4
jan

Génériques

J'adore les génériques.
 
Les génériques de début de films me mettent de suite dans le bain et laissent présager de l'ambiance du film.  J'extrapole instantanément sur le cours que va prendre l'histoire.  Je m’enrubanne de l’ambiance, je plonge dans un autre monde.
 
Les génériques de fin permettent, si le film a été apprécié, de rester encore un si court, un si bref petit instant, baignée de cette ambiance si particulière, cet autre monde que j’ai du mal à quitter.
 
Quant aux génériques tout courts, savoir les médicaments génériques, je les aime vu leur prix tellement plus bas que leur équivalent de marque.  A même molécule, prix à la baisse, que demande le peuple ! 
 
Et pourtant, ils sont en danger, et j'ai décidé de brandir les armes pour les défendre.  Parce que j’en ai fait mon cheval de bataille depuis un petit temps déjà.
 
La presse l’a dit (il y a un petit temps déjà) : "MEDICAMENTS GENERIQUES : DANGEREUX ET COUTEUX ?"  Poser la question en gros titre, c’est déjà crier au loup !  Et le mal est fait, sournoisement.
 
Une étude publiée par le magazine GLEMs (jamais entendu parler) révèle que "la substitution des génériques aux médicaments de marque entraîne irrémédiablement des risques qui feraient plus de 200.000 morts chaque année aux Etats-Unis". 
 
Je vois d'ici les belges au bord de la crise d’angoisse, jetant par milliers leurs gélules génériques, afin d’éviter le pire, persuadés d’avaler du poison qu’on fait passer pour des vrais médicaments.  Et je vois d’ici l’amalgame entre médicaments génériques et médicaments issus de la contrefaçon.
 
D’abord, vous les belges, réfléchissez : qu’y a-t-il de plus ressemblant à une molécule ?  La même molécule pardi.  Alors, marque ou pas, puisqu’il s’agit de la MEME molécule, vous prenez le MEME médicament, moins cher.  CQFD.  Vous trouvez qu’il vous fait moins d’effet ?  Impossible.  Juste un effet placébo inversé.  Vous souffrez d’effets secondaires que vous n’avez pas avec la marque ?  Impossible.  Tout ça c’est dans la tête !
 
Par contre, petit conseil : notez sur la boîte de vos génériques le nom habituel du médicament, ce nom que vous chérissez tant, qui fait partie de votre vie depuis tant et tant d’années, et vous ne mélangerez plus tout.  Et le tour est joué.  C’est aussi simple que ça !
 
Car voilà le nœud du problème.  Non, la molécule n’est pas meilleure ou pire, elle est la même, je vous le dis et le répète, méthode Coué.  Non les effets secondaires ne sont pas différents, je vous le dis et le répète, méthode Coué.  Mais oui, le danger réside UNIQUEMENT dans la confusion que peuvent provoquer ces noms de médicaments différents des habitudes.  Voilà tout.  Et tout qui prend un somnifère à la place d’un antidouleur s’expose à des risques s’il prend ensuite sa voiture ou s’il va se balader en bord de Meuse, l’esprit embrumé. 
 
Voilà en fait ce que révèle l’enquête. Ça et uniquement ça.   Est-ce que ça valait la peine d’en faire les gros titres de la presse, alors que les belges sont déjà tellement ancrés à leurs petites habitudes.  Non.  Moi qui me bats pour faire accepter les génériques, jour après jour, je le constate, jour après jour, qu’ils préfèrent payer plus cher, les belges, pour avoir leur petit médicament au nom qui sonne comme une douce mélodie (un peu comme si les Bonito’s et les Treet’s étaient devenus des M&M’s subitement), quitte à le payer si cher.  
 
Pour conclure, petit détail qui tue : cette étude avec laquelle je vous bassine depuis 2846 caractères a été réalisée avec l’aide des grands groupes pharmaceutiques … ben voyons.
generique

06:45 Écrit par Anaïs dans Anaïs râle | Lien permanent | Commentaires (11) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

3
jan

Quand Alice de Télé2 me téléphone…

Je vous ai déjà conté mes déboires avec les sociétés de téléphone.  Et bien ça continue.

L’autre jour, je reçois un appel de Belgacom, fournisseur vers lequel je suis retournée récemment, déçue de la concurrence.  

Ce qui frappe tout d’abord, c’est que tous les opérateurs sont formés aux mêmes phrases bateaux : « Médééééééééééééme Valeeeeeeeeeeeeente ?  Bonjour, Médéééééééééééme. »  Même intonation, même ton mielleux au possible.

Mais quand mon fournisseur Belgacom m’appelle, c’est à mourir de rire : « Médéééééééééme Valeeeente ?  Bonjour Médéééééééééééme, ici Belgacom.  Je vous appelle pour savoir auprès de qui vous êtes abonnée actuellement ».  Moi (exaspérée) : « ben chez vous » (stupide femme, regarde tes fichiers).

Et là, je sens que son monde s’écroule en une fraction de seconde.  Ma réponse ne correspond à rien de ce à quoi on l’a préparée.  On l’a préparée à tenter de me convaincre de revenir chez eux, par tous subterfuges.  Elle a sous les yeux des dizaines de phrases censées contrer tous mes arguments.  Mais elle ignore que répondre à « je suis chez vous ».

Alors il y a un blanc.  Un gros blanc.

Et puis elle me dit, enfin « aaaaaaah, mais oui bien sûr… je voulais savoir si vous étiez contente »…

Ben voyons.

Mais Télé2 fait fort, également…

Samedi matin (et oui ils bossent même le matin), appel anonyme.  Depuis ma dernière mésaventure, j’ai compris que ne pas décrocher ne suffit pas, puisqu’ils continueront à me harceler encore et encore et encore jusqu’à ce que je réponde.  Pire qu’un tueur en série.  Pire que la gale.  Pire qu’une limace sur sa salade.  Télé2, c’est le harcèlement brut et persistant.  Donc je décroche.  Mais, s’il y a quelques années, je restais polie, j’écoutais le petit (enfin le long) discours persuasif, maintenant je coupe court en répondant, après le sempiternel « Médéééééééééme Valeeeente ?  Bonjour Médéééééééééééme, ici Télé2, je vous app… », je réponds fermement « je ne suis pas intéressée ».  Bien sûr, mon français ne semble pas très compréhensible, puisque je dois répéter une dizaine de fois « je ne suis pas intéressée » pour enfin avoir la paix.  Et puis j’ai la paix.

Provisoirement.

Lundi matin.  Je suis chez moi.  Appel anonyme.  Ça sent le déjà vu.  Je décroche et j’entends « Médéééééééééme Valeeeente ?  Bonjour Médéééééééééééme, ici Alice de Télé2 ».

Malgré le côté loufoque de la situation, a-t-on idée de s’appeler Alice (célèbre opérateur français) et de bosser chez Télé 2, mon sang ne fait qu’un tour.  Cette pauvre opératrice va savoir de quel bois je me chauffe.  Sans lui laisser ajouter le moindre mot, je monte sur mes grands chevaux, lui hurlant que ça suffit, qu’ils m’ont déjà appelée la veille, que ça commence à bien faire ce harcèlement.

A quoi elle me rétorque, la garce (si, c’est une garce, je le sens à son ton hautain) : « Mais Mééédééééme Valeeeente, c’est impossible, nous ne travaillons pas le dimanche ».   Aaaaaaaaargh, je vais la tuer, je vais la couper en rondelles, la faire frire avec de l’ail et la servir en apéritif à tous mes amis.  Alors je me mets à vociférer que ce n’était pas hier mais samedi, qu’importe, qu’ils tiennent leur fichier à jour, je ne suis pas intéressée et ne le serai jamais, qu’on cesse de me téléphoner tout le temps.

Et je raccroche.  Au nez d’Alice.  De Télé 2.

Moi, colérique ?  Meuh, non, seulement avec les Alice de Télé2.

Y a-t-il un avocat spécialisé dans la salle, je voudrais porter plainte pour harcèlement.

06:45 Écrit par Anaïs dans Anaïs râle | Lien permanent | Commentaires (8) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

25
déc

J’aime toujours pô Noël

Noël, c’est la fête familiale par excellence, le grand rassemblement convivial et amical.  On s’aimeuh tous et si on s’aimeuh pas, ben, on fait la trêve pour quelques heures.  On joue le jeu.  Et voilà.

Mais à Noël, la solitude est exacerbée.  C’est là qu’on sent, qu’on sait, que malgré les sourires et les embrassades, tous ne nagent pas dans le bonheur.  Et comme Noël, c’est la fête du bonheur, ça la fout mal, alors on fait semblant.

Noël, c’est la fête forcée, programmée, imposée.  « Kwaaaaaaaaaaaaa, tu restes seule à Noël Anaïïïïïs, ma poooooooooooooooovre ».  C’est interdit d’être seul à Noël.  C’est interdit d’être malheureux à Noël, ça gâcherait le plaisir des autres.

A Noël, on doit faire la fête, coûte que coûte.  A tout prix.  Qu’on soit malade, triste, déprimé, seul.  Qu’on ait une vie de chiotte, une vie ratée, une vie désespérante.  Qu’on ait ou non une famille.  Qu’on ait juste envie de boire une soupe instant et d’aller faire dodo devant Hibernatus ou Le père Noël est une ordure importe peu.  On DOIT faire la fête.  

Interdiction de choisir ce jour précis pour en finir, par ingestion de lasagnes Farniente doublée d’un étranglement à l’écharpe Strelli.  Ça bousillerait les réveillons futurs pour les quinze générations à venir.  Quel égoïsme.

Noël, c’est la solidarité... enfin c’est ce qu’on dit.  Solidarité d’un soir.  Solidarité d’un jour.  Elle a bon dos la solidarité.  Car même les plus solidaires parmi les solidaires ont des comportements étranges.  Tenez, j’ai proposé mon aide aux restos du coeur de ma ville, passque j’avais envie de me rendre utile, de mettre un peu de baume au coeur des solitaires, envie de les faire sourire, peut-être.  Pensez-vous qu’ils auraient répondu à mon mail, les restos du coeur de ma ville ?  Que nenni !  

Noël c’est la grosse bouffe, manger de la dinde pour en devenir une.  Savourer le foie d’une oie qui en a bavé spécialement pour ces agapes planifiées.  Goûter au caviar.  Et, en cerise sur le gâteau, ben du gâteau, enfin de la bûche que ça s’appelle.  C’est la tradition.  Point barre.

Bon ben c’est clair et net... j’aime pas Noël.  Na.

M’enfin Joyeux Noël à tous...

Illu de Marie.
nowel2_blog

09:30 Écrit par Anaïs dans Anaïs râle | Lien permanent | Commentaires (19) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

24
déc

J’aime pô Noël

Je pourrais vous faire un billet sur la magie de Noël, les lumerottes, les cadeaux, le réveillon, l’amour qui émane de tous, le bonheur, la joie, la solidarité patati patata blablabli blablabla...

Ben non.

Passque j’aime pas Noël.  Na.

Bon, c’est vrai que j’aime bien les sapins décorés et lumineux, c’est mignon.

J’aime aussi recevoir des cadeaux, je vais pas mentir, l’attente, la frénésie du déballage.  Et puis, dans ma jeunesse, les fouilles consciencieuses à l’abri des regards, dans toutes les armoires, histoire de trouver les précieux cadeaux.  De deviner ce que ces emballages scintillants contenaient...

J’adore manger.  Et j’aime beaucoup le foie gras, les cuisses de grenouille (je sais, c’est honteusement honteux), le saumon fumé, le champagne, le homard, la bûche bien grasse.

Et puis réveillonner, c’est tout de même convivial (du moins quand je parviens à échapper à la question piège « Alooooooooors Anaïïïïsssssss, quand esssssssque tu nous présentes enfin ton petit copain ? »).

La messe de minuit, j’aime, surtout si on chante, surtout si on mange des cougnous, surtout si on boit du vin chaud, surtout si y’a une crèche vivante avec des vrais moutons.  Surtout s’il fait pas trop froid dehors.  Surtout si je ne m’endors pas lamentablement à 23h.

Et puis les rues décorées, les gens pressés, les vitrines qui clignotent, les cadeaux de toutes les couleurs, les yeux qui brillent, c’est pas désagréable à regarder, mais de loin.

Mais rien à faire, j’aime pas Noël.  Na.

Illu de Marie
happy_noel


09:52 Écrit par Anaïs dans Anaïs râle | Lien permanent | Commentaires (11) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

20
déc

La liberté d’expression

Un reportage diffusé il y a peu de temps sur la chaîne M6 (chaîne que je ne regarde jamais… puisque je ne la capte pas – faut avoir la parabole pour ça, et moi j’ai le câble alias la télédis, sacrebleu) crée un tollé sur le net actuellement, et je m’en voudrais de ne pas relayer, surtout pour informer les belges inconscients de ce qui se trame de l’autre côté de la frontière.  Pour une fois que c’est pas chez nous, profitons-en amis belges…

Ce reportage montrait un pool situé à Madagascar, employé par un célèbre site de rencontres français (dont le nom n’est pas cité) et composé, entre autres, de femmes (et même d’hommes se faisant passer pour des femmes) payées laisser croire qu’elles sont de jolies françaises membres du site et pour inciter les hommes à s’abonner ou à renouveler leur abonnement lorsqu’il est proche de l’échéance.  Illégal.  Of course.  Le reportage ne communiquait donc pas le nom du site, mais tout utilisateur pouvait aisément le reconnaître, semble-t-il.  Je ne peux le confirmer, je ne connais moi-même pas ce site et ne l’ai jamais visité.  Mais je peux cependant facilement le croire, passque si un reportage dénonçait le célèbre site belge de rencontres (ce qui n’est pas le cas hein, surtout n’allez rien imaginer), alias la page orange dont je parle à l’occasion (moins maintenant, vous croyez que je n’ai que ça à faire, aller me faire draguer sur le net ?), en montrant une image floutée du site, tout célibataire belge, dont moi, comprendrait illico de quel site il s’agit.

Suite à ce reportage, le blog www.datingwatch.org, blog que je connais et qui a la particularité de passer au crible tous les sites de rencontres, a relayé l’info, en indiquant expressément le nom du site incriminé.  Et pour cause : suite à enquête approfondie, ils sont sûrs de leur coup.  Et c’est là que tout a commencé… Représailles, injures, menaces et finalement convocation en justice pour… des dizaines de milliers d’euros de dommages et intérêts en diffamation.

La question que je me pose n’est pas « y a-t-il eu diffamation », car dans cette histoire, clair qu’une partie a raison, l’autre pas (j’ai mon opinion là-dessus, mais je vous laisse vous faire la vôtre en allant au besoin vous informer sur le net), mais plutôt « où va le monde ma bonne Dame si on ne peut plus rien dire sur un blog sans risquer la ruine ad vitam aeternam ».

En d’autres termes, ne cours-je (et non « ne courge ») pas un risque permanent sur mon blog ?  Strelli ne va-t-il pas m’intenter un procès si j’ose avouer que ses écharpes font trop facilement des fils, beaucoup trop facilement pour des écharpes si chères ?  Farniente ne va-t-il exiger mon poids en lingots d’or parce que je réclame sans cesse mon poids en lasagnes ?  Le réalisateur de 28 jours plus tard ne risque-t-il pas de me traîner en justice pour avoir révélé combien son film fait peur ?

La diffamation, c’est nul.  La rumeur, ça peut tuer.  Mais le bâillon, c’est la fin de la liberté d’expression.  Et moi je dis non.

Non.

Une illu trouvée au hasard d’une recherche sur le net, non signée, non référencée, mais je soupçonne qu’elle ait été réalisée par Laurel, que je supplie de ne pas m’intenter un procès si je me trompe, par pitié.
baillon

06:15 Écrit par Anaïs dans Anaïs râle | Lien permanent | Commentaires (6) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |