11
fév

Je hais la mode

S'il y a bien quelque chose qui m'horripile au plus haut point dans le domaine mode, c'est la manie qu'ont actuellement les gens bien pensant (qui pensent d'ailleurs surtout à leur petit ego overdimensionné) de circuler en 4/4. C'est devenu pour la majorité des belges (et autres citoyens européens ?) le comble du snobisme. Parait que rouler plus haut que les autres, c'est cool. Ça flatte la confiance en soi sans doute. Ou alors ça hausse la libido ? En tout cas j'imagine que ça donne un sentiment de superpuissance inégalable. Même les femmes sont touchées par ce virus ridicule.

Ridicule car avoir un 4/4 en Belgique n'est d'aucune utilité, sauf si on vit dans une cabane en bois au fin fond des Ardennes ou si on bosse dans le Westhoek en permanence. Rouler en 4/4 pour aller de sa petite villa toute équipée à son petit bureau en centre ville frise la débilité profonde.

Ce n'est pas que je sois une super écolo chiante (chiante ça je suis, mais super écolo, pas plus que les autres). Je trie mes déchets car c'est obligatoire (et parce qu'un sac de recyclage coûte 40 fois moins cher qu'un sac poubelle, alors autant bourrer massacre le sac de recyclage et épargner le sac poubelle qui sera bientôt aussi cher qu'un sac Gucci). Je ne jette jamais rien sur le sol (car je sais qu'un chewing gum se biodégrade en mille siècles), même pas un petit papier (qui lui se biodégrade en mille heures), et si le petit papier tombe par hasard, je le ramasse (sauf si j'ai mon GSM en main, trois sacs de courses dans l'autre main et si la température au sol avoisine les -16). J'utilise les sacs écolo de supermarché, parce qu'on n'a quasi plus le choix. Et quand on ose demander un sac normal, on a droit à un regard lourd de sens et comparable à une salve de mitraillette, suivi d'un soupir déchirant. Donc je m'abstiens. J'en ai d'ailleurs une collection phénoménale, de ces sacs recyclables/recyclés, puisque je fais toujours mes courses les mains vides, ce qui m'oblige à en racheter systématiquement. Je fais toujours mes courses sans liste d'ailleurs, ce qui m'oblige à revenir systématiquement acheter tout ce que j'ai oublié (et à racheter encore un sac recyclable/recyclé – quand on n'a pas d'organisation, on a des jambes et des tas de sacs).

Bon j'admets qu'un homme au volant d'un 4/4 de marque allemande, par exemple, s'avère nettement plus sexy qu'un homme au volant d'une Smart. En théorie. Reste à voir si en pratique l'homme au 4/4 n'est pas un petit snobinard argenté pour qui la femme n'est qu'un faire-valoir (tout comme la voiture). Dans ce cas je suis rassurée, car en tant que faire-valoir j'ai peu de chances de remporter le premier prix. L'homme à la Smart sera sans doute plus rigolo, et n'aura pas peur du ridicule (et je parle du ridicule de la petite voiture là, pas du ridicule qu'il aurait à s'afficher avec moi, non mais vous voyez ces cinq doigts là ? vous voulez les voir de plus près ?). Comme je le dis toujours quand je vois passer ces hommes tirés à quatre épingles dans une bagnole à cinq chiffres (quand on a un salaire à six chiffres c'est fastoche), qui me rouleraient dessus plutôt que me laisser traverser tranquilos (ça doit être la taille de la voiture qui engendre une destruction des cellules "amabilité, cordialité, politesse et respect" du cerveau), donc comme je dis toujours, vulgairement : gros pouèt pouèt, petite quêquête. Joli mon dicton inédit, non ???

10:25 Écrit par Anaïs dans Anaïs râle | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

9
fév

Harcèlement

Aujourd’hui, comme hier, une lettre de mon fournisseur dans ma boîte aux lettres. Aujourd’hui, comme hier, copie de la facture tant réclamée.

Il semble donc qu’ils aient compris ma demande.

Je crains cependant, comme dans un mauvais film d’horreur, de recevoir dorénavant, chaque matin, une copie de cette facture. Comme Harry Potter dans le premier épisode, je vais être noyée de centaines, voire de milliers de lettres identiques, qui déferleront via ma boîte aux lettres, envahissant mon hall, mon living, ma vie… je périrai étouffée dans ces tonnes de papier non recyclé, le logo de cette boîte de détraqué s’imprimera sur mon visage, lequel sera écrasé par le poids de ces courriers. Et si je m’en sors… (Julie Zenatti), si je m’en sors sans bleus au corps…

Gros titre dans la presse internationale : « Carnage en Gelbique : une jeune femme, Anaïs C., s’est rendue hier, munie d’une mitraillette, dans les bureaux du fournisseur de téléphonie Shmurlb. Elle a immédiatement ouvert le feu sur l’ensemble du personnel en hurlant « vous m’avez rendue folle, vous l’aurez voulu, cette facture a détruit ma vie ». Seules deux personnes ont survécu à cette tuerie monstrueuse. L’auteur du carnage a été maîtrisée par les forces de l’ordre et se trouve actuellement en détention préventive. Il semble qu’elle n’ait pas recouvré la raison et continue à hurler « cette facture m’a détruite », comme une litanie permanente, depuis son arrestation. L’enquête démontrera ce qui a pu déclencher une telle folie meurtrière chez cette jeune femme décrite par ses proches comme équilibrée et jouissant d’une réputation irréprochable. »

Tout cela me rappelle une mésaventure (histoire vraie) lue sur le net, qui risquerait bien de m’arriver… Je ne peux résister à l’envie de vous la faire lire :

Chère femme de chambre,
Je vous prie de ne plus déposer les petites savonnettes de l'Hôtel dans ma salle de bains, car j'ai apporté mon propre Palmolive familial. Pourriez-vous enlever les six savonnettes qui sont sur l'étagère et les trois qui sont dans le porte-savon? Elles m'encombrent. Merci.

Chère chambre 635,
Je ne suis pas votre femme de chambre habituelle. Elle sera de retour demain, jeudi, après son jour de congé. J'ai enlevé les trois savonnettes du porte-savon, comme vous l'avez demandé. J'ai enlevé les six savonnettes de l'étagère pour qu'elles ne vous gênent plus, et je les ai mises sur le distributeur de Kleenex, au cas ou vous changeriez d'avis. Il ne reste que les trois savonnettes que j'ai déposées aujourd'hui, qui sont mes instructions de déposer trois savonnettes par jour. J'espère que cela vous conviendra. Kathy, femme de chambre de relève

Chère femme de chambre,
J'espère que vous êtes ma femme de chambre habituelle. Apparemment Kathy ne vous a rien dit au sujet de mon message concernant les savonnettes. En rentrant hier soir j'ai vu que vous aviez déposé trois petits Camay sur mon étagère. Je vais séjourner à l'Hôtel pendant deux semaines et j'ai apporté mon Palmolive familial, je n'aurai donc pas besoin des six petits Camay qui sont sur l'étagère. Ces savonnettes m'encombrent quand je me rase ou me brosse les dents. Pourriez-vous les enlever ?

Cher Monsieur,
Mon jour de congé était mercredi, donc la femme de chambre de relève a déposé les trois savonnettes que la direction nous ordonne. J'ai mis les six savonnettes qui vous encombraient dans le porte-savon ou votre Palmolive était. J'ai mis votre Palmolive dans l'armoire à pharmacie. Je n'ai pas enlevé les trois savonnettes que l'on met dans l'armoire à pharmacie à chaque nouvelle arrivée, et pour lesquelles vous n'avez rien dit quand vous êtes arrivé lundi dernier. Je reste à votre disposition. Votre femme de chambre habituelle, Dotty

Cher Monsieur,
Le directeur adjoint, Monsieur Kensedder, m'a dit ce matin que vous l'aviez appelé hier soir pour vous plaindre du service de votre femme de chambre. Je vous présente mes excuses, et vous annonce que j'ai placé une nouvelle femme de chambre à votre service. Si vous avez d'autres plaintes à l'avenir, veuillez me contacter pour que j'y apporte mon attention personnelle. Appelez le poste 1108 entre 8h00 et 17h00. Merci. Elaine Carmen, gouvernante

Chère Madame Carmen,
Il m'est impossible de vous téléphoner, car je quitte l'Hôtel a 7h45 pour me rendre au travail et ne rentre pas avant 17h30 ou 18h00. C'est pour cette raison que j'ai appelé M. Kensedder hier soir. Tout ce que je lui ai demandé, c'est s'il pouvait faire quelque chose à propos de ces savonnettes. La nouvelle femme de chambre a du penser que je venais juste d'arriver, car elle a dépose trois nouvelles savonnettes dans mon armoire à pharmacie, en plus de sa livraison habituelle de trois sur l'étagère. En cinq jours, j'ai accumule 24 savonnettes. Pourquoi me faites-vous subir cela ?

Cher Monsieur,
Votre femme de chambre, Kathy, a reçu l'ordre de ne plus déposer de savonnettes dans votre chambre et d'enlever celles qui sont de trop. Je reste à votre disposition (poste 1108 entre 8h00 et 17h00). Merci. Elaine Carmen, gouvernante

Cher Monsieur Kensedder,
Mon Palmolive familial a disparu. Toutes les savonnettes ont été enlevées, y compris mon propre savon. Je suis rentré tard hier soir et ai du appeler le groom pour qu'il m'apporte quatre petits Dove.

Cher Monsieur,
J'ai informé la gouvernante, Elaine Carmen, de votre problème de savon.
Je ne comprends pas pourquoi il n'y avait pas de savon dans votre chambre alors que nos femmes de chambre ont l'ordre de déposer trois savonnettes à chaque fois qu'elles font une chambre. Votre problème devrait être immédiatement résolu. Veuillez accepter mes excuses. Martin L Kensedder, directeur adjoint

Chère Madame Carmen,
Qui a déposé 54 putains de savonnettes dans ma chambre ? J'ai trouvé 54 savonnettes en rentrant hier soir. Je ne veux pas de 54 Camay, je veux mon putain de Palmolive. Est-ce-que vous réalisez que j'ai 54 savonnettes ici ? Tout ce que je veux c'est mon propre savon. Rendez-moi mon savon.

Cher Monsieur,
Vous vous êtes plaint de trop de savon alors je les ai fait enlever.Ensuite vous vous êtes plaint à M. Kensedder parce que tout votre savon avait disparu, alors j'ai moi-même tout remis dans votre chambre. Les 24 Camay qui avaient été pris et les trois que vous êtes censé recevoir quotidiennement. Votre femme de chambre, Kathy, ne savait pas que j'avais tout remis à sa place et a elle-même rapporté 24 Camay plus les trois quotidiens. Je ne sais pas d'où vous sortez que l'Hôtel fournit des Palmolive familiaux. J'ai réussi à trouver un Monsavon familial que j'ai laissé dans votre chambre. Elaine Carmen, gouvernante

Chère Madame Carmen,
Juste un petit message pour vous fournir un inventaire récent de mon stock de savon. Au jour d'aujourd'hui, je possède :
- sur l'étagère de l'armoire à pharmacie : 18 Camay en quatre piles de 4 et une pile de 2.
- sur le distributeur de mouchoirs : 11 Camay en deux piles de 4 et une pile de 3.
- sur la commode de la chambre : une pile de 3 Dove, une pile de 4 Monsavon, et 8 Camay en deux piles de 4.
- dans l'armoire à pharmacie : 14 Camay en trois piles de 4 et une pile de 2.
- dans le porte-savon : 6 Camay, très mous.
- au coin nord-est du lavabo : 1 Dove, à moitié utilisé.
- au coin nord-ouest du lavabo: 6 Camay en deux piles de 3.
Pouvez-vous demander à Kathy de s'assurer que les piles soient nettement formées et bien époussetées ? Faites-lui également savoir que les piles de plus de 4 ont tendance à s'écrouler. Puis-je suggérer que le rebord de ma fenêtre n'est toujours pas utilisé et formerait un excellent entrepôt pour les livraisons à venir. Une chose encore : j'ai acheté un autre Palmolive familial, que je garde dans le coffre fort de l'Hôtel afin d'éviter tout malentendu.

22:41 Écrit par Anaïs dans Anaïs râle | Lien permanent | Commentaires (11) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

9
fév

J'avale pas !

Connaissez-vous cette méthode qui circule sur le net « comment donner la pilule à son chat », un truc à mourir de rire qui explique les méthodes non conventionnelles pour faire avaler un médicament à un chat, allant de l’emballage nem (tiens ça me rappelle quelque chose), au lance pilule, en passant par l’écrasement de la bête sous les genoux, avec coups de griffes, morsures et fous rires à la clé… Je ne vous ferai pas l’affront de le recopier ici, on le trouve dans tous les bons moteurs de recherche.

Par contre connaissez-vous le texte « comment donner la pilule à Anaïs », je parierais que non et je vous le livre dès lors en exclusivité mondiale intersidérale.

Durant sa tendre enfance, Anaïs était folle de bonbons (vous le savez si vous avez lu ses mésaventures « dentesques » - et non dantesques – dans le post « j’ai une dent contre mes dents »). Elle avait toujours une petite « boule » en bouche. Anaïs était aussi une petite fille joyeuse. La joie est incompatible avec les bonbons, Anaïs s’en est rendu compte lorsque, une petite boule ronde à la fraise en bouche, elle a eu un bref éclat de rire et patatras, le bonbon s’est illico coincé dans son gosier. La manœuvre de Heimlich étant inconnue de ses petits camarades (lesquels n’avait d’ailleurs pas réalisé l’ampleur du désastre qui se préparait), et le bonbon était miraculeusement en suspension entre les amygdales et la trachée, Anaïs a passé un temps fou à tousser, cracher, paniquer, jusqu’à ce que le bonbon daigne ressortir et atterrir sur les marches de son école (marches qui furent ensuite inondées par Anaïs, pour la petite histoire, voy. pour cela le post « aller à confesse »).

Depuis ce drame, Anaïs a gardé une panique monstre de s’étouffer. Elle ne mange plus de bonbons totalement ronds (du genre Napoléon), mais des bonbons ovales ou carrés. Qu’elle croque rapidement pour éviter tout risque. Elle n’avait pas pensé au risque de se casser un dent jusqu’au jour où elle s’est cassé une dent dévitalisée par une pulpite (mais c’est hors de propos ici). Elle mange maintenant des bonbons mous, et évite ainsi un maximum de risques.

Reste un problème, de taille le problème (surtout pour une malade chronique comme Anaïs)! Les médicaments.

Les concepteurs de médicaments prennent un malin plaisir à les faire énormes, d’une matière qui accroche la langue et laisse un goût amer dès la première seconde. Une rainure laisse à penser qu’il est possible de couper la chose en deux pour l’avaler plus aisément, mais le goût se répand alors immédiatement dans la bouche, rendant l’opération plus délicate encore, vu l’amertume.

Anaïs est incapable d’avaler des médicaments. Enfin presque. Jusqu’à l’âge de 16 ans, elle en était totalement incapable. Elle se nourrissait d’aspirines junior à la fraise, de médicament à sucer, d’antibiotiques en poudre et de sirops infects.

Il est un âge où l’on n’ose plus avouer « j’avale pas » (et non je ne fais pas ici une allusion salace). Anaïs est devenue une grande personne. Une grande personne, ça prend ses médicaments sans rechigner. Anaïs tente donc de prendre ses médicaments sans rechigner (et pour le moment, la dose est monstrueuse).

Anaïs se met en condition. Face à l’évier au cas où la chose souhaiterait ressortir illico. Egalement au cas où une nausée ferait ressortir le petit déjeuner obligatoirement ingéré avant le médicament pour éviter tout ulcère ou autre constipation/diarrhée/effet secondaire indésirable et inattendu. Anaïs se concentre. Elle ne doit pas avoir la gorge nouée. En général, quand Anaïs a la crève, elle a mal à la gorge. Donc elle a la gorge nouée. Anaïs scrute la pilule, espérant la voir rétrécir. Disparaître. Se liquéfier. Elle l’ausculte, tentant de trouver le meilleur angle de dépôt sur la langue. Elle réfléchit : au fond de la langue (avec risque de nausée immédiate), au début de la langue (avec risque que la chose y reste collée). Le temps passe. Son gosier est sec d’angoisse. Elle boit une gorgée d’eau. Anaïs est incapable d’avaler un médicament immédiatement après avoir bu ou mangé quelque chose. Pause indispensable. Anaïs réfléchit encore. Se concentre à nouveau intensément. Personne ne peut la déranger durant cette périlleuse opération. Elle stresse comme une malade, son côté scénario catastrophe imaginant le pire (le cachet coincé dans les poumons, infection galopante, mort dans d’atroces souffrances – le cachet coincé dans le gosier, personne pour la secourir à part un rat égoïste, mort par étouffement).

Après un échauffement psychologique d’une petite trentaine de minutes, le moment fatidique est enfin arrivé. Anaïs dépose le comprimé sur sa langue, ne pense plus à rien, prend une longue goulée d’eau et avale. Ça y est. La Chose est passée dans l’estomac. Parfois ni vue ni connue. Parfois en grattant le gosier sur tout son chemin, forçant la pauvre Anaïs à boire nerveusement plusieurs gorgées d’eau pour ne plus y penser.

Tout en vous écrivant, Anaïs se retourne doucement, et scrute sa table, à nouveau envahie de plusieurs boîtes de médicaments. Elle a fait la forte, elle a accepté des comprimés pelliculés comme on dit, les pires ceux qui collent comme l’hostie colle au palais le dimanche à la messe. Priez dès lors pour Anaïs, elle en a pour dix jours.

Merci à Boulu qui m'a inspirée pour ce billet...

07:15 Écrit par Anaïs dans Anaïs râle | Lien permanent | Commentaires (12) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

8
fév

Un miracle !

Un miracle s’est produit. Vous avez bien lu. Un miracle miraculeusement miraculeux.

Aujourd’hui, dans mon courrier, une facture de mon gentil/ignoble (biffez la mention inutile) fournisseur téléphonique. J’ai quitté Belgacon il y a un petit temps et je m’en mords les doigts depuis lors, tellement fort que j’ai plus d’ongles et que je mets maintenant mon vernis directement sur mes chairs tuméfiées.

Donc j’ai quitté Belgacon (non il n’y a pas de faute de frappe, je les appelle comme ça depuis toujours) mais finalement c’est moi la grosse conne de l’histoire.

Ce fournisseur, dont je tairai le nom pour éviter tout procès éventuel, est censé m’envoyer une facture par mois. Comme je suis d’une honnêteté à toute épreuve (et comme il paraît que je suis responsable des factures non reçues donc non payées, ben voyons), dès que j’ai réalisé, en février 2006 (oh, bon anniversaire chère facture impayée), que je n’avais pas reçu ma demande de paiement, j’ai agi:

Le 3 mars : envoi d’un mail « attention gentil fournisseur, vous ne m’avez pas envoyé ma facture, merci de faire le nécessaire pour que je puisse payer avec un plaisir non dissimulé » pas de réponse

Le 6 avril : second mail « eh oh y’a quelqu’un chez mon pas si gentil fournisseur ? Vous n’avez pas répondu à mon mail, où est ma facture toujours pas reçue. Pouvez-vous donner suite ? » pas de réponse

Le 11 juin : courrier recommandé « méchant fournisseur, je vous tiens pour responsable de cette facture impayée que vous ne daignez pas envoyer, ne me réclamez jamais un quelconque intérêt ou frais de rappel, sinon ça va barder, et envoyez-moi d’urgence cette facture je vous l’ordonne » pas de réponse

Le 8 octobre : second courrier recommandé « ça va pas la tête ignoble fournisseur, vous avez le culot de mentionner sur ma facture du mois une somme due depuis longtemps, qui correspond à une p… de facture que je vous réclame à cor et à cris depuis des mois. Envoyez la et qu’on n’en parle plus, ça commence à bien faire » pas de réponse

Le 20 octobre : petit mail « cher détesté fournisseur, suite à ma communication avec vos services, j’ai pris bonne note que vous avez enfin compris (merci d’avoir enfin engagé des employés au QI supérieur à 10) qu’il fallait m’envoyer une facture qui traîne chez vous depuis février » pas de réponse

Le 10 novembre : téléphone, mail et recommandé (le cumul portera-t-il ses fruits ?) « Cher abominable fournisseur des téléphonies modernes, je n’ai toujours pas reçu cette facture que vous me promettez, je dois être la seule de vos clients à être si motivée pour payer une facture ma parole, qu’attendez-vous pour me l’envoyer ? » pas de réponse

Le 5 janvier : courrier recommandé « Très cher fournisseur de m…, j’ai bien reçu vos menaces de mort et d’envoi d’huissier en cas de non paiement d’une somme toujours due. Je vous confirme que mon rêve le plus cher est de pouvoir payer cette somme, je mets des cierges à l’église chaque dimanche à cette fin, alors par pitié, je vous en conjure : envoyez moi ma facture » pas de réponse

Le 10 janvier : mail « êtes-vous tous morts au service clientèle ? Avez-vous subi un cataclysme, attrapé tous une épidémie de turista, ou gagné à l’euromillions ? » Pas de réponse. Ah si une réponse, j’ai fait mouche ! Un flot d’insultes (anonymes bien sûr…faciiile) que je vous résume « non on n’est pas morts, payez vos factures et arrêtez de faire ch… le monde » « je n’ai pas reçu la facture, comment la payer ?» « je ne suis pas un service postal, qu’est-ce que vous croyez, apprenez à lire, vous n’aviez qu’à le signaler, que vous n’aviez pas cette facture, vous étiez tenue de la payer c’est votre faute votre très grande faute ». Là je m’étrangle avec mon assiette de pâtes, je tousse pour expectorer une boulette de viande dans mon écharpe Strelli ! « Vous n’aviez qu’à le signaler », me dit-il, j’hésite entre pleurer ou rire. Une telle bêtise est donc possible en Gelbique ? Dans un élan de rage qui me particularise (je l’avoue), je lui transfère en un envoi l’intégralité de mes envois précédents. Mon admirateur anonyme n’a plus jamais répondu (et si c’était l’homme de ma vie ?). plus de réponse, et pas de facture

Le 15 janvier je fais intervenir le GIGN de ce fournisseur, savoir la sympathique personne qui m’a fourgué cet abonnement (toujours se méfier des amis) ainsi que son chef suprême censé m’aider à payer mes « dettes ».

Entre le 16 janvier et le 5 février, échange de dizaines de mails entre le quatuor fournisseur – sympathique amie – chef suprême et moi. Résultat ? Néant. J’ai supplié qu’on me faxe cette facture, pleuré pour l’avoir par mail, promis monts et merveilles à qui me l’enverrait par la poste, proposé d’échanger 55 rames de papier recyclé contre une feuille de papier imprimé « facture ». Pas de résultat

A la limite de la dépression, j’implore Sainte Rita (pour les ignares de la religion, Sainte Rita est la patronne des causes désespérées) à la rescousse.

Le 6 février, dans un dernier sursaut, je prends ma voix d’hôtesse de l’air et je retéléphone à mon fournisseur (après avoir pris trois doses de gouttes calmantes homéopathiques) « bonjour, écoutez il me manque une facture, pouvez-vous me l’envoyer, s’il vous plééééééééé, merciiiii beaucoup, vous êtes un ange ? », le tout de la voix mielleuse innoncente de celle qui, oh surprise, réalise qu’il lui manque une facture, mais qui est convaincue que son fournisseur chéri fera en sorte de résoudre le problème en 24 heures.

Et ce jour, ce 8 février 2007, Sainte Rita merci, je n’oublierai jamais ce que tu as fait pour moi, tu as mon éternelle reconnaissance : JE PEUX ENFIN PAYER CE QUE JE DOIS. Jamais je n’eus cru (Lustucru) être aussi contente de me connecter à mon PC banking pour payer ce fournisseur de la mort qui tue. J’enverrais bien un mail bref de remerciement « j’ai bien reçu ma facture, que je paie immédiatement. Merci pour votre aide. Je serai brève car j’ai mes pilules antidépressives à prendre, ainsi que mes calmants et mes somnifères, qui m’ont été prescrits vu le stress subi depuis quelques mois, mais je ne vous en veux nullement, vous n’êtes pas responsables des conséquences de la libéralisation du marché. Je vous laisse, je m’en vais pour ma séance de téléphonothérapie ».

Dis-moi Sainte Rita, tu peux faire quelque chose pour mon état de santé, pliiiiiiiiiiiiiiise.

19:52 Écrit par Anaïs dans Anaïs râle | Lien permanent | Commentaires (6) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

5
fév

Tais toi !

Je suis bénie en ce moment, vernie comme les godasses dernier cri (j’ai dit dernièrement que les chaussures vernies étaient démodées, et bien, qu’on se le dise, Flair m’a appris cette semaine qu’elles revenaient).

Donc je suis vernie car je me suis endormie devant les 4400 lundi et réveillée quand Bridget embrassait Marc. Ma vie s’est effondrée un bref instant (je l’ai en DVD mais tout le monde sait que regarder en DVD a beaucoup moins de charme qu’en live à la TV avec les pubs et tout le tralala). Bridget ? Marc ? Ben Bridget Jones et Marc Darcy. Voyons ! Si vous ignorez de qui je parle, allez au blog suivant, celui-ci ne pourra que vous révulser.

La bonne nouvelle ? Bridget revient ce soir sur Téèfeun. Yes. Merci Téèfeun de contribuer au renouveau-bonheur d’Anaïs.

Je reviens je vais chanter All by Myself avec elle (générique).

Bridget est taxée par Marc « de vieille fille frappée d’incontinence verbale ».

On dit ça de moi aussi. Que je parle beaucoup. Pas trop, mais beaucoup. Beaucoup c’est comme trop pour moi (susceptiiiiip que je suis). Je le prends très mal. Si on préfère une triste bonne femme qui ne pète pas un mot, qu’on le dise. Mais me taxer de diarrhée verbale (ou incontinence, c’est pareil), je ne peux l’accepter. Mes amis disent ça. Je trouvais que je parlais normalement, moi. Quand mes collègues ont dit ça également, j’ai compris que je parlais beaucoup. Pas trop, mais beaucoup.

Mes amis ont entendu parler des soirées Chuuut, où on ne peut communiquer que par écrit. Pas un mot. Ils veulent m’y traîner pour me faire souffrir, ou voir comment je vais tenir le coup. Pas sympa. C’est plus mes amis d’ailleurs, na.

Régulièrement je tente de me taire. Motus et bouche cousue. Mais c’est contre nature. Ma nature c’est de parler, spontanément, de tout ce qui me vient en tête. Et les idées me viennent vite en tête, que ce soit pour parler comme pour écrire… Donc je parle au moins autant que j’écris. Et j’écris beaucoup. Donc je parle beaucoup. Donc je parle trop, en effet, tout est clair…

Question du jour : existe-t-il des Immodium contre la parole ? Des couches Téna contre l’écriture ?

19:03 Écrit par Anaïs dans Anaïs râle | Lien permanent | Commentaires (10) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |