4
jan

Mon beau sapin

Nan, ne vous enfuyez pas (enfin pour les trois pelés qui sévissent encore ici, ah ah ah), je vais point chanter, je vais même point jouer du piano, vous pouvez respirer.

C'est juste que je veux pousser un cri de révolte.  Un cri, un SOS, qui partira dans les airs, dans l'eau laissera une trace dont les écumes font la beauté.  Oui, bon c'est pas de moi, je sais.  C'est de Bala, trop tôt disparu, même que moi j'ai su qu'il était disparu avant tout le monde car je visitais la presse avec l'école et on a eu le scoop, oui hein, fière moi être.

Bref, un cri de révolte.  Enfin trois.

Il y a quelques années, une blague de « potache » m'avait bien fait rire, même si elle était naze : un sapin avait été kidnappé devant un commerce (enfin, sapinnappé), et une demande de rançon avait pris sa place.  Une demande de rançon à mourir de rire, et franchement c'était rigolo.  Le commerçant dépouillé de son arbre a dû moins rire, c'est clair, mais c'était du temps oùsque je croyais encore que personne ne prenait les décos des sapins.  Passque voilà le nœud du problème.  Le voilà ! 

Passque dans ma ville, chaque année, c'est la foire aux sapins.  Chaque commerçant a droit à son petit sapin devant sa devanture.  Un beau sapin épicéa vert (pas un Normann, ça coûte trop cher).

Il fut un temps où les commerçants, ravis de cette initiative, décoraient lesdits sapins : de cholies boules, de la lumière, des guirlandes.  Ainsi, les rues étaient toutes mignonnes et c'était super génial de la mort qui tue la vie.

Puis, petit à petit, les décos ont disparu.  Seuls sont restés des sapins tout verts mais tout nus.  Triste et pathétique. 

Au début, j'ai cru que les commerçants étaient des vilains pas beaux.  Mais non, il s'avère qu'on pique tout, dans ma ville.  Tout tout tout.  Même une guirlande qui vaut moins d'un euro.  Même une vieille boule de Noël même plus à la mode.  Tout.

Pour la petite histoire, même les giga sapins de la ville, décorés de lumerottes, ne le sont pas jusqu'au sol, car il paraît que les gens piquent les ampoules.

Où va le monde.

C'est nul.

Cette année donc, même topo.  Arrivage de sapins.  Attachage de sapins (n'importe comment d'ailleurs, faut parfois aller sur la rue ou se frayer un passage entre les branches pour passer sur le trottoir, faut le faire...).  Et pas de décoration de sapins. 

Quoique...

Une irréductible petite boutique bien sympathique, dénommée « les folies de Pom » (un peu de pub en passant) et dont l'emblème est une ... pomme (qui l'eût cru), a décidé d'accrocher de jolies pommes vertes découpées dans du papier et recouvertes de plastique (via une plastifieuse, j'imagine), au sapin qui lui a été attribué.  Super idée, ça fait un beau dégradé de vert et puis ça met de la joie de vivre dans la rue et j'aime ça.

Quelques jours plus tard, je repasse.  Reste une seule pomme verte.  Et un grand panneau vert « rendez-moi mes pommes, j'étais si beau », le « pomme » étant illustré par une seconde pomme découpée/plastifiée.

Je réalise que ce pauvre sapin n'a pas échappé au vol.  Même des pommes en papier ont été dérobées.  Ben voyons.

Quelques jours plus tard, je repasse encore.  Et là... c'est le choc.  Même la « pomme » collée sur le panneau signalant le larcin a été... piquée.

Bisque bisque (de homard) rage. 

Quelques jours plus tard, je repasse une dernière fois, pour constater qu'un paquet de sapins ont été détachés et lancés en rue.  Sans doute une petite blague festive de Saint-Sylvestre.  Keskon se marre hein.

C'est à vous dégoûter de quoi que ce soit.  Et ça me dégoûte.  Et je voulais le dire.

Na.

En conclusion :

Premier cri de révolte : que la ville mette les sapins en laissant au moins un passage pour les piétons, bordel de dieu.

Deuxième cri de révolte : qu'on arrête de piquer les décorations des sapins, bordel de tous les saints.

Troisième cri de révolte : qu'on évite de jeter ces pauvres sapins en rue le soir de la Saint-Sylvestre, bordel du diable.

Titchu.  Fait chier, parfois, le peuple namurois.

Bonne résolution de ce 4 janvier : l'an prochain, préparer plein de décos dorées et argentées pour tous les sapins de ma ville.

Image provenant de Bidulz.

sapinfache

06:30 Écrit par Anaïs dans Anaïs râle | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

31
déc

10 façons d’exterminer « l’éditeur »

 

- Le placer dans un chaudron gigantesque.  Allumer le feu, sous le chaudron.  Le regarder rougir.  Puis cuire.

- L'embrocher et organiser un barbecue géant avec tous vos amis.

- Visiter la Tour de Londres et subtiliser quelques instruments de torture.  S'amuser en empalant l'éditeur, en écartelant l'éditeur, en broyant les os de la main droite de l'éditeur, celle qui lui sert à signer les contrats.

- Enterrer vivant l'éditeur.  Lui laisser juste un petit trou pour qu'il puisse respirer et murmurer « c'est bon, je signe ».  S'il refuse, boucher le trou.  Sans regret.

- Regarder « Seven ».  Choisir un péché capital (voire plus si affinités).  Exterminer l'éditeur comme dans le film. 

- Lui tirer une balle entre les deux yeux.  Si ça sonne creux, c'est normal.

- L'obliger à lire l'intégralité de l'encyclopédie Universalis, sans jamais s'arrêter, jusqu'à ce que mort s'ensuive.

- Le placer dans une baignoire.  Prendre un couvercle de casserole.  Appuyer sur le couvercle afin que sa tête soit placée sous le niveau de l'eau.  Attendre qu'il ait fini de se débattre.

- Remplir sa bouche de pages froissées d'un des ouvrages qu'il a édités.  Faire de même pour le nez.  Lorsqu'il est devenu tout mauve puis immobile et tout blanc, l'affaire est dans le sac.

- Le séduire, l'épouser, le faire devenir fou amoureux.  Puis le larguer comme une chaussette orpheline.  Il en mourra de chagrin.

(Au fait, bonréveyon et bonanébonsanté tout de même hein... à tous... sauf à l'éditeur).

Illu de Flo...

editeurpt

06:30 Écrit par Anaïs dans Anaïs râle | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

30
déc

10 bonnes raisons de haïr « l’éditeur »

En cette période de trêve noëllesque / nouvelantesque, quoi de mieux que de publier un petit billet plein de heine, hain ?  pardon, plein de haine, hein ?  Rien de mieux, je vous le dis...

(toute ressemblance avec des personnes existant ou ayant existé serait bien sûr purement fortuite - d'ailleurs j'ai bien écrit « l'éditeur », pas « mon éditeur », qu'on se le dise... - et d'ailleurs mon éditeur, ou plutôt mes éditeurs est une éditrice, ou plutôt des éditrices qu'on se le dise aussi... et qu'on se dise aussi que tout ceci est inspiré de faits réels, bel et bien réels...)

- L'éditeur va vous rappeler, un jour, peut-être, si tout va bien, s'il a le temps, s'il y pense, si les poules ont des dents.

- L'éditeur adooooore votre projet.  Puisse Dieu faire en sorte qu'il ne se contente plus de l'adoooooorer.

- L'éditeur imagine que vous avez un QI de moule et que vous allez gober toutes ses couleuvres.  Pour info : les moules ne s'alimentent pas de couleuvres.

- L'éditeur est toujours débordé avec ses projets prestigieux.  Et le vôtre, de projet, il est pas prestigieux alleye une fois ?

- L'éditeur vous appelle pour vous demander qui vous êtes, déjà, au fait.

- L'éditeur vous parle de Marc Lévy et de Guillaume Musso, le chien galeux.

- L'éditeur vous donne rendez-vous à onze heures.  Vous arrivez à onze heures du matin.  Lui à onze heures du soir.

- L'éditeur visualise déjà votre futur livre, ses couleurs, sa forme, ses ventes fulgurantes.  Il va visualiser longtemps ?

- L'éditeur ment comme un arracheur de dents.  Mais l'arracheur de dents, au moins, vous savez qu'il est vicieux.  Et c'est utile, parfois, de se faire arracher des dents.  L'éditeur arracheur de dents lui, est inutile.

- L'éditeur est un enfoiré chronique, et cette seule raison suffit à avoir des envies de meurtre...

Donc demain, sur ce blog : 10 façons d'exterminer « l'éditeur », ça va saigner dans les chaumières.

06:15 Écrit par Anaïs dans Anaïs râle | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

14
oct

Puis-je jeter mon téléphone à travers la pièce sans risque ?

J'ai une sainte horreur de ces appels masqués incessants de sociétés diverses et variables (Belgatuuut, Skytuuut, Proxituuuut, Télé2tuuuuut, Wootuuuuut, Univers du Cuirtuuuuuuut et autres vendeurs de vins à la noix).  J'en ai déjà souvent parlé sur ce blog, notamment la fois oùsque j'ai tenté de joindre Belgatuuuuut via son répondeur à 1907 possibilités, la fois oùsque que je me suis fait insulter par téléphone passque j'ai osé dire que j'étais malade et pas trop disposée à écouter, sans oublier ces appels destinés aux couples heureux et non aux célibataires fauchées telles que moi.

Mais actuellement, et depuis un petit temps déjà, ils atteignent le sommet du jemenfoutisme absolu.

Qui, me direz-vous ?

Ben j'en sais rien, car je raccroche avant d'apprendre l'identité de ce mystérieux interlocuteur.  Enfin, je raccroche actuellement, puisqu'il fut un temps où je patientais (im)patiemment.

Passque leur nouvelle technique, sachez-le, c'est la voix féminine préenregistrée qui susurre d'une voix mielleuse "veuillez ne pas quitter, un correspondant cherche à vous joindre, merci de patienter, encore quelques instants, il arrive incessamment sous peu, merci de votre patience et patati et patata"...

La première fois, j'étais stupéfaite et je me suis posé un tas de questions : était-ce un prisonnier qui m'appelait en PCV, un oncle d'Amérique sur le point de décéder et de me déléguer sa fortune, un expert en crevettes grises qui souhaitait m'offrir mon poids en petits crustacés, un admirateur anonyme tentant de me déclarer sa flamme.  J'ai donc attendu que la miss virtuelle cesse de blablater et qu'un interlocuteur en chair et en os daigne me parler.  Au bout d'interminables secondes, enfin, quelqu'un... miracle... quelqu'un !  Qui me propose un truc quelconque à acheter, un abonnement à souscrire, une arnaque à subir.  Ben voyons, ainsi, c'est dorénavant à moi de poireauter comme une débile en attendant qu'un commercial prenne l'appel.  Où va le monde, ma bonne Dame, je vous le demande.  Y'a plus de respect de rien par personne, crévindjaaaaaaab.

Depuis lors, dès que j'entends la voix préenregistrée, je raccroche.  Et toc.  Na.  Mais il semble que ce soit un ordinateur qui organise tout ça... car la voix (on se croirait dans Secret Story), persiste et signe, à intervalles réguliers... elle revient, elle revient, elle revient.  Et je râle, je râle, je râle.  Mais je raccroche, je raccroche, je raccroche.

Ça vous est déjà arrivé, d'avoir droit à cette fameuse voix ?

Bon je vous laisse, j'ai quelqu'un en ligne, un français qui m'invite à une expo de porcelaines de Limoges à Namur, je vous le jure c'est véridique...

06:45 Écrit par Anaïs dans Anaïs râle | Lien permanent | Commentaires (13) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |

22
sep

Quand eske 2009 va enfin finir ? (bis)

Là oùsque je bosse, l'année 2009 est un véritable carnage.  Si, je vous jure, je n'exagère pas.  A n'y rien comprendre.  Après quatorze ans de long fleuve tranquille (nan, je rigole, mais comparé à 2009, clair que les années précédentes me semblent bien tranquilles), voilà la rivière sauvage qui débarque.

J'aime pas trop parler boulot ici, passque bon, le boulot c'est le boulot, mais bon y'a un moment où c'est plus nin possip de ne pas parler hein, sous peine d'ulcère gastrique, œsophagien ou duodénal, au choix.

L'année a donc commencé, souviendez-vous, par une démoustication.  Enfin c'était à la toute fin 2008, juste avant les fêtes, juste après qu'on nous ait toutes replacées dans des bureaux différents, Mostek, Moustique et moi, en cadeau de Nowèl, mais c'est comme si que c'était en 2009 hein.  Moustique ne fut pas la seule à quitter le bureau, loin s'en faut, même si son départ fut celui qui me fit couler des torrents de larmes.  Encore à ce jour, je n'en suis pas remise et je regrette à chaque instant son départ.  Mais ce n'était rien à côté de ce qui allait suivre...

Peu de temps après, because restructuration, audit.  Et because audit, requalification.  En d'autres termes, je perds l'intégralité de mon job, j'en gagne un autre en échange.  Faut juste s'y faire.  Et c'est nin facile.  Nin facile du tout.  Sensation que ça n'ira jamais plus.

Je vous passe les détails, vous n'y comprendriez rien, et puis je vais pas raconter ma vie professionnelle ici, hein quoi.  Mais les semaines sont difficiles.  Les mois sont difficiles.

Et ce mois-ci, la cerise sur le gâteau, comme d'hab (y'a toujours une cerise sur le gâteau dans tout) : Anaïs, ton salaire va diminuer, passque l'inflation est négative.  Tout a augmenté, ton pain, ton Flair et ton dentifrice, mais tu dois croire les spécialistes qui le disent : le coût de ta vie a diminué, alors ton salaire suit le mouvement.

Depuis presqu'un an, au bureau, je chante sans cesse "tout va très bien Madame la Marquise".  J'en ignore les paroles, mais je connais le sens global de la chanson "tout va très bien mais ceci, mais cela, mais encore ceci, mais encore cela".  Voilà ce que je ressens, chaque matin, quand j'arrive au bureau. 

Vous allez me dire, comme on le dit partout "sois djà bien contente d'avoir un job, pense à tous ces chômeurs, tous ces gens des pays pauvres qu'ont pas le chômage".  J'y pense, j'y pense.  Mais tout de même hein, y penser ne résout rien.

Alors franchement, avec tout ça, avec la mort qui est venue me rendre visite, avec mon mal de dos qui me reprend, l'immonde crapule, avec ma douche qui se la joue écossaise, je vous en ai parlé, la garce, avec la pluie qui n'arrête pas de tomber certains jours et ça va pas s'arranger avec l'hiver qui arrive, avec les jours qui diminuent et mon birthday qui approche, avec mon volet qui joue l'accordéon et mon chauffe-bain centenaire à l'agonie, avec mes bottes Pataugas introuvables et les gens du site Pataugas vilains pas beaux qui répondent pas à ma question, il est temps, vraiment vraiment vraiment, qu'elle s'arrête, l'année 2009.

06:30 Écrit par Anaïs dans Anaïs râle | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook | |  Imprimer | | | Pin it! |