20
jan

Quand Saint-Trucmachin débarque

Que Saint-Nicolas débarque dès novembre dans les magasins et nous abreuve de ses catalogues et promos, je veux bien accepter, pour la joie des petits.

Que Papa Noël fasse parler de lui bien avant le Grand Saint, pour les mêmes raisons, passe encore.

Mais que Saint-Valentin pointe le bout de son nez dès aujourd’hui, là j’appelle à la révolte.

Que tous les célibattants me contactent et se joignent à moi pour une grande marche rose sur ce blog (laissez vos pétitions anti Saint-Mangepasdpain en commentaires).

Explications.

Ce matin, manquant d’énergie (c’est mon état normal, mais sachez qu’une déjà fade sans énergie donne un mollusque agonisant, et c’est pire), j’ouvre lentement mon toutes-boites et qu’y vois-je, qu’y lis-je en première page ? BIENTÔT LA SAINT-MACHIN ACHETEZ VITE VOS… Vos « je ne sais plus quoi », car prise d’une crise d’angoisse, d’hystérie, j’ai déchiré le toutes-boites en confettis, j’ai sauté sur le tas de confettis durant une demi heure pour les réduire en poussière et je les ai offerts au rat en guise de litière de la semaine. Bien fait. Fallait pas me chercher.

Le 14 frilosité, aaaargh rien que d’y penser et je sens un bouton qui se prépare sur mon angélique visage, c’est déjà une date horrible (que je me refuse dorénavant d’écrire ou de prononcer), une journée à oublier, mais si on en parle 24 jours avant, ça devient une invitation au suicide collectif pour les millions de célibat-hères qui déambulent tels des morts-vivants-de-l’amour dans nos villes.

Donc dès maintenant je vais être obligée de jeter immédiatement l’intégralité des toutes boîtes que je reçois, je n’achèterai plus aucun magazine dès lundi (même pas mon Flair), pour éviter tout risque d’y lire ce prénom diabolique. Et toutes ces pubs nous invitant à bénéficier des promos sur de ravissants coffrets de parfum, à découvrir la nouvelle collection de bijoux pleine de cœur, à baver devant les menus spéciaux amoureux, à offrir des fleurs même sans être sous l’effet d’Impulse.

Il me reste quelques solutions :

- rencontrer hyper rapidement quelqu’un dont je tomberai éperdument amoureuse, et pouvoir ainsi me pavaner à son bras dans un resto chic, avec au cou un énorme symbole de notre amour naissant (ou au doigt, mais n’est-ce pas prématuré, chéri ?)

- vous donner à tous mon adresse pour recevoir tellement de roses que j’en oublierai la crise de désespoir qui m’assaillera inévitablement le mercredi 14 poil-au-nez au soir, lorsque je serai seule ici, sur mon canapé, me goinfrant de glace Haagen Dasz Praliné and Cream, telle Bridget Jones dans le générique de son film

- fêter ma non Saint-Puantain avec d’autres célibattants, histoire d’oublier le triste sort qui nous rassemble par la force des choses

Ça va ça va n’en jetez plus. Je vois dans vos yeux vos réactions « bah, la St Serpentin c’est d’une banalité crasse, c’est du commercial, il ne faut pas attendre un jour par an pour se prouver qu’on s’aime et patati et patata ». D’accord. Yo lo séééééééééééé. Ça n’empêche que moi aussi j’aimerais recevoir des fleurs, une bague, une déclaration, un parfum, une invitation au resto, pas seulement le 14 soupaulait prochain, tous les jours, mais particulièrement aussi à la Saint-Ratetontrain…

J’assume, par cet attachement à cette date que je hais, mon romantisme exacerbé.

17:51 Écrit par Anaïs dans Anaïs râle | Lien permanent | Commentaires (10) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

12
jan

Slim ou pas slim, telle est la question

Lu dans Jasmin : « On est abonnée au même club ! Celui de la femme indépendante mais qui rêve du grand amour, émancipée mais qui milite pour le retour de la galanterie, accro au shopping, cœur d’artichaut, victime du jean slim, citadine névrosée mais idéaliste, bonne copine et langue de vipère ! »

Waw.

Enfin, je suis comprise, voire démasquée, totalement, irrémédiablement.

Nul besoin de commenter, sauf peut-être pour le jean slim, terreur des grosses cuisses. J’ai lu sur un autre blog, dont j’ai oublié le nom, qu’il devait y avoir eu une mutation génétique entre les générations 60-70-80 et la génération 90. Je confirme. De mon temps (et je vous parle d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître – Aznavour), on était gamine jusque 13 ans, puis on passait lentement du stade enfant au stade femme plantureuse, sans passer par la case filiforme. Actuellement, quand je me balade en ville, outre le fait que je me sente vieille et moche (ça c’est normal), je me sens obèse (ça c’est anormal avec le BMI que je vous ai confié). Je ne croise plus que des ados à la limite de l’anorexie, giga grandes, moulées dans des jeans, eux-mêmes moulés dans des bottes à talons démentiellement hauts (moi qui suis perchée sur mes 2,5 cm en permanence), moulées dans des petits tops taille 32 laissant apparaître, été comme hiver, un nombril piercé.

Pourquoi, moi, je ne suis jamais passée par cette phase ? J’étais une petite gamine, trop petite d’ailleurs, puis j’ai poussé comme une herbe folle pour devenir un semblant de femme. Je n’avais cependant pas les bonnes choses aux bons endroits (depuis lors je me suis rattrapée, merci Dame Nature). A 15 ans j’avais l’air d’une gamine ringarde. Les ados de 15 ans de l’an 2007 sont des femmes fatales. Fait étrange, tout comme les femmes ayant perdu énormément de kilos continuent à se percevoir obèses, j’ai toujours l’impression d’être un petit poucet, même si je suis maintenant dans la moyenne (ouf, trois fois ouf).

Pourtant, si je me souviens de l’avis des médecins que je croisais chaque année (ah, la joie des visites médicales, 30 ados comparant leurs corps, un bonheur, j’en suis restée traumatisée), j’étais squelettique : « faut grossir mademoiselle, faut faire du sport, vous mangez bien à table ? ». Ils m’ont créé des complexes que je n’avais pas. Je rêvais donc de grossir, faut le faire ! De là cette habitude, que j’ai gardée au grand dam de mes fesses, de me nourrir exclusivement de Giant, chokotoff et autres chips. A l’époque, la mode n’était pas aux filiformes, voilà le nœud du problème. J’évolue à l’inverse des tendances. Je ne suis jamais dans la norme. Maintenant que j’ai enfin pris le poids tant réclamé par la profession médicale, voilà qu’on doit ne plus avoir un pêt de cellulite pour être dans cette fameuse norme. Je n’en sortirai jamais, help.

Alors je me console. Je me balade en ville. J’évite de scruter les ados de 45kg/1m75/90-60-90, moulées dans leur jean slim, et je me goinfre d’images des mêmes ados, format 95 kg/1m60/110-90-110, moulées dans le même jean slim. Le ridicule ne tue pas. Et comme, principe connu des vases communiquants, ce qui est compressé d’un côté doit ressortir ailleurs, je me régale de ces visions d’horreur. Le mot est fort, je l’admets, mais il faut savoir s’habiller en fonction de sa morphologie, et lorsqu’un de ces fameux jean slim fait ressortir du gras de tous les côtés, lorsque le piercing est noyé dans la bedaine, il est bon de se remettre en question. Le ridicule ne tue vraiment pas, la connerie non plus (dommage, dites-vous ?). Demain je cours m’acheter un jean slim, un top moulant et des bottes hautes, mais hautes…

23:07 Écrit par Anaïs dans Anaïs râle | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

6
jan

« Quand il faut être riche pour vivre » (Flair)

La maladie est en soi injuste. Lorsqu’elle touche des enfants ou des personnes jeunes, elle est révoltante. Mais lorsqu’il existe un traitement, et que pour des bêtises incompréhensibles et injustifiées, celui-ci n’est pas remboursé en Belgique, alors qu’il l’est en France et au Luxembourg, lorsqu’il existe une chance de guérir et que, parce que la malade est née en Belgique, son traitement lui coûtera 12.000 eur au lieu d’être pris en charge par l’INAMI, c’est tout bonnement inacceptable et sidérant !

Il y a quelques mois, j’ai entendu parler, sur le site orange, de l’histoire de Frédérique, 34 ans, atteinte d’un cancer, et pour qui les médicaments n’étaient pas remboursés. Elle s’est battue des semaines durant pour avoir de l’aide. Une pétition a circulé, des reportages TV ont été faits. Frédérique est décédée il y aura bientôt un an.

L’histoire se répète avec Sandrine, 23 ans, elle aussi atteinte d’un cancer qui nécessite un traitement hyper coûteux, parce que non remboursé par la mutuelle, pour des raisons obscures (l’INAMI pourrait sans doute nous en dire plus, mais quand la maladie est là, dans l’urgence, quand un médicament peut aider, peut sauver, doit-on accepter l’inacceptable sans bouger ?).

Allez visiter http://www.parlerdesavie.blogspot.com/, une pétition peut être envoyée (une goutte d’eau plus une goutte d’eau dans l’océan…), des dons peuvent être faits. Parce qu’en 2007 on ne peut laisser les gens s’en aller alors que le médicament est là, à portée de main…

10:26 Écrit par Anaïs dans Anaïs râle | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

5
jan

Soupe au lait, moi ?

Vous vous souviendrez de ma résolution (enfin une parmi tant) : ne critiquer (en douce) les collègues qu’une fois par mois.

Question : piquer une crise ouvertement, sans hypocrisie aucune, avec taux d’adrénaline au plus haut et vertiges nerveux à la clé, est-ce critiquer en douce ? Ou est-ce juste une crise de colère acceptable (je m’en vais de ce pas relire mes résolutions, car il me semble avoir écrit « ne plus me mettre en colère ») ?

On n’a beau être que neuf au bureau, c’est pas toujours la joie. Ce que je ne supporte pas, ça vous l’aurez compris, c’est l’hypocrisie et le sans-gêne, qui est pour moi synonyme d’irrespect.

Le bureau est pas mal équipé : frigo, taque électrique. Chacun apporte sa petite popote à réchauffer ou réfrigérer. Chacun sait ce qui est à lui, et le dicton dit « ce qui est à toi n’est pas à moi ». Etrangement, certaines personnes ont des pertes de mémoire ou sont atteintes d’un Alzheimer très précoce. Et Dieu sait que je n’aime pas plaisanter avec l’Alzheimer, car j’ai vu les ravages que cette maladie a faits sur mon bon-papa bien aimé, paix à son âme (ça me fait toujours du mal d’entendre des plaisanteries sur le sujet, c’est ridicule de ma part, mais c’est ainsi). Et quand je dis certaines personnes, je sais bien sûr de qui je parle. Il ne s’agit pas des baleines futures mamans, à qui je pourrais pardonner une envie soudaine et irrépressible. J’ai pu constater, depuis un petit temps déjà, que mes délicieuses bouteilles de Coca Light, Schweppes Agrum Light, Pepsi Max (je suis pas raciste), Fanta light (prononcez Lichhhht comme ma défunte bonne-maman) et autres boissons désaltérantes indispensables à la survie de toute employée de bureau, se vident par l’opération du Saint-Esprit. Comme je connais le prénom dudit Saint-Esprit, mais qu’il est vilain d’accuser sans preuve, j’ai dispensé mes remarques à tout le monde, espérant qu’elles feraient mouche. Et quand je dispense, je n’y vais pas avec le dos de la cuillère. C’est direct et net (agressif diront certains, je mettrai ça sur le manque de caféine : si plus de coca, plus de caféine, si phénomène de manque, agressivité – morale : le voleur récolte ce qu’il a semé - CQFD).

Pas plus tard qu’hier, j’ose déposer une brique de soupe ultra light (et ultra chère) pour mon petit repas. Délicieuse cette petite soupe, cette petite eau chaude aromatisée devrais-je dire. Je remets le reste au frigo, avec mon prénom (Anaiiiiiiiiiiis) en haut, sur le côté gauche, le côté droit, la tranche gauche, la tranche droite, et dessous (aaaaah ça coule), au cas où « quelqu’un » aurait vraiment un problème de vue. Ma brique semble en sécurité. Ce jour, sur le coup de 11h, petite fringale. Je monte me réchauffer un petit bol de soupe light, j’en bave d’envie. Point de soupe. Enfin trois gouttes au fond, séchées les gouttes.

Avez-vous déjà lu Boucle d’Or et les Trois Ours ? (si non, Google pourra sans doute vous en fournir une version). Je me suis sentie jouer le rôle du petit bébé Ours.
Souvenez-vous :
Maman Ours : quelqu’un a touché à mon bol de soupe (prendre une voix douce de maman Ours)
Papa Ours : quelqu’un a touché à mon bol de soupe (prendre une grosse voix de papa Ours)
Petit Bébé Ours : quelqu’un a touché à mon bol de soupe et a tout bu (prendre une toute petite voix de Petit Bébé Ours qui pleure)
(pour la petite histoire c’est bien sûr Boucle d’Or qui a mangé, bu, dormi dans la maison de la famille, à la différence que ça se termine en happy end, comme tous les contes).

Je prends donc la grosse voix de Papa Ours pour aller enquêter : QUI A BU MA SOUPE LIGHT ? La solidarité joue de suite, j’ai confirmation que c’est, encore et toujours, la même personne qui nous fait une grosse rechute d’Alzheimer.
Je garde donc mon calme et prends ma voix la plus glaciale (celle du Papa Ours vraiment dans une colère froide de chez froide) et je pars régler mes comptes :
boucleorMoi, voix glaciale « N’ai-je pas été claire assez la dernière fois ? tu ne touches plus à mes affaires ? »
Lui, voix innocente « ben non, m’enfin, ON a encore touché à tes affaires ? »
Moi, voix givrée « Je croyais avoir été claire au sujet des boissons light, ça commence à bien faire »
Lui, voix choquée « quoi, on t’a encore bu tes boissons ? »
Moi, voix bloquée par le gel « cette fois, ma soupe »
Lui, voix outrée et air totalement interloqué (les hommes jouent bien la comédie c’est fou) « ah ben ça »
Moi, voix inaudible, langue bleuie par la froideur des propos « écoute je sais que c’est toi, on me l’a dit, alors ça suffit maintenant, est-ce clair, tu ne touches plus à rien »
Lui, voix lassée « mais oui mais oui »

Et je sens que ce « mais oui » signifie « elle va pas nous faire un fromage pour un bol de soupe (cette chieuse) ». E bien si, j’en ferai un fromage, car ici on est dans « Boucle d’or et les trois Ours » et non dans « le Corbeau et le Renard ». Et oui, je suis une chieuse, mais pour moi c’est pas être chieuse que d’agir comme je l’ai fait.

J’ignore ce que vous en pensez, mais personnellement il ne me viendrait pas à l’idée de me servir dans la bouffe des autres (j’ai trop de respect pour la nourriture, moi !). Et si, victime d’une hypoglycémie fulgurante, je suis au bord de l’évanouissement, je trouverai toujours l’énergie pour demander si je peux emprunter un petit truc à grignoter, sans le piquer en douce (de toute façon ça ne risque pas de se produire, j’ai dans mon tiroir – fermé à clé – un stock phénoménal de trucs anti crise d’hypoglycémie).

Rassurez-vous, cela ne se reproduira plus, énervée que j’étais, je lui ai mis un crochet du gauche, un coup de pied dans les parties, deux paires de claques. J’avais omis un détail : c’est mon supérieur. Me voici donc sans emploi.

Vache (meuh) non je plaisante (quel humour avant le WE, j’en suis scotchée), j’ai juste claqué la porte, mais j’ai trouvé une solution définitive : la valise intelligente réfrigérée pour stocker ma bouffe. Si quelqu’un s’y attaque, elle lui explose au visage, avec traces d’encre indélébile partout. Voilà. Fallait pas me chercher, je suis soupe au lait (et maintenant reste plus que le lait...). Signé Petit Bébé Ours, petit mais costaud.MUS_E_D_HISTOIRE_NATUREL_2_ Merci Nuages pour la photo, c'est moi tout craché

19:46 Écrit par Anaïs dans Anaïs râle | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

31
déc

Aller à confesse

Avec ce début d’année qui approche, le temps des bonnes résolutions a sonné…

Et ça me rappelle lourdement les temps des confessions. Je n’ai pas spécialement été éduquée dans un catholicisme exacerbé, mais je n’ai pas échappé à l’école catho, aux messes, à ma communion (laissez venir à moi les petits cadeaux), et, jusqu’à la dite communion (soit six ans), à la confession. Un enfer, sans mauvaise allusion. Je n’ai jamais été une sainte, enfant. Ni un démon. Juste une fille un peu espiègle, fort bavarde (ça m’est resté), parfois un peu sadique (avec les bestioles, comme tous les gosses). Alors quand était venu le temps de la confession, je n’avais aucune inspiration. Et je me creusais la tête durant les heures d’école précédant ce moment intense de la journée. Au moment fatidique, je sortais systématiquement les mêmes bêtises : je parle trop, je ne suis pas gentille avec ma famille, j’ai mangé trop de bonbons.

Avec le recul, voilà ce que j’aurais dû dire :

pardonnez-moi mon Père parce que j’ai péché :

j’ai été vilaine avec le chaton qu’on a recueilli, je l’ai pris dans mon bain avec moi et j’ai voulu tester sa capacité à rester sous l’eau, le laissant se débattre un peu avant de le faire remonter. Je me suis rattrapée depuis, je ne fais plus jamais de mal aux animaux. Je suis pardonnée ?

J’ai été vilaine car j’ai menti lorsque ma mère m’a interdit d’aller à Aqualibi car je ne savais pas nager (maintenant je nage comme un caillou qui flotte, c’est mieux). J’ai dit « oui maman, d’accord maman, pas de problème maman » et j’y suis allée, à Aqualibi. Les potes ayant eu la bonne idée de faire tomber toutes les filles à l’eau avec leurs vêtements, j’ai inventé un mensonge abracadabrant à maman, qui m’a crue « maman c’est fou, j’ai trébuché et atterri dans une gigantesque flaque d’eau, j’ai eu si peur de m’y noyer maman». Depuis, j’ai avoué la vérité. Je suis pardonnée ?

J’ai été vilaine toute l’enfance car j’avais si peur du noir que je laissais toujours la lumière du hall allumée, pour pouvoir m’endormir, au grand dam de mon père qui fulminait, se fichait totalement de mes états d’âme, et éteignait systématiquement, me laissant mourir de peur, transie d’angoisse dans mon petit lit glacial. Maintenant j’utilise des ampoules économiques. Je suis pardonnée ?

J’ai été très vilaine mais les torts sont partagés avec ma meilleure amie. Vu la prescription, je peux l’avouer. Je ne me souviens d’ailleurs plus de qui est venue l’idée, je crains que ce soit de moi, avec mon imagination déjà débordante. Moi et mon amie on a été vilaines, donc, quand on a découvert un évier bouché à l’école, on a trouvé rigolo d’ouvrir le robinet à fond pour voir ce que ça donnait… On a vu ! Vraiment vu ! L’espace du dîner complet (boulettes frites glace), l’école était totalement inondée. A vous, les instituteurs qui vous souvenez de cet épisode, si vous passez par ici, rassurez-moi : je suis pardonnée ?

Depuis des années, l’épreuve de la confession fait partie du passé. Et pourtant. Comme il serait doux de pouvoir avouer ses mauvaises pensées, ses actes répréhensibles, et d’un coup de baguette magique, pouf, être absoute, tout est oublié, pardonné, passons l’éponge.

Ai-je tant à me faire pardonner ? Voyons cela avec les Sept Péchés Capitaux. Définition, trouvée sur le net : "7, nombre parfait et symbole de l'abondance divine, il est aussi selon la Bible le nombre du châtiment, de la purification et de la pénitence. Il est aussi attribué à Satan qui s'efforce de copier Dieu se faisant le singe de Dieu. Ainsi la bête infernale de l'Apocalypse (Ap 13,1) a sept têtes. Saint Augustin voit le sept comme la perfection de la Plénitude. Il en faisait aussi le nombre de la créature, considérant non la vie de celle-ci mais son devenir, l'évolution. C’est également lui qui a nommé les péchés capitaux pour la première fois. Selon lui ce ne sont pas les plus graves mais ceux qui sont à l’origine de tous les autres." Oups, s’ils sont à l’origine de tous les autres, j’imagine que confesser ces sept là suffira à obtenir le pardon divin.

Et c’est parti (Nâdiya) :

Avarice
On a tous un petit côté avare qu’on n’ose pas confesser. Moi je confesserai juste que je refuse de payer les ouvreuses au cinéma, sous le fallacieux prétexte que c’est leur seul salaire. Le jour où j’aurai la preuve de cette aberration, promis, je leur donnerai un pourboire, mais pas avant. Sinon, je serais plutôt dépensière, voire super dépensière. Je me crée chaque jour de nouvelles envies, qui se transforment immédiatement en besoins vitaux. La dépensite aiguë est elle un péché ?

Colère
Je suis très en colère, sur tout, partout, beaucoup. Je ne supporte pas l’injustice, et je la vois partout. Au bureau, avec les avantagés et les désavantagés, sans raison (les lèches bottes sont avantagés, les francs sont désavantagés – pas de bol, je suis trop franche) avec les injustices totales que je tente de combattre (mon surnom : la syndicaliste). Ça plait peu, l’attitude que j’ai, ce qui me dessert particulièrement. Dans la vie privée, l’injustice ce sont les boutchous qui sont malades (et moi je me plains avec cette minuscule bronchite, alors que des mômes passent leurs réveillons dans les hostos, sans savoir s’ils verront les prochains réveillons), ce sont les richissimes qui écrasent les pauvrissimes (je n’y pige rien en politique, mais les scandales de cette année, ça, je les ai compris), c’est la classe moyenne qui voit son pouvoir d’achat s’amoindrir d’année en année, ce sont les top biches qui se tapent tous les mecs qu’elles veulent alors que moi j’arrive même pas à en trouver un seul, de mec, ce sont les femmes qui font des gosses sans réfléchir, pour les abandonner ensuite, alors que d’autres femmes n’arrivent pas à en avoir, des gosses, malgré des traitements lourds et coûteux, ce sont les animaux maltraités sans scrupules (promis, je ne mangerai plus de foie gras à l’avenir), ce sont les hommes du site orange qui deviennent d’une paresse effroyable, d’une vulgarité toute crue, d’un irrespect total, ou au contraire mielleux à souhait, baratineurs nés (cumulables), et c’est l’homme de ma vie qui est lui aussi paresseux, pour prendre autant de temps avant de débarquer, rondidju. Ma petite révolte personnelle.

Envie
Ah l’envie, la jalousie. Un péché que je tente d’éviter à tout prix mais qui me rattrape très souvent. Je l’avoue, j’envie ceux qui sont plus beaux, plus riches, plus grands, plus intelligents, plus blonds (surtout plus blondes), plus talentueux, plus dynamiques, plus francs, plus courageux, plus amoureux, plus heureux, plus drôles, plus culturés (cultivés ?), plus musclés, plus minces, plus distingués. Ça nous fait donc à tout casser un gros … euh… on est combien sur terre ?

Gourmandise
La gourmandise n’est pas un péché. Qu’on se le dise. Il n’y a plus que six péchés capitaux, youpie. Quelqu’un pour me contredire ?

Luxure
Ah comme j’aimerais m’adonner à ce péché. Luxuuuuuuure. Ça sonne bien non ? J’ai comme l’impression que j’ai totalement oublié ce péché, il est exclu de ma vie. Reste à espérer que ce soit comme le vélo, que ça ne s’oublie pas. Sinon je prendrai des cours de sexo-école, na.

Orgueil
Je ne suis pas du tout orgueilleuse, je suis la représentation absolue de l’anti-orgueil. Je me demande même s’il ne m’en faudrait pas un peu de l’orgueil, ça aide non ? Au bureau ça aide à négocier les augmentations, en amour ça aide à négocier les préliminaires, avec son proprio ça aide à négocier les réparations. Trop d’orgueil doit être invivable pour les autres, mais trop peu est invivable pour soi.

Paresse
Paresse est mon second prénom, j’avais omis de le stipuler ?

Score : 4,5/7, ça va encore non ? En cette veille de l’an neuf, sincérité oblige, je l’avoue humblement, je râle sur tout et rien, je me goinfre de gras et sucré, je glande devant les conneries TV, je médis sur la famille/les collègues et tout les humains qui m’entourent, j’envie (tous ceux sur qui je médis, logique), je critique tout et rien (et je m’auto-critique, aussi, ça compense), je suis bordélique (point de non retour atteint), je claque du fric pour moi et pas pour les ONG, je rancune (du verbe rancuner, que je conjugue à tous les temps), bref, je suis comme tout le monde. Je suis loin d’être une sainte, je suis juste humaine, avec mes tas de défauts et mes quelques qualités, j’espère que ça suffira à m’offrir le paradis (et s’il arrive en avance, par exemple sur terre, c’est tant mieux).

Bonané à tous !

16:01 Écrit par Anaïs dans Anaïs râle | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |