24
mar

Mèmères, pèpères et autres sacs

S’il y a une chose qui m’insupporte, ce sont les vieux qui se croient tout permis, sous prétexte qu’ils ont connu les deux guerres.

Y’a d’abord les vieux, sans distinction de sexe, qui font systématiquement leurs courses le samedi matin, ralentissant tout le trafic au sein du supermarché, avec leurs cannes, leurs déambulateurs et j’en passe. Comme s’ils ne savaient pas mettre à profit leurs semaines de pensionnés pour courser !

Y’a ensuite les vieux qui se pointent dans mon bureau à moi rien qu’à moi pour une question, un conseil, un papier à remplir ou à me remettre, toujours à l’heure de fermeture. Juste au moment où j’ai enfilé ma veste et où je m’apprête à courir, telle Heidi dans ses montagnes, vers ma liberté chérie. Comment voulez-vous que je les reçoive avec le sourire ? Dans ces cas là, je prends d’office mon sourire fonctionnaire, histoire de leur faire comprendre à quel point ils me « disturbent ».

Ensuite, summum de l’horreur, y’a les petites vieilles dans le bus.

Elles s’installent royalement sur deux places, étalant leurs sacs à commission partout, trônant sur la place intérieure, de sorte que personne n’ose leur demander de reculer, personne n’ose leur grimper dessus pour atteindre la place près de la fenêtre.

Et le bus a beau se remplir à chaque arrêt, les mémés font semblant de ne rien voir.

Ce n’est pas parce que les jeunes de nos jours (y’a plus de jeunesse, je sais) pratiquent de la sorte que les personnes âgées doivent s’y mettre.

Moi, je cède ma place aux personnes âgées. Du moins celles qui ont l’air sympas et propres sur elles, ce qui me permet de limiter ma sélection.

Et je me serre telle une sardine sur une malheureuse petite place, malgré les innombrables sacs que je trimballe en permanence. Moi je respecte les autres, malgré ma jeunesse (éternelle ?). Je respecte plus les autres que mes sacs, lesquels sont irrémédiablement écrasés.

Y’a d’abord mon sac « à main »

Dans lequel je stocke, finalement, peu de choses : mon agenda ousque je note mes rendez-vous, mon carnet de notes pour mes futurs posts, mon portefeuille plein à craquer, non d’argent, mais de cartes de fidélité périmées, mes clés du home sweet home, mes clés du bureau bien aimé, des centaines de bons de réduction en tous genres, racrapotés en boule au fond du sac, quatre kilos de médicaments pour la gorge le nez l’estomac les poumons, du déodorant car Anaïs ne veut pas, jamais, sentir le fauve, des mouchoirs pour la goutte au nez, des bics pour les idées.

Y’a ensuite mon sac « à tout »

Au départ un monstrueux sac recyclable Delhééés, actuellement remplacé par un chic sac Strelli. Ça en jette. Mais c’est lourd. Car j’y entasse une tonne de magazines (dont une demi tonne ouverts à une sacro-sainte page censée rester ouverte car j’y ai trouvé inspiration pour mes billets, et comme tout m’inspire, ça fait un bordel monstre), mon repas de midi (soit un tuperware bien rempli, soit de quoi garnir mes tartines, soit un bon réduction quick, je sais paaaaas bieeeeeeen), quarante collations en tous genres (des knorr vie, des barres chocolatées écrasées, des yaourts, des crèmes dessert, des galettes de riz écrasées, des spéculoos écrasés, des barres légères écrasées…). Je me suis confectionné un véritable petit garde-manger au bureau, nécessaire à ma survie. Ce n’est pas pour rien que, lors de mon premier stage en entreprise, mes collègues m’ont offert, pour mon départ, divers cadeaux ainsi qu’une carte représentant un « hot cat » (comme hot dog, vous suivez ?), soit un chat pris dans un sandwich, où était inscrit quelque chose du genre « pour une mangeuse chronique ». Ma réputation était déjà faite.

Y’a enfin des sacs « divers et variables »

En fonction de l’achat inutile du jour, des victuailles achetées à midi, du brol que j’amène au bureau ou que je ramène à la maison (principe des vases communicants : déplacer pour éviter de devoir jeter).

Appelez-moi Madame Sac.

Ou PPMM si vous préférez (pauvre pomme en mal de mâle), nostalgie quand tu nous tiens.

12:14 Écrit par Anaïs dans Anaïs râle | Lien permanent | Commentaires (12) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

22
mar

Post d'utilité publique

Ce matin je reçois un énième mail me demandant si je n'accepterais pas de faire un don de moelle osseuse à Noelie, une enfant française.  Mail qui tourne en boucle dans nos boîtes depuis … 2003 (j'ai d'ailleurs dû le recevoir 264 fois à ce jour).

 

La situation prêterait à rire si la gamine n'avait pas, heureusement, reçu le don en 2003 et n'était, malheureusement, décédée en 2004, information que j'ai trouvée en trois secondes cinq dixièmes, sur www.hoaxbuster.com. C'est d'une simplicité rare, mêmes les internautes dotés d'un QI de poule (moi j'ai bien des mollets de coq, chacun sa croix) y parviendront, il suffit d'insérer un mot clé (dans ce cas Noelie) et pouf, apparaît un article bien fait, plein d'infos, qui précise immédiatement le statut de l'info : vrai, faux ou périmé.

 

Ce genre de chaîne de pseudo solidarité (de même que les chaînes "méfiez-vous de ce mail il va faire exploser votre écran", "transmettez cette info de la plus haute importance : à l'achat d'un GSM Nokia, deux gratuits", "'aidez-nous à retrouver Cunégonde, disparue en mer le 21 avril 1874" et autres) ont le don de me mettre en rogne pour toute la sainte journée.

 

Je passe alors mon temps à répondre à tous les contacts de l'expéditeur du message incriminé (contacts que je ne connais pas, mais je garde l'espoir que mon message fera mouche) afin de tenter de les convaincre du bien fondé d'une vérification sur Hoaxbuster.  C'est affligeant, mais en général, rien n'y fait, les internautes préconisent tous, sans réflexion aucune, le principe du "ça ne peut pas faire de mal, autant transférer l'info même si elle est fausse".

 

Moi je veux le crier sur les toits ce matin : SI, ÇA PEUT FAIRE DU MAL.  A trop crier au loup, le jour où il surgira, on n'y croira plus.  Le jour où quelqu'un aura vraiment disparu, aura vraiment besoin d'un don de moelle, le jour où un mail sera vraiment potentiellement dangereux, le jour où Nokia offrira réellement des cadeaux (quand les poules auront des dents), personne ne véhiculera l'info…

 

Sauf les cons qui transmettent tout sans réfléchir…

 

Alors je suis sauvée, car les cons, on ne s'en débarrassera jamais, c'est une certitude.

 

Adresse à mettre en favoris, je vous l'ordonne : www.hoaxbuster.com

10:19 Écrit par Anaïs dans Anaïs râle | Lien permanent | Commentaires (7) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

21
mar

Y'a plus d'saison ma bonne Dame !

Et voilà, le Bon Dieu (ou le Djaaaaab, c'est selon) s'est emmêlé définitivement les pinceaux…  Nous voilà donc en hiver.  ça caille, ça neige, ça grêle, ça pleut, ça bruine, ça vente.  Et ça déprime.  Moi j'aime pas ce temps là.  Oui je fais mon Schtroumpf grognon, voilà.  Parce que je ne suis pas d'accord.  Je m'oppose formellement à la neige le premier jour du printemps.  Je vais d'ailleurs lancer une pétition.  Voilà.  Na.

13:34 Écrit par Anaïs dans Anaïs râle | Lien permanent | Commentaires (8) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

20
mar

J'ai froid

Demain c’est le 21 mars. Le 21 mars 2007. On appelle ça le printemps. Et moi, je vous écris, roulée en nem, un polar sous mon plaid, un pull sous mon polar, un Damart sous mon pull, des grosses chaussettes rigolotes (que je ne vous montrerai pas, non, n’insistez pas, je sais que le ridicule ne tue pas, mais il ridiculise…), des pantoufles vache (n’insistez pas je dis), et je grelotte. Je claque des dents et je monte le son (Chagrin d’amour).

Ce matin j’ai cru rêver : j’ai vu de la neige, dans les arbres sur les toits sur les voitures dans les graviers dans le ciel sur mon nez dans ma bouche. Si c’est pas malheureux ma bonne dame, y’a plus de saison moi je vous le dis !

Heureusement, j’avais pris mes précautions, puisqu’on annonçait des frimas polaires. J’avais revêtu mon pull spécial sports d’hiver. Je ne suis jamais allée aux sports d’hiver. Et je n’irai jamais aux sports d’hiver. Ou alors simplement pour rester au chaud dans le chalet, au coin du feu, avec mes grosses chaussettes et un bon bouquin, attendant que Lhom rentre pour déguster romantiquement une raclette dégoulinante accompagnée d’un fameux petit vin blanc, suivie d’un fondant au chocolat comme dessert. Mmmh, je viens d’être victime d’un mirage olfactif, j’ai senti l’odeur du fromage ainsi que celle du chocolat. Mais non, ne subsiste ici que l’odeur du poulet et des haricots froids, sans dessert aucun. Dure réalité de la vie d’une jeune femme à l’organisme déglingué d’avoir trop ingurgité des raclettes-chocolat et condamnée à vie au poulet-haricots.

Donc j’arrive au bureau équipée comme pour aller au Pôle Nord. Je réalise alors que j’ai omis un tout petit, tout léger, tout minime détail : ma collègue se croit au printemps. Elle a sorti ses plus beaux atours, petit chemisier, décolleté plongeant, mini jupe. Et elle a froid. Et elle me demande « j’ai froid je peux augmenter le chauffage ? » Je réponds que moi je meurs de chaud depuis des heures avec mon pull épais comme une tranche de lard, mais que bon… De toute façon, elle n’attend pas ma réponse, le thermostat est d’ores et déjà en hausse. Ensuite elle quitte le bureau pour vaquer à d’autres occupations, durant plus d’une heure… Et moi je me liquéfie tant j’ai chaud, c’est le Sahara dedans, la neige au dehors. Je finis par baisser le thermostat, à l’instant même où elle revient. Prise sur le fait, l’Anaïs. Dans un élan de culpabilité, je remets illico le chauffage et me console en me disant que ça fera effet sauna, ça fera fondre mon gras. Et je mets en route mon ventilateur, après tout hein, c’est pas moi qui paie l’électricité.

De retour ici, je suis estomaquée par le froid qui règne dans mon vieux logis. Logique (oh oh ça rimerait presque), chère Anaïs, tu as coupé le chauffage ce matin, souviens-toi, tu as fait le serment éternel de ne plus chauffer de mars à septembre (soit printemps/été), quoi qu’il arrive. Paies-en donc le prix ! Je caille des billes comme je dis toujours, au grand dam de la gent masculine qui considère qu’elle a le monopole de cette expression. Qu’importe. Et puis je vais tenir, parce que quand j’ai une idée derrière la tête je ne l’ai nulle part ailleurs. Il est dit que je ne chaufferai plus une fois le printemps venu. Et je ne chaufferai plus. Dussé-je mourir d’hypothermie et être découverte, trois semaines plus tard, à demi congelée, à demi dévorée par le rat.

Mais … On est le 20 mars, pas encore le 21, me restent quelques heures de répit. Je m’en vais donc mettre le thermostat sur 25, chauffer mes noyaux de cerise et me terrer dans le canapé avec trois couches de couette sur mes frêles épaules.

19:13 Écrit par Anaïs dans Anaïs râle | Lien permanent | Commentaires (7) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

17
mar

Les tue l’amour

Il paraît que l’armée américaine a créé des sous-vêtements pour les soldats qui se trouvent dans des pays en guerre : des caleçons résistants à l’eau, à l’huile ou aux bactéries, qui peuvent être portés plusieurs semaines…

Moi je ne suis pas contre le principe, mais serait-il possible de bien indiquer sur l’emballage « uniquement destinés aux soldats en zone de guerre », afin d’éviter la moindre confusion ?

Parce que j’ai lu dernièrement des statistiques sur les belges (les mecs belges, est-il utile de le préciser ?) qui ne changent pas de caleçon chaque jour. Oui vous avez bien lu. Je n’ai pas retenu les chiffres, donc je vais m’abstenir de vous inventer un bobard pour vous persuader du sérieux de la situation belge. Quand bien même il n’y aurait qu’un homme sur cent qui pratique le recyclage de calebard, il s’agit bel et bien d’un drame national ! Et le pourcentage était bien au-delà, croyez-moi, il m’avait sauté aux yeux comme le morpion saute dans un slip usagé.

Que nos grands-pères aient été éduqués à la « garde moi ce slip une semaine », je peux l’admettre. Mais quand j’apprends que les jeunes mères persistent, encore de nos jours, à dire à leurs fillettes « change de culotte chaque jour, ma rose », tandis que pour les gamins elles s’exclament « mets de côté ton mignon petit caleçon pour demain, mon chou », je ne suis plus d’accord.

Comment, j’exagère ? Ça vous tente, vous, les femmes, un homme à qui vous enlevez son beau petit Dim (ou son infect slip kangourou, c’est selon) le soir, pour une petite nuit d’amour en votre compagnie, et qui, le matin venu, l’enfile à nouveau, ni vu ni connu ? Ça vous tente, vous, les hommes, une femme que vous découvrez le soir dans un joli petit ensemble Chantelle (où une gaine camouflage), et le lendemain dans le même joli petit ensemble Chantelle (ou la même gaine camouflage) ?

Moi j’appelle ça des tue l’amour !

Et dans le genre tue l’amour, il ne s’agit pas que d’une affaire de sous-vêtements, hélas.

Il y a aussi ce magnifique jeune homme (jeune, beaucoup troooop jeune), bien fringué, BCBG, propre sur lui, que je vois, en l’espace de trente secondes, cracher trois fois ses glaires infâmes sur le tarmac. Tue l’amour !

Il y a cet homme qui garde ses chaussettes pour faire l’amour. OK ça tient chaud, mais ça tue l’amour !

Il y a cet homme qui m’enlace tendrement, romantiquement, me serre contre son corps chaud, quand soudain a) l’effluve de sa transpiration rance-vieille-de-deux-jours me perfore les narines b) son haleine de bouc-dents-pas-lavées m’envahit le visage c) ses mains aux ongles de jardinier tentent de me caresser le visage. Tue l’amour !

Il est grand temps que les hommes (et quelques femmes, je l’admets) comprennent que les produits de beauté, les déodorants, les dentifrices, c’est pas fait uniquement pour garnir les rayonnages de supermarchés. haleine

12:21 Écrit par Anaïs dans Anaïs râle | Lien permanent | Commentaires (7) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |