2
oct

J’aime les docteurs qu’à la tévé, na !

Cet aprèm, j’ai pris congé.  Non pour bronzer (heureusement, j’aurais mal choisi mon jour), mais pour aller à l’hosto.

Mais pas dans mon hosto habituel, celui oùsqu’exerce Docteur Mamour rien qu’à moi (le mien, pas celui de la tévé), dans un autre hosto, que je ne connais pas, oùsqu’exerce la Doc, qu’elle je connais depuis quelques années.

Et j’ai horreur des hostos.  

Rien que d’y pénétrer, je ressens déjà les premiers symptômes de la maladie qui va incessamment me terrasser, c’est certain.  Y’a une ambiance, une odeur et un bruit très typiques des hôpitaux.   Je sens instantanément l’hypocondrie fulgurante croître en moi.

Mais je serai téméraire face au drame qui me guette.  J’ai rendez-vous à 14h.  Je serai là à 14h.

J’arrive donc à 13h30, vu le paquet incroyable de démarches pré-consultations à effectuer.

Je fais la file à l’accueil général, où une sympathique hôtesse m’envoie faire la file à l’accueil consultations.  Sur place, je ne trouve rien sinon un genre de salle de cinéma gigantesque.  Sans écran.  Juste un petit affichage de numéros, comme à la boucherie.  Zut, j’ai passé mon tour.  Je repars chercher mon précieux sésame.  Numéro 513.  Gloups.  13.  ça porte malheur, non ?  Après être appelée au guichet, je suis invitée à payer.  Tiens on paie d’abord ici. Sont prudents, des fois que le patient succomberait à une maladie nosocomiale avant d’avoir acquitté les honoraires dus.

Je fais ensuite ma troisième file à l’accueil du service, d’où je suis éjectée vers un couloir sinistre.

À 13h50, me voilà donc enfin installée sur une chaise en plastique inconfortable.  J’attends.

Face à moi, plusieurs affiches « vous êtes en de bonnes mains, nous avons signé le pacte afférent à la lutte contre les maladies nosocomiales » (ouf), « En Europe, une femme meurt toutes les dix-huit minutes du cancer du col de l’utérus » (glups), « Fumer tue, nous vous aidons à arrêter » (re-glups).  Fait chaud ici non ?  Je sue des gouttes grosses comme des pastèques.

14h.  ça va être mon tour.

14h20.  ça va bientôt être mon tour.

14h30.  ça va être mon tour ou quoi ?

14h50.  ça va être mon tour bordel de m… ?

15h00.  Une heure de retard.  Ces foutues secrétaires pourraient avoir la décence de nous tenir informés, nous pauvres patients en attente : keskisspass ?  Je les hais, ces secrétaires.  Bonjour le professionnalisme.

15h15.  si « ça va pas être mon tour », je ne réponds plus de rien !

15h20.  Je termine la lecture intégrale du Marie-Claire et je m’apprête à entamer le Cosmo, lorsque je réalise que je suis parvenue à lire tout ce Marie-Claire sans prêter aucune attention aux articles qu’il contenait, obnubilée que j’étais par la Doc qui n’arrivait pas.

J’abandonne donc le Cosmo et je prends mon petit carnet magique pour vous narrer mes mésaventures, espérant que ça ait un effet calmant.

Et ça marche.  Je me calme.  Je me concentre sur ce qui m’entoure, pour vous le faire partager : les secrétaires qui critiquent la nouvelle série française « L’hôpital », les femmes de ménages qui passent et repassent avec leur chariot, d’étranges caissons métalliques qui passent et repassent également (je les soupçonne de contenir des cadavres entassés de pauvres patients comme moi qui ont attendu des heures, des jours, des semaines, et ont fini par sécher sur place), une mère et sa fille qui dissertent sur le sens de l’affichette « veuillez signaler votre présence au secrétariat de la prise de rendez-vous » (moi j’ai bien compris le sens, mais elles ont d’énormes doutes), cette femme qu’on appelle et qui se lève tellement péniblement sans qu’aucune infirmière ne vienne l’aider pour s’entendre dire froidement « dépêchez-vous de redescendre vous inscrire, on va vous opérer en urgence » (aaaaargh je le savais que venir à l’hosto rendait malade).  

On est tous là, à attendre silencieusement notre tour, scrutant la grande aiguille de nos montres qui bouge qui bouge qui bouge.  J’ai bien envie de proposer une partie de cartes, ou simplement une discussion sympa autour d’une canette de Coca, vu la chaleur ambiante.  Je me suis déjà délestée de mon écharpe Strelli, de ma veste et de mon gilet, mais je n’ose enlever ma blouse, de peur d’être transférée d’urgence en psychiatrie.  J’ai mal choisi ma tenue.  Cette petite blouse serrante à la poitrine et plus large dans le bas me donne l’allure d’une femme enceinte.  Et j’en ai trois autour de moi.  Je sens que la Doc-qui-n’arrive-pas va s’écrier, en me voyant « oh mais vous m’aviez caché ça ».  Je le sens…  Rentrer le ventre rentrer le ventre rentrer le ventre.

J’en suis là de mes considérations blogguesques lorsque j’entends hurler « Médééééme Valente ? »  Je me lève en vitesse, des fois que je n’aurais droit qu’à quatre secondes pour me présenter chez la Doc.  Je fais tomber mon bic, mon carnet magique, mon écharpe Strelli, ma veste et mon gilet, que je ramasse prestement, sous le regard impatient de la Doc.  Elle n’a pas que ça à faire.  Une heure trente de retard, sans une explication.  Ni un bonjour.  Ni même un regard.  Elle me précède, me demandant directement « vous venez pour quoi » (une grande frite et un petit sprit’ light, quelle question).  Son ton est pressé.  Il faut que ça roule.  L’industrie hospitalière ne laisse plus le temps au patient de s’asseoir.  Je vois sur la feuille de rendez-vous que j’ai droit à 15 minutes.  Pas plus.  Surtout pas plus.  

Elle ouvre mon dossier et s’étonne avec exaspération de me « revoir » : « mais Madame Valente, je vous ai vue tout récemment, keski vous amène (encore, espèce de pot de colle) ? »  Puis elle réalise que ce dossier n’est pas le mien.  Catastrophe.  Y’a qu’à moi que ça arrive.  J’ai donc droit à une consultation menée de main de maître, rapido presto subito, parce que, me dit-elle, sans mon dossier, elle peut rien faire.  Ben voyons.

Elle me jette dehors.  Même pas le temps de remettre mon gilet, mon manteau, mon écharpe Strelli qu’elle est déjà à la porte, tapant du pied à la manière de Bugs Bunny (euh, quoi de neuf Docteur ?).  

Elle me précède à l’accueil pour passer un savon à sa secrétaire qui a remonté le mauvais dossier (j’hésite entre la pitié et la joie, car finalement cette secrétaire m’a laissée, sans aucun scrupule, poireauter de longues minutes – la vengeance est un plat qui se mange froid, même dans un hôpital surchauffé).  J’opte cependant pour la pitié et lui fais un regard de connivence.  Le mépris de la Doc m’exaspère.  Mépris à mon égard, mépris à l’égard de son personnel.

Je repasse à l’accueil consultation pour payer encore un petit supplément ma bonne dame, et je sors enfin de ce lieu de perdition.

Pour la peine, je décide de m’offrir « La vie d’artiste » au ciné.  Au moins, je n’aurai pas perdu totalement mon après-midi.

J’arrive sur place, pour réaliser que le film n’est pas joué l’après-midi.  

J’aurai perdu totalement mon après-midi.

Et en plus il pleut.

Pour me consoler, je m’offre un plat de macaronis jambon-crème et un tiramisu spéculoos à déguster sans modération.  

Dessin de Vidalinda, cette chère Vidalinda dont j’ai pu durant des mois admirer le blog et les qualités de cœur, mais qui m’avait caché ses qualités d’illustratrice… Elle a maintenant son blog de dessinatrice, et je vous prie de croire qu’il vaut le déplacement.  A mon avis… vous allez en voir, du Vidalinda, ici.  Je prépare mes amygdales et ma langue, mon regard de bête crevée, mon vocabulaire suppliant… et je passe à l’attaque avec mes billets à illustrer… A suivre.
gyné pt

06:45 Écrit par Anaïs dans Anaïs râle | Lien permanent | Commentaires (12) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

1
oct

Semaine de la mobilité

Il y a peu, c’était la semaine de la mobilité.

J’ai lu que la TEC offrait des abonnements hebdomadaires à qui le demandait… sauf qu’ils n’étaient pas envoyés, les abonnements.  Fallait aller les chercher, parfois assez loin… et donc en voiture… Cherchez l’erreur.

Ceci dit, moi mon abonnement TEC, je l’ai toujours sur moi, bien au chaud.  Prête à dégainer à première demande.

Donc, l’autre jour, comme tous les jours, je prends le bus.  Youpie.  Déjà, il pleut et j’ai oublié mon parapluie au bureau que j’ai même pas le temps d’y retourner des fois que le bus passerait à l’heure, exceptionnellement.  En plus, on sait pas s’abriter car y zont bougé l’arrêt, on a donc juste un petit panneau qui indique « arrêt provisoire », et on est prié d’y rester et de ne pas être dissipé.  Pas de point jaune pour indiquer l’endroit du chargement (cf ce billet), ça va être la cohue…

Il est 16h35.

Mon bus va passer à 16h39.  

16h39.
16h40.
16h41.
16h42.
16h43.
16h44.
16h45.
16h46.
16h47.
16h48.
16h49.
16h50.

Nous sommes de plus nombreux à nous presser sur cet étroit trottoir.  Les conversation vont bon train (admirez le jeu de mots, aller bon train en attendant le bus, ça en jette non ?) : « mais il passe à quel heure le prochain bus ? » (ben oui, sans arrêt, pas d’horaire, donc impossible de savoir, heureusement chuis là, avec mon horaire coincé entre deux neurones, pour informer le peuple), « et ça va durer combien de temps cet arrêt provisoire ? », « il est en retard ou quoi le bus ? » …

16h51.
16h52.
16h53.
16h54.
16h55.
16h56.
16h57.
16h58.
16h59.

Nous sommes maintenant une vingtaine au bord de la crise cardiaque, d’autant qu’en face de nous, l’arrêt provisoire « retour » (donc celui qui va dans l’autre sens, suis-je claire ?) nous nargue, en nous offrant le passage de pas moins de six bus !

Ça s’appelle la loi de Murphy non, cette loi qui dit que la tartine tombe toujours du côté Nutella, et que le bus passe toujours dans l’autre sens, ou qu’il est en avance quand je suis en retard et en retard quand je suis en avance…

17h00.
17h01.
17h02.
17h03.
17h04.
17h05.
17h06.
17h07.
17h08.
17h09.

Le désespoir se lit sur tous les visages.  Certains envisagent une randonnée pédestre.  D’autres de prendre un taxi.  

Moi, je reste silencieuse.  Zen zen zen.  En apparences, car en interne, mon estomac joue à la méduse (ben oui, une méduse, ça s’étend, ça se roule en boule, ça s’étend à nouveau non ?  Y a-t-il un spécialiste des méduses dans la salle ?)

17h09’41’’.  Miracle, un bus arrive.  Nous nous pressons comme des sardines, de peur de ne pouvoir y entrer. Le chauffeur tarde à ouvrir la porte de ce bus bondé comme un magasin Strelli le premier jour des soldes.  Il le fait exprès j’en suis sûre, pour nous stresser encore plus.  Et nous faire tremper quelques secondes supplémentaires.  Il pleut toujours, bien sûr.

Je parviens à monter.  Nous montons tous.  Miracle.  L’émeute est évitée de peu.

Une voyageuse ose une question au chauffeur « comment se fait-ce que vous soyez tellement en retard ? ça fait plus d’une demi-heure que nous attendons ».  Réponse laconique « bizarre, moi j’ai croisé des tas de bus quand je montais, eux descendaient vers vous, vous ne les avez pas vus passer ? »  

Je pense « si si bien sûr, mais nous préférions attendre, histoire de vous faire une scène à votre arrivée ».  Et je dis « et bien voilà, ce sont des bus uniquement visibles par les chauffeurs, pas par les voyageurs, dommage ».  Ensuite je tente de disparaître, de peur que le chauffeur ne me jette dehors à grand coups d’abonnements plastifiés.

Voici donc un mystère étrange et épais comme un brouillard de novembre : le mystère du triangle des Bermudes de la TEC.  Des bus, une fois arrivés au terminus, disparaissent à tout jamais, et ne refont pas le chemin inverse.  Jamais.  Qu’advient-il alors des chauffeurs ?  Faut-il placarder des avis de recherche dans toute la ville ?  Quel drame pour les veuves et les orphelins de la TEC.

C’était la semaine de la mobilité…

Billet illustré par un dessin de DePa, créateur du Sumoups, d’après une idée de Marco, je les remercie tous deux, et vous invite à découvrir leurs blogs.  Celui de DePa regorge de dessins tordants, celui de Marc de bonnes idées de lecture.  A voir !
mobilite

06:30 Écrit par Anaïs dans Anaïs râle | Lien permanent | Commentaires (7) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

25
sep

Miss Blog 2007…

anaisratpt
Y’a quelques temps, je découvre qu’un blog, dont je tairai le nom pour éviter un procès en diffamation, organise un concours de Miss Blog 2007.  Soit dit en passant, il devrait s’agir du concours de Miss Blog 2008, passque sauf erreur, les Miss Belgique et France qui seront prochainement élues, ça sera pour l’an prochain…  N’ai-je pas raison (là vous dites, en chœur, « Anaïs a toujours raison », merci).


Soit.  Je trouvé l’idée rigolote et je m’inscris, d’autant que les participant(e)s doivent faire leur promo grâce à leur animal adoré, ce qui est fastoche pour moi.  Passque mon animal préféré, c’est le Rrrrat (nan, c’est pas mon poisson vibrant, espèce de mauvaises langues).

Je supplie donc mes dessinateurs de m’offrir un petit rat inédit, histoire de faire une superbe promo, sur le blog en question et ici.  Deux répondent à l’appel : Flo et Acide, qu’ils soient remerciés à tout jamais du fond du cœur et tout et tout…

Je sauvegarde donc gentiment mes dessins, je prépare mon discours, et j’attends.

J’attends le début du concours.

J’attends.

J’attends.

J’attends.

La patiente n’est pas une de mes qualités, vous le savez, mais on m’a dit que ça commencerait en septembre, et que je serais prévenue.  Donc je continue attendre.  

Comme sœur Anne, je ne vois finalement rien venir.  J’envoie un petit mail.  Puis un autre.  En vain.  Pas de réponse.  Je n’insiste pas, histoire de ne pas jouer mon impatiente chieuse.

Un beau matin, me disant qu’on sera bientôt en 2008, je me décide à aller vérifier si le blog organisateur ne contient pas des informations sur ce concours qui n’arrive pas.

Et là, mon désespoir n’a d’égal que ma stupeur : le concours est commencé.  Depuis belle lurette.  Sans que j’aie été prévenue (paraît que j’avais qu’à venir sur le blog, mais chavais pas moi, j’attendais un mail).  Sans que j’eusse pu, ou j’aie pu, j’en perds ma conjugaison, afficher mes petits rats tout beaux sur mon blog, et sur le blog en question.  Sans avoir pu vous inviter, vous lecteurs, à voter pour moi.  Sans avoir pu étaler ma science scripturale sur ce blog, histoire de faire ma promo.  Rien.  Nada.

Pire, deux concurrentes sont éliminées chaque semaine.  Et j’apprends alors avec stupéfaction et désespoir ultime que j’ai été éliminée le 16 septembre dernier.  Jetée.  Comme une malpropre.  Sans aucun droit de réponse.  Ejectée sans avoir eu un instant conscience que j’étais déjà en « compétition ».

J’ai toujours détesté les concours de Miss, car y’a que les belles qui peuvent participer, c’est injuste (hein, Caliméro).  Je pensais me rattraper et devenir Miss Blog.

Et voilà.  Mes rêves de gloire s’écroulent comme un château de Délichoc.  La couronne de Miss Blog 2007 s’éloigne de moi à tout jamais.  Je vous préviens.  Je vais râler et me rouler par terre de rage en tapant fort de mes petits poings au sol.  Au moins une heure.

Mais je m’en voudrais de ne pas vous faire profiter de ces dessins inédits… Alors régalez-vous.
 
Quand je vous disais que je ne gagne aucun concours...anaïspt

06:15 Écrit par Anaïs dans Anaïs râle | Lien permanent | Commentaires (7) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

20
sep

Ze veux gagner une voiture !

tecCe matin, je monte gentiment dans mon petit bus. Et c’est le drame.

Pour comprendre l’ampleur de la situation, je me dois de vous préciser que la ligne que j’utilise pour aller bosser (enfin la seconde, parce que je prends deux bus, dans la joie et la liesse des correspondances qui ne correspondent jamais) est une ligne maudite. Maudite parce qu’elle dessert deux écoles. Et parce que, par conséquent, elle est blindée aux heures de pointe desdites écoles, même si la première école se trouve à cinq cents mètres du départ du bus, vu que les petits étudiants sont d’une fadeur telle qu’ils ne conçoivent pas de marcher ces fameux cinq cents mètres (à eux le cholestérol, les problèmes lombaires et la stérilité – si, j’en suis convaincue, une étude prouvera prochainement que l’amorphie rend stérile). De mon temps ma bonne Dame… Bref, ils squattent le bus des valeureux travailleurs tels que moi, travailleurs qui vont bien plus loin et ont dès lors grand besoin d’un bus. CQFD.

Je n’ai jamais pu me résoudre à monter dans ce fameux bus, et ce pour les raisons suivantes, que vous comprendrez aisément :
- chaque matin, c’est le tirage au sort pour déterminer qui des cent personnes qui attendent pourra monter dans ce bus destiné à en contenir cinquante (et pas à l’amiable, le tirage au sort, plutôt du genre « c’est todi les p’tits qu’on spotche »)
- si j’ai la chance de faire partie des « gagnants », je suis écrasée comme une sardine
- ça pue véritablement la sardine, les bons jours, et la baleine en putréfaction sur une plage d’Ostende, les mauvais
- le chauffeur hurle sans cesse « avancez dans le foooooooond du buuuuuuuus » même s’il n’y a plus moyen de bouger un cheveu
- les jeunes ne cèdent pas leur place aux personnes âgées telles que moi
- depuis quelques temps, en plus, faut montrer son abonnement. Va-t-en sortir l’abonnement de ton sac quand quarante personnes tentent de passer devant toi et que le chauffeur s’impatiente !

Bref, un bout d’enfer remonté sur terre.

Il y a quelques années, j’avais contourné le problème en repérant une autre ligne de bus, qui me déposait cinq cents mètres plus loin que mon arrêt habituel et avait l’avantage de n’être utilisée que par quelques personnes. Mais cinq cents mètres ne me font pas peur, à moi, bien sûr. Puis, l’an dernier, les horaires ont été modifiés, et j’avais beau faire des prières chaque soir, le premier bus me déposait systématiquement trente secondes après le départ du second, ce qui, entre nous, est tout de même très problématique.

J’ai donc contourné (ça me filerait la nausée, tous ces contournements) ce nouveau problème en repérant une troisième ligne de bus, ligne longue distance qui, par miracle, partait à la bonne heure, n’était pas trop bondée et me déposait encore plus près que l’ancienne ligne (je l’admets, cinq cents mètres de moins, c’est toujours ça de pris, j’ai plus vingt ans, moi, ma bonne Dame).

Et ce matin, je monte gentiment dans mon petit bus. Et c’est le drame.

Mon chauffeur (à force, sur ces longues lignes, ce sont toujours les mêmes) m’annonce, comme ça, tout de go, sans aucune préparation psychologique, sans me faire asseoir au préalable, que dorénavant, ce bus que j’aime tant ne s’arrêtera plus là oùsque je bosse, le premier arrêt étant reporté plusieurs kilomètres plus loin…

C’est une malédiction. Ils ne peuvent que le faire exprès. Ils me cherchent. Ils m’espionnent. C’est une vengeance personnelle du chauffeur contre lequel j’ai introduit une réclamation passqu’il a pas voulu s’arrêter et m’a fait un signe moqueur en passant. C’est lui j’en suis sûre. Si ça tombe il me guette dans ma rue durant des heures. Si ça tombe il est en bas de chez moi à l’instant où je vous écris, s’apprêtant à déposer une bombe dans ma boîte aux lettres… Parano, moi ? Juste un chouia.

Comment je vais faire moi, pour aller bosser ? Je redescends dare dare de mon bus qui n’est plus mon chéri et je rejoins l’arrêt de l’autre bus tant détesté, le tout premier (ça va, vous suivez ? Je vous donnerais bien les numéros des lignes, pour plus de compréhension, mais une Anaïs en écharpe Strelli, c’est facile à repérer, et vous savez combien je tiens à mon anonymat). Je parviens péniblement à y entrer et let’s go to work.

Durant le trajet, je réfléchis. J’ai deux choix hyper motivants : soit partir plus tôt le matin (youpie), soit … ben non tiens, j’ai qu’un choix, c’est partir plus tôt et tenter d’entrer dans un bus bondé de sardines, puant la sardine, pour en sortir transpirant comme une sardine trop serrée.

Je continue à réfléchir, réfléchir, réfléchir, … Jusqu’à ce que « tilt », je trouve la solution.

Ni une ni deux, j’arrive au boulot, j’allume mon PC, j’analyse les horaires des bus et je fonce chez patron chéri lui faire ma proposition : partir beaucoup plus tôt pour échapper à l’heure de pointe des bus à sardines, arriver beaucoup plus tôt au bureau (avec la promesse de pas regarder mon blog, de ne même pas aller checker mes mails, croix de bois croix de fer je mens sans aller en enfer), et partir par conséquent plus tôt du bureau…

Et boss adoré, boss vénéré, boss adulé, et ben il a dit oui (il a vu ma tête de sardine crevée prête au suicide par absorption d’huile de foie de morue).

Oui !

OUI !

Je l’aimeuh mon boss, car c’est pas tous les boss qui seraient si conciliants, si charmants, si accommodants, si complaisants.

Dorénavant, je serai au dodo dès 20 heures, car demain je commence mon nouvel horaire « factrice boulangère ».

Image de Mich, qui a eu, lui aussi aujourd'hui, une mésaventure TECquesque et que je remercie, passqu’un logo TEC aussi choli, on voit pas ça tous les jours…



06:45 Écrit par Anaïs dans Anaïs râle | Lien permanent | Commentaires (14) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

14
sep

Congratulations !

Françaises, français (et autres peuples), réjouissez-vous : Acide, ou H2SO4 a gagné.  Le vlà propulsé au rang des stars internationales de la blogosphère, Mesdames et Messieurs.  En grand vainqueur du Persoweb overbooké qu’il est soudain devenu, il quitte le plat pays pour quelques jours, histoire de se réfugier à l’abri des flashs crépitants des photographes, non sans nous laisser une petite compensation, que je vous présente ci-dessous.  Un chtit autoportrait bien sympa.

Persoweb, c’est le concours du moment, auquel, souvenez-vous avec émotion (et par pitié ayez l’air vraiment ému, bande d’hypocrites), j’ai participé.  Je sais de toute façon pourquoi j’ai pas gagné, j’en suis sûre, ça n’a rien à voir avec le contenu merveilleux, que dis-je, hypra fabuleux, de ce magnifique blog rose fuchsia : dans le questionnaire d’inscription, j’ai répondu « non » à la question « êtes-vous prête à voyager ».  Et le gros lot des gagnants, c’est un voyage à l’autre bout de la terre.  Zont pas voulu courir le risque de subir une Anaïs tremblante, à moitié droguée, qui s’accroche à la porte de l’oiseau de métal durant tout le voyage en hurlant « laissez-moi sortiiiiiiiiiiiiiiiiiiir ».  Voilà tout.  C’est la seule et unique raison, qu’on se le dise.

Oui bon, ça va, je l’admets humblement, c’est le prétexte bidon que j’ai trouvé pour surmonter mon chagrin d’être ainsi mise au rebut.  Mais, la chtite pointe de tristesse passée, je me suis vachement réjouie pour Acide, parce qu’il le méritait largement, d’être nominé.  Et il le mérite encore plus largement, d’avoir gagné.  Je vous ai invités à voter, et j’ai moi-même voté chaque matin, consciencieusement.

N’en déplaise aux envieux qui peuplent la blogosphère belge et des environs...

Et des jaloux, y’en a un paquet.  Enfin, quelques uns, en tout cas.  

Je cite :

parce qu’Acide copie des news dont il s’inspire pour ses dessins « je ne peux pas "pondre" aussi vite que copier/coller.  Cela dit, j'ai adressé mes félicitations à A.cide et je les renouvelle »,
pour la même raison « Ces félicitations doivent à mon sens être plus que partagées avec les différentes agences de presse (ou sites d'actualité) qui fournissent les textes de la majorité des posts de ce blog »,
parce que Skynet offre un skin perso au gagnant « Sans animosité aucune ça ne sera pas du luxe pour le vainqueur »…

Ben moi ça me débecte cette manie de tout critiquer, de chercher la petite bête, de féliciter en cachant une bonne petite vacherie (et non une vache qui rit) derrière.  Les « cela dit » pleins de sous-entendus bien lourds, les « sans animosité aucune » qui en dénotent une fameuse, d’animosité… Mais où va-t-on ?  Chacun ne peut-il gérer son petit blog en toute simplicité, se réjouir des réussites d’autrui en se disant qu’un jour, ce sera son tour, faire partager ses réussites en espérant un retour à 100 % positif ?  

Nan, je sais, on vit pas dans le pays des gentils Bisounours, mais plutôt dans celui peuplé uniquement de Schtroumpfs grognons.

Ça me saoule.  Ça y est, je râle.  Na.  Et je dis bravo Acide, c'est totalement mérité, et ton blog il est parfait.  Na.
DEPART

16:27 Écrit par Anaïs dans Anaïs râle | Lien permanent | Commentaires (6) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |