29
oct

Heure d’hiver (suite et fin)

heure hiver
Quand j’ai vu ce dessin du Sumoups, j’ai repensé à cette heure d’hiver qu’on nous impose et dont j’ai déjà parlé sur ce blog (ici).

J’ai évoqué la confusion que cela créait dans nos esprits, et les questions qui fusaient « attends, on avance ou on recule d’une heure ? » « On recule, mais ça signifie quoi en pratique ? »  « donc il fera clair plus tôt ou plus tard ? »  « Plus tôt »  « Ah non, plus tard, réfléchis bien… » « oh je ne sais plus ».  Et ça finit toujours comme ça.  On s’emberlificote dans ses explications, on perd patience.  On perd son temps…  (Et si on passe une heure à parler du changement d’heure, on perd le bénéfice de cette heure gagnée, vous comprendre ?)

Sans compter que j’ai dû changer l’heure d’un paquet appareils : mes magnétoscopes, le graveur DVD qui ne grave jamais rien mais sait-on jamais qu’un jour il cesse sa grève, mon réveil radio, le réveil du living, celui de la cuisine (ah non, celui-là, sa pile est à plat depuis mars 2004), ma montre, l’appareil Belgacom affichant mes appels, mon répondeur, mon GSM.  De nouveau une perte de temps.

Epuisant.

Mais je n’ai pas évoqué le réel nœud du problème, savoir les questions qui fusent après le changement.

Ce matin mon réveil a sonné à 6h20.  Mais aurai-je dormi une heure de plus ou de moins ?  En y réfléchissant bien, il sonnera à 6h20 mais il sera en réalité 7h20, ancienne heure.  Donc, j’aurai dormi une heure de plus.  Cependant, il faut également considérer l’heure à laquelle j’ai été dormir ?  En général, je vais dormir vers 22h00-22h30 (et oui, me faut mon compte d’heures, sinon je suis encore de plus mauvaise humeur que d’habitude).  Mais hier soir, en allant dormir à 22h00, il était en fait, 23h00 nouvelle heure.  Non Anaïs, 23h00 ancienne heure.  C’est tard.  Trop tard pour moi.  J’aurais dû aller aux plumes à 21h00 pour respecter mon ancien rythme.  Et puis hier soir, il faisait clair tellement tôt, ou tellement moins tard.  Et ce matin, drôle de sensation, ce lever sous la lumière du jour.  Trop tôt.  Combien de temps pour que mon pauvre organisme épuisé s’adapte à la nouvelle heure ?  A quel moment dois-je décider que cette nouvelle heure devient l’heure officielle, et ne plus penser à l’ancienne heure ?  ça prendra combien de temps ?  Six mois au bas mot, jusqu’à ce que… nous adoptions l’heure d’été.

Et bien je vais vous dire honnêtement, tout ceci m’a fatiguée.

12:15 Écrit par Anaïs dans Anaïs râle | Lien permanent | Commentaires (6) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

23
oct

Faites vos jeux, rien ne va plus…

La journée commence mal, très mal, très très mal. Me sachant à court de boisson chocolatée au bureau (j'étais trop fade hier pour me traîner au supermarché), je décide d'emporter une brique déjà ouverte dans mon frigo. Parce que pour moi, une journée qui commence sans boisson chocolatée est une journée gâchée (un peu comme pour les drogués au café ou à la cigarette, je suis droguée à la boisson chocolatée).

Je cale donc ma brique déjà ouverte dans mon sac, et pour assurer la chose, j'y ajoute une brique de soupe (vu la météo, ça peut toujours servir) tomate boulettes, rappelez-vous, la soupe préférée des belges.

Et je m'enfonce dans la noirceur et le froid de ma ville, à la recherche d'un bus, telle Cosette partant pour la mine (oups, je me demande si je ne mélange pas deux histoires là).

C'est en tentant de ranger mes clés dans mon sac que le drame se produit : ledit sac, qui semblait tenir droit sur le sol pavé de la rue, a vacillé et s'est écroulé lourdement sur le sol, provoquant l'ouverture de la fermeture (oups, et oui, une fermeture, ça s'ouvre aussi…) de la brique de boisson chocolatée. Rapidement, j'ai redressé le tout. Mais trop tard, bien trop tard.

Ce n'est qu'en arrivant au bureau que j'ai réalisé l'ampleur du désastre : la boisson chocolatée avait tout envahi. Tout. Un vieux Flair qui traînait, des papiers, un parapluie (que je dénommerai dorénavant parachocolat) et un livre que je dévore actuellement et dont je vous parlerai très prochainement (après-demain pour être précise).

Je nettoie tout en râlant ferme, comme vous l'imaginez (si, si, je sais que vous savez que j'ai un sale caractère).

Je me sers un giga verre de boisson chocolatée (oui, il en restait, ne soyez pas mesquins, ça ne vous va pas) pour me consoler de ce début de journée bien mouvementé.

Je me retourne pour allumer mon ordinateur. Ma chaise de bureau s'en mêle, heurte une pile de dossiers d'un mètre (et oui, je bosse moi), qui s'effondre lourdement sur le bureau, provoquant la chute du verre rempli de boisson chocolaté. Et c'est reparti pour un tour de nettoyage … C'est que ça colle cette crasse brunâtre !

Depuis ce matin, je me crois dans un gag de Benny Hill, mais même pas Mesdames et Messieurs. C'est bel et bien la triste réalité de ma vie de maladroite…

08:01 Écrit par Anaïs dans Anaïs râle | Lien permanent | Commentaires (16) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

22
oct

Ce matin, un lapin, a tué un chasseur…


Avec l’automne revient une saison que je hais plus que tout, plus que la chute des feuilles, plus que les jours qui raccourcissent autant que ce petit pull que j’ai lavé à 60 degrés par erreur, plus que mon humeur en dent de scie, plus que l’humidité qui me fait friser des cils : la saison de la chasse.

Moi y’en ai aimer les animaux.  Et moi y’en a pas aimer qu’on fasse du mal aux animaux.  C’est aussi simple que ça.

Et aussi, moi y’en a aimer quand j’apprends que « ce matin, un lapin, a tué un chasseur »… Merci Chantal, tu m’as comprise.  Je l’avoue humblement, parce que c’est pas bien de se réjouir du malheur des autres, mais quand je lis qu’un accident de chasse est survenu, je me réjouis.  Ce n’est qu’un juste retour des choses.  Après tout, l’animal n’a aucune chance face au canon, alors de temps en temps… y’a une justice.

Et que celui qui osera me sortir l’argument bateau, censé être de choc, qui dit « les chasseurs sont utiles pour une épuration des spécimens trop nombreux » tourne immédiatement les talons, où je le frappe.  Et quand je frappe, je peux faire mal.  Parce que bon, s’il faut vraiment épurer, je suis d’accord.  Entièrement d’accord.  Mais que cela soit fait par du personnel spécialisé et non par des chasseurs complexés qui croient que jouer du fusil leur procure une puissance vénérable.

Zêtes prévenus.  Je frappe.

Et tant qu’à tout avouer, je frappe aussi les amateurs de corrida.  Qu’on se le dise.  Parce que jamais je ne parviendrai à piger le bonheur qu’on peut avoir à regarder cette pauvre bête (même si un taureau, c’est moins émouvant qu’un cerf ou une biche, c’est clair, mais une bête reste une bête) se faire mutiler, transpercer et finir par agoniser, tout sanguinolent, sur le sable de l’arène.  Brrrrr, j’en frémis des naseaux rien que d’y penser.

A ceux (que je vois venir de loin) qui argumenteront que c’est bien beau de défendre la cause animale alors que je m’enfile des lasagnes dont je tairai la marque, pleines de viande, que je mange de l’américain (steak tartare pour les non belges) et des crevettes, que je porte des chaussures en cuir, je répondrai que je ne me prétends pas végétarienne ni comme ayant l’âme d’une BB, c’est juste que la torture, le sadisme et la violence gratuite, c’est pas mon truc.  Et que j’aime pas que les animaux destinés à l’alimentation subissent l’irrespect que l’on sait.  Mais aujourd’hui, c’est le jour oùsque je râle contre la chasse et les corridas.  Une autre fois, je ferai l’élevage en batterie.  Promis juré.  Ce blog ne sert à rien, il ne résoudra rien, mais il me permet de m’exprimer, yahou.

Finalement, je pense que c’est cette lutte à chances inégales qui m’insupporte.  Parce que si la biche avait les mêmes chances que le chasseur.  Si le taureau avant les mêmes chances que le torero.  Alors j’envisagerais de revoir mon jugement.  Uniquement à ces conditions.

Dessin d’Acide the big winner of Persoweb.
chasse

11:00 Écrit par Anaïs dans Anaïs râle | Lien permanent | Commentaires (16) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

18
oct

J'en peux plus !

Je vais péter un câble et tirer sur tout ce qui bouge avec un pistolet à eau rempli de grenadine, je vous préviens !  Ça va coller.  Ça va tacher.  ça va-t-aller mal, très très mal.

Jenenpeuplu.  Jenpeuplu.  Peuplu.  Plu. Pl……

Je vais tuer les clients.  Mes clients.  Ce billet pourra être retenu contre moi au tribunal.

Y’a Mister Einstein, qui se croit sorti de la cuisse de Jupiter, qui me jette ses diplômes (virtuellement, encore heureux) à la tête, me certifiant qu’il sait tout sur tout, et en tout cas mieux que moi.  Je lui propose de venir prendre ma place et gérer lui-même ses petites affaires.  Pourquoi qu’y veut pas ?

Y’a la Miss Jmelapètegravedechezgrave, qui ne m’adresse ni un bonjour ni même un regard, malgré l’écharpe Strelli que j’arbore fièrement.  « Strelli », pense-t-elle, « puh, minable de chez minable, petit de chez petit, cheap de chez cheap ».  Elle ne jure que par Vuitton, Delvaux et Channel.  Pour elle, je ne suis rien.  Et même rien, c’est encore trop.

Y’a Mister Fric, qui me prend pour son larbin de service sous prétexte qu’il me paie pour mon travail.  Y’a juste un petit détail qu’il oublie, c’est pas lui qui me paie, mais boss adoré.  En pratique, je suis bel et bien payée pour traiter ses innombrables dossiers d’où débordent des liasses d’euros, mais certainement pas pour en être réduite à un statut de paillasson piétiné par de grosses godasses pleines de boue.  Ça, jamais.

Y’a Mister Deborded Overbooked, qui n’a jamais une seconde à me consacrer, qui jongle avec quatre portables et deux fixes, me met en attente durant des plombes, pendant qu’il gère plus urgent.  Finit par me raccrocher au nez, j’ai qu’à rappeler.  Ben voyons.

Y’a Mister Déneuroné, qui ne comprend rien à rien, qui m’appelle quatre fois par heure, m’inonde de mails écrits en phonétique, me pose cent fois la même question, s’excuse de me déranger à nouveau (meuh non voyons, vous dérangez jaaaaaaaaaaamais).  Il s’énerve parce que j’explique mal, avec des mots trop complexes.  Mais il est gentil.  Gentil dans le vrai sens du terme : braaaaaaaaaf.

Y’a Miss Superpressée, qui ne comprendra jamais qu’elle n’est pas la seule à vouloir tout pour hier, passqu’ils le sont tous.  Alors elle, elle exige pour avant-hier, et tente de jouer de ses relations pour avoir des pistons.  Je hais les pistons.  Y’a qu’avec un bouquet de fleurs que je peux envisager de faire quelque chose pour elle.  Ou du champagne.  Ou une écharpe Strelli.

Y’a Mister Voussavezpas, qui veut savoir quand son interlocuteur, qui est occupé sur une autre ligne, va enfin daigner raccrocher pour s’occuper de lui, rien que de lui, toujours de lui, lui lui.  Je sors ma boule de cristal.  Je fais quelques vagues mouvements des mains au-dessus de ladite boule, et je lui propose de rappeler dans 3 minutes 45 secondes, la boule me l’a certifié.

Mon Dieu.  My God.  Dans la vraie vie, je leur aurais dit ma façon de penser, vite fait bien fait.  Je leur aurais montré que je mérite des égards, du respect, de la politesse.  Que je suis quelqu’un, tout autant qu’eux.  Pourquoi je suis pas dans la vraie vie ?  Pourquoi je suis juste dans un vrai travail ?  Pourquoi que j’ai pas le droit de tous les envoyer paître, comme un troupeau de moutons, à grands coups de gros mots et d’invectives, hein ?  Pourquoi ? 

Je veux devenir technicienne de surface.  Bosser seule.  Entièrement seule.  Totalement seule.

Et n'avoir de conflits qu'avec ma bouteille de Monsieur Propre, mon torchon, mon carrelage et mes gants en caoutchouc.

Et un premier dessin fait spécialement pour le blog par CyberBV, profitez-en, la pauvre est gedebordeerd (et oui, je parle flamand, vous l’ignoriez ?), donc ça risque d’être le dernier.  Merci CyberBV.
marreclientspt

06:30 Écrit par Anaïs dans Anaïs râle | Lien permanent | Commentaires (19) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

12
oct

Il est sans (belle-)famille, et il s’appelle Remy

Il porte en effet le prénom inoubliable de ce petit personnage de roman, et surtout de dessin animé.  Ce petit orphelin déambulant dans le froid, à la merci des loups, avec son bienfaiteur, leurs chiens et leur petit singe.  J’ai oublié tous les prénoms, mais je vois encore tellement bien leurs visages et surtout les larmes que j’ai pu verser sur leurs mésaventures.

Il porte donc ce prénom, mais j’ignore s’il est sans famille.  Il est sans belle-famille, c’est une certitude, puisqu’il l’a quasi toute anéantie il y a une dizaine d’années.

Dans un souci de destruction massive.  Non pas un crime passionnel, qui l’aurait conduit à tuer « uniquement » l’objet de son amour.  Non, rien de passionnel.  

Plutôt quelque chose de calculé, d’organisé, de machiavélique.  De froid.  Un désir de tout anéantir, puisqu’elle ne voulait plus de lui.  Elle ne voulait plus de lui.  Mais elles ont toutes payé.  Et lui, le père, absent au moment des faits, le paie encore, jour après jour après jour après jour.

Le plan était précis.  Calmement, il a attendu.  Toute une journée.  Pour les tuer.  Une à une.  Dans quel ordre, on s’en moque.  Je m’en moque.  L’ordre n’a pas d’importance face à une telle horreur.  Je crois me souvenir qu’il a fait usage d’une arbalète.  Je crois me souvenir qu’il a tiré dans le dos.  Je crois me souvenir qu’il a violé, post-mortem.  Je crois même me souvenir qu’entre chaque assassinat, il a vaqué à ses occupations, sans angoisse, sans remords.  En plus, elles étaient toutes tellement jolies.  Comme si la beauté pouvait accentuer le drame, le rendre inenvisageable.  Une fois son but atteint, il est parti et a continué sa vie.  Jusqu’à ce qu’il soit pris, enfin, et condamné à perpette.

Cela fait dix ans.   Et la perpette, en Belgique, c’est pas vraiment la perpette.  Cherchez l’erreur.  Car comme le prévoit la loi belge, il a la possibilité, après ces dix petites années, de recouvrer sa liberté.  L’enfermement immonde dans lequel se trouve l’époux et père, il n’en a cure.  C’est son droit, il en fait usage, sans remords ni regrets, comme au préalable.  C’est son droit.  Point.  

Droit qui lui a été refusé, alléluia.  Un peu de répit.  

Comme il n’a pas payé les indemnités auxquelles il est condamné (même si payer ne remboursera jamais sa dette là-haut, si un là-haut existe), ses biens personnels ont été saisis : un ventilateur, une TV, un magnétoscope.  

Son avocat est immédiatement monté au créneau pour dénoncer cette ignominie.  On a subtilisé le ventilateur de Remy, il risque d’avoir si chaud l’été prochain.  On lui a pris son téléviseur, comment va-t-il se distraire ces prochaines années ?  On s’est emparé de son magnétoscope, il ne va plus pouvoir enregistrer les experts sur RTL.

Cette saisie « porte atteinte à la dignité et aux droits de Remy », précise son avocat.

Pauvre chou.

Du fond de sa cellule, je n’espère qu’une chose.  Qu’il réfléchisse (sans téléviseur, il aura bien le temps) au sens du mot « dignité ».  Qu’il sue des gouttes d’angoisse (non rafraîchies par son ventilateur évanoui) en songeant à ce mot : « dignité ».

DIGNITE !

Y’a des jours où je rêve d’un retour de la peine de mort.  Certains jours seulement.  Mais certains jours tout de même.

Image prélevée ici.
peine mort

16:08 Écrit par Anaïs dans Anaïs râle | Lien permanent | Commentaires (9) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |