13
sep

Au revoir au revoir Président…

Un drame s’est produit au bureau.  Un drame dramatiquement dramatique.  Un collègue s’est fait la malle.  Comme ça.  Sans prévenir.  A 15h00 il était là, et bien là, et à 15h01, il avait fait ses paquets, emballé son barda, adieu tout le monde et parti, définitivement. 

Je vous passe les détails du pourquoi du comment du quand du qué passa, de toute façon je ne parle jamais bureau ici (sauf pour vanter les mérites de patron vénéré), et puis on s’en contrefiche, pas vrai ?

Y’a juste qu’il m’a piqué mon grand moment de gloire.

Parce que depuis toujours, je le dis, je le redis, et je le dis encore, qu’un jour, chais pas quand, chais pas comment, je quitterai le bureau, un déguisement de poule sur la tête, en chantant « au revoir au revoir Président ».  Je bassine mes collègues avec ça tous les jours : « quand est-ce que je vais gagner au lotto et me casser en chantant au revoir au revoir Président ? »  (quand tu joueras, me répliquent leurs yeux exaspérés).

Alors, mon moment de gloire, que ce soit demain ou dans vingt ans (j’y crois j’y crois j’y crois), fallait pas qu’on me le pique.  Partir en chanson, sans crier gare, c’était à moi de le faire.

Je râle, na.

Alors pour me consoler, un florilège des délires lottesques (ou lotesques pour les français qui ont le Loto et nous le Lotto…)

le globe

Une série dont je n’avais pas connaissance, j’ai bien ri…


pour Flo


la fourmi

amstramgram


ma mienne

Dessin de Flo, que vous connaissez tous et toutes, à voir et revoir ici.
lotopt

06:30 Écrit par Anaïs dans Anaïs râle | Lien permanent | Commentaires (10) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

5
sep

La fête des voisins

Paru sur Madmoizelle.com.  Voir la version Madmoizelle.

Y’a un petit temps déjà, c’était la fête des voisins.
 
Ce dimanche, j’ai enfin compris pourquoi on a inventé cette fête.
 
Pour éviter que chaque année, des milliers de voisins soient assassinés par d’autres voisins.  C’est aussi simple que ça.
 
Au-dessus de chez moi vivent deux petits vieux bien sages bien propres sur eux.  Mais de temps en temps, le dimanche, ils invitent leur gentille petite famille à dîner (déjeuner pour les français).  
 
Et ces dimanches là, ma vie se transforme en cauchemar.
 
Tout architecte qui se respecte devrait ne doter qu’un seul appartement par building d’une terrasse.  Un seul.  C’est contre nature d’empiler ainsi des appartements avec terrasse.
 
Imaginez le topo.
 
Je suis peinardement installée sur ma terrasse, profitant du léger soleil qui nous fait enfin l’honneur de sa présence.  Je fais l’amour avec mon transat, je me gave du dernier Guillaume Musso.  La vie est belle.  La vue est belle.
 
Quand soudain.  Un bruit.  Suivi d’un autre bruit et encore d’un bruit.  Le doute s’insinue en moi « serait-ce un dimanche famille ? »  J’en ai vite confirmation, il s’agit bien d’un dimanche famille.
 
J’ignore comment toute la petite bruyante famille parvient à s’installer sur cette minuscule terrasse où je sais à peine m’étendre, mais ils y arrivent.  Et moi, durant des heures, je n’ose sortir, imaginant ladite terrasse s’effondrant, sous leur poids, sur ma frêle carcasse.
 
Et je les entends jacasser, rire, causer, rire, bavarder, rire, manger, rire.  Une sensation à la fois exaspérante car elle ravive ma solitude, à la fois joyeuse car elle me donne envie de les rejoindre…
 
Evidemment, les enfants s’amusent, et je retrouve ensuite sur ma terrasse une collection phénoménale de ballons, chewing-gum, bouchons et autres petites voitures.
 
Parfois, je somnole négligemment dans mon canapé lorsque ces bruits familiaux me ramènent à la réalité.  Bizarre comme dans un demi-sommeil chaque bruit est amplifié.  
 
Il arrive toujours un moment où je n’en peux plus, où j’ai envie de lancer des paquets de glaçons pour refroidir leurs ardeurs, de crier « mais c’est pas bientôt fini ce boucan », au risque de passer pour la vieille fille aigrie du dessous.  De toute façon je suis déjà cataloguée « vieille fille aigrie », faut pas se leurrer.  Mais je me tais, j’ai pas le droit d’abîmer leurs petits dimanches en famille. Et je n'en ai pas le coeur.
 
En hiver, ces dimanches là, j’ai en permanence le sentiment qu’une colonie de rats chaussés de hauts talons se balade dans l’appartement au-dessus du mien.  C’est rigolo.  Enfin, parfois.
 
Et lorsque moi j’ai de la visite, nous aussi faisons la fête sur la terrasse, nous aussi, tels des rats, déambulons dans l’appartement.  Tout ça est tellement banal de normalité.  Ou normal de banalité.  C’est ça la vie.
 
J’aime mes voisins.  Vous entendez ?  Je vous aime voisins.  Dois-je le crier encore plus fort ?  JE VOUS AIME, VOISINS.

Et une illustration de Mako, une, afin que nous ne souffrions pas du manque durant son absence.
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06:45 Écrit par Anaïs dans Anaïs râle | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

28
aoû

Jusqu’à ce que la mort les sépare ?


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Flair, qui m’inspire décidément beaucoup pour le moment, a offert six pages à ses lectrices, pour qu’elles puissent écrire à leurs rivales, savoir les maîtresses (ou ex-maîtresses) de leurs maris.

Comme on pouvait s’en douter, ça râle ferme, ça insulte, ça hurle au sacrilège, ça demande vengeance, c’est cynique.

Ce qui me sidère cependant, et cela m’a toujours sidérée, c’est que ces femmes bafouées pardonnent systématiquement à leur homme, tandis que le rancœur se tourne uniquement vers la rivale.  La voleuse.  La garce.  L’autre.

Or, j’ai beau tourner et retourner le problème, pour faire la chose, ou simplement pour un (non) chaste baiser, ou encore pour un massage tendancieux, il faut être deux, que je sache.

Les « voleuses de mari » seraient-elles capables de voler quoi que ce soit… si le mari n’était pas « volable » ?  Se font-ils agresser, saouler, droguer au Rohypnol, attacher et violer par ces sadiques femmes, pauvres petits hommes sans défense qu’ils sont ?  Sont-elles les seules à lancer une perche, à tendre une main, une joue, une lèvre, un corps ?  Ces hommes sont-ils si faibles pour ne pouvoir résister à la première paire de nichons jeunes et fermes qui passe ?

Je crois dur comme fer aux signaux, aux attitudes, aux appels inconscients, et je crois encore plus dur qu’un homme qui n’a pas en tête l’idée de batifoler ne prêtera même pas attention aux agissements d’une garce vicieuse ayant l’intention de le détourner du droit chemin.

Ne croyez pas que je fasse ici l’apanage des célibataires qui empiètent sur le territoire des couples heureux fiers de l’être pour les détruire et voler un homme marié, au lieu de simplement chasser sur leurs plates-bandes remplies de carottes, navets ou poireaux célibataires.  J’ai beau être célibataire, je considère les hommes mariés comme des eunuques, asexués et intouchables.  C’est mon principe et je m’y tiens (même si un coup de foudre est toujours possible, même si ces femmes de l’ombre, qualifiées de maîtresses, gardent en elle l’immense espoir que cet amour est celui de leur vie et que l’homme qu’elles aiment finira par faire un choix en leur faveur, même si ça peut m’arriver, j’en suis consciente, l’amour est souvent où on ne l’attend pas).

Je suis juste sidérée que les femmes mariées considèrent leur époux volage comme une malheureuse victime innocente d’une mante religieuse perverse et lubrique.  Naïveté ou refus d’affronter la réalité ?

Et je resterai, jusqu’à ma mort, persuadée que s’il y a des femmes trompées, c’est parce qu’il y a des hommes prêts à tromper, tout simplement.  

Au fait, je n’ai jamais été trompée (du moins que je sache), je n’ai jamais trompé et je n’ai jamais eu la moindre aventure avec un homme marié… juste pour info.

Une superbe illustration de Misstigri, à découvrir ici.  Epouse ou maîtresse ?  A vous de décider…

06:45 Écrit par Anaïs dans Anaïs râle | Lien permanent | Commentaires (25) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

22
aoû

Vénère a les nerfs

Je parle rarement verlan, mais là c’est trop chelou, j’ai trop la gera, je vais tuer le premier keum qui embrasse sa meuf devant moua.

J’en peux plus.  C’est trop injuste.  Oui je fais mon Calimero et j’assume.  J’ai les nerfs.
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Je vous zesplik ?

Chuis dans un groupe de célibattants.  Un truc en apparence ringard oùsque tous les célibataires peuvent rencontrer d’autres célibataires, et plus si affinités.  De tous âges.  Du gaminou qui a encore du lait maternel sous le menton au papy qui se déplace sur deux roues (ou quatre ?).  C’est fait pour les célibataires.  En théorie.  Passque bon, c’est quoi un célibataire, au fait ?

Le célibataire.  Que me dit Robert (Larousse est trop éloigné de moi, de plus j’ai un rat velu et ventru – qui a dit « comme sa môman ? » – qui sieste sur mon estomac repu).  Robert me dit donc : « célibat n.m. état d’une personne en âge d’être marié et qui ne l’est pas, ne l’a jamais été. » Oui, bon, un peu dépassée, la définition.  On peut ne plus être célibataire sans être marié, ni l’avoir jamais été.   C’est quoi cette définition du 17e siècle ?  Enfin soit.  Mon œil glisse ensuite sur la définition juste en dessous : « célibataire : adj. Qui vit dans le célibat.  L’égoïsme raffiné d’un vieux célibataire (A. France). »  Oui bon, d’abord, c’est pas qu’un adjectif, c’est aussi un nom, que je sache.  Et surtout, niveau choix de la phrase exemple, franchement, c’est pas très sympa pour les milliers de célibataires de par le monde et les planètes environnantes.  C’est quoi ces préjugés débiles ?  

Enfin soit.  Je réveille brusquement le rat.  Retour illico dans sa petite roue.  Me faut mon Larousse.  Que me dit mon Larousse ?  «Célibat : n.m. état d’une personne qui n’est pas mariée.  Célibataire : n. (aaaaah) et adj. Personne qui vit dans le célibat.  Vieillard célibataire.»  Glups.  C’est de pire en pire.

Mais ce n’est pas pour ça que je râle, même si j’écrirais (les « si » n’aiment pas les « rais », je sais, mais relisez bien cette phrase, elle est correcte) bien à Robert et Larousse pour qu’ils s’adaptent un peu au goût du jour, y’a pas que les vieillards égoïstes qui sont célibataires nondidju, y’a aussi de charmantes jeunes femmes jolies, minces, séduisantes et sexy telles que moi.
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Revenons à nos moutons, savoir à nos célibataires, ou plutôt au groupe de célibataires dont je fais partie.  Dans lequel je suis dorénavant… quasi la seule célibataire.  Y’aurait bien un bât qui blesse quelque part, non ?  Y’a Roméo qui s’est maqué en interne avec Juliette.  Y’a Chloé qui a craqué pour Colin.  Y’a Tristan qui roucoule avec Iseult.  Y’a Hansel qui nous a récemment présenté Gretel.  Et, enfin, y’a Laurel qui s’est casé avec Hardy et l’a intégré au groupe (qui n’est pas homophobe, mais qui devient célibatophobe).   

Voici donc un groupe, censé permettre aux célibataires qui fourmillent dans ma ville de se retrouver et de partager de bons moments, qui se transforme en mini-club de loisirs pour jeunes couples… qui ne cessent de roucouler/se bisouiller/se mamourer (biffer la mention inutile), exposer leurs projets d’achat de maison/bébé/vacances (biffer la mention inutile), raconter à qui veut l’entendre leurs dernières histoires érotiques/comiques/romantiques (biffer la mention inutile).

Et je vous le dis haut et fort, tant pis ci cette information peut avoir une connotation terroriste qui me vaudra un retour de flamme (ou un emprisonnement digne de celui de Paris Hilton), je vais péter un câble et tirer dans le tas un de ces jours.  Personne n’y échappera, c’est compris ?  Parce que si même les heureux fiers de l’être viennent polluer l’atmosphère déjà réduite des célibataires, moi je le dis et le redis : c’est trop injuste (copyright Calimero).
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Merci à Manu qui m’a autorisée à faire usage de son Calimero tout craquant qui découvre, tout comme moi, le monde cruel plein de couples amoureux qui nous entoure.  De son Calimero, tout comme moi, déprimé par ce fameux monde.  Et enfin, de son Calimero qui rue dans les brancards tout comme j’envisage de le faire.  Vous découvrirez l’ensemble de son œuvre dans mes liens ou ici.

06:45 Écrit par Anaïs dans Anaïs râle | Lien permanent | Commentaires (11) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

6
aoû

La foire aux ruminants

Vous connaissez bien sûr, en bons belges que vous êtes, la foire agricole de Libramont, laquelle s’est déroulée récemment. Mais connaissez-vous la foire agricole de Namur ? Celle-ci, bien plus vaste, se déroule 365 jours par an sur l'entièreté du territoire namurois. C'est pas super ça ? Possibilité de découvrir des ruminants à chaque coin de rue.

Y’a différents types de ruminants :

- les ruminants silencieux, qu’on ne remarque que si l’on y prête une extrême attention
- les ruminants bruyants, qui font des « sprouitch sprouitch » bien mouillés en permanence
- les ruminants gueule ouverte, qui nous permettent de voir leur luette vibrer à chaque mâchouillement

Personnellement, je n’ai jamais aimé ruminer. Parce que ce que j’aime moi, dans les bonbons, c’est le goût. Or, les chewing-gums, ou les chiklets, ou encore chiques, comme on dit chez moi, ça perd son goût, et dès lors son intérêt, après quinze mâchonnements, voire dix si la chose est light (et le light est quasi incontournable actuellement).

Et s’il y a une chose que j’aime encore moins que ruminer, c’est regarder les autres ruminer.

Chaque matin, à l’arrêt du bus, je me sens comme dans un pré. Ça rumine à tout bout de champ (admirez le jeu de mots « pré – champ » - je suis extraordinairement géniale je vous le concède). Rares sont les gens à qui la dégustation du chewing-gum donne une part supplémentaire de sex appeal ou de séduction. Une bouche semi-ouverte qui se contorsionne dans tous les sens, ça ne me fait pas craquer. Voilà.

A part, à la rigueur, s’il s’agit de Claudia Chou-Fleur ou de Prat Bitt.

Encore que… L’autre jour, après avoir regardé « Hors de Prix », j’ai regardé le making of (j’adore ça), et voir Audrey Tautou ruminer bouche semi-ouverte entre toutes les prises lui a immédiatement ôté, à mes yeux, une bonne part du charme que je lui trouvais. Une fois ajoutés les « putain » qu’elle débite à chaque phrase, tout le romantisme du film a vite disparu. Dommage.

Alors, par pitié pour vos congénères, ruminez silencieusement, ruminez discrètement, ruminez bouche fermée. Vous diminuerez le risque d’absorption d’un insecte zébré, en plus. Elle est pas belle la vie ?

Merci à Marguerite d’avoir pris part à cet hommage (sic) aux ruminants. Son blog libramont

15:59 Écrit par Anaïs dans Anaïs râle | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |