13
mai

La minute blonde : états d’âne (écrit le 07/04/2007) :

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Je m'en souvenais alors je le publie, j'adoooooooooooooore les croisières :)

"Vacances j’oublie tout. Plus rien à faire du tout. La mer est belle. Le ciel est beau. La vie est belle. Je suis dans un petit village grec magnifique, celui aux toits bleus, archi connu. Le nom va me revenir. Grisée par l’instant paradisiaque, je retombe dans la réalité lorsqu’on m’étale les choix qui s’offrent à moi pour rejoindre le bateau (ouiiiiii, vous avez pigé, c’était lors de ma croisière oùsque j’ai dansé sur le pont devant toutes les caméras) :

- choix numéro 1 : à pied (il faut savoir que ça descend en zig-zag sur la falaise, via un petit chemin infesté de crottes d’ânes, enfin de mules – la mule est née du croisement entre âne et cheval : taille de petit cheval caractère de gros âne). J’aime pas marcher quand ça descend, et puis c’est pas original, pas rigolo, pas « souvenir impérissable ».

- choix numéro 2 : en téléférique. Aaaaaargh, ça va pas la tête non. Un téléférique. Dans ce pays dont je ne sais rien, ou si peu. Qu’en est-il des normes de sécurité ? Le système a-t-il été révisé ? Et si tout s’effondre lorsque je suis dedans ? « La célèbre écrivaine belge Anaïs meurt dans un terrible accident de téléférique. Depuis lors, son livre s’arrache comme des petits pains ».

- choix numéro 3 : à dos de mule. Je dois avoir pris trop de soleil car je ne fais ni une ni deux, j’oublie les normes de sécurité des mules, je ne demande pas de quand date leur dernier contrôle technique, j’accepte illico. Et je me retrouve perchée sur le dos de cette sale biesse. Je réalise illico l’horreur de la situation : contrairement à ce que j’ai cru, les bêtes ne sont pas attachées entre elles et guidées par un gentil grec à mon service. Non. Point du tout. Ma mule connaît le chemin et entame la descente, seule (enfin avec moi sur le dos). Pire : les grecs, disséminés sur le chemin, hurlent comme des damnés pour que les mules accélèrent le pas. Ben oui, elles sont des tas et des tas à faire l’aller retour mer/village. Et ça descend en zig zag. A chaque zig je pense que je vais valser illico dans l’océan. A chaque zag je m’accroche désespérément à la petite sangle qui sert de rennes. Je vis un enfer. Et ça descend raide de chez raide. A chaque pas j’ai la sensation que je vais devancer l’animal tant il est nerveux. Et je hurle des choses, ni du français ni du grec, des borborigmes violents qui reflètent ma stupeur et mes craintes, comme dirait l’autre, je pousse des cris de « porc frais » (cris d’orfraie). Un guide comprend mon désarroi. Ou plutôt, il est attéré par mon attitude. Alors qu’il demande une énième fois à ma bestiole d’accélérer, je crie que non, je refuse qu’elle accélère, je veux descendre, pitié, sauvez moi mon Dieu, je crie, je pense n’avoir jamais tant crié de toute mon existence. Il me prend en pitié (et surtout veut faire taire la harpie que je suis devenue) et s’empare de la sangle pour me mener à bon port. A l’arrivée, je m’effondre lamentablement, jambes tremblantes, paumes de mains en sang tellement je me suis accrochée à tout ce que je trouvais. Alors les canassons en tous genres, c’est définitivement terminé. J’en porte encore les stigmates.

PS : le village, c’est Santorin.

PS : voilà l’animal, zavez vu son regard vicieux ?"

 

11
mai

Souvenir...

http://le-celibat-ne-passera-pas-par-moi.skynetblogs.be/a...

25
jui

Rediffusion estivale pour Sabrina : mon escapade soldes

(le 10 janvier 2010 étant un dimanche, jour de chronique livre, voici le billet du 11 janvier 2010, bonne lecture.  Qui veut une autre rediffusion ? Me donner la date en commentaire...)

 

L'autre samedi, le 2 janvier, chuis pas allée aux soldes.  Zêtes fous ?  Le premier jour des soldes + un samedi, vous voulez ma mort ou quoi ?

Mais malgré tout, je me disais qu'à rester là, chez moi, paisiblement installée devant la TV, le PC ou un bon livre, je sais plus trop, je ratais peut-être des super affaires de la mort qui tue.

Et ça, c'est dommage hein.

Alors, mercredi, après ma leçon de piano (pas aussi hot que dans le film, mais bien quand-même, la leçon, vu que j'apprends Que ma joie demeure de Bach, air que j'ai eu en tête durant 24 heures sans savoir ce que c'était, que j'ai chanté à bon nombre de gens qui « connaissaient » mais « savaient pas exactement ske c'était », qu'une collègue que je vénère depuis a reconnu et que, donc, j'apprends à jouer, ça fait mon bonheur c'est l'essentiel), donc après cette leçon, je me suis dit « tu as quelques heures devant toi, petite Anaïs, va solder ».

Et je suis allée solder.

J'ai commencé par le haut de la ville, et je suis donc entrée dans deux boutiques. Dans la première, je suis allée à l'étage (rayon femmes, logique implacable), et j'ai vu des monceaux de fringues mélangées.  J'aime pas le bordel, vous le savez, donc j'ai abandonné, je suis redescendue et sortie aussi vite que j'étais entrée.  Dans la seconde, j'ai bien repéré une doudoune bien sympa, mais je me suis dit « as-tu besoin d'une doudoune à ajouter à tes dizaines de vestes, manteaux et autres trucs qui tiennent chaud en tous genres ? Non ?  Alors va-t-en. »

Et je m'en suis allée.

Vous me direz, si c'est pour n'acheter que ce dont on a BESOIN, on n'achète plus rien, à part des trucs chiants genre poudre à lessiver, pâtes, gel douche ou breloques Pandora (si, les breloques Pandora, c'est un truc dont on a BESOIN, croyez-moi, pire que de la cocaïne - enfin j'imagine, car je n'ai jamais goûté cette substance merdique, mais j'ai goûté les breloques Pandora et depuis lors les crises de manque se succèdent, billet suivra je vous l'ai déjà dit, reste à l'écrire).

J'ai ensuite continué ma descente de la ville, trottoir de droite, le plus achalandé.  Et à chaque vitrine, c'était pareil, j'étais pas tentée.  Déjà, dehors il faisait froid, et j'avais mon écharpe (enfin celle d'Olivier, que vous connaissez maintenant si vous lisez ce blog depuis ses débuts) et mes cholis gants-mitaines-moufles fuchsias à cœurs foncés achetés à Londres récemment (ça aussi faut que je vous en parle, diantre, j'ai du retard).  Rien que l'idée dans un magasin surchauffé, bourré d'étudiantes en furie (jamais les soldes le mercredi), j'avais la nausée.

J'ai décidé d'abandonner l'idée d'acheter des fringues après avoir tenu en main durant dix minutes une tunique noire et grise, jolie comme tout, MAIS PAS SOLDEE, cela va de soi, en hésitant sans cesse « j'essaie - j'essaie pas - j'essaie - j'essaie pas ».  C'est nin possip' de perdre son temps ainsi en inutiles tergiversations.  Je l'ai lancée sur un tas de vêtements, et j'ai opté pour les chaussures.

Enfin les bottes.

Car on a toujours besoin d'une petite paire de bottes.

Toujours.

Ben le magasin de bottes s'était transformé en magasin pour anorexiques au stade terminal, vu qu'ils avaient sorti une longue table, qu'ils l'avaient installée entre les deux vitrines, rendant le passage impossible pour deux personnes à la fois, sauf à rentrer le ventre et ne pas respirer durant la traversée.  Traversée que j'ai tentée, à mon grand dam, car y'avait que des horreurs d'avant-guerre.  J'ai donc retraversé en rentrant le ventre et sans respirer, et j'ai quitté ce lieu de perdition.

Quelques vitrines et un immense désespoir plus tard, je me suis dit que les soldes, vraiment, c'était plus mon truc.

Alors j'ai regardé un peu la nouvelle collection, déjà installée, puis je suis rentrée chez moi.

Etat des dépenses du jour : zéro euro zéro centime.

Keski s'impose après cette expérience sinistre : félicitations ou consternation ?

J'hésite encore, mais ce qui est clair et net, c'est que j'y retourne que le 31 janvier, quand tout est à - 70 % et que les nouveautés sont toutes arrivées.  Et là, la carte de crédit va chauffer, je vous le dis.

24
jui

Rediffusion estivale pour Oriane : J'ai rencontré Pat Hibulaire

Oriane m'a demandé le 14/4/11, mais j'ai rien en stock à cette date, j'ai donc cherché le billet le plus proche, qui parle pas livres ou ne se contente pas de montrer une photo, et c'était "j'ai rencontré Pat Hibulaire", publié quelques jours après le 14.  Quelques jours avant le 14, y'avait "une bite, c'est moche", un billet qui avait généré énormément de visites à l'époque, mais très très court, comme un micro-pénis, alors j'ai préféré offrir une plus grande lecture à Oriane :

Bon, clair que j’aurais préféré rencontrer Saint-Nicolas avec ses chocolats, mais j’ai pas eu le choix.

Alors j’ai rencontré Pat Ibulaire.  Vous connaissez ?  C’est un personnage du Journal de Mickey ou de Super Picsou ou de … ben je sais plus, ce sont les trois journaux que je lisais quand j’étais môme, le Journal de Mickey était hebdomadaire, le … mensuel et le Super Picsou tous les deux mois (mais chais pas comment on dit, car bimensuel c’est deux fois par mois non ?)  Au milieu des gentils donc, y’avait le méchant, Pat Ibulaire.

Le matin, je suis la première à arriver au bureau.  Enfin pas tout à fait, vu que la femme de ménage technicienne de surface est là avant moi, bien avant moi.  Elle est cool et après notre conversation matinale habituelle, savoir le lundi « ça va, ben comme un lundi, oui vivement vendredi », le mardi « ça va, fatiguééééééééééééééée », le mercredi « ça va, vivement le wiiiiiiiiiikende », le jeudi « ça va, ouiiiiiiiiii, demain wiiiiiiiiiiiiiiikeeeeeeeeeeeeeeeeendeeeeeeeeeeeuh » et le vendredi « ça va, yes yes yes, que du bonheur c’est vendredi et demain c’est samedi on fout l’camp d’ici oh (ça se chante hein ça) », je rejoins mes pénates.

Soudain, même pas assise l’Anaïs, on sonne.

Trop tôt pour être le facteur.

Vu que je bosse dans le bureau « fort fort lointain », comme Shrek, il me faut un temps fou pour rejoindre le hall d’accueil et l’ouvre-porte.  J’entame donc ma randonnée jusqu’à la porte d’entrée, pas après pas, marche après marche, persuadée que c’est pas le facteur.  Et que j’ai pas envie d’ouvrir, du coup, mais c’est mon devoir.

Durant le trajet, ça sonne à nouveau, de façon impatiente.  Oui, l’impatience se remarque dans le coup de sonnette, vous n’aviez jamais remarqué ?

Après ce long périple, j’arrive à quelques mètres de la porte quand, soudain, le drame se produit : les coups de sonnettes exaspérés ont laissé place à des coups répétés sur la porte, assortis de mouvements violents sur ladite porte, pauvre petite chose fragile secouée pire qu’un morceau de fruit dans un blender à smoothies.  L’individu aimable qui sonnait gentiment à la porte a laissé place à une sorte d’Incroyable Hulk excédé de ne pouvoir entrer…  Et moi aussi je suis excédée de ce manque de respect.  Tout bien réfléchi, je suis plus effrayée qu’excédée, car c’est l’aube et je suis seule, la technicienne de surface m’ayant lâchement abandonnée pour se réfugier à la cave, une fois que les coups répétés ont commencé.  Et l’individu insiste, secouant la porte à qui mieux mieux, dans l’espoir vain de la voir céder… ce qui serait, somme toute, assez amusant.  Non ?  Non.

Je prends donc mon courage à deux pieds, j’ouvre la porte, et découvre… une petite dame toute menue toute frêle, à l’air courroucé de la puce face à un Sphynx.  L’air de rien, elle me remet un courrier.  Un simple courrier !  Un bête courrier.  Puis elle s’en va, toujours l’air de rien.  Tout ça pour ça…

Je vous le dis, ma bonne Dame, la clientèle n’est plus ce qu’elle était.

23
jui

Rediffusion estivale pour Caroline : Vive le monde moderne VS à bas le monde moderne

A la date du 19 décembre 2010, un dimanche, des chroniques livres, puisque le dimanche on lit au lit. Notamment une chronique très noëllesque, si tu veux tout de même avoir un billet à la date choisie.

Je rediffuse donc le billet de la veille, du 18, dont la lecture est plus sympa que des billets sur des livres parus il y a plus de deux ans :

En regardant Dirty Dancing en DVD l’autre jour, j’ai réalisé à quel point le monde moderne facilitait ce genre de chose : mater un film, au moment où je le désire, à la seconde où je l’exige.

Passque quand j’étais môme, au siècle dernier, ben c’était pas si facile, rha ben non ma bonne Dame.

D’abord, les magnétoscopes, ça coûtait un pont quand j’étais môme.  C’était du super méga luxe.  Notre premier, acheté d’occasion, le fut pour la modique somme de 2 000 eur.  2 000 eur de l’époque, soit encore bien plus actuellement.  Avoir un magnétoscope, c’était du luxe, puisque je vous le dis.

Ensuite, bien sûr, y’avait pas internet, on écrivait dans les grottes avec des branches noircies par le feu, du moins après qu’on l’ait inventé, le feu, donc impossible de regarder quoi que ce soit en streaming, ni de télécharger quoi que ce soit.  Impossible, de plus, je fais une petite digression, de trouver le nom d’un acteur ou d’un film sur internet, via Google, ce qui me contraignait, quand j’avais un nom sur le bout de la langue et que ça m’exaspérait de ne pas le retrouver pire qu’un moustique la nuit, à envoyer un sms à mes copines pour obtenir de l’aide (exemple : c’est qui déjà la femme du mec qui jouait dans ce film sur les avions de chasse, un brun craquant là…) – et là je parle d’après l’arrivée des GSM, car avant, c’était encore plus l’enfer…  Fin de la digression.

Alors, quand on voulait voir un film, on louait la cassette à la vidéothèque du coin.  Pas de VOSTF disponible, bien sûr, fallait se contenter de la VF.  J’en suis même à me demander si je savais que les VO existaient, habituée que j’étais à tout voir en français.

Pour Dirty Dancing, en 1987 donc, j’avais obtenu qu’on le loue un samedi, ce qui permettait de garder la cassette jusqu’au lundi matin, ô bonheur suprême.

Bien sûr, j’avais vu Dirty Dancing au cinéma.  Et m’étais prise d’une passion folle pour Patrick Swayze (c’était de mon âge, à l’époque… cela ne l’est plus maintenant, ce qui ne m’empêche nullement d’encore fantasmer sur ses pectoraux en chocolat belge).  J’avais acheté les deux cassettes (et oui, le CD n’existait pas encore) contenant la BOF, je collais des photos de Patrick dans mon journal intime, je traduisais mal She’s like the wind, que j’avais choppée sur une radio et que j’écoutais en boucle en rêvant que Johnny/Patrick me fasse danser puis me fasse l’amour comme un dieu du sexe.

Alors, l’arrivée de cette cassette vidéo de location dans ma vie mon week-end, ben c’était comme l’arrivée de Saint-Nicolas, comme la résurrection du Christ, comme la nouvelle collection d’écharpes Strelli : un bonheur.

Le samedi soir, donc, vision en famille de Dirty Dancing.

Et le dimanche, j’obtiens de le regarder encore deux fois, avant qu’on le (le = Patriiiick) range gentiment dans sa boîte pour le rapporter le lendemain au vidéoclub.  Tout ça sur la télé du salon, car bien sûr, à l’époque, c’était une télé par famille.  Je sais, c’était Les misérables quand j’étais môme, même qu’on jouait au tennis sur Atari, la misère je vous dis, mais j’en parlerai un autre jour, du tennis sur Atari ou de Donkey Kong, une digression suffit par billet.

Cela fait un bail maintenant, mais je m’en souviens comme si c’était hier.  Intense dimanche que celui-là, puis tristesse de devoir rendre la cassette.

Tristesse intense.

Désespoir profond.

Alors que de nos jours, ben c’est la satisfaction du besoin immédiat, ou la satisfaction immédiate du besoin enfin c’est chou vert et vert chou.  Avec internet, avec les DVD, avec les locations à la demande, avec le voocorder qui peut même mettre le programme en pause (je l’ai toujours pas, m’ont jamais rappelé chez Voo, enfin chez moi, mais je perds pas espoir)…

Bonheur immédiat.

Mais peut-être, sans doute, certainement, moins intense que celui que j’ai eu à pouvoir regarder deux fois Dirty Dancing sur un seul dimanche, sachant que je ne le verrais ensuite plus avant des mois, lors de son passage à la télévision.

Finalement, eske le bonheur immédiat ne gâcherait pas le plaisir de l’attente du bonheur, tout bien réfléchi ?