25
fév

Des baisers et des pralines

Voici le second texte de ma participation au concours Cadeau des Editions de l'Ermitage... 

S’il est une période que j’ai eue en horreur toute mon enfance, c’est celle de la visite annuelle à la famille éloignée.  Vous avez dû connaître ça, vous aussi.  Un morceau de famille éloignée, tellement éloignée qu’on ne trouve rien à dire lors de cette rencontre, ou presque. J’y allais les pieds de plomb, en général à la Toussaint, histoire d’aller fleurir les tombes de lointains ancêtres disparus depuis le siècle dernier.  Je partageais un repas fait de mets inhabituels et infects.  Nous parlions de tout et de rien.  Surtout de rien, d’ailleurs.

Une fois venue l’heure de la séparation, je recevais systématiquement une boîte de pralines.  Oh non, pas des Neuhaus ou des Godiva, même pas des Léonidas.  Une grande boîte remplie de dizaines de petites pralines de piètre qualité, toutes plus immangeables les unes que les autres.  Un kilo de pralines acheté pour moins de cent francs (2,5 eur) au supermarché du coin.  Infectes.  Faites d’un chocolat qui contenait tout sauf du chocolat.  Farcies de mixtures indéfinissables, mais qui avaient un point commun : qu’elles soient composées de crème, de sucre, d’alcool ou de pâte pralinée, tout était mauvais.  Je garde peut-être de cette époque une sainte horreur des pralines, quelles qu’elles soient, même les plus prestigieuses.  Lorsque j’en reçois, je pratique toujours de la même façon : j’en prends une au hasard, je la croque puis, comme je n’aime jamais son contenu, je la jette, et ainsi de suite.  Occasionnellement, j’en découvre une à mon goût.  Rarement.

Mais le pire des cadeaux que je recevais lors de ces réunions familiales traditionnelles, c’était sans doute les baisers que m’offraient les enfants de cette famille si éloignée.  Oh rassurez-vous, de chastes baisers.  Des baisers de gamins prépubères.  De gros baisers.  Bien gras.  Bien collants.  Bien mouillés.  Bien claquants.  Bien sonores.  Bien gluants.  Tellement gluants que j’en gardais les joues mouillées durant plusieurs longues minutes.

Nous partions ensuite.  Nous quittions les lieux jusqu’à l’année suivante.  Moi, boîte de pralines sous le bras, joues encore humides de ces baisers tant redoutés.

A mon arrivée à la maison, j’allais me rincer le visage puis mettre mon kilo de pralines à la poubelle.  Ou bien mettre mes pralines à la poubelle avant de me rincer le visage.

L’ordre avait peu d’importance, le rituel était cependant immuable.

19
jan

Sur un arbre perchée…

(premier texte proposé aux Editions de l'Ermitage pour le concours "Cadeau" organisé en décembre dernier)
 
En ce mois de décembre enneigé de 1979, je grelottais de froid chaque soir dans mon petit lit de fortune (versons une larmichette sur ce passé à la Cosette), mais l'espoir de recevoir un magnifique cadeau à Saint-Nicolas réchauffait tant que faire se peut mon petit cœur.  Ma commande était d’ailleurs prête depuis belle lurette : je voulais l'arbre magique.  Je l'avais vu à la TV (oui, à cette époque, la télévision existait déjà, et en couleurs en plus).  Je savais tout de l'arbre magique : son feuillage vert se soulevait pour laisser apparaître une véritable maison meublée et habitée de petits personnages adorables.  Ils y vivaient avec leur chien, disposaient d'une voiture et je savais qu'avec eux j'allais m'amuser comme un fossoyeur un jour de Toussaint. 
 
Tous les enfants connaissaient l'arbre magique à l'époque.  J'avais donc consciencieusement écrit ma missive au Grand-Saint, me contentant cependant d'indiquer "Bonjour Sint-Nicolas, je veut un arbre majik" (ou quelque chose du genre, mon orthographe de l'époque laissant sans doute un peu à désirer).  J’avais remis la lettre à maman pour qu’elle la transmette à qui de droit.  Et j'étais persuadée que Saint-Nicolas avait la science infuse et me livrerait sans problème l'arbre magique tant espéré.  Saint-Nicolas, il sait tout.
 
Le 6 décembre à l'aube, ayant peu dormi (excitation et impatience obligent), je descendis sur la pointe des pantoufles afin d'enfin découvrir MON arbre magique à moi rien qu’à moi.  Ce fut l'instant fatidique.  De magie il n’était plus question.  Moment dramatique.  Moment où ma vie s'écroula tel un arbre arraché par une tornade.  Point d'arbre magique, ma Bonne Dame.  Un arbre, en effet.  Mais pas un arbre magique.  Point de feuillage qui se soulève doucement pour laisser apparaître une maison meublée et habitée.  Point de petits personnages.  Point de chien.  Point de véhicule.  L'arbre que Père Fouettard (il ne pouvait s'agir que de lui pour m'imposer une telle déception) m'avait livré ne ressemblait en rien à l'arbre de mes rêves.  Objectivement, il était joli cet arbre, c'était l'arbre à Bidibules, des bonzhommes en forme d'œuf, qui regagnaient, au moyen d'un ascenseur, un petit arbre rigolo qui leur servait de demeure.
 
Mais rien n’y fit, ça n’était pas mon arbre magique, que Saint-Nicolas ne m’apporta d’ailleurs jamais, le fourbe.
 
S’il m’entend de là-haut, il est encore temps pour lui de se rattraper…
 
Merci à Laurent, spécialites en Bidibules, pour la photo de cet arbre-souvenir.
arbres

14
jan

Un jour à marquer d’une pierre blanche… ou bleue ?

Pourquoi, me direz-vous ?

Meuh non, c’est pas passque Mostèk a laissé un commentaire sur ce blog, même si ça mérite le détour, Mostèk qui laisse un commentaire, vu qu’en général ça tombe la semaine des quatre jeudis, enfin la semaine où elle est inspirationnée, où ses neurones sont réveillés, où son esprit est éclairé… bref, la semaine des quatre jeudis, c’est clair.  Donc profitez-en, c’est rare, donc précieux, quand la Mostèk laisse un com.  Et puis faut dire que c’est la gloire pour elle sur ce blog : après être dans la BD, la voilà dans un billet (et même deux, puisque je parle encore d’elle).  La gloire je vous dis !  Keske je vais en entendre demain moi.

Donc c’est pas à cause de ça que ce jour est à marquer d’une pierre blanche… ou bleue.

C’est à cause des Schtroumpfs  (les Smurfs, pour nos amis flamands et autres anglophones).  Oui oui, je vous parle de ces petits êtres bleus, qui, il y a longtemps loin d'ici vivaient dans un pays étrange et merveilleux.  Ces p'tits lutins joyeux.  Je vous parle des petits Schtroumpfs, lala lala la-schtroumpf, oui j’ai bien dit les Schtroumpfs, ces petits êtres bleus
Qui sont toujours heureux…

Donc les Schtroumpfs ont cinquante ans aujourd’hui.  On dirait pas, ma bonne Dame, mais sont schtroumpfement âgés déjà, ces petites êtres bleus qui sont toujours heureux (oui, je sais, je vous l’ai déjà faite…).

En grande fan des Schtroumpfs que je fus durant toute mon enfance, et de la Schtroumpfette, et du Grand Schtroumpf, et du Schtroumpf à lunettes, et du Schtroumpfs bêta (qui a dit « qui se ressemble s’assemble », que je lui envoie une schtroumpf dans la schtroumpf ?), je ne pouvais décemment pas ne pas en parler.  

Alors voilà.  J’en ai parlé.  C’est terminé.  Fin du billet.  Et happy birthday.  (et ça rime, zavez remarqué ?)

Et, au fait…

« Petits schtroumpfs attention !
Fuyez votre maison !
Gargamel et son chat
Combinent un plan qui vous perdra »

Je vous aurai préviendus !

(A l’instant précis où je terminais ce billet, Mostèk m’annonçait, sur msn, son retour du WC… et comme je le lui ai dit « j’ai terminé le billet, tu as fini de crotter… chacune sa spécialité » ah la la schtroumpfement bien trouvée, cette tirade, n’est-il point ?)

Et un petit Schtroumpf curieux (admirez sa petite queue, qui sauf erreur, risque d’être la cible de prédilection d’un Schtroumpf noir qui passerait par là, le transformant lui-même en Schtroumpf noir incapable de dire autre chose que « gnap gnap », ô drame…) issu du blog invasion de Schtroumpfs
curieux

1
jan

Bonnes résolutions...

Le 1er janvier 2007, j’ai posté un billet intitulé « bonnes résolutions de début d’année ».

L’heure du bilan a sonné.  Tremble ô Anaïs...  As-tu respecté tes résolutions durant toutes cette année, es-tu parvenue à tes objectifs, as-tu réalisé tes rêves ?

Analyse complète...

Faire régime dès le 2 janvier (il me reste donc quelques heures pour m’empiffrer – quelqu’un pour m’inviter au resto, là, tout de suite ??) – reporté à l’année suivante

Cesser de me faire embarquer dans des histoires rocambolesques liées à mon souci d’aider les bêtes (et les hommes) – raté, mais je n’entrerai pas dans les détails, pas envie de faire pleurer dans les chaumières

Changer la litière du rat chaque semaine, et ne plus le laisser dormir dans ses crottes – sur ce point, le rat n’aura qu’à s’exprimer la prochaine fois qu’il prendra la plume

Enduire consciencieusement, soit chaque soir, mes jambes de crocodile/yéti, d’une crème ultra hydratante-99 % de gras, pour voir arriver l’été sans stress – mes jambes de crocodile/yéti confirment qu’il n’en fut rien

Regarder une fois par mois le JT pour parvenir à me souvenir du nom de notre premier ministre et m’assurer que Chirac est toujours président
– là je fais fort, je sais que c’est Sarkozy the new president, zêtes fiers hein ?

Toujours coordonner mes sous-vêtements, en cas d’accident et de déshabillage à l’hosto, ou, plus improbable, en cas de rencontre inattendue et passionnelle – j’ai tenu le coup jusque début novembre, mais j’avoue avoir fait relâche les deux derniers mois, d’ailleurs à l’instant où je vous écris, j’ai ce magnifique soutien-loches bordeaux et cette infecte culotte en coton bleu ciel virant vers blanc à cause des lavages fréquents

Cuisiner des tonnes de haricots vapeur, carottes vapeur, brocolis vapeur, et plus de spaghetti bolognaise, spaghetti carbonara, spaghetti fruits de mer, spaghetti quatre fromages – j’ai fait quelques réels efforts, mais la perfection n’est pas encore atteinte, loin de là (dit-elle en ingurgitant une bouchée de lasagne Farniente)

Rencontrer l’homme de ma vie, et surtout, savoir le reconnaître, ne pas le faire fuir immédiatement et, mieux, le faire tomber fou amoureux de moi – raaaaaaaaaaaaaaaaaaaté

Passer l’aspirateur une fois par semaine, euh non, c’est impossible, une fois par mois – avec mon dos, avec mon aspirateur qui a rendu l’âme en juillet, comment voulez-vous que je respecte cet engagement ?  Comment ça je sors des excuses bidon...

Continuer à regarder une tonne de comédies romantiques (voilà une résolution que je suis certaine de tenir, na)
– gagné, j’ai tenu parole, et particulièrement en cette fin d’année

Ne plus critiquer mes collègues qu’une fois par mois, durant cinq minutes, soit les cinq minutes mensuelles autorisées. Le reste du mois, ne penser à elles/eux qu’en termes élogieux, je ne suis qu’amour et respect, je ne suis que tolérance et compréhension, je ne suis qu’aide et empathie (mantra à réciter chaque soir pour tenir le coup) – j’ai tenu les premiers jours de janvier, ensuite ma résolution s’est envolée...

Garder mon calme en toutes circonstances, notamment si je repère un fumeur dans un restaurant à partir de ce jour – garder mon quoi ?  c’est quoi, ça, le calme ?

Soigner mon look jour après jour, même le dimanche (donc éviter les pyjamas informes, les pantoufles pilou, l’œil gras le cheveu terne ou l’inverse) – hum... ceux qui m’auront croisée le dimanche en quête de mon 7dimanche pourront témoigner de mon oeil gras et de mon cheveu terne, ou l’inverse

Boire deux litres d’eau par jour (et non plus coca, ice tea, cécémel et autres boissons sucrées succulentes)
– j’ai supprimé le pétillant, c’est déjà super non ?

Dire oui amen à tout ce que ma maman dira, impératif pour une entente cordiale durant 364 jours – gagnéééééééééééé, ou presque, juste une toute petite minuscule engueulade y’a quelques temps, pas de quoi fouetter un rat

Faire ma vaisselle après chaque repas (afin d’éviter de gratter les peluches verdasses et malodorantes qui décorent les assiettes après quelques jours)
– euh... bon, question suivante

Ne plus fantasmer sur des Echecs qui courent après des Rivales
– là j’ai réussi, aucun fantasme cette année, ou presque, oui y’a bien eu ce brun ténébreux, et puis ce petit blond bouclé, ah j’oubliais ce chauve souriant...

Au resto, toujours opter pour une salade variée et ne plus me concentrer sur les pâtes – j’aime trop les pâtes, cette résolution était somme toute ridicule, les pâtes étant riches en sucres lents

Lire mes ciné revue au fur et à mesure (pour ne plus me ridiculiser en évoquant la romance de Jen Aniston et Vince Machintruc alors qu’ils ont déjà rompu) – pari gagné

Refuser d’essayer le moindre gilet noir, et me rabattre sur les quinze gilets noirs qui encombrent ma garde robe
– cette année j’ai fait dans le gris et le mauve, ça change

Apprendre à cuisiner (ça relève du miracle, mais j’ai envie d’y croire)
– et si on reportait ça à 2008 ? (j'ai tout de même tenté les quiches et la béchamel, souvenez-vous)

Acheter une bonne crème antirides et tenir le coup afin d’avoir un infime espoir de résultat
– je me suis consciencieusement tartinée d’anti rides pour yeux chaque matin et soir, et vous voulez connaître le résultat ?  Encore plus de rides qu’en 2006, on vieillit ma bonne Dame

Être moins perfectionniste, moins critique, moins râleuse, moins nerveuse, moins gourmande, moins fadasse, moins paresseuse (chez moi), moins fleur bleue
– trop pour une seule femme

Être plus zen, plus cool, plus paresseuse (au boulot), plus écologiste, plus tolérante
– idem

Et surtout, tout faire pour parvenir à mes objectifs principaux, savoir au niveau privé faire une jolie rencontre, et au niveau professionnel, croire au miracle qui ferait que je trouverais de nouveaux clients pour mon job d’indépendante, et croire au second miracle qui ferait que quelqu’un d’influent passerait par ici et me proposerait quelque chose de créatif, original, répétitif et, si possible, un tantinet lucratif… - au niveau professionnel ça marche pas mal, j’ai de nouveaux clients, j’ai ma chronique 7Dimanche et quelques projets surprise pour 2008, au niveau personnel c’est toujours le désert sentimental, mais vous n’êtes pas sans le savoir n’est-ce pas...

Mes résolutions pour 2008 ?  Ben on prend les mêmes et on recommence... (on appelle ça faire un billet facile après une soirée bien arrosée)
 
Une illu de circonstance, reçue du papa du Sumoups, que je remercie.
resolution

15
nov

Martine vous inspire


Merci à Nuages qui a été bien inspiré.  Je vous publie toutes ses propositions à l'exception d'une que je garde pour un billet.  La dernière correspond à ce que je n'aime pas trop, rien à faire, ça ne me fait pas rire.  Que voulez-vous, on ne se refait pas.  Au fait, elle est indécente la Martine, montrer ainsi sa culotte !
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