et non pas celui qui vous a lu Martine à la mer pour vous endormir ou vous a flanqué des fessées quand vous faisiez du chambard (à l’époque, la fessée était encore autorisée).  La vérité est toujours bonne à dire, mais elle est souvent difficile à révéler.

On y voyait le secret de la collaboration, et la honte pour les enfants nés de tels parents.  Une honte infondée, car doit-on porter le poids des erreurs de ses parents ?  Non.

On y voyait Benoîte Groult (si mes souvenirs sont bons), témoigner de la couardise de sa famille face à une voisine juive dont les parents venaient d’être embarqués, qu’ils ont refusé d’héberger, par peur.  Comment juger, à l’aise dans mon canapé, sans avoir ressenti cette peur de la mort, cette menace permanente allemande ?  Un peu facile.  Je n’aurais peut-être pas fait mieux.

On y voyait le secret des résistants avec une femme apprenant à l’âge adulte que ses parents décédés durant la guerre en étaient, qu’ils avaient été assassinés.  Cela lui avait été caché depuis l’enfance, et lorsqu’elle découvre leur correspondance enflammée de l’époque, quelle émotion.

Magnifique émission, qui m’a plongée dans mon propre passé, tout comme l’a fait cette série des « Combattants de l’ombre ».

Mon bon-papa, l’un des deux, était résistant.  Un vrai de vrai.  On a retrouvé ses cartes et ses médailles officielles et tout et tout.  Il aurait notamment aidé des parachutistes anglais.  Je ne sais rien de plus.  A part qu’il s’est retrouvé prisonnier, où, je l’ignore, et qu’il en est revenu avec des maladies en veux-tu en voilà.  Je n’en ai jamais parlé avec lui.  Mais ça fait tout de même chaud au cœur de le savoir, comme une fierté mal placée car, comme je le disais plus haut, résistant ou collabo, je n’en ai aucune gloriole ou honte à tirer, c’était sa vie.  Mais tout de même, c’est cool.

Mon bon-papa, l’autre des deux, était résistant.  Un faux de faux.  Une résistance pleine d’humour.  Celle-là, c’est lui qui me l’a racontée.  Sans doute plus facile à évoquer que la véritable résistance.  Une résistance gastronomique, durant l’occupation allemande.  Les allemands ne parvenaient pas à faire des frites et s’en inquiétaient.  Ils demandent confirmation qu’ils doivent bien attendre que ça soit bouillant.  Oui oui.  Et puis ils doivent plonger les bâtonnets de pommes de terre, c’est bien ça ?  Oui oui.  Et attendre ?  Oui oui.  Et puis c’est prêt ?  Oui oui.  Mais pourquoi alors ça se désagrège au lieu de faire des frites ?  Aucune idée ! Voilà la résistance grand-paternelle, l’autre des deux : avoir laissé les Allemands tenter en vain de faire des frites… dans de l’eau bouillante. 

Et finalement, c’est totalement cool, d’avoir eu deux papys ayant fait de la résistance, chacun à son échelle.

Le drame, cependant, ce sont les années qui séparent les générations.  C’est le fait que, quand j’étais ado, tout ça ne m’intéressait pas.  C’est maintenant que j’aimerais parler avec eux de leur passé, de leur vécu, de leur ressenti, de ce qu’ils ont fait ou pas fait.  Maintenant.  Trop tard.  Ils sont dans la tombe.  Si un au-delà existe, j’espère qu’ils m’y attendent pour tout me raconter autour d’un bon verre de pinard.

11
sep

Il est...

Il est environ 15 heures ce mardi-là, je pense que c’est un mardi, et je reçois un mail d’une amie.  J’ignore quand je l’ouvre exactement, passqu’à l’époque, au bureau, on n’a qu’un seul pc relié à l’internet, on n’a même pas l’adsl, et pourtant on n’est plus au siècle dernier depuis peu, mais il me fait frissonner, ce mail.  C’est le but, mon amie sait que je vais frissonner en découvrant ce crash d’un petit avion de tourisme, moi qui a si peur des grands zoiziaux de métal.  Alors je frissonne, et je m’informe. 

Il est 15 heures 30, re-mail.  Et là, tout le monde a compris.  Effroi planétaire.

Un effroi qui ira en grandissant avec l’effondrement, l’effondrement bis, la troisième collision, puis la quatrième, évitée de justesse.  Tous ces morts.

Il est 18 heures.  Moi qui ne matte jamais les JT, à peine rentrée at home, je m’accroche à mon téléviseur comme un naufragé à son palmier.  En fait, je n’y crois pas.  J’ai l’impression de regarder un film catastrophe, que tout va s’arrêter dans un happy end.  Un peu comme quand je regarde Titanic, espérant durant plus de deux heures que l’iceberg ne sera pas là.

Il est 20 heures. J’étouffe d’angoisse, alors je m’enfuis de chez moi, besoin d’air.

Il est 22 heures quand je rentre, re JT, avec toujours les mêmes visions d’horreur.  Durant des heures, je ne peux me détacher de mon écran.  Encore aujourd’hui, je suis comme hypnotisée quand je revois des images, ne pouvant y croire tout en sachant que c’est bien réel.

Ce jour là, on a tous compris que l’impensable pouvait se produire.

Depuis ces dix années, j’ai vu énormément de choses.

J’ai vu sur la toile les théories les plus farfelues, auxquelles j’ai failli croire, failli seulement, sur ce coup monté par les Etats-Unis.

J’ai vu les frères Naudet plonger dans l’horreur, au hasard d’un reportage sur les pompiers de NYcommencé bien avant la date fatidique.

J’ai vu une femme voilée de noir, non en signe de deuil, que du contraire, annoncer, sourire aux lèvres, du moins je l’imagine ainsi, à quel point ça avait été formidable pour elle de voir s’effondrer les tours.  Sa joie était similaire à la mienne quand je vois un feu d’artifice.

J’ai vu des gens faire le choix de sauter pour échapper à l’enfer, conscients qu’en bas, ce serait un autre enfer.

J’ai vu l’épouse d’un passager du vol 77, celui du Pentagone, dire qu’elle aussi a souffert, elle aussi a perdu son époux, pas dans les tours, ailleurs, mais pareillement.

J’ai vu, ou plutôt entendu, les appels passés de là-haut, les adieux déchirants, les supplications, les déclarations d’amour, les voix empreintes de la certitude d’un vie qui va cesser.

J’ai vu le courage de passagers qui décident de tenter le tout pour le tout pour éviter un drame encore plus dramatique que celui qu’ils allaient à coup sûr vivre.

J’ai vu un enfant de moins de dix ans annoncer, comme s’il racontait une histoire lue dans un livre, qu’il n’a pas connu son père « il était dans la tour, un avion est tombé dessus, et il est mort… and he died ».  J’ai vu cet enfant réclamer des câlins et des bisous, qu’il n’aurait jamais.

J’ai vu des proches des terroristes ayant piloté les avions témoigner de ce qu’ils menaient une vie si normale, avant, que jamais ils n’auraient cru ça d’eux.

J’ai vu des pompiers à l’agonie d’avoir respiré les poussières toxiques pour sauver des vies, héros hier, aujourd’hui abandonnés par leur pays, qui ne fera rien pour eux.

J’ai vu la mère d’une victime, musulmane, expliquer qu’elle n’a pas eu droit à la sollicitude offerte aux autres parents de victimes, aux autres victimes, expliquer que l’avis de recherche de son fils était systématiquement arraché.

J’ai vu la peur absolue, l’angoisse infinie.  Je l’ai ressentie, aussi loin que j’étais.  J’ai vu la compréhension, après le second impact, que ce n’était pas un accident, que c’était délibéré.  J’ai vu la terreur que cela continue encore et encore, que la ville soit détruite, que ses habitants soient anéantis.  J’ai vu l’apocalypse lors de l’effondrement, les courses effrenées à travers les rues, les cris, les « My god » à répétition, les larmes, encore et encore. 

J’ai vu, revu, et vu encore des tas et des tas de choses sur ce jour que personne n’oubliera.

Et dix ans plus tard, je ne me dis qu’une seule chose : aucune idéologie, aucune religion, aucune croyance, ne justifie une telle haine de l’autre.

Le mot de la fin à Kroll…

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8
jui

Quand j’ai de la merde dans les oreilles…

(Les prénoms, les lieux et tout et tout ont été modifiés, pour préserver l’anonymat des protagonistes).

Voilà une expression empruntée à « Nouvelle star » pour le billet du jour.  Un billet que j’ai envie de vous faire depuis un bail déjà, mais j’attendais d’avoir de la matière.  Tout bien réfléchi, je n’en ai pas beaucoup plus, mais soit, il est temps.  It’s time.

Durant un repas entre amis à le week-end dernier, à Bras, nous étions tous dehors, à profiter de la chaleur ambiante, emmitoufflés dans des plaids et collés à un brasero, lorsque, soudain, envie soudaine (vous aurez compris que ce fut décidé soudainement) : chanter.

Et nous vlà parti dans un délire, à chanter plein de vieux trucs français trop trop bons trop trop pleins de souvenirs trop trop que j’adore ça.

Et puis, Ronny de chanter « ils parlaient de Francis et des coups de grisous… (Au Nooooord c’était les corons – et non les chorons, qui est une sauce, qu’on se le dise, private joke) ».

Gros blanc.  Gros silence.  Euh, ils parlaient de Francis ?  Gros fou-rire.  Sauf que, ça doit pas être Francis, mais j’avoue que je sais pas de quoi ils parlaient, tout bien réfléchi.  Mais Ronny est convaincu : ils parlaient de Francis, sans doute un mineur bien connu à l’époque.  Oui, bon, soit, why not.  Quelqu’un suggère cependant « 36 », année d’un drame des mines sans doute.  Direction notre pote Google, qui nous confirme qu’ils parlaient bien de 36.

Gros fou-rire bis.

Pas un rire moqueur, non, passque moi, en matière de chansons pigées n’importe comment, je suis la reine.

Des exemples ?

Des exemples.

La meilleure des meilleures date de mon adolescence, du temps oùsqu’on sortait danser chaque samedi, du temps oùsqu’on se déhanchait sur Sinbad in New-York… en hurlant comme des hystériques « Sinbad in New-York, oh, Sinbad in New-York ».  Jusqu’au moment où, morte de rire, une amie nous a corrigées : pas Sinbad in New-York… sing Allelujah…  Oups.

Ensuite, la classique, celle que tout le monde a chanté de la sorte « c’est Noël c’est Noël c’est Noël », par Enya.  En fait, Sail away, je pense.

La plus ridicule, made by myself alone « j’veux un disque, de funky musique, for brosse à dents ».  Longtemps, je me suis demandé pourquoi ce mélange d’anglais (for) et de français (brosse à dents), ainsi que le rapport entre la funky musique et les brosses à dents.  Jusqu’à ce que, vingt ans plus tard, je découvre les paroles « j’veux un disque, de funky musique, faut que ça danse ».

Enfin, la plus « pas erreur finalement ».  Du temps oùsque je matais Dirty Dancing en fantasmant sur Patrick, du temps oùsque je collais plein de photos de lui dans mon journal intime (que j’ai toujours, vous voulez voir ?), du temps oùsque j’écoutais en boucle She's like the wind, chantée par himself, du temps oùsque j’avais recopié les paroles, dont « I look in the mirror, and all I see, is an young old man »‏.  Et je me disais que c’était étrange qu’il y voie un « jeune vieil homme ».  A l'époque, on n'avait rien pour trouver les paroles de chansons, pas d'internet, rien que du silex et des parchemins.  Et bien finalement, merci Google, c’était les bonnes paroles.  Pour une fois que je comprenais que je comprenais mal, je comprenais bien, et je l’ai compris bien tard (vous suivez ?).

 

 

La plus récente, c'est Zaz que j'entendais dire "donnez-moi un clitoris, je n'en veux pas"... Je me disais bien que c'était pas très normal de chanter ça (déjà, qui refuserait un clitoris, hein, qui ?).  En fait, elle refusait une suite au Ritz...


ZAZ je veux (clip officiel) par kerredine

 

Et puis, dans la culture collective, y’a bien sûr celle qui n’est pas de moi et qui est connue dans le monde entier.  Celle du gars qui entre chez un disquaire pour acheter « Mombo ».  Rien à faire, le disquaire ne trouve pas (de nos jours, il serait sur youtube, mais soit).  Désespéré, le disquaire lui propose de fredonner l’air du fameux disque.  Et notre client de s’y mettre « Mombo sapin, roi des forêts… »

N’empêche, c’était trop cool cette petite séance karaoké en plein air l’autre soir, trop trop cool.

 

Addendum du 9 août, une chtite nouveauté : dans la chanson le Jerk, moi je comprenais "elle se dit qu'avec son tour de poitrine, et un Tshirt Dolly Parton".  En fait c'est "elle se dit qu'avec son tour de poitrine, du genre Elle Partone".  Séki Ellie Partone, au fait ?

22
mai

Moment nostalgique : une voix en or

J'ai entamé un rangement de ma chambre, toujours un chouia sinistré après l'épisode "déménageons le brol de la cuisine durant les travaux", passque j'envisage d'y mettre un placard pour ranger mes kilos de fringues au mieux.  Et vu que le môssieur vient cette semaine pour le devis, pas le choix.  J'ai retrouvé, rangeant mes cd ayant émigré du living à la chambre, la BO d'Une voix en or.

Vous connaissez ?

Une télésuite que j'ai d'ailleurs sur cassette vidéo et que je ferais bien de regarder avant que mon magnéto ne me lache.  Et que je tente de graver sur DVD, ça serait cool... reste à acheter un graveur DVD / magnétoscope, ma bonne dame.

Qué souvenir que cette télésuite que j'avais adooooorée.  Cucul ?  Oui, un peu, mais j'aime le cucultisme, vous le savez.

Depuis hier donc, j'écoute le CD en boucle.

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18
déc

Vive le monde moderne VS à bas le monde moderne

En regardant Dirty Dancing en DVD l’autre jour, j’ai réalisé à quel point le monde moderne facilitait ce genre de chose : mater un film, au moment où je le désire, à la seconde où je l’exige.

Passque quand j’étais môme, au siècle dernier, ben c’était pas si facile, rha ben non ma bonne Dame.

D’abord, les magnétoscopes, ça coûtait un pont quand j’étais môme.  C’était du super méga luxe.  Notre premier, acheté d’occasion, le fut pour la modique somme de 2 000 eur.  2 000 eur de l’époque, soit encore bien plus actuellement.  Avoir un magnétoscope, c’était du luxe, puisque je vous le dis.

Ensuite, bien sûr, y’avait pas internet, on écrivait dans les grottes avec des branches noircies par le feu, du moins après qu’on l’ait inventé, le feu, donc impossible de regarder quoi que ce soit en streaming, ni de télécharger quoi que ce soit.  Impossible, de plus, je fais une petite digression, de trouver le nom d’un acteur ou d’un film sur internet, via Google, ce qui me contraignait, quand j’avais un nom sur le bout de la langue et que ça m’exaspérait de ne pas le retrouver pire qu’un moustique la nuit, à envoyer un sms à mes copines pour obtenir de l’aide (exemple : c’est qui déjà la femme du mec qui jouait dans ce film sur les avions de chasse, un brun craquant là…) – et là je parle d’après l’arrivée des GSM, car avant, c’était encore plus l’enfer…  Fin de la digression.

Alors, quand on voulait voir un film, on louait la cassette à la vidéothèque du coin.  Pas de VOSTF disponible, bien sûr, fallait se contenter de la VF.  J’en suis même à me demander si je savais que les VO existaient, habituée que j’étais à tout voir en français.

Pour Dirty Dancing, en 1987 donc, j’avais obtenu qu’on le loue un samedi, ce qui permettait de garder la cassette jusqu’au lundi matin, ô bonheur suprême.

Bien sûr, j’avais vu Dirty Dancing au cinéma.  Et m’étais prise d’une passion folle pour Patrick Swayze (c’était de mon âge, à l’époque… cela ne l’est plus maintenant, ce qui ne m’empêche nullement d’encore fantasmer sur ses pectoraux en chocolat belge).  J’avais acheté les deux cassettes (et oui, le CD n’existait pas encore) contenant la BOF, je collais des photos de Patrick dans mon journal intime, je traduisais mal She’s like the wind, que j’avais choppée sur une radio et que j’écoutais en boucle en rêvant que Johnny/Patrick me fasse danser puis me fasse l’amour comme un dieu du sexe.

Alors, l’arrivée de cette cassette vidéo de location dans ma vie mon week-end, ben c’était comme l’arrivée de Saint-Nicolas, comme la résurrection du Christ, comme la nouvelle collection d’écharpes Strelli : un bonheur.

Le samedi soir, donc, vision en famille de Dirty Dancing.

Et le dimanche, j’obtiens de le regarder encore deux fois, avant qu’on le (le = Patriiiick) range gentiment dans sa boîte pour le rapporter le lendemain au vidéoclub.  Tout ça sur la télé du salon, car bien sûr, à l’époque, c’était une télé par famille.  Je sais, c’était Les misérables quand j’étais môme, même qu’on jouait au tennis sur Atari, la misère je vous dis, mais j’en parlerai un autre jour, du tennis sur Atari ou de Donkey Kong, une digression suffit par billet.

Cela fait un bail maintenant, mais je m’en souviens comme si c’était hier.  Intense dimanche que celui-là, puis tristesse de devoir rendre la cassette.

Tristesse intense.

Désespoir profond.

Alors que de nos jours, ben c’est la satisfaction du besoin immédiat, ou la satisfaction immédiate du besoin enfin c’est chou vert et vert chou.  Avec internet, avec les DVD, avec les locations à la demande, avec le voocorder qui peut même mettre le programme en pause (je l’ai toujours pas, m’ont jamais rappelé chez Voo, enfin chez moi, mais je perds pas espoir)…

Bonheur immédiat.

Mais peut-être, sans doute, certainement, moins intense que celui que j’ai eu à pouvoir regarder deux fois Dirty Dancing sur un seul dimanche, sachant que je ne le verrais ensuite plus avant des mois, lors de son passage à la télévision.

Finalement, eske le bonheur immédiat ne gâcherait pas le plaisir de l’attente du bonheur, tout bien réfléchi ?