11
mar

Préavis de grève…


greve
Au bureau, j’ai très souvent envie de faire grève.  Pas toujours pour une raison bien spéciale, mais parfois si, comme quand boss chéri oublie la fête des secrétaires, ce qui ne manquera pas d’arriver (encore) cette année.  Dans ces moments là, je me verrais bien squatter la porte d’entrée en tenant des banderoles « la fête des secrétaires : une obligation », ou autres calicots du genre.  Passque bon, y’a pas à dire, mais c’est nul, d’oublier la fête des secrétaires.  Nul.  Paraît que je suis syndicaliste dans l’âme, même si je ne suis pas syndiquée.  Et ça doit être vrai, je hais les injustices.  Je suis pour l’équité.  Mais de nos jours, y’a plus personne d’équitable en ce bas monde.  Voilà, c’est dit.  Alors j’ai des envies de grève.

Cependant, faire grève, toute seule, ça ne rime à rien, et je n’imagine pas mes collègues me suivre sur cette voie (non, j’ai pas dit qu’ils sont lèche-botte… mais je l’ai sans doute pensé).

Alors, le seul moyen d’assouvir mon envie de grève… c’est de faire grève ici, sur ce blog.  Non pour revendiquer quoi que ce soit, tout bien réfléchi, je n’ai rien à reprocher , ou presque...  en réfléchissant je trouverais sans doute un petit quelque chose… du genre que vous ne votez pas assez, mais qu’importe.  Là n’est pas l’essentiel.

C’est juste que j’ai envie, une fois dans ma vie, de faire grève.  Na.

Alors je lance mon préavis de grève, lequel prendra cours demain.

Et durera trois jours.

Afin que vous ne mourriez pas de désespoir durant ces trois jours sans mes écrits (je sais que le risque est énorme), je passe le relai à Dominique Leruth, dont je vous ai déjà parlé via les contes cruels qu’elle écrit… Elle m’a offert un cadeau extra : une histoire en trois parties.  Délirante.  Etrange.  Cruelle.  A la Dominique Leruth.

Vous comprendre maintenant ?  Trois épisodes.  Trois jours.  De grève.  CQFD.

Amusez-vous bien sans moi (Seigneur pitié, faites qu’ensuite ils n’exigent pas des écrits de Dominique exclusivement, boudant les miens, refusant les miens, pitié pitié pitié).
La première partie demain... 

06:00 Écrit par Anaïs dans Anaïs râle | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

6
mar

L’habit ne fait pas le moine

On a souvent tendance à juger sur l’apparence :

Des cheveux rouges, aaaargh une rebelle attardée.

Une peau bazanée, aaaargh un terroriste en puissance.

Un accent efféminé, aaaargh un homoxexuel qui s’ignore.

Des lunettes, aaaaaargh une intello de service.

Un accent russe, aaaaargh la mafia débarque.

Et j’en passe.

Alors quand je me suis présentée devant ce passage pour piétons, et que j’ai vu une Mercedes rouge qui laissait passer quelqu’un, j’ai avancé en confiance.

La Mercedes, c’est pour moi le signe extérieur de richesse par excellence.  Je sais, y’a pire, la Ferrari, la Porsch, les 4x4 tellement à la mode et tellement pollueurs (cf ce billet).  J’en peux rien, j’ai jamais aimé cette marque, avec son petit logo bien voyant.

Donc j’ai eu confiance, une Mercedes toute neuve, toute rouge, toute brillante, qui laisse passer un piéton.  Confiance confiance.

Donc j’ai suivi le mouvement, et j’ai entamé la traversée.

Mal m’en a pris.  Cette voiture bien sympathique a démarré en trombe, faisant au passage voler ma chevelure féline sous le courant d’air inoppiné (imaginez le romantisme de la scène).  
J’ai été scotchée par la violence du démarrage de cette Mercedes rouge (j’insiste bien sur la couleur, passque des Mercedes rouges, y’en n’a pas des masses, alors si vous en avez une, si vous connaissez quelqu’un qui en a une, tremblez, c’est peut-être vous dont je parle, tremblez, oh conducteur/trice de Mercedes rouge).

Mais j’ai eu le temps de jeter un œil à l’intérieur.

Et vous savez ce que j’ai vu ?  Pas la mafia russe, pas un terroriste potentiel, pas un homo… Non.

Une blonde.

Une pétasse blonde.  J’ose le dire, une pétasse.  Je n’ai pas pour habitude d’employer des gros mos (du moins sur ce blog, car dans la real life, vous n’imaginez pas comme je suis grossière quelquefois), mais là, elle le vaut bien, cette pétasse.

Une pétasse blonde enfarinée de fond de teint.  Une fausse blonde.  Je me demande même si elle n’avait pas des lunettes de soleil (il était 18 heures, il faisait noir, mais c’est juste pour avoir LE genre).

Et à côté d’elle : un gaminou.  Tout bien peigné.  A lunettes.  En costume cravate.  Je vous le jure, il était en costume cravate, le gaminou à sa maman pétasse blonde.

Et tous les deux, ils ont failli m’écraser sans s’en rendre compte.

Car ils ne m’ont même pas jeté une œillade.  J’aurais pu valser en l’air et me vider de mon sang sur le bitume, ils ne l’auraient pas soupçonné (comment ça j’exagère, si je vous le dis c’est que c’est vrai d’abord).

Je vous le disais, l’habit ne fait pas le moine.  L’irrespect est partout, même chez les pétasses blondes mères de gaminou et conduisant des Mercedes rouges.  Na.

Photo d’Oli
Blonde et Mercedes

06:15 Écrit par Anaïs dans Anaïs râle | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

21
fév

Jeudi du mal : un temps de chien, c'est le mal (© Unicks)

J’aime pas quand le temps est canin (mais j’aime faire ma Schtroumpfette grognonne, vous l’aurez constaté).

D’abord, y’a la pluie.  Et la pluie, c'est le mal.  Pour peu qu'on ait, comme moi, les cheveux sensibles, à la moindre goutte un tantinet humide, c'est parti : ça boucle, ça frisotte, ça crolle (comme on dit en Gelbique).  Et tous les produits lissants du monde et de Loréal n'y feront rien.

La pluie, en plus de faire friser, ça plaque.  Oui, les deux ne sont pas incompatibles.  D’abord, ça frise, ensuite, si elle continue, la pluie, ça plaque la tignasse.  Le double effet du crachin, ma bonne Dame.

La pluie, ça tache les lunettes, en laissant de grosses gouttes acides qui vont sécher en faisant des auréoles.  Après, faut gaspiller son énergie à les nettoyer, si c’est pas dramatiquement dramatique.

Et puis la pluie, ça mouille, et c’est bien son effet le plus pervers, ça mouille.  On ne s’en rend pas toujours compte, que ça mouille autant, surtout lorsqu’il s’agit d’un petit crachin.  Mais au fil des minutes, et des heures, voire des jours, vu qu’on est en Gelbique, ça dégouline dans le cou et ça commence à transpercer de partout, du manteau étrangement fabriqué pour les pays où il ne pleut pas, des bottes qui ne sont, malheureusement, pas en caoutchouc.  L’enfer sur terre.  Ou presque.

Ensuite, y’a le vent.  Et le vent, c’est le mal.  

Le vent, il aime les cheveux.  Ou il les aime pas.  J’arrive pas à le cerner, le vent, il est un peu hypocrite.  En tout cas, son but est d’être créatif en matière de look : mèches folles, chignons défaits et touffes rebelles.  Créativité assurée.

Le vent, il n’aime pas les parapluies.  Il adore se jouer d’eux, les retourner, les tournebouler, les transformer, les dépiauter.   Il aime aussi empêcher les parapluies de s’ouvrir, en usant de sa force.  Et si par malheur ils s’ouvrent, il adore les empêcher de se refermer, histoire de faire durer le supplice.  

Le vent n’aime pas non plus les chapeaux, qu’il fait virevolter au gré de ses envies.  Retomber.  Repartir.  Et tomber à nouveau.  Petit filou, va.  Vilain vent.

Le vent adore être glacial.  Et même s’il ne l’est pas, avec sa force, il donne une sensation de froid, s’infiltre par les manches, ressort par le col, fait frémir la peau et les oreilles, fait pleurer les yeux et couler le nez.  Le vent adore ça, je le sais.  Il est sadique.  Il est joueur.  Il est fou.

Oui je l’affirme, le temps canin, c’est le mal. (Unicks)
 
Illu de Mako, qui la montre face à l'adversité...
pluie

06:45 Écrit par Anaïs dans Anaïs râle | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

31
jan

Les chiens, c'est le mal

chiencaniche
Avec l'autorisation d'U-nicks, j'ai décidé de m'adonner à son plaisir du jeudi, savoir le « jeudi du mal », parce que je trouve le concept génial.  Moi je râle tous les jours, elle uniquement le jeudi… c’est unique… c’est U-nicks (un peu facile je sais).

Ce jeudi : les chiens, c'est le mal.

D’abord, y’a une chose que le Bon Dieu aurait dû éviter lorsqu’il a eu l’idée saugrenue d’inventer le chien (déjà là, il a fait fort, alors qu’il aurait pu se contenter du rat et du chat), c’est de créer le caniche (fort de chez fort).  Ce chien frisé hautement ridicule n’a pas lieu d’être sur cette terre, vous en conviendrez.  Ensuite, Dieu a dû inventer le raisin et par conséquent le vin, et, comme tout inventeur, tester la chose, car ensuite, non content d’avoir inventé le caniche, il a aussi inventé le caniche géant.  Le même, mais en grand.  De grandes oreilles pendouillantes et frisottées, une grande truffe pointue et narquoise, de grands yeux bovins et vides (caractéristique identique à tous les chiens, je suis d’accord), une grande petite queue ridicule et horripilante car toujours en activité.

Non, vraiment, Dieu aurait mieux fait de réfléchir avant d’inventer le caniche géant, même si cet animal, lorsque je le croise, provoque en moi des fou-rires mémorables.  Tout bien réfléchi, Dieu a peut-être créé le caniche géant pour engendrer le rire.  Ça doit être ça.

Pour couronner le tout, il a inventé, chez les maîtres des chiens, ce plaisir de les transformer en bêtes de foire.  Surtout les caniches géants.  Et que je te shampouine avec une lotion à la fleur d’oranger, et que je te mette une petite pince sur le crâne, et que je te fasse raser en laissant juste une touffe à l’extrémité de la queue et autour des pattes, et que je te mette un petit manteau écossais… Je persiste à croire que Dieu voulait nous faire rire à gorge déployée, sur ce coup là.

Puis Dieu, il aurait mieux fait de réfléchir un peu plus en créant le chien.  Il a créé le chien omnivore (en opposition au chat qui est carnivore et à qui vous ne donnerez pas des petits pois ou du riz, comme au chien, est-ce bien clair, mais que de la viande rien que de la viande ? – c’était la leçon alimentation animalière gratuite du jour).  Pourquoi Dieu ne l’a-t-il pas créé crottivore ?  Il crotte.  Il mange.  Il recrotte.  Il remange.  Adieu canisettes, adieu ramasse-crottes, adieu glissades intempestives sur diarrhées orangeâtres, adieu slalom entre les déjections.  Et adieu les mouches.  CQFD.

Enfin, Dieu il a commis une dernière bévue : il a rendu le chien bête et aimant.  Ça fait deux bévues.  Séparément, c’est supportable.  Un chien bête et indépendant, il vit sa vie de chien bête tout seul.  Un chien intelligent et pot de colle, il peut se rendre utile, cuire le repas, passer l’aspirateur, programmer le magnétoscope.  Mais le chien a été créé bête ET aimant son maître.  Qu’il attend patiemment.  Pour lui faire la fête lorsqu’il rentre.  Qu’il regarde ressortir pour aller chercher le journal avec désespoir.  Pour lui faire la fête lorsqu’il rentre.  Car le chien n’a pas la notion du temps.  Sortez dix fois en dix minutes, il vous fêtera dix fois comme si vous reveniez d’un périple de six mois à Oulan Bator.  Le chien est bête.  Et fou de son maître.  Ça peut avoir des bons côtés, je le consens, un chien ne me dirait jamais « tu as grossi » « t’as vu ce que tu me sers à bouffer ce soir ? » ou « on va promener bordel de merde j’ai pas que ça à faire ».  Mais c’est fatigant, cette admiration permanente, cette envie de devenir l’ombre de ton ombre, l’ombre de ta main (Brel).  Fatigant au possip’.

Mais à part cet infinitésimal avantage (pour rappel, des fois que vous l’auriez oublié, que le chien ne critique jamais son maître), y’a pas photo, les chiens, c’est le mal.  

PS : si vous allez voir « Enfin veuve », vous aurez le plaisir d’admirer, outre Michèle Laroque, un caniche géant blanc omniprésent (ça rime) et totalement… charmant (ça rime encore).

PS2 : ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit, j’aime bien les chiens, enfin ceux qui puent pas de la gueule qui perdent pas leurs poils qui bavent pas qui veulent pas se promener qu'ont pas le regard vide et qui mangent leurs crottes.  Et puis j’aime les lévriers.  Même s’ils puent s’ils crottent s’ils perdent leurs poils s’ils bavent s’ils aiment courir et s’ils sont bêtes.  Voilà.  

Mais les chiens, c’est le mal, je persiste et signe.

Dessins d’Ani, découvert par hasard en cherchant à illustrer ce billet.  Un régal.
chienbave

06:45 Écrit par Anaïs dans Anaïs râle | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

29
jan

Caille caille arrêt

Les chauffeurs de bus sont décidément des petits rigolos.

Après vous avoir narré leur jeu du « cache cache arrêt », voici venu le moment de vous parler de leur nouveau jeu, le « caille caille arrêt ».

Evidemment, c’est un jeu qui ne fonctionne qu’à certains moments de l’année : quand ça caille.  Ou quand ça pleut.  Heureusement, en Gelbique, c’est souvent le cas.  D’une logique implacable, n’est-ce pas ?  Encore mieux : quand c’est l’heure de pointe ET que ça caille ET que ça pleut.  Là, c’est le summum de la drôlerie.

Ainsi donc nos amis chauffeurs s’amusent.  Pourtant, on ne le dirait pas souvent, vu leur tirage de gueule quasi permanent.  Il est de notoriété publique que l’argent des infractions constatées est partagé entre les chauffeurs.  Mais ça ne leur rend pas le sourire.  Et je soupçonne qu’une mini caméra les surveille afin de s’assurer qu’ils ne sont pas trop sympas avec les voyageurs.  Car trop de sympathie nuit.  Trop de sympathie engendre le laisser-aller, la convivialité et par conséquent la fraude.

Caille-caille arrêt, donc, est un jeu d’une simplicité rare (ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit, je ne dis pas par là que c’est un jeu réservé aux simples d’esprit, mais… maintenant que vous le dites…) : il s’agit, par grand froid, de laisser les voyageurs le plus longtemps possible à l’extérieur du bus, par un procédé lui aussi d’une facilité déconcertante : n’ouvrir qu’une porte sur deux.

Ainsi, les voyageurs entrent au compte-goutte, s’écrasent les petons, se poussent, se tirent, se râlent dessus et vocifèrent.  Les non-abonnés ralentissent les abonnés en recomptant leur monnaie ou en cherchant leur carte toute pliée au fond de leur poche, carte qui n’entrera ensuite bien sûr plus dans la machine à carte (comment qu’ça s’appelle ?).  Les abonnées pestent sur les non-abonnés qui ne sont jamais suffisamment minces que pour les laisser passer.  Bref, c’est l’ambiance ambiance, de grand matin.

Bien sûr, le jeu est d’autant plus rigolo que la météo est solidaire : s’il pleut, c’est le délire assuré, s’il neige c’est la frénésie, on distingue même un début de sourire sur le visage du chauffeur.  Et s’il y a foule et qu’il gèle, c’est la cerise sur le gâteau.  

Keskon se marre dans les transports en commun ma bonne dame.

Alors moi, c’est décidé, quand ils zouvrent qu’une porte, et ben je dis pas bonjour.  Je sais, ça leur fait beaucoup de mal, cette indifférence de ma part.  ça leur gâche indubitablement la journée. Mais c’est ainsi.  Je serai intraitable.  Intraitable.
 caillept

06:30 Écrit par Anaïs dans Anaïs râle | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |