15
nov

Martine vous inspire


Merci à Nuages qui a été bien inspiré.  Je vous publie toutes ses propositions à l'exception d'une que je garde pour un billet.  La dernière correspond à ce que je n'aime pas trop, rien à faire, ça ne me fait pas rire.  Que voulez-vous, on ne se refait pas.  Au fait, elle est indécente la Martine, montrer ainsi sa culotte !
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15
nov

Martine me tanne

Martine c’est toute mon enfance.  Martine et son chien (y s’appelait pas Plouf ou Patapouf ?).  Martine elle a été controversée.  Je me souviens d’une époque où j’avais lu que Caroline, c’était mieux.  Plus moderne.  Plus en adéquation avec le vécu des fillettes.  Mais moi j’ai juste lu Martine.  Caroline, j’étais trop vieille.  Et quand j’étais plus jeune, c’était Petite Abeille.  Qui connaît Petite Abeille ?  Aaaaah Petite Abeille et ses fringues ringuardissimes en tissus photographiés.  Y’a eu Musti aussi, sorte de Hello Kitty au masculin, mais belge, lui (en fait, je pense que c’est Hello Kitty qui copie Musti, elle est plus jeune que lui sauf erreur – je doute – je vérifie sur le net : Hello Kitty est née en 1976 (ou 1974 selon les sources), pour Musti je trouve rien, mais je suis sûre qu’il est plus vieux que moi, donc je persiste et signe, ce sont les japonais qui ont copié les belges, na).  Maintenant d’ailleurs, il fait son come back en 3D, l’ami Musti !  

Musti_hellokitty


Bref, revenons à nos moutons, actuellement on voit surgir des couvertures de Martine revisitées par de petits rigolos (faites votre choix sur ce site).  Parfois hyper drôles, parfois sexe, parfois gores, parfois limite choquant (enfin moi I’m chocked).  

A force d’en voir partout, des Martine à diverses sauces, j’ai eu envie d’essayer.  J’ai donc consciencieusement zieuté toutes ces couvertures, après avoir zieuté les propositions des internautes.

Et bien je vais vous l’avouer.  Il faut que vous le sachiez : Anaïs est nulle à ce jeu là.  Totalement nulle.  Même pas une petite blague de seconde zone, même pas un petit truc graveleux, rien de transcendant, rien de banal.  Rien.  Rien du tout du tout.  Aucune inspiration.  Un vide intersidéral entre les deux oreilles.  

Il fallait que vous le sachiez : tout ne m’inspire pas.  

J’ai bien pensé à quelque chose en rapport avec l’actualité belge, à mettre sur la couverture présentant Martine dans une montgolfière, parce que j’ai été marquée par ce film sur le mur de Berlin, où cette famille s’échappait en réalisant une montgolfière (j’en ai déjà parlé, je sais, je radote), mais pas moyen de trouver une phrase à la fois courte et frappante.

Rien.  

Chuis nulle.

Si une couverture Martine vous inspire un petit truc rigolo en rapport avec ce blog, n’hésitez pas... je publierai... du moins si c’est publiable.
martine

11
sep

New York, 911

Ça sonne comme une série américaine que j’ai vue en intégralité.  Ça sonne comme le 911, le numéro d’appel à ne pas oublier.  Ça sonne comme 9/11, date à ne pas oublier.

Il paraît que chacun d'entre nous se souvient précisément de ce qu'il faisait le 11 septembre 2001, au moment de l'attaque des tours jumelles.

C’est en tout cas vrai en ce qui me concerne.

Flash Back.

11 septembre 2001, début d’après-midi

Je bosse, une amie m’informe par mail d’un « crash » aux states.  Vu ma hantise des oiseaux de métal, je me connecte immédiatement sur le net, afin de vérifier ses dires.  Et je me connecte ensuite tout au long de la journée pour suivre l’avancée du désastre : un second impact qui confirme que ce n’est pas un accident, l’effondrement d’une tour puis de l’autre.  Pas besoin de vous faire un dessin (sans message subliminal à mes illustratrices et teurs adorés, cette fois), vous connaissez tous l’histoire, à moins de revenir de dix ans sur mars.  Je n’y crois pas, ça doit être un film.  C’est nin possip’.  C’est une blague.  Un gros canular à l’américaine.  Impossible de travailler.  Faut que je vérifie chaque seconde, chaque minute.

Je rentre chez moi, un peu hagarde (Dunord la Vicking) et j’allume dare dare ma TV.  Moi que l’information n’intéresse point, je suis scotchée, dans les deux sens du terme.  Je ne parviens toujours pas à y croire.  Ça doit être un film.  Ça va s’arrêter, et l’angoisse cessera grâce à une happy end.  Où est Bruce Willis le sauveur ?  Où est la belle blonde dont il va tomber raide dingue ?  Où sont les mauvais qui finiront en prison ?

Je me rends à l’évidence, c’est la réalité.  C’est loin de moi, mais ça se passe, ces gens carbonisés, pris au piège, qui sautent dans le vide pour échapper aux flammes, sachant pertinemment qu’ils n’échapperont pas à la mort.  Ces gens qui téléphonent et laissent un dernier message à leur chérie, leurs enfants, leurs parents, leurs amis.

Rester seule me semble impossible, je pars chez des amis pour évacuer ce trop plein d’émotions.  Je dois en parler, je dois m’exprimer.

Les jours qui suivent, je regarde les journaux tant que je peux, comme si j’étais hypnotisée par tant d’horreur.  Je deviens voyeuse.  Il faut que je sache.  Tout.  Je me gave de ces informations, ne parvenant toujours pas à y croire vraiment.

On finit par comprendre l’incompréhensible.  Par accepter l’inacceptable.  

Et l’horreur a continué, puisque les pompiers et les volontaires ayant travaillé sur les débris subissent actuellement le retour de flamme sous forme de maladies pulmonaires graves, voire mortelles.  

Et l’horreur a continué, puisque les représailles américaines ont fait un paquet de morts parmi des civils qui n’avaient rien demandé, rien souhaité, rien voulu de tout ça, pour la plupart.

Et l’horreur a continué, puisque le nombre de soldats américains morts en Irak depuis cette guerre de représailles dépasse actuellement le nombre de victimes de ce qu’on appelle « le drame du 11 septembre ».

Et l’horreur a continué, puisqu’on continue à y penser.


J’hésitais entre une photo de « l’avant », pleine de soleil, ou une photo du « pendant », en noir et blanc et pourtant belle malgré l’horreur qu’elle véhicule.  Je trouvais ça tellement cliché que finalement, j’ai opté pour un dessin d’enfant.  Un enfant trop jeune en 2001 pour avoir compris.  Mais qui, depuis, selon sa mère, a tout compris.  
twin-towers-brendan

27
jui

Contre toute attente… je ne suis pas une imbécile…

Vous en doutiez ? Vilains pas beaux va.

Je ne suis pas une imbécile, car je change souvent d’avis.

Fogiel ? Un petit con pédant même pas beau, qui mise uniquement sur la provocation. Regarder son émission, jamais jamais jamais. Je pensais ça à l’époque France 3. Depuis lors, Marco a migré sur M6 et nous offre son talk-show en rediffusion chaque dimanche soir sur Plug. Ce qui explique mes cernes chaque lundi matin, vu qu’il n’est pas question que j’en manque une goutte (après Greys Anatomy et Docteur Mamour qui bisouille sa belle, et Izzie – enfin chais pas comment ça se scribouille – qui couche avec son meilleur ami… va comprendre). Rien que pour le «fou rire Nassima» d’il y a quelques semaines, ça valait le coup. Voir Fogiel, devenu entre-temps plus sympa plus mignon moins con moins agressif, mort de rire, suintant, incapable de se reprendre, aura suffi à mettre de la joie dans ma fin de soirée du dimanche, en général empreinte de sinistrose pré-turbin. Je l’adore.

Seuls les imbéciles ne changent pas d’avis.

Lara Fabian ? Une bécasse qui hurle autant qu’elle grimace. Des chansons bof bof. Une snobinarde au possible. Petit à petit, j’ai lu, j’ai entendu, j’ai vu. J’ai réalisé qu’elle ignorait le sens du mot snobisme, qu’elle avait un humour fou dans les talk shows, un fabuleux sens de l’autodérision, et une voix qui me fait fondre et me transporte. Je l’ai vue deux fois en concerts, ce furent les meilleurs concerts de ma courte (mais si mais si, courte) existence (pourtant j’en ai vu des concerts). Je l’adore.

Seuls les imbéciles ne changent pas d’avis.

Clémentine Célarié ? Une femme vulgaire, grossière. Trop maquillée, mal sapée. Un pois chiche à la place du neurone. Ici aussi les talk shows me l’ont montrée telle que je ne l’imaginais pas : drôle, sensible, intelligente, sous une carapace parfois rebelle, une belle âme. Une tendre. Je l’adore.

Seuls les imbéciles ne changent pas d’avis.

Céline Dion ? J’en étais bleue. Je l’ai vue en concert. C’était nul, mais j’en étais toujours bleue. J’ai tous ses CD, je les écoutais en boucle. Sa mégalomanie a fini par me lasser. Définitivement. Ses spectacles, ses goûts de chiotte, bien qu’elle soit extrêmement gentille, il faut le dire. Son palais impérial, son petit R’nééééééééééé Charl’ pourri gâté. Rien à faire. J’aime plus.

Seuls les imbéciles ne changent pas d’avis.

Ma collègue ? Premier jour de travail pour elle. Elle se pointe. Je juge (je juge toujours les nouveaux, par crainte de les découvrir plus beaux, plus intelligents, plus doués, plus productifs que moi, ce qu’ils sont indubitablement, bien sûr). Une pétasse qui a une écharpe Strelli. Quel snobisme ! Quel culot de narguer les autres, du haut de ses deux mètres sans talon, avec du Strelli. Faut oser. Depuis j’ai revu mon jugement. Je l’aime, ma poule blonde, avec ou sans Strelli, de pétasse elle n’a pas un milligramme, et moi je me couvre depuis lors de Strelli (le deuil permanent de mon portefeuille lui est en partie imputable, à cette collègue…). Je l’adore.

Seuls les imbéciles ne changent pas d’avis.

Alors, si un jour vous me croisez, au détour d’une rue, sur MSN, par le biais d’un mail parfois trop rapidement écrit, vous me trouverez certainement trop ceci, pas assez cela, souvenez-vous en : seuls les imbéciles ne changent pas d’avis.

19
jui

Joli mois de juin / juin, chagrin

Dans le bus ce matin, point d’étudiants en jeans déchirés, baskets et Tshirts bariolés. Tous sont en costume cravate ou jupe plissée. Mais keskispassssdonc ?

C’est vrai, ça fait tellement longtemps pour moi (versons une petite larme sur le temps qui passe), mais comment ai-je pu oublier ce supplice vécu durant neuf longues années : les exams. Pourtant, j’y pense encore. Chaque année. Traumatisme absolu.

Chaque année, en juin, je bénis le ciel de travailler, d’être active, et non plus avachie et somnolente sur un banc d’école ou en train d’étudier, beurkitude absolue pour moi.

Chaque année, en juillet, je pleure toutes les larmes de mon corps sur la vie cruelle qui fait que je dois bosser durant deux mois alors que, durant mes études, je pouvais glander à loisir (ben oui quoi, les deuxièmes sess’, moi, connais pas, oh ça va je peux bien me la péter un peu).

La vie est tellement mal faite.

Pourtant, jamais, oh non jamais, je ne souhaiterais revenir en arrière, sur ce point là (niveau drague, mecs, sorties, là je reviendrais bien en arrière, pour être un petit chouia plus délurée et un gros chouia moins coincée).

Ces jours interminables de la période de bloque, à être, de 8h30 à 16h30 (j’ignorais à l’époque que cet horaire était enviable, moi qui, maintenant, me lève à l’aube pour être au bureau chéri juste après l’aube, si c’est une vie ça ma bonne Dame). A lire, chaque matin, mon petit planning bien établi, reprenant l’intégralité des matières à mémoriser. A n’avoir que ça comme perspective durant deux semaines : étudier le matin, étudier l’après-midi, étudier étudier étudier. Un bout d’enfer remonté sur terre.

Cette période où môman chérie surgissait à tout bout de champ dans ma chambre pour me demander délicatement « ça va ? tu avances bien ? tu respectes bien ton planning ? t’es pas trop stressée» Je me demande encore comment j’ai pu résister à l’envie qui me tenaillait de lui lancer l’intégralité de mes syllabi à la figure en guise de représailles, en hurlant « siiiiiiiiiiiiiiii je suis stressée, alors n’en rajoute pas ». Je sais, c’était gentil de sa part, je sais, c’était par sollicitude, je sais, c’était par inquiétude, mais vous, ô mères, sachez que vos filles ne vont jamais bien durant leur blocus, mieux vaut ne rien leur demander. Contentez-vous de les nourrir et les abreuver. C’est bien compris ?

Cette période où je n’avais plus de voix, car, dotée d’une mémoire auditive, je me répétais, heure après heure, la matière, et la restituais ensuite en faisant les cents pas. A l’époque, point de PC, juste des feuilles griffonnées (oui, je sais, ça date, c’était au siècle dernier).

Puis la fin du blocus arrivait, et commençait une période tout aussi désagréable, mais qui avait pour avantage de faire avancer le schmilblik : les exams proprement dits. La joie de revoir enfin les copines, de partager ses angoisses avec quelqu’un qui comprend (et pô avec môman qui bien sûr ignore tout du stress des études). Les comparatifs de réponses à la sortie du local de torture. Angoisse angoisse angoisse, j’ai tout foiré, désespoir profond, ma vie est anéantie, mes espoirs professionnels également.

Ensuite, les oraux en petite jupe ridicule empruntée à môman (mais oui, elle sert à kéééékchose môman). Aaaaaaargh cet oral où je m’étais trompée de matière, je n’avais tout simplement pas étudié le sujet de la question. J’ai fait la même bourde pour un écrit d’ailleurs… C’est nin possip’ d’être aussi distraite.

Enfin, en toute dernière année, la défense orale du mémoire. Pour moi, ce fut la vautritude absolue, la foiritude intégrale. La honte du siècle. Rien que de vous en parler, j’ai comme une grosse boule dans le bide qui remonte qui remonte qui remonte, et qui redescend. Non, décidément, je ne peux en parler, dans dix ans peut-être.

Encore actuellement, savez-vous ma bonne Dame, je fais un cauchemar récurrent : version 1 : il s’avère que mon diplôme n’est pas valable, je dois retourner à l’école refaire les mêmes études, tout en le cachant à boss vénéré, version 2 : pour une raison inconnue, je me retrouve subitement à nouveau aux études, qui plus est en examens, version 3 : j’entreprends de nouvelles études. (c’est la pire version, je dois être atteinte d’une maladie neurologique grave dans ce rêve pour prendre une telle décision) Version 4 : je suis en plein examens et je ne comprends pas pourquoi je reprends des études pour lesquelles j’ai déjà un diplôme. Absurde. Dans tous les cas, je me réveille, en sueur, hébétée, dans mon lit king size, et il me faut plusieurs longues minutes à me répéter que non, je ne suis plus étudiante, et non, je n’aurai plus jamais à avaler des dizaines de feuilles griffonnées pour les vomir lors d’un oral prochain, calme-toi, ça va aller, zen, voilà, on respire bien, on fait le petit chien, jamais tu ne retourneras à l’école...

Y’aurait un thérapeute dans la salle ?

Voilà, si des étudiants passent par ici, je compatis à leur triste sort, espérant que ce ch’tit billet les distraira un tantinet. Et je vous dis une bonne chose : le monde du travail c’est encore pire, vous verrez, si si vous verrez, gnark gnark gnark.